RAPPORT - KAMPUS 1999

La Sœur Colette Ayme et  Mariama Abdulatif du Kampus nous confient. 

 

Le Kampus est le centre nutritionnel où nous recevons des enfants mal nourris de l'Archipel des Comores, mais  surtout de la Grande Comore. Parmi ces enfants qui viennent chez nous, nombreux sont ceux qui ont été – pour de différentes raisons comme:  décès de la mère à l’accouchement ou émigration, enfant non désiré – abandonnés par leurs parents et  confiés aux soins de la  grand-mère qui doit se charger de sa croissance et veiller sur lui. Nous avons 24 lits en général, tous occupés; quelques fois doublés si ce sont les jumeaux.

 

Très souvent la maladie de l’enfant pousse  la grand-mère à nous contacter qui faute de moyens, elle nous préfère  à l’hôpital d’état qui comme tant d’autres en Afrique brille par la crasse, par l’indifférence du personnel non-payé et en conséquent démotivé par toutes les pénuries possibles, est de plus l’hôpital est payant ce qui pose des problèmes insurmontables pour les parents aux revenus aléatoires et très faibles.

 

1. Kampus: Enfant mal nourri avec sa maman

 

Le 1er janvier de l’an 2000, à 6 h du matin on apporte à la Sœur une petite fille de 7 ans portée dans les bras. Hélas ! Plus rien à faire, elle était morte ! Trop tard, et ce n’est pas rare….

 

 

 

2. Kampus : Tendresse maternelle

 

Souvent au hasard des questions posées à la personne présentant l’enfant, nous parvenons à cerner la situation d’un enfant en question. Quand nous demandons à une maman : « Est-ce que tu le fais téter ? » – nous entendons la réponse : « Non, je ne suis pas sa maman. » En poursuivant notre enquête nous apprenons des détails sur la façon dont l’enfant mange. Chaque fois on nous répond : « L’enfant se nourrit de tout ce qu’on mange, alors il mange  de la soupe de riz, du manioc, de la papaye etc.  Ou bien on nous dit : «  L’enfant ne veut plus téter, ne veut plus manger ou je n’ai pas assez de lait »(insuffisance de lait dû à une nourriture non-nutritive pour la maman. » Quand nous questionnons les parents sur les raisons du retard à soigner l’enfant, ils nous répondent très souvent   »Je n’avais pas les frais. C’est pour cela que je suis ici, chez vous, parce que je n’ai pas de quoi payer. » Et ceux qui payent, ce n’est pas grand chose. (200 FC= 3 FF)

3.Kampus : souci nutritionnel.

Heureusement Soeur Colette dispose du lait du Secours Catholique du riz offert soit par l'Ambassade de France ou acheté avec des fonds de la Conférence Épiscopale Italienne (pour l’année 1999), pour des enfants en difficulté alimentaire. La dernière rentrée de riz s’est élevé à 600000 F.C., soit 11600 F.F.(Conférence Épiscopale Italienne)

 

Dans la plupart des cas, la malnutrition coïncide avec le début du sevrage. De nombreuses femmes ne savent pas grand chose sur les besoins alimentaires de leurs  enfants, ce qui ouvre la porte à toutes les pathologies alimentaires. Lorsque la maman ou grand-mère est d’accord pour que l’enfant reste au Kampus, ce sera au minimum pour une période de 4 semaines, car la troisième étant critique pour l’enfant qui a su profiter de son séjour. Mais pour la maman, ça doit être une période positive à tous points de vue. Le matin à 5.30 c’est la propreté : deux mamans à tour de rôle sont désignées pour le ménage avec le savon et la javel( ce qui nous a aidé dans la lutte contre le choléra.  Et les autres mamans font la lessive tant qu’il y a de l’eau au robinet.. Cette période d’apprentissage est difficile, car les coutumes ont une vie longue. Nous nous servons du matériel didactique pour montrer aux parents comment procéder au sevrage et comment garder leur enfant de façon optimale.

La Campus n’est pas comme les autres hôpitaux qu’on rencontre aux Comores. Nous avons affaire à des patients, à des cas qu’on ne peut pas traiter à l’hôpital, soit à cause de la durée du traitement qui  est plutôt nutritionnelle, soit à cause de la pénurie des moyens disponibles entre les mains des parents. Pour de nombreux parents c’est une dernière perche de salut pour sauver leur enfant. Nous profitons de ce temps prolongé d’hospitalisation pour initier les mamans à la couture, à la puériculture à la cuisine plus riche plus propre et mieux adaptée aux besoins alimentaires. Les mamans cousent  des brassières, des robes, des housses pour nos matelas. Pour nos 24 lits grands et 19 petits, nous devons remplacer régulièrement les housses, et ce sont les mamans qui s’en chargent pour les confectionner. (photo)

 

4. Kampus : quand l’un prend soin de l’autre.

 

Pour le soin de  l’entretien journalier des matelas, la propreté en est confié aux mamans qui les mettent chaque jour au soleil pour combattre les punaises qui nous envahissent parfois, et pour combattre aussi la gale.

 

Ce sont une fois de plus les mamans qui sont chargées de faire à tour de rôle la cuisine pour tous. Beaucoup de détails dans le domaine culinaire, sont laissés à leur inventivité, car elles participent à l’effort visant à l’amélioration du repas(cumin, oignon, herbes etc..) Souvent des différents fruits du pays viennent en partie  d’elles, comme leur participation aux frais de fonctionnement du Kampus, comme d’ailleurs le bois de chauffage indispensable pour la cuisine.

 

5. Kampus : la joie d’avoir quelque chose à manger.

 

Chaque jour, au grand matin,  la Sœur Colette( appelée aussi coco Colette = grand-mère Colette)  accompagnée des mamans, s’affaire pour préparer la nourriture des bébés. Un peu plus tard, à 9 heures du matin il y a  la distribution des fruits aux petits. Il s’agit des papayes, des bananes mûres, des avocats, des oranges et out accompagné de yogourt. Pour le repas du midi, on sert du riz avec de la viande ou du poisson dont tout le monde se régale. Chaque jour, au menu du repas du soir figure « le pilao »  ou le riz à la sauce du poulet, préparé aussi par les parents. La part du lion des denrées alimentaires servies au Kampus vient des dons des différents organismes caritatifs qui nous épaulent.

6. Kampus : enfant de trois ans avec toutes les conséquences de malnutrition.

Il y a 2 jours, un médecin de l’hôpital nous a confié un bébé mal nourri, un bébé diaphane n’ayant qu’une peau desséchée sur les os, et poussant des cris continus. L’enfant avait faim…. Pourquoi… ? L’enfant ayant un bec de lièvre, la maman était incapable de le nourrir. Le même problème se pose pour des enfants qui ont une maladie de cœur ignorée des parents, donc avant leur départ pour « Espoir pour un enfant en France », l’enfant a besoin de récupérer avant d’être opéré. Des enfants prématurés sont l’objet des soins appropriés. Nous sommes obligés de tirer le lait de la maman pour leur donner au compte gouttes. Au cas où la maman fait défaut ou elle manque du lait, les enfants sont nourris de lait spécial. Au niveau de Moroni une boite de lait revient à 6.500 FC ( 88 FF.

Nous avons toutes les catégories de malnutrition à affronter : kwashiorkor, marasme, déshydratation. Nous avons affaire à des enfants qui à l’âge de 6 mois ne pèsent que 2 kg ; à l’âge de 1 an 4 kg ; à l’âge de 5 ans entre 7 et 8 kg Rizine, lait thérapeutique, farine alimentaire Probo sont de grande utilité pour combattre toutes ces pathologie alimentaires

Même des cartons vides ou se trouvait la rizine sont très convoités par des parents, car ils servent de lit pour le petit, de petite valise et encore de siège pour les enfants de 10 mois qui ne savent pas s’asseoir.

 

7. Kampus : Sœur Colette en compagnie des infirmières de brousse.

 

Nous sommes fréquemment sollicités pour apporter une aide efficace à toutes les pathologies médicales, comme p. exemple : des malformations congénitales  (bec de lièvre, de pied de bot.)  Bien que nous soyons épaulés par un médecin américain, nous ne sommes pas en mesure, ni de point de vue médical, ni de point de vue financier, à relever tous les défis et à apporter une solution satisfaisante à tous, loin s’en faut. Il ne nous reste qu’à compter sur Le Seigneur qui, en servant d’un bon samaritain, nous permet d’apporter une assistance, aussi bien médicale qu’alimentaire à beaucoup d’enfants.

8. Kampus : en route vers le 3ème millénaire avec le Secours catholique

 

Nous sommes très reconnaissants du fait, qu’à la charnière de ces deux millénaires, nous avons pu bénéficier de l’assistance généreuse du Secours Catholique de Paris. Grâce à vous, Chers Amis, notre témoignage est possible, et nous vous en remercions. Et tous nos petits, et, nous avec eux, nous comptons sur la générosité du Bon Samaritain qui a promis à l’aubergiste de passer et de régler la facture.

Fait à Moroni, le 11.01.2000

Soeur Colette Ayme

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