• 11 dispensaires (en brousse et en ville),

  • 95 à 100 villages visités

  • 100.304 consultations par an

  • 62.577 vaccinations par an

  • 1.631 consultations prénatales et postnatales

  • 1.264 par an bénéficiant d’une aide nutritionnelle.

 
 








CARITAS - ZONE RURALE ET URBAINE

R.F.I. des Comores + Mayotte

 (description du pays et de la Caritas)

Moroni, 8.07.2000

I.    Présentation de la situation socio-économique des Comores.

1. Pays en général. En 1997 la population est estimée à 539.000 habitants avec une densité de l’ordre de 274 habitants par km carré, l’une des plus élevées d’Afrique. Taux de croissance s’élève à 2,7% par an. La fécondité présente au niveau actuel, mesurée par l’indice synthétique de fécondité, est de 5,1 enfants par femme et avec de fortes variations selon le milieu et l’île de résidence. Les moins de 20 ans représentent plus de 55 % de la population active estimée à 190.000 environ. Taux de chômage s’élèvent à 37 %. Environ 12.000 jeunes adultes arrivent chaque année sur le marché du travail. La forte expansion démographique qui connaît le pays, associé à l’exiguïté du territoire et aux difficultés économiques actuelles, est source de problèmes spécifiques en matière principalement de pauvreté, de chômage, de sous emploi et de dégradation de l’environnement.

L’archipel brille aussi par un taux élevé d’analphabétisme qui est de 45 %  (52 % des femmes), taux brut de scolarisation : 39 %  par un taux de mortalité infantile : 88 p.1000, (97 pour la moyenne des pays en Afrique sub-saharienne), un taux élevé de mortalité maternelle : 9,5 pour 1000 naissances vivantes en 1966 (9,3 moyenne pour l’Afrique sub-saharienne) – insuffisance pondérale de moins de 5 ans : 26 %. Espérance de vie : 58,8 ans (faible) ; 47 % de la population n’a pas l’accès à l’eau potable, 18 % aux services de santé, 77 % ne disposent pas de réseaux d’assainissement – apport calorique : 1824 cal/par jour qui devrait être d’au moins de 2700 cal/par jour.

Au niveau économique, on constate une baisse continue du PIB per capita : 380$ en 1997 contre 452 en 1995 et 510 $ en 1994. Exprimé en parité de pouvoir d’achat (PPA) cela donne 1010 $ en 1997, contre 1200 en 1995 et 1430 en 1994. La croissance annuelle du PIB courant par capita est 1,8 % mais le PIB/réel par capita annuel est de moins 2,8% - d’où des déficits importants des finances publiques qui se traduisent par des retards considérables dans le paiement des salaires des fonctionnaires : 18 mois cumulés fin 1998. La population s’appauvrit en raison de la détérioration globale de l’économie et du fait de la croissance démographique. L’Etat, premier employeur s’est efforcé de réduire la masse salariale : de 8000 agents, en 1989, on est passé à 5400 en 1999, mais le montant des salaires continue à obérer le 2/3 des recettes publiques. L’inflation est maîtrisée autour de 4% par an. Avec un indicateur de développement humain de 0,412 en 1997 les Comores occupaient 140-ème rang mondial sur 175 pays.

Comparaison internationale de quelques indicateurs de développement humain en 1994

 

  

     Comores

 

   Cap-vert

 Sao- Tomé

  

 Maurice

Seychelles

      IDH

        0,412

     0,547

    0.534

0,831

0,845

Espérance de vie à la naissance

          56,1

       65,3

67

70,7

72,0

Taux d’alphabétisation chez les adultes (%) 

          56,7   

       69,9

67

82,4

88,0

Taux consolidés de scolarisation primaire et secondaire (%)

39

       64

57

61

61

PIB réel/tête PPA

1366

   1862

1704

6022

5925

Classement selon l’IDH sur 175 pays du monde

140

     123

125

61

52

Source : Rapport sur le développement humain, PNUD 1977, Economica, Paris.

Notons toutefois que la situation des Comores n’est pas si différente de celle des autres pays africains de taille et d’importance économique voisines si l’on compare les indicateurs de développement humain, comme par exemple les îles Cap-Vert, Sao Tomé et Principe. Par contre les différences sont beaucoup plus marquées entre pays de l’Océan indien, comme l’île Maurice et les Seychelles.

L’économie comorienne est essentiellement de type rural, et connaît un degré de dépendance élevée vis à vis de la conjoncture internationale. Le secteur de la production alimentaire représente globalement – pêche, élevage animal et sylviculture compris – près de 42,0 % du PIB, et emploie 70 % de la population active. Dans ce secteur, la production alimentaire, de plus en plus consommée sur place, représente près de la moitié de la valeur ajoutée, tandis que la pêche et la sylviculture représentent une part supplémentaire de 35 à 40 %. Les principaux produits d’exportation – l’ylang-ylang, la vanille et les clous de girofle – représentent 95 % des exportations de marchandises des Comores. Le secteur manufacturier est limité par le coût élevé des facteurs de production – main d’œuvre, électricité et communication – et par une faible productivité de la main-d’œuvre.

L’économie reste très fragile du fait de son absence de diversification, de son manque de compétitivité, des coûts de facteurs très élevés et d’un marché intérieur très étroit. Le recul de la production nationale s’observe dans la plupart des secteurs de l’économie en raison de la crise de la production électrique en 1996. Le pays ne produit pas suffisamment pour satisfaire ses propres besoins. Les Comores sont l’un des pays les moins industrialisés, la part de l’industrie dans le PIB est de 10% contre 25 % moyenne dans les pays d’Afrique sub-saharienne. La situation économique et sociale du pays n’a cessé de se dégrader ces dernières années, le chômage des jeunes notamment. La situation sanitaire s’aggrave, depuis 2 ans, et les établissements scolaires connaissent un dénuement sans précédent.

Les Comores ne bénéficient pas réellement d’une tradition touristique malgré une géographie et un climat propices. Sa contribution à l’économie est très limitée malgré les potentialités naturelles existantes. En effet les Comores offrent la présence des éléments naturels,tels que le sable, la mer et les meilleures conditions météorologiques favorables à la demande touristique, à l’instar des autres destinations de vacances dans l’Océan Indien.

2.      Spécificités comoriennes. Les Comores, sous beaucoup d’égards, sont bien singulières. Dans un système socio-politique à la fois libéral, ouvert et traditionnel, son économie cumule les traits d’un pays sous développé. L’intensité des conflits liés au séparatisme ces dernières années n’est que le reflet d’un mal de développement. L’économie est aujourd’hui inapte au développement économique et porte en elles des ressources limitées en friches, qui permettent d’imaginer qu’une alternative est bien possible. On sait que la petitesse de la taille de chacune des îles considérées isolément est un obstacle au développement Les Comores tirent leurs ressources de deux origines principales :

-         l’agriculture élevage pêche forêt qui fait 40% du PIB en 1996,

-         les transferts du reste du monde, soit au titre de l’aide internationale, soit au titre des transferts privés des comoriens de l’étranger, principalement de France, estimés à 40 % du PIB en 1996.

Les transferts de la diaspora comorienne «  les je-viens » sont évalués à 20 milliards de francs comoriens. A l’heure actuelle, il y aurait selon les estimations 40.000 ménages comoriens qui envoient une partie de leurs économies dans leur pays d’origine. La chambre de commerce avance une estimation de 20 milliards de francs comoriens(266 millions F.F) ; ce qui ensemble avec les transferts de l’aide internationale donne 40% du PIB. A long terme se pose la question de la pérennité des transferts. Les Comoriens de la deuxième génération n’ont plus pour les Comores l’attachement de leurs parents ; les transferts devraient donc diminuer, sauf à supposer une poursuite de l’immigration comorienne en France. Or, il semble qu’il sera plus difficile d’émigrer vers la France que par le passé. L’aide internationale au développement  constitue 25,3% du PIB et s’élève à 81 $ par habitant ce qui reste assez élevé, mais en même temps elle a diminué de 16% en 4 ans.

Pour assainir la situation et préparer l’avenir, les coopérateurs économiques préconisent quelques mesures susceptibles d’aider le pays à sortir de l’ornière du sous-développement, et d’éveiller des potentialités existantes. Il faut, entre autre réduire les coûts des services publics. La baisse du tarif de l’électricité est indispensable, or au cours de l’année qui s’achève le prix de l’électricité a grimpé encore et se situe parmi le plus chers du monde.. La baisse du tarif du transport extrêmement élevé est aussi indispensable. A titre de comparaison, selon la Chambre de commerce, le transport d’un conteneur depuis Marseille coûte 10.000 FF jusqu’en Mayotte et 26.000 FF jusqu’à Moroni. Le supplément de coût résulte à la fois des conditions de déchargement et du faible trafic. Les mauvaises conditions de déchargement engendrent des coûts liés au prix du déchargement (boutres), à l’insécurité de ce mode de déchargement et à l’immobilisation des navires(souvent plus de 15 jours.

L’état du système éducatif public s’est récemment aggravé, à la suite des grèves et la démobilisation des enseignants, dues aux arriérés des salaires. L’évolution du partage des élèves du secteur primaire entre l’école publique et l’école privée, de 1994 à 1995, est éloquente. En 1994 les quelques 78.000 élèves du cycle primaire se partageaient à raison de 97 % dans le public et 3 % dans le privé. L’enseignement aux Comores, qu’il soit primaire ou secondaire, est général alors qu’il serait nécessaire de développer un enseignement technique et une formation à la gestion des petites entreprises. 

 

3.Perspectives d’avenir. Les Comores présentent des spécificités qui font que certains secteurs présentent des atouts  ; ce sont des spécificités  géographiques, qui conduisent à penser que l’agriculture pêche et le tourisme sont des secteurs dans lesquels le pays bénéficie d’avantage de comparatifs. Selon les opérateurs économiques, il faut assurer à l’économie comorienne une croissance suffisante, au moins égale à celle de la population.

II. Caritas Comores (zone rurale et urbaine)

1.Présence chrétienne. La population locale reste à 100 % musulmane et elle reste farouchement attachée à sa religion es ses valeurs. La diaspora chrétienne est constituée des chrétiens originaires de Madagascar, du continent africain, des îles de l’Océan indien et de France. L’implantation chrétienne évolue d’une île à l’autre ; et c’est ainsi elle est plus importante à Mayotte qui est encore administrée par la France. Sur tout l’Archipel, il y a environ 3000 chrétiens. Les activités caritatives constituent un créneau très important par le biais duquel l’Église est présente vis à vis du monde comorien et musulman.

2. Structures de Caritas Comores. Elles sont très modestes, vu la petitesse  du pays et faible effectif numérique de chrétiens. Administration Apostolique tout entière comprend seulement 2 paroisses. Chaque Administrateur Apostolique assume la fonction de président de  Caritas Comores. Au niveau de l’île de Mayotte, il est représenté par le Curé de lieu qui coordonne les activités. Le travail se réalise dans une étroite collaboration avec les quelques religieuses très actives dans les œuvres caritatives sur  L’Archipel.

3.Œuvres caritatives en faveur de la population locale. Elles se répartissent en deux activités essentielles : santé et formation. Voici quelques indicateurs économiques susceptibles de répondre à votre question, et de vous aider à vous faire une idée du travail réalisé par la petite Caritas de Comores en terre islamique.

° Santé

Au menu se trouve les soins de santé primaire, ainsi que l’orientation des malades vers les services spécialisés de Moroni (pédiatrie, ORL, ophtalmo, dentiste, OHI….) Voici quelques indicateurs statistiques susceptibles de vous fournir quelques éléments de réponse à votre questionnaire :

  • 11 dispensaires (brousse et ville), encadrées par 2 religieuses et 14 infirmières comoriennes.

  • 95 à 100 villages visités

  • 100304 consultations par an

  • 62577 vaccinations par an

  • 1631 consultations prénatales et postnatales

  • 1264 par an bénéficiant d’une aide nutritionnelle.

Au sein de la population qui est bénéficiaire  des soins de santé, il y a beaucoup d’enfants.  Ils occupent une place très importante dans notre action en faveur de la santé. En leur intention, les dispensaires et les œuvres gérées par la Caritas assurent un suivi hebdomadaire pour :

  • prophylaxie anti-palustre

  • vaccinations

  • assistance nutritionnelle contre la malnutrition

  • lutte contre les parasites intestinaux et l’anémie quasi-endémique

  • dépistage des malformations congénitales.

  • soins des patients atteints des brûlures que l’hôpital central nous envoie pour une hospitalisation prolongée.

 

°Formation. Elle vise la formation collective et individuelle des patients et de tous les gens de bonne volonté, à la santé de base. Elle vise aussi la promotion de la femme comorienne, en élevant son niveau de connaissances de sorte qu’elle puisse faire face aux difficultés rencontrées dans l’accomplissement de ses taches. A cet effet, le programme prévoit entre autre : alphabétisation et mathématiques, apprentissage des taches quotidiennes(puériculture et soins des enfants en même temps que leur éducation, hygiène alimentaire, corporelle etc.…) En plus, elles peuvent suivre des cours d’apprentissage à la couture, au coupe et tout ce qui s’y rattache En l’intention de enfants pauvres et sans moyens matériels nécessaires pour payer l’écolage dans les écoles privées, la Caritas gère quelques écoles maternelles et primaires qui sont gérées en collaboration avec la population locale.

Sur non actif il y a :

  • 3 écoles maternelles qui offrent ses services à 407  enfants (199 filles)

  • 1 école primaire avec 158 élèves (98 filles)

  • 1 école professionnelle avec 86 élèves (78 filles).

3.      Situation financière et sources de financement. Ces œuvres caritatives nécessitent à l’échelle d’une année une somme de 265.000 F.F. Ces fonds nous sont fournis par le Secours catholique de Paris , par l’Ordre de Malte  et par nos propres revenus. En plus, la Caritas reçoit de différents dons en nature comme denrées alimentaires du Secours Catholique, des médicaments en vrac, et  de Memisa. Il nous est difficile de chiffrer la valeur pécuniaire de tous ces dons. L’objectif d’autofinancement est en ligne de mire comme notre projet à long terme, bien que sa réalisation pose quelques problèmes en raison de la pauvreté de la population locale. Jusqu’à présent l’apport local, en argent et en nature, reste assez faible en raison de la pauvreté dans laquelle croupit une bonne partie de la population. Au niveau de la R.F.I. des Comores, la Caritas ne bénéficie  d’aucun apport gouvernemental, hors exonération de douane partielle pour les colis destinés aux dispensaires, entière pour le gros matériel. Par contre, au niveau de l’île de Mayotte, qui reste sous l’administration française cet apport gouvernemental est assez important. Il s’élève à 500000 FF par an (salaire, frais de fonctionnement etc.), et il permet le fonctionnement de l’école de formation professionnelle pour les jeunes Mahorais (filles et garçons ). Ce centre de formation professionnelle, reconnu par l’éducation Nationale et tenue par la Caritas est très apprécié.

4.Défis à relever par les ONG et par la Caritas. A l’heure actuelle, il y a en R.F.I. des Comores plusieurs ONG qui, en fonction de leurs moyens, tentent d’apporter à la population leur assistance matérielle, humain et technique.

La Caritas est de plus en plus sollicité pour servir, là où la société et  l’État ne parviennent pas à faire face à toutes les sollicitations de la part de la population, comme par exemple dans les soins de santé et dans la formation.  Par le biais de la formation, aussi bien en ville qu’en brousse, la Caritas s’efforce de former une nouvelle génération capable de s’attaquer à toutes les causes pathogènes et entravent qui portent préjudice à la société tout entière et à prendre entre leurs propres mains le destin du pays.  Pour  pouvoir relever tous ces défis, la Caritas reste tributaire de la situation locale, des contraintes économiques de l’atmosphère générale peu propice au développement. Les tarifs des services très élevés(courant électrique, transport) mettent à mal son budget. L’aide nutritionnelle ne peut pas pallier toutes les conséquences d’une crise multiforme qui affecte la société actuelle.. Elle vit sa dynamique du provisoire. Pour énième fois c’était possible grâce à la solidarité internationale et par le canal du secours Catholique, de l’Ordre de Malte et de Memisa, la Caritas Comores peut témoigner de l’amour chrétien qui est à la mesure de sans mesure.

4.      Nous ne disposons pas des personnes libres pouvant donner à coup de main à l’échelle régionale ou internationale pour vous les proposer. Nous ne sommes pas en mesure d’aller au-devant de vos souhaits. D’autres Caritas Sœurs plus importantes, plus riche en potentiel humain et chrétien, peuvent vous épauler. Puisse le Seigneur vous bénir et rendre efficace votre présence dans le monde !

Fait à Moroni 9.07.2000

P. Jan Szpilka SDS

Administrateur Apostolique des Comores

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