CULTURE
Medass, le frère de l’image
Article de HALED. A. BOINA
Paru dans La Gazette des Comores (date inconnue)
Connu sous le pseudonyme de MEDASS, nom d’artiste de Ahmed Hassani Ali, cet autodidacte est un homme modeste mais qui a su faire un choix, celui de devenir ce qu’il est un photographe talentueux. Agé de 23 ans, il se consacre entière ment à l’art. « J’ai commencé par le dessin, mais ayant compris que ma plume n’était pas suffisamment expressive, j’ai opté pour la photographie » nous dira, celui dont la presse nationale qualifie de ‘frère de l’image “(Al watwan n° 163 & 677) et qui s’est toujours donné corps et âme pour valoriser la civilisation comorienne, par un travail de recherche approfondie lui permettant de capter les transformations socioculturelles de notre pays, que ce soit par les techniques du clair -obscur ou encore en usant de l’effet des contrastes produit par les lumières et les ombres. Il posera toujours un regard métaphysique sur son environnement immédiat pour se servant de la couleur comme du noir et blanc afin d’apprivoiser l’instant qui passe, immortaliser les us et coutumes, en observant l’évolution de l’anthropologie et la culture populaire avant que l’évolution et les transformations socioculturelles de la modernité ne les efface. Le travail qu’il a réalisé sur la capitale Fédérale des Comores tait ressortir les transformations spectaculaires que subit Moroni, et se sert de son déclic pour donner à ses images une sensualité toute personnel pour faire naître un aperçu irréel qui projette la ville vers le futur. C’est juste ment à la suite des résultats de ce reportage photographique, que cet écorché vif, boulimique de couleurs a réalisé sur la ville de Moroni, que le Gendarme, poète et Artiste photographe comorien M.A.B.ELHAD lui a rendu un vibrant hommage en lui dédiant l’un de ses poèmes publiés dans l’Introduction à l’Anthologie de la poésie comorienne publiée aux éditions l’Harmattan Mal compris, sou- vont contesté, Medass a vu une grande partie de son oeuvre détruite par les flammes, mais ne s’est pas pour autant découragé et navigue entre authenticité et modernité. L’une de ses thèmes favoris, c’est l’enfance difficile, ayant lui-même connu l’âpreté de la vie, puisqu’il a été orphelin très tôt, c’est ce qui a contribué éventuellement et lui a aussi permis de se forger un idéal, et des convictions tel que celui de devenir un artiste photographe et fière de l’être. Medass s’est forgé une passion en fréquentant l’école photographique de la rue, puisque c’est un autodidacte.
HALED. A. BOINA
Medass : “Je suis les yeux du monde”
La Gazette des Comores: Quelle optique avez vous par rapport à la
politique culturelle ?
Medass: Je suis une partie de tous les continents, tous les pays du monde sont une préoccupation pour moi et je me bats avec une campagne d’images et d’œuvres, mais mes moyens sont très limités. Je vous fais remarquer qu’à l’île Maurice 40 % du budget est consacré à la culture ; aux Comores, ce domaine n’est pas une priorité. Ce qui compte ici c’est la politique politicienne. Mais je rappelle à nos décideurs qu’un pays sans histoire ne peut qu’abriter une nation sans racines. Par là je veux dire que la culture doit retrouver une place digne car c’est notre honneur à tous. Au lieu de nous laisser moisir là -bas ...(passage manquant dans le document transmis par Medass)... lecteurs.
Medass : l’enfant est l’espoir de l’humanité, il est une préoccupation constante, une des causes essentielles de ma vie d’artiste. Dans la première image intitulée ‘l’Enfant aux regard interrogateur’, cet enfant inquiet et paniqué, l’angoisse se lit dans ses yeux, il ne comprend pas Il se pose un tas de questions: “ce monde existe-t-il ? Où va-t-il ? La cause ...(passage manquant dans le document transmis par Medass)... dont le mouvement traduit un geste généreux et humain, l’un doit soutenir l’autre. A partir d’une seule sortie d’eau, ils doivent boire et rafraîchir leurs corps ensemble. Cet espoir est une référence. Ces enfants nous disent halte, ça suffit Ecoutez nous: l’homme est le reflet d’autrui Oubliez vos différends, gommez la mauvaise foi, soyez moins arrogant et plus sociable; parce que tout simple-...(passage manquant dans le document transmis par Medass)... que dans le monde entier l’artiste a le droit de bénéficier de subvention pour qu’il puisse faire vivre son art parce que l’artiste est l’œil de notre monde.
LGDC : Mais tout de même, vous avez beaucoup travaillé pour des entreprises ou des sociétés (la poste, les banques, etc) Qu’est-ce que ce travail là vous rapporte exactement?
Medass: d’abord je me félicite pour le travail que je produis parce que lorsque j’entreprenais ou faisais travailler mes techniques tout en sachant que ce sont des photos qui vont servir de documents tels que les télécartes, timbres ou billets de banque je savais que c’est un engagement national et c’est un comorien qui est auteur de tels oeuvres, j’ai mis le cœur ...(passage manquant dans le document transmis par Medass)...