Compte rendu de la manifestation

Du 15 novembre 2003
dans le cadre du Forum Social Européen

En l’hôtel de ville de l’Île-Saint-Denis

 

 

« Les femmes originaires des Comores

en France et en Europe :

traditions, transmissions, évolutions »

 

 

1 ) Un collectif de militantes et de militants, d’associations, à partir de La Courneuve - A.J.M, APSOFAC -, Union des femmes comoriennes Umodja, La réunion des Amis des Comores, Komédit, MweziNet, Lang-Ylang, Inya, a émis le vœu à l’occasion du Forum Social Européen de Paris Saint Denis, de réunir le 15 novembre 2003 toutes les personnes intéressées par les Comores pour en parler ensemble.

 

L’angle choisi n’a pas été celui du débat politicien ici ou là-bas, même si, volontiers, un participant a été invité à la tribune pour évoquer la question de Mayotte. Proposition a été faite de parler ensemble de la vie des femmes originaires de l’archipel, qu’elles soient de nationalité comorienne ou française. Car elles sont porteuses de traditions culturelles et religieuses dont elles assurent la transmission. Car elles vivent une recomposition de leur patrimoine, de leurs connaissances, dans un mode de vie particulier, celui des banlieues des grandes villes.

 

Elles sont ainsi les acteurs de la mondialisation : par elles sont posées la question de la force de la culture traditionnelle du Sud et cette de son insertion dans les sociétés urbaines du Nord, la question sociale des conditions de vie dans les pays d’accueil, et particulièrement en France. Parler en commun de leurs aspirations a été, à cet égard, chose nouvelle, tant la parole des femmes et sur les femmes est contrainte.

 

La réunion du FSE a permis de lancer une discussion, dans un cadre destiné à rompre résolument avec toute vision néo-coloniale, et dans une perspective concrète de la vie des banlieues. Sur ce plan elle a permis de montrer autant l’originalité de la culture comorienne que l’universalité, au delà des femmes comoriennes, des luttes pour l’égalité économique et sexuelle des femmes dans le monde, dans les grandes villes, et particulièrement en Europe.

 

Cette réunion-débat a réuni 150 personnes qui ont effectivement participé aux débats, principalement originaires de la Grande Comore.

 

2 ) La réunion n’a pas revêtu la forme d’un débat classique, et encore moins celle d’un colloque. Un orchestre traditionnel de musiciens et chanteurs du groupe de Madjilis « La Lumière des Comores » a ouvert, clos, et accompagné les échanges. Des danses rituelles se sont déroulées sous la houlette de notables en costume. Des costumes féminins et masculins ont été présentés. Et un groupe de jeunes musiciens et danseurs a terminé, avec l’orchestre, la réunion.

 

3 ) Cette réunion s’est déroulée en période de Ramadan, ce qui a freiné quelques personnes ou en a empêché d’autres, retenues par la préparation de manifestations à caractère cultuel. C’est pourquoi d’ailleurs l’horaire de la réunion a épousé les obligations d’un grand nombre de présents : et c’est aussi pourquoi une rupture du jeûne très chaleureuse s’est déroulée salle Joliot-Curie, ou se tenait une très belle exposition de l’association Mwezinet sur les Comores.

 

4 ) La réunion, après les mots de bienvenue chaleureux du Maire de l’Île-Saint-Denis, M. Michel Bourgain, s’est déroulée selon le schéma prévu initialement, et s’agissant de sa partie consacrée aux débats, comme suit :

 

- L’évocation de la place particulière des Comores dans la mondialisation : la relation à la France et à l’Europe, par Abdallah Mirghane, Président de « la Réunion des amis des Comores » 

 

- Le triangle Comores, Moyen-Orient, Est Afrique, par Christian Lochon, Professeur au CHEAM.

 

- Un poème a été dit par Rolande Galazzo

 

- Les traditions et leur évolutions, famille, religion, grand mariage : par Fatouma Mzé Cheikh, Présidente de « L’Union des femmes Comoriennes UMODJA », Rahmata Ali M’bar, Faouziat Maturaff.

 

- L’évocation de la question de la transmission dans un pays du Nord, d’une culture du Sud : par Abderemane Wadjih, écrivain et anthropologue.

 

- L’avenir de la question des femmes comoriennes, entre la banlieue et l’archipel : la femme dans la littérature émergente franco-comorienne, par Djoumbe Thouebat, chercheur.

 

Les modérateurs étaient Abdou Mohamed Ahamed, fundi et membre de l’ « APSOFAC » et Raymond Riquier, conseiller municipal de l’Île-Saint-Denis et membre de la « réunion des amis des Comores ».

 

Un cahier retraçant la manifestation et montrant son intérêt thématique devrait être mis au point durant le premier semestre de 2004. Il sera édité par la société « Komédit ». Son sommaire provisoire est joint en annexe au compte rendu.

 

 

 

 

Fait à l’Île-Saint-Denis, le 12 décembre 2003

 

 

 

 

 

Par Raymond Riquier

De l’association « La Réunion des Amis des Comores »