Conférence de presse du président El-bak : ‘‘Madéira et Mourad n'ont pas été corrects’’

 

Avant de se prêter aux questions de la presse nationale, le président Mzé Soulé El-bak a dénoncé la crise économique et politique qui frappe le pays, mais aussi les nombreux blocages et autres chantages dont selon lui a été victime son gouvernement de la part des autorités de l'Union.

Sur le soutien des exécutifs insulaires à la candidature de Ahmed Abdallah Sambi, le président El-bak a déclaré que leur objectif commun est de barrer la route à la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC). Il a aussi ajouté que Sambi incarne l'espoir d'un renouveau et a promis de reformer l'institution judiciaire. Certes, il a admis l'appartenance de Mohamed Djanfari à la mouvance Mdjidjengo, mais El-bak a insisté sur la nécessité d'un sursaut unitaire contre le “grand ennemi”.

A propos de la mésentente entre lui et le Front national pour la justice (FNJ), le président de l'île de Ngazidja a confirmé l'existence d'un malentendu après la décision unilatérale de ce parti de rallier Ayatollah, contre la consigne officielle des exécutifs insulaires. Aujourd'hui, au nom de la défense des intérêts communs, ils se retrouvent dans le même bateau. 

Interrogé sur le qualificatif de chiite (une autre école de l'islam contraire au sunnisme pratiqué aux Comores) du candidat Ahmed Abdallah Sambi, El-bak a répondu que le moment ne se prête pas vraiment à cette polémique avant d'ajouter : " Ce n'est pas parce qu'on a étudié dans un tel pays qu'on pratique forcément sa religion. Combien de Comoriens ont fait leurs études en Europe. Pour autant, sont-ils devenus des chrétiens. Il s'agit d'un faux débat ".

Sur une question relative au déroulement de la présidentielle, il a parlé d'une manœuvre en cours en vue de torpiller l'élection. Et de mettre en cause la partialité de l'envoyé spécial du président de l'Union africaine, M.José F.Madéira. Tout comme il n'a pas épargné non plus le chef du bureau de liaison de l'UA à Moroni, M.Mourad Taiati.

Durant tout le reste de son mandat, soit près d'une année, le président El-bak espère appuyer sur l'accélérateur et mettre en œuvre une série de projets allant dans le sens du développement de l'île : développement du secteur de la santé et du transport (reconstruction de la route nationale, baisse des tarifs de taxi, moyens de transport modernes,….), accélération du processus de décentralisation,…

Parlant de la crise qui prévaut au niveau de l'école publique, il a déclaré attendre l'alimentation du compte de l'île de Ngazidja par les autorités de l'Union pour répondre aux doléances des professeurs. Et de se livrer ensuite à une critique de la gestion des fonds publics par les autorités centrales.

Quand un journaliste l'a interrogé sur sa position dans l'éventualité d'une défaite d'Ayatollah, le président El-bak a parlé d'un scénario-catastrophe.

S.M.Bafakih