Le linguiste Chamanga expose sur l'historique de notre langue
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e chercheur-linguiste comorien, Mohamed Ahmed
Chamanga - que nous ne présentons pas assez - est dans le pays dans le cadre de ses
travaux de recherche. Il a, à cette occasion, rendu visite le journal Al-Watwan
dans la matinée du mercredi 15 octobre. Dans l'entretien qu'il nous a accordé,
M. Chamanga a donné, d'abord, un avant goût de la
conférence-débat qu'il tient ce vendredi soir à l'Alliance Franco-Comorienne
sur ses travaux linguistiques et qui entre dans le cadre de la célébration de
la Fête du Livre. Notre chercheur exposera sur la langue comorienne notamment
son historique, de la genèse à l'évolution du dialecte en passant par les
mouvements des populations, sources de multiples déformations du " parler
comorien ". Selon Mohamed Ahmed Chamanga, le
comorien fait partie du grand groupe des langues bantoues. De même origine que
le Swahili, notre langue comporte aujourd'hui des différences dialectales à
cause des mouvements migratoires de la population.Mais
aussi, démontre notre linguiste, les différences qui caractérisent la subdivision
du shikomori en sous dialectes à travers les îles est
l'apport de la pénétration de peuples de différentes origines dans le pays
depuis les premières explorations. Dans la recherche scientifique de la langue
comorienne depuis 20 ans, Chamanga a déjà publié
différents ouvrages et a bien d'autres travaux en chantier sur le shikomori des îles notamment un dictionnaire dialectal. Il
a aussi publié bon nombre d'articles dans des revues scientifiques telles que Yamkobé du Cndrs (Centre national
de documentation et de recherches scientifiques). Au cours de la conférence de
ce soir, il développera davantage ses travaux linguistiques axés exclusivement
sur la langue comorienne. Professeur Mohamed Ahmed Chamanga
a, ensuite, parlé de la Maison comorienne d'édition, Komédit
qu'il dirige à Paris. Dans ses objectifs primaires, dit-il, Komédit
se propose d'éditer sans contraintes les auteurs comoriens afin de rendre le
livre accessible en terme de coût et d'approvisionnement dans le pays. Mais
bien que cet objectif ne soit pas encore atteint, Komédit
continue d'offrir aux auteurs comoriens la possibilité de faire connaître leurs
talents. D'ors et déjà une dizaine de romans comoriens publiés portent
l'emprunte de Komédit et plus d'une quinzaine de
manuscrits en instance d'être publiés. Plus optimiste, le promoteur de la
Maison, Mohamed Ahmed Chamanga, dit que les débuts
difficiles ont été franchis et que maintenant il vise à optimiser le lectorat
pour que Komédit puisse prendre entièrement en charge
les éditions. Car actuellement celles-ci sont réalisées en association avec les
auteurs. Komédit collabore avec le Cndrs dans la reprise de l'édition de la revue Yamkobé dont un numéro double 8-9 vient de sortir et dans 6
mois, sa 10e édition. L'enseignant de shikomori à
l'Institut des langues orientales à Paris, compte sur des institutions comme Al-Watwan pour l'épanouissement des auteurs comoriens. Il
souligne, enfin, qu'en plus du point d'information qui sera ouvert au Cndrs, le site de la maison (www.komédit.com) guidera ceux
désirant faire publier leurs manuscrits ou avoir des informations sur les
publications.