Electricité d'Anjouan : EDA éclaire mal

 

Depuis plusieurs semaines déjà, l'EDA (Electricité d'Anjouan) pratique un système de délestage qui commence à devenir très éprouvant pour les consommateurs. Une nuit sur trois ses clients  sont privés d'électricité de 18 H à 22 H. La raison de ce désagrément vient d'une panne des groupes électrogènes qui alimentent le central de Ntrenani.

  En effet, l'un des deux groupes électrogènes, de 1800 KVA chacun, offerts par l'Union des Comores ( don de la Ligue Arabe) est en panne. Le second  qui fonctionne avec beaucoup de difficultés, ne fournit, d'après un cadre de la Société, que 300 KVA au lieu de 1800.   On le fait quand même marcher pour dépanner, explique-t-il,  les clients. Deux autres anciens groupes qui donnent presque la moitié de leur puissance  assurent malgré tout le fonctionnement du Central thermique de Ntrenani.

Beaucoup de gens s'interrogent sur les motifs qui ont entraîné l'agonie prématurée de ces deux groupes inaugurés avec pompes tout dernièrement. Les raisons évoquées par des gens de la boite concourent sur l'entretien qui a été réservé à ces groupes.

  Alors qu'il a été strictement conseillé d'utiliser de l'huile de marque " Fina "  dans ces machines, les techniciens se permettaient pour des raisons d'économie,  peut-être, d'utiliser une autre huile achetée dans les Emirats arabes unis. A la longue , cette huile se serait  avérée incompatible avec les machines et a causé  par conséquent des dégâts.

 D'autres sources ajoutent que le carburant, contrairement aux consignes habituelles, n'était pas parfois bien décanté avant d'être versé dans les réservoirs des moteurs.

 " De toute façon quels que soient les motifs de ces dégâts, les conséquences sont les mêmes ", souligne un technicien de l'EDA qui ne cache pas son amertume de voir la société tombée  rapidement dans ce genre situation . Pour lui, il faudrait à l'EDA  environ 36 millions de francs comoriens pour mettre en l'état ces groupes électrogènes.  Avec une pareille somme, renchérit un autre agent qui a voulu aussi garder l'anonymat,   elle pouvait acheter un autre groupe neuf.

 L'inquiétude est grande chez les agents de la société d'électricité qui accusent déjà sept mois d'arriérés de salaire. Devant cette situation précaire, un autre hic vient les surprendre. La semaine dernière, alors qu'ils touchaient le salaire du mois d'octobre beaucoup d'agents ont eu la désagréable surprise de constater que leurs salaires ont été amputés. "  La décision de cette réduction vient de la présidence de l'île " répondit le directeur général à ceux qui cherchaient à comprendre les  raisons de cette amputation. L'étonnement est encore grand chez les agents qui ont du mal à comprendre qu'une Société qui assure un recouvrement de  plus de 70 millions par mois ( les factures sont mensuelles) n'arrive pas à honorer régulièrement les salaires de 16 millions mensuel de ses travailleurs.

M. Boudouri