ACTUALITES DU KARTHALA 25/11/2005 - 09/12/2005

Fin de l’éruption du Karthala
Article paru dans Clicanoo, Le Journal de l'Ile, Dimanche 11 décembre 2005
http://archives.clicanoo.com/article.php3?id_article=119039&
Le volcan comorien entré en éruption le 24 novembre s’est rendormi jeudi matin,
mais une préoccupation surgit : le Karthala semble avoir entamé un nouveau cycle
éruptif et d’autres épisodes capables de générer des retombées de cendres comme
en avril et novembre pourraient se produire.
Depuis jeudi matin, au soulagement général, les tracés des sismographes de
l’observatoire du Karthala demeurent plats. Le volcan, après quatorze j ours
d’activité, est redevenu silencieux. 250 000 des 350 000 habitants, dans la
moitié sud de la Grande Comore essentiellement, ont été touchés par les
retombées de cendres dues à l’explosion qui a secoué le sommet du Karthala (2
361 m d’altitude) il y a un peu plus de deux semaines. Cette catastrophe n’a
certes pas fait de victimes, mais, survenant après un premier épisode éruptif en
avril dernier au cours duquel une partie de l’île avait déjà été arrosée d’une
pluie de sable et de poussière tenace, l’heure est aux questions. Quel djinn a
en effet piqué le Karthala, crédité d’une éruption tous les quatorze ans en
moyenne au cours de la période récente ? Patrick Bachèlery, responsable du
Laboratoire des sciences de la Terre de l’université de la Réunion, qui a entamé
une étude méthodique de ce volcan il y a une vingtaine d’années en association
avec le Centre national de documentation et de recherche des Comores, appuyé
pour sa surveillance par l’Institut de physique du Glo be de Paris et
l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise, assemble les pièces d’un
puzzle peu à peu réunies. Il rappelle la présence de nappes phréatiques dans le
massif du Karthala ; lorsque le magma monte dans l’édifice, la chaleur
transforme cette eau en vapeur ; la surpression entraîne une explosion, comme il
s’en est produite une en 1991, sans coulées de lave. “Cette éruption a
déstabilisé le système hydrothermal du volcan”, présume le scientifique. De
fait, note-t-il, à peine l’éruption de 1991 terminée, un lac a pris place au
fond du cratère.
D’autres éruptions du même type possibles
En avril dernier, après avoir mijoté pendant quatorze ans, une nouvelle
entrée en contact du magma du volcan avec les nappes phréatiques a été à
l’origine de la volatilisation brutale du lac, phénomène qui a arraché, au bas
mot, des milliers de tonnes de matériaux aux parois du cratère du Karthala, dont
une gr ande partie a été éjectée sous forme de blocs jusqu’à plus d’un kilomètre
du cratère, ou pulvérisée, cendres emportées par les vents d’altitude ou
retombées au sol à plusieurs dizaines de kilomètres du sommet. Puis, durant
moins de deux jours, du magma s’est écoulé dans le fond du cratère, et
l’éruption s’est achevée. La nappe phréatique a ensuite repris sa place et un
lac a de nouveau tout recouvert. Sept mois plus tard, le 24 novembre, nouvel
épisode explosif violent au sommet, accompagné cette fois encore de l’expulsion
de blocs et de cendres, avec cette différence que la phase phréatique a été
suivie d’une phase magmatique : la lave a jailli pendant deux semaines au fond
du cratère, construisant plusieurs cônes. Selon le chercheur de l’université de
la Réunion, le Karthala a peut-être entamé un nouveau cycle éruptif et son
rythme et son type d’activité pourraient avoir changé. De ce fait, de nouveaux
épisodes comme ceux d’avril et de novembre ne sont pas à exclure dans l ’avenir.
Cette hypothèse, émise à chaud, devra néanmoins être précisée par des analyses,
commencées par des chercheurs de l’université de la Réunion qui se sont rendus
sur le Karthala cette semaine. Elle devrait inciter les autorités comoriennes à
mettre en place de nouvelles mesures de prévention, pour éviter en particulier
les conséquences sanitaires catastrophiques de la pollution des réserves d’eau
auxquelles a toujours recours une grande partie de la population, malgré le
programme d’équipement appuyé par les organisations humanitaires internationales
après la première éruption d’avril dernier.
10/12/2005 à 07h38 - Message de Ibrahim YAHAYA
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COMMUNIQUE N°8 DE L'OBSERVATOIRE
VOLCANOLOGIQUE DU KARTHALA Vendredi 9 décembre 2005 L’observatoire volcanologique du Karthala a enregistré une baisse progressive du trémor dans la nuit du mercredi à jeudi, puis un arrêt définitif, le jeudi matin: l’éruption est donc terminée, et l’observatoire annonce un retour à la normale. Cette éruption, phréato-magmatique qui aura duré au total 14 jours, s’est manifestée par des explosions importantes, dans sa première phase, entraînant des projections de blocs jusqu’à environ 300 à 400 mètres du cratère, des retombées de cendres et de poussières dans la région sud-est (Dimani), sud-ouest (Hambou et Bambao) de l’île, et notamment dans la capitale, Moroni. Le lac de lave, observé pendant la phase magmatique de l’éruption, et qui s’est substitué au lac d’eau initialement présent sur le fond du cratère, est maintenant complètement solidifié ; les deux fontaines étaient encore incandescentes la journée du mercredi, et complètement éteintes le jeudi matin, selon les observations faites par l’équipe encore au sommet du volcan, ce jour. Des fumées blanches peuvent être actuellement observées sur le fond du cratère, signe d’une ré alimentation en eau sur le fond du cratère par le système hydrothermal. La mission de l’Université de La Réunion, conduite par le volcanologue, Nicholas Villeneuve, a terminé ses travaux de mesure de prélèvements sur le sommet du volcan. Elle est redescendue ce matin, et repartie pour La Réunion, au courant de l’après-midi. L’observatoire reste à votre disposition pour de plus amples informations. Hamidi SOULE SAADI Responsable de l'Observatoire Volcanologique du Karthala. Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) |
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07/12/2005 à 20h14 - Message de Ibrahim YAHAYA
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COMMUNIQUE N°7 DE L'OBSERVATOIRE
VOLCANOLOGIQUE DU KARTHALA Mercredi 7 décembre 2005 Onze jours après le début de l’éruption, l’observatoire continue à enregistrer le trémor, mais à une intensité plus faible par rapport aux jours précédents. L’éruption se poursuit encore, à l’intérieur du cratère « Chungu Chahalé », où on peut encore observer les deux fontaines de lave, toujours actives ; la lave sur le pourtour de ces fontaines étant solidifiée. Les lueurs rouges ont été observées encore les nuits précédentes au dessus de la caldeira, signe de l’activité encore persistantes de ces deux fontaines Une équipe, conduite par un volcanologue de l’Université de La Réunion, Nicholas Villeneuve, est arrivé depuis le dimanche 4, et se trouve actuellement au sommet du Karthala ; Cette mission vise à effectuer des manipulations divers (mesure de différents paramètres, notamment mesure de Polarisation Spontanée), qui permettrons de percevoir les modifications intervenues au niveau du système hydrothermale; et des prélèvements qui permettrons d’établir une étude comparative avec les éruptions précédentes du Karthala. L’analyse des cendres volcaniques prélevées au cours de cette éruption, effectuées à l’Université de La Réunion, montre une composition similaire à celles des éruptions précédentes du Karthala. Hamidi SOULE SAADI Responsable de l'Observatoire Volcanologique du Karthala. Centre Nationale de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) |
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02/12/2005 à 15h07 - Message de Ibrahim YAHAYA
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COMMUNIQUE N°6 DE L'OBSERVATOIRE VOLCANOLOGIQUE DU
KARTHALA jeudi 1er décembre 2005, 20h 25 Le trémor se maintient toujours : l’éruption continue. Comparativement à l’éruption du mois d’avril où le trémor n’avait duré que 3 jours, celui-ci persiste encore, une semaine après le début de l’éruption. Une équipe de l’observatoire est monté hier au sommet du Karthala, pour l’entretien des stations (risque de panne à cause des cendres et de la poussière), et faire des observations sur le terrain. Ces observations font état de l’existence du lac de lave toujours présent sur le fond du cratère « Chungu Chahalé », alimenté par deux fontaines de lave bien active, qui crachent de la lave environ tous les 15 à 20 secondes ; Cependant, environ 60 % environ de la surface de la lave serait solidifié, et 40% en fusion. Cette solidification de la surface de la lave expliquerait d'ailleurs la disparition des nuages rouges, observés la nuit au dessus du cratère, depuis le début de l'éruption Des rejets de blocs de roche ont également été observés jusqu’à environ 200m du cratère, témoignant ainsi la violence des explosions qui ont eu lieu au cours de la première phase de l’éruption. Aucune trace de fissuration sur les parois du cratère « Chungu Chahalé » n’a été observée ; De même, les enregistrements de l’observatoire ne montrent pas de signal sismique qui traduirait la formation de telle fissure. L'observatoire demande à la population de garder son calme, et d’éviter les scènes de panique. Il appelle également à la prudence. Hamidi SOULE SAADI Responsable de l'Observatoire Volcanologique du Karthala. Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) |
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29/11/2005 à 20h53 - Message de Ibrahim YAHAYA
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COMMUNIQUE DE L'OBSERVATOIRE
VOLCANOLOGIQUE DU KARTHALA Lundi 28 novembre 2005, 20h 25 Le trémor reste inchangé au niveau de l'enregistrement : l'alimentation en lave sur le fond du cratère se maintien. Les nuages rouges au dessus de la caldeira sont encore visible cette nuit. Des observations faites sur le terrain aujourd'hui confirment la présence d'une fontaine de lave sur le fond du cratère Chungu Chahalé, qui s'élève à environ 15m; ce qui représente une quantité de lave beaucoup plus importante que celle observée lors de l'éruption du mois d'avril dernier. On peut également observer, aux environs du cratère "chungu Chahalé", quelques pierres, projetées par les explosions. Trois hypothèses peuvent être envisagées pour la suite de l'éruption: - Arrêt du trémor, descente de la lave par la cheminée: fin de l'éruption. - Ouverture d'une fissure latérale sur le flanc du massif, et mise en place d'une coulée de lave. - Formation d'une coulée par débordement de lave du cratère, à partir du sommet. Cette dernière est peu probable, compte tenu de la profondeur importante du cratère (environ 120m). Aucun signal sismique synonyme de fissuration, n'a été observé par ailleurs. L'observatoire appelle à la prudence. Hamidi SOULE SAADI Responsable de l'Observatoire Volcanologique du Karthala. Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) |
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28/11/2005 à 13h24 - Message de Ibrahim YAHAYA
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COMMUNIQUE DE L'OBSERVATOIRE VOLCANOLOGIQUE DU
KARTHALA L'éruption du Karthala, qui a débuté le soir du jeudi 25 novembre, se poursuit. Les manifestations extérieures du volcan (explosions, retombées de cendres et de poussières...) ont tous cessé depuis hier; Les cendres qui ont chargé l'atmosphère en début d'après midi, sont dues à l'effet du vent. Le trémor sismique se maintient encore à une amplitude importante. Un lac de lave s'est formé à l'intérieur du cratère "Chungu Chahalé", scène de l'éruption de 1991(éruption phréatique), et celle du 16 novembre 2005 (éruption phréato-magmatique). La persistance du trémor s'explique par une alimentation en lave ascendante sur le fond du lac où une fontaine de lave a dû se mettre en place. Les nuages rouges au dessus du cratère sont encore visibles à la tombée de la nuit. L'évolution ultérieure de cette éruption dépendra de la formation ou non d'une fissure sur les flancs du cratère. Néanmoins, aucun signal sismique qui traduirait une telle tournure n'a été observée. L'observatoire appelle à la prudence. Hamidi SOULE SAADI Responsable de l'Observatoire Volcanologique du Karthala. Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) |
25/11/2005 à 12h53 - Message de Mohamed Ahmed CHAMANGA - Envoyé en direct du
CNDRS, Moroni
"Comme vous le savez peut-être, il y depuis la nuit dernière (nuit du 24 au 25
novembre 2005) une éruption du volcan Karthala.
Toute la moitié sud de la Grande Comore est couverte d'une couche de
cendre de 2 à 5 cm d'épaisseur selon les régions.
Pas de coulée de laves, pour le moment en tous cas.
Moroni, la capitale, est paralysée. Tous les bureaux et les magasins sont restés
fermés.
La population, après un début de panique hier soir, semble garder le sang froid.
Tout est calme. Pas de victime pour le moment.
Veuillez trouver ci-joint quelques clichés pris ce matin
Chamanga
![]() L'auteur du message |
Photos prises par Ahmed Aboubacar du CNDRS Vendredi 25 nov 2005 et transmises par Mohamed Ahmed CHAMANGA |
![]() Vue du CNDRS vers 6h du matin |
![]() Vue de ma chambre au CNDRS vers 6h du matin |
![]() Vue du CNDRS vers 6h du matin |
![]() Vue du CNDRS vers 6h du matin |
![]() au CNDRS vers 8h du matin |
![]() Le soleil vu du CNDRS vers 8h45 du matin |
![]() La mosquée du vendredi vers 7h du matin |
![]() Dans la cour du CNDRS vers 8h du matin |