A toutes les interrogations, le président de la République a su trouver les mots justes pour répondre à leurs inquiétudes et à leurs doléances
Pour la première édition de la journée de l'étudiant, on peut
déjà parler d'un succès évident. La causerie entre le chef de l'Etat et les
étudiants de l'université, le samedi 6 mai à l'Iferé,
en est la parfaite illustration. Au cours de cet échange fort sympathique, le
colonel Azali est revenu sur les motivations exactes
de la création de l'université nationale et sur le rôle que doit jouer cette
dernière dans la société. Il a surtout insisté sur les difficultés (financières
s’entend) de chaque famille comorienne à envoyer son enfant à l'extérieur, à
assurer les frais de ses études et à le rapatrier une fois son cursus
universitaire terminé. Tout comme il a souligné la nécessité de préserver la
culture nationale et de former les étudiants comoriens à partir des besoins
spécifiques de notre pays.
S'il a admis que la faculté Imam Chafiou
est bien née avant l'ouverture de l'université nationale, le chef de l'Etat a
expliqué l'affiliation de cette faculté dans la jeune institution par le souci
de garantir l'enseignement de l'arabe, une des deux langues officielles des
Comores.
Le colonel Azali a déclaré qu'il n'y a
aucune différence de niveau entre les étudiants diplômés de l'extérieur et ceux
ayant achevé leurs études à Moroni. Et il n'y aura pas non plus une différence
de traitement.
Il faut dire que cette causerie a servi de tribune aux étudiants
de l'université nationale pour faire part de leurs appréhensions et d'un
certain nombre de contraintes liées à leurs études. Un étudiant de la faculté
des Sciences a, par exemple, évoqué le problème de l'inexistence d'un
laboratoire au sein de l'établissement et souligné l'inadéquation entre la
capacité d'accueil de l'université et le nombre (très important) des élèves.
Un étudiant de l'Iferé a, lui, parlé de l'avenir même de l'université dans la perspective
d'un changement de régime dans les semaines à venir. Une question que se pose
d'ailleurs toute la communauté éducative nationale, la création de
l'institution n'ayant pas encore reçu l'onction nécessaire des institutions
compétentes.
La question du représentant de l'Ecole nationale de santé a
porté sur l'avenir des étudiants comoriens une fois leur cursus universitaire
achevé et, d'une manière générale, sur la politique d'embauche du gouvernement.
A toutes ces interrogations, le président a su trouver les mots
justes pour répondre aux inquiétudes et aux doléances des étudiants. Répondant
à l'angoisse fondée sur l'exiguïté de l'université par
rapport à la surpopulation universitaire, il a reconnu qu'il s'agit d'un
problème assez aigu, mais qui n'a pas été suffisamment débattu lors de la
création de l'établissement. " Nous
ne pensions pas qu'en trois ans, l'effectif des étudiants allait dépasser la
capacité d'accueil de l'université. C'est là une surprise agréable "
a-t-il ajouté.
La question devra être débattue par les responsables techniques
de l'administration universitaire.
Le chef de l'Etat a par ailleurs critiqué l'attitude de certains
professeurs trop enclins à faire grève qu'à enseigner. Il a surtout appelé les
diplômés de l'Iferé (enseignants du primaire) à plus
de responsabilité dans l'accomplissement de leur devoir.
Ce n'est pas la première fois que le colonel Azali
se prête à cet exercice. L'on se rappelle que l'année dernière, dans le cadre
des festivités du trentième anniversaire des Comores, il a réuni près d'une
centaine de jeunes scolaires au palais présidentiel de Beit-salam
et a répondu à leurs questions.
Ahmada Mohamed