Lancement de l'année internationale du micro crédit : Une conférence internationale de la micro-finance aux Comores

 

 

L'expérience a prouvé qu'à travers l'ouverture notamment d'un certain nombre d'unités industrielles et de petites entreprises,  la micro-finance a permis à de nombreux ménages d'améliorer la viabilité de l'économie domestique et de se protéger.

 

Depuis près d'une dizaine d'années, des efforts importants sont consentis dans le pays pour proposer aux populations les plus démunies, qui n'ont pas accès au circuit bancaire traditionnel, des services financiers de proximité. Si des études d'impact ne sont pas encore menées pour mesurer la place du micro-crédit et de la micro-finance aux Comores, il est cependant permis de dire que les Mutuelles de crédit (Meck) et des Sanduks ont contribué de beaucoup à la réduction de la pauvreté.

L'expérience a prouvé qu'à travers l'ouverture d'un certain nombre d'unités industrielles et de petites entreprises, mais aussi grâce au commerce informel et à la commercialisation des produits agricoles, la micro-finance a permis à de nombreux ménages de mieux subvenir à leurs besoins vitaux, d'améliorer la viabilité de l'économie domestique et de se protéger. Si les institutions décentralisées (Mecks et Sanduks) sont vulnérables et exigent de garanties -jugées parfois draconiennes- avant d'accorder des prêts, c'est, on le comprendra, pour mieux se protéger et remplir efficacement leurs missions.

Les objectifs de l'Année Internationale du micro-crédit 2005, présentés par le secrétaire général des Nations Unies, visent à " contribuer aux Objectifs de Développement du Millénaire (ODM), en évaluant et en favorisant la contribution du micro-crédit et de la micro-finance à la réalisation des objectifs évoqués ". L'engagement est pris d'améliorer la prise de conscience par le public et sa compréhension de la micro-finance, en définissant son rôle dans l'éradication de la pauvreté et dans la réalisation des ODM.  Les pays qui adhèrent aux objectifs des OMD sont sommés d'assurer la promotion de systèmes financiers intégrants, en déterminant les étapes principales qu'auront à franchir les gouvernements pour stimuler des secteurs financiers intégrants et durables, créer des stratégies collectives qui favoriseront l'intégration du micro-crédit et la micro-finance au sein de leur système financier.

Enfin, l'objectif est de promouvoir un accès durable au micro-crédit en augmentant les capacités de microfinancement des fournisseurs de services, en leur donnant les moyens de se faire plus présents et plus efficaces auprès des populations pauvres.

Le message principal de l'année 2005 du micro-crédit aux Comores devrait être " l'intégration des populations pauvres au sein des flux économiques, en soutenant la croissance des marchés locaux et en augmentant les opportunités économiques par la création de nouveaux emplois, de nouveaux investissements et de nouvelles infrastructures ".

Le vendredi  8 juillet, les membres du Comité national de micro-crédit se sont réunis pour la première fois en assemblée générale à l'hôtel Le Moroni. Présidée par Said Abdallah Cheikh, directeur de la Dette chargé des Institutions financières décentralisées, cette réunion s'est penchée sur " l'élaboration et l'adoption d'un programme d'activités pour l'Année internationale de microcrédit " et " la mise en place du bureau du Comité national de micro-crédit ". Le nouveau comité mis en place projette de mener des actions de communication et de sensibilisation, de programmer des réunions de réflexion et d'échanges en vue d'aboutir à l'élaboration de la politique nationale de micro-crédit. L'une des grandes ambitions du comité est d'abriter à Moroni une conférence internationale de micro-finance aux Comores, un projet initié par la Banque Centrale des Comores.

 

Ahmed Ali Amir