Editorial : Un vote pour le futur

 

Dimanche prochain, les Comoriens vont faire un choix qui fixera leur destin pendant les quatre prochaines années, et même au-delà. Quand l'heure sonnera pour le bilan de cette campagne, on déplorera le fait que plutôt que d'axer les débats sur le sens de ce scrutin, ses enjeux et les défis qu'il pose, sa signification pour le présent et le futur du pays, les institutions nouvelles et leur devenir, certains ont choisi de rabaisser les confrontations à des niveaux qui tirent les esprits et les consciences vers le bas. Les responsables et les états-majors des partis, ont lourdement péché en n'élevant pas les débats vers les sphères intellectuelles, politiques et économiques d'où ils ne devraient jamais descendre. Les slogans les plus teintés de populisme, colporteurs des projets les plus chimériques, ont entraîné la pensée générale vers des niveaux ahurissement bas. La gent intellectuelle elle-même, d'ordinaire si encline à saisir ces opportunités électorales pour porter lumière et éclairage dans les esprits des gens, semble avoir démissionné de ses responsabilités. 

Ceux qui voulaient transformer cette présidentielle en vote pour ou contre la Crc n'ont pourtant pas tout à fait réussi parce que de plus en plus de gens ont fini par prendre conscience des véritables enjeux du 14 mai. D'ailleurs voter contre le passé à l'occasion d'une élection présidentielle, où ce dont il s'agit est de faire un choix pour l'avenir, est toujours significatif d'un déficit de vision pour le futur.

L'avenir immédiat pour les Comores est d'ailleurs déjà largement tracé à travers le DSRP et les projets retenus à Maurice en décembre dernier. Tout candidat qui se situe en dehors de ce cadre n'est qu'un marchand de rêves. Et les rêves sont malheureusement faciles à vendre parce que précisément ils ne coûtent rien. Rien alors n'empêche un candidat d'annoncer sur les tribunes et sur tous les toits que son élection signifiera la transformation du pays, en six petits mois, en un éldorado du canal de Mozambique.

Le 14 mai, les Comoriens se retrouveront les pieds sur terre, la tête engourdie des chimères entendues ici et là, et la dure réalité imposant la rigueur de ses lois.

L'intérêt du pays est donc de choisir le candidat le mieux à même de créer après son élection une dynamique de confiance avec nos partenaires et engager le processus de mise en œuvre des promesses de Maurice. L'esprit de tolérance, la volonté de rassembler le plus grand nombre, une grande expérience dans la conduite des affaires de l'Etat sont autant d'atouts que doit réunir le futur chef de l'Etat pour pouvoir imprimer à toutes les forces vives du pays, la force nécessaire pour la réalisation des dizaines de projets de développement arrêtés à Maurice pour la période 2006-2009. Au regard de ce profil, les urnes devraient désigner Ibrahim Halidi pour présider à notre destinée durant les quatre années à venir.

Mohamed  Abdou Soimadou