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| Les
Associations Comoriennes |
| FCDH
page mise à jour le 02/03/2006 |
FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L’HOMME
(FCDH)
B.P. 310
Hapandré Mutsamudu
Anjouan
Union des Comores
Tel : + 269 71 15 43 / 71 60 46
Fax : 00 269 71 12 11 / 71 10 73
Email :
fcdh@comorestelecom.km ou
a_allaoui@yahoo.fr
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COMMUNIQUES
DE LA FCDH |
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Lettre de la FCDH à L’attention de la Délégation des Sénateurs
Français en mission aux Comores 09/02/2006 |
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Communiqué sur
MAYOTTE 04/10/2005 |
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Lutte pour la
Réduction de La Pauvreté ou lutte pour l’Extension de la Pauvreté !?
Problématique pour les Comores.
24/09/2005 |
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Plaquette FONDATION COMORIENNE DE DROITS DE L’HOMME - FCDH - UNICEF
Cellule d'écoute et de prise en charge des enfants victimes d'abus et de
maltraitance |
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10 juin 2005
Rapport des ateliers de formation sur le
Droit International Humanitaire et les Normes internationales relatives
aux Droits de l’Homme sur l’Application des Lois organisés à Moroni,
Mutsamudu
et Fomboni (Comores) du 20 mai au
1er juin 2005
I)
Introduction
La Fondation Comorienne des Droits de
l’Homme (FCDH),
- Constatant les violations des Droits de
l’Homme commises au niveau de la gendarmerie, de la Police et des
Maisons d’Arrêt ;
- Tenant compte des Résolutions Nationales issues du 2ème
Colloque International des Droits de l’Homme ouvert aux îles Africaines
de l’Océan Indien organisé à Moroni du 28 août au 1er
septembre 2004 par la FCDH et l’UIDH en collaboration avec le PNUD ;
- S’inspirant des plans d’action des Ministères de la Justice des îles
Autonomes et de l’Union des Comores ;
A pris l’initiative d’organiser des ateliers de formation sur le Droit
International Humanitaire et sur les Normes Internationales Relatives
aux Droits de l’Homme sur l’Application des Lois à l’endroit des
officiers de Force de l’Ordre, de la Gendarmerie, de la Police et des
Responsables des Maisons d’Arrêt.
Ce projet a été réalisé par le FCDH grâce l’appui financier précieux et
important du Ministère Fédéral des Affaires Etrangères à travers
l’Ambassade d’Allemagne à Antanarivo, Madagascar à un montant de
7 295 000 Francs Comoriens, à la contribution des Gouvernements de
l’Union et des îles Autonomes des Comores à un montant de 2 280 000
Francs Comoriens (KMF) et de la FCDH à un montant de 1 218 000 Francs
Comoriens.
Le PNUD, pour sa part, y a contribué en donnant un appui technique et
d’avis conseil tant dans la mobilisation des fonds que dans la
réalisation des ateliers.
II)
L’objectif de cette
formation
L’objectif de ces ateliers
est de sensibiliser les gendarmes, les policiers et les responsables des
maisons d’arrêt sur les violations des Droits de l’Homme commises en
matière de procédure d’arrestation et des conditions de détention d’une
part et renforcer leurs connaissances en matière du Droit International
Humanitaire, du Droit International des Droits de l’Homme et de lutte
contre la torture.
III)
Résultats attendu
Après cette formation les
participants sont bien sensibilisés sur les cas des violations des
Droits de l’Homme dans le cadre des arrestations et des détentions. Ils
ont en outre renforcé leurs connaissances sur le Droit International
Humanitaire, le Droit International des Droits de l’Homme et sur la
lutte contre la torture.
IV)
Déroulement des ateliers
Le déroulement des ateliers est réalisé en quatre phases
1-
Une phase des cérémonies officielles
d’ouverture et de fermeture
2-
Une phase des formations
3-
Une phase des travaux de groupe
4-
Une phase de l’adoption des résolutions
1.1-
La phase des cérémonies
officielles d’ouverture à Moroni
Les cérémonies
d’ouverture et de fermeture dans l’ensemble des trois îles N’Gazidja
(Grande Comore), N’Dzouani (Anjouan) et Moili (Mohéli) se sont déroulées
de la même manière.
Ainsi à Moroni, les ateliers de formation ont eu lieu du 20 mai au 23
mai 2005. La cérémonie d’ouverture a donc eu lieu le 20 mai 2005 sous le
haut patronage du Vice – Président en charge de la Justice et des Droits
de l’Homme selon le déroulement ci-après :
a-
Mot de bienvenue de la Vice –
Présidente de la section de la FCDH à la Grande Comore.
Madame la Vice-Présidente de
la FCDH sitti Saïd Hassane a souhaité la bienvenue aux invités et a
remercié toutes celles et tous ceux qui ont contribué de près ou loin à
la réalisation de ces ateliers et a souhaité un bon succès aux travaux
d’atelier.
b-
Discours du Président National de la
FCDH
Dans son intervention, le
Président de la FCDH, Ahmed Mohamed Allaoui a rappelé tout d’abord les
objectifs de ces ateliers et les résultats attendus. Il a ensuite
souligné la mission difficile de son Organisation de promotion, de
protection et de défense des Droits de l’Homme aux Comores. Il a donc
insisté sur le renforcement de partenariat entre la FCDH, les Autorités
politiques, administratives, judiciaires et militaires. Il a également
demandé aux partenaires bi et multilatéraux des Comores d’apporter un
appui financier et logistique approprié à la FCDH pour qu’elle parvienne
à mener à bien sa quatriple missions de promotion, de protection, de
défense et de surveillance des Droits de l’Homme afin que la Démocratie,
la Bonne Gouvernance et l’Etat de Droit soit une réalité aux Comores.
Il a enfin remercié le Ministère Fédéral des Affaires Etrangères de la
République Fédérale d’Allemagne à travers son Ambassade à Antananarivo
pour son appui si précieux et si important sans lequel ces ateliers ne
seront pas réalisés.
Le Président de la FCDH a également remercié le Chef de l’Etat Comorien
pour son soutien habituel à la réalisation des activités de la FCDH. Il
a également remercié le Vice-Président en charge de la Justice et des
Droits de l’Homme pour le partenariat franc qu’il a développé entre son
département ministériel et la FCDH et surtout pour le fait qu’il tient
compte des avis et des recommandations de la FCDH dans le cadre de son
plan d’action.
Il a également remercié le Président de l’Île Autonome de la Grande
Comore et son Ministre de la Justice pour leur soutien habituel et pour
avoir contribué à la réalisation de cette formation.
Il a ensuite remercié le PNUD pour son appui technique, scientifique et
pédagogique ainsi que son appui en avis conseil tant dans la
mobilisation des fonds que dans la réalisation de ces ateliers.
Il a enfin remercié tous les partenaires de la FCDH bi et multilatéraux
pour leur appui habituel pour la réalisation de son plan d’action et les
différentes formations internationales.
c-
le discours de son Excellence Madame la
Représentante du PNUD aux Comores
Après le discours du
Président de la FCDH, la Représentante Résidente du PNUD, son Excellence
Madame MAZZA a d’abord félicité l’initiative de la FCDH d’organiser
cette formation à l’endroit de Force de l’Ordre. Elle a ensuite remercié
la FCDH pour son rôle de promoteur, le Gouvernement pour avoir facilité
ce séminaire et l’Ambassade d’Allemagne pour son apport financier
remarquable.
Elle a montré que cet atelier est le témoignage d’un partenariat qui se
consolide jour après jours entre la Société Civile, les Autorités
Gouvernementales, les représentations diplomatiques et les Agences du
Système des Nations autour de la thématique de la promotion des Droits
Humains et du respect des engagements pris au niveau international.
Elle a rappelé que cette activité s’inscrit dans le cadre des
résolutions issues du Colloque International des Droits de l’Homme pour
les Îles Africaines de l’Océan Indien tenu à Moroni en août 2004 promu
par l’UIDH et la FCDH. Elle a ensuite rappelé la contribution du respect
des Droits de l’Homme dans la réalisation des OMD. Elle s’est également
adressée aux membres des forces de l’Ordre pour leur faire part de leur
rôle incontestable à jouer dans la réalisation des OMD en tenant compte
des Droits de l’Homme. Elle a enfin insisté que cet atelier participe à
la volonté des Autorités et la démarche comorienne d’affirmer un Etat
de Droit, la Démocratie et la Bonne Gouvernance.
d-
le discours de son Excellence monsieur
le Vice- Président en charge de la Justice et des Droits de l’Homme
Après le discours de Madame
la Représentante Résidente du PNUD, Son Excellence Monsieur le
Vice-président en charge de la Justice et des Droits de l’Homme a tout
d’abord remercié le franc partenariat développé entre la FCDH et son
département Ministériel. Lequel partenariat a permis à la réalisation
des activités multiples de promotion des Droits de l’Homme.
Il a également souligné que son plan d’action donne une place importante
aux Droits de l’Homme. Le Vice- Président a rappelé qu’en matière des
Droits de l’Homme, le Gouvernement Comorien a ratifié plusieurs
conventions et pactes internationaux relatifs aux Droits de l’Homme.
Dans le cadre de cet atelier le Gouvernement a facilité sa réalisation
parce qu’il adhère fermement à la promotion et à la protection des
Droits de l’Homme, de la Démocratie et de la Bonne Gouvernance.
Il a en outre remercié l’Ambassade d’Allemagne à Antanarivo pour son
appui précieux et considérable qu’elle a accordé à la FCDH pour réaliser
cette activité si importante pour l’édification de l’Etat de Droit aux
Comores.
Il a enfin déclaré ouvert l’atelier de formation sur le Droit
International Humanitaire et sur les Normes Internationales Relatives
aux Droits de l’Homme pour l’Application des Lois.
1.2-
La cérémonie officielle d’ouverture à Mohéli
A Mohéli, la
cérémonie d’ouverture a été organisée sous le haut patronage du Ministre
de la Production, Président par Intérim de l’Île Autonome de Mohéli le
mardi 24 mai 2005.
Après le mot de bienvenue du Président de la FCDH section de Mohéli,
Monsieur Chamoussoudine Lahilahy, le Président National de la FCDH a
repris le même discours tout en remerciant le Président de l’Île
Autonome de Mohéli et son Gouvernement qui soutiennent habituellement
les activités de la FCDH et surtout pour avoir facilité la réalisation
de cette formation à Mohéli et a souhaité que le partenariat entre la
FCDH et les Autorités de Mohéli soit renforcé davantage.
Madame la Représentante Résidente du PNUD a repris le même discours qu’à
Moroni. Après les discours de son Excellence Madame la Représentante
Résidente du PNUD, le Ministre de la Production, Président par Intérim a
tout d’abord salué l’initiative de la FCDH d’organiser une telle
formation à l’endroit des gendarmes, des policiers et des responsables
des Maisons d’arrêt. Il a ensuite rappelé que malgré les difficultés
financières que traverse le Pays, le Gouvernement de l’Île Autonome de
Mohéli entend concrétiser le respect des Droits de l’Homme et de la
démocratie pour se conformer aux engagements pris au niveau
international. Il a continué son allocution en souhaitant que le
partenariat établi entre la FCDH et les Autorités de Mohéli soit
renforcé. Il a enfin remercié vivement l’Ambassade d’Allemagne pour
l’appui considérable qu’elle a accordé à la FCDH pour réaliser cette
activité si important pour le développement des Comores. Il a enfin
déclaré ouvert l’atelier de formation sur le Droit International
Humanitaire et les Normes Internationales Relatives aux Droits de
l’Homme sur l’Application des Lois.
1.3-
La cérémonie officielle d’ouverture à Anjouan
A Anjouan, la
cérémonie d’ouverture a été organisée sous le haut patronage du Ministre
de la Justice Représentant le Président de l’Île Autonome d’ Anjouan le
mardi 30 mai 2005.
Après le mot de bienvenue de la Directrice de la Cellule d’écoute et de
prise en charge des enfants victimes d’abus et de maltraitance de la
FCDH représentant le Président de la FCDH section d’ Anjouan, le
Président National de la FCDH a repris le même discours que celui de
Moroni tout en remerciant le Président de l’île Autonome d’Anjouan et
son Ministre de la Justice pour avoir intégré dans le plan d’action du
Ministère de la Justice les Droits de l’Homme et l’humanisation de la
Justice et des forces de l’Ordre qui a permis à la FCDH de s’y inspirer
pour concevoir ce projet d’une part et d’autre part pour avoir appuyé
moralement et financièrement la réalisation de cette formation à Anjouan
et a souhaité que le partenariat développé entre la FCDH et les
Autorités d’Anjouan soit renforcé. Madame la Représentante Résidente du
PNUD représentée par Charles a également repris le même discours qu’à
Moroni. Après le discours du PNUD, le Ministre de la Justice a pris la
parole en saluant tout d’abord l’initiative de la FCDH d’organiser une
telle formation à l’endroit des gendarmes, des policiers et des
responsables des Maisons d’arrêt. Il a ensuite précisé que l’idée de
réaliser ce projet prend source du plan d’action du Ministère de la
Justice qui correspond aux résolutions nationales issues du Colloque
International des Droits de l’Homme de Moroni d’août 2004. Il s’est
ensuite félicité du franc partenariat développé entre son département
ministériel et la FCDH. Il a ensuite rassuré la FCDH et la Communauté
Internationale que le Gouvernement de l’Île Autonome d’Anjouan ne
ménagera aucun effort pour concrétiser l’Etat de droit à Anjouan. C’est
la raison pour laquelle il donne une grande priorité aux Droits de
l’Homme dans son plan d’action. Il compte beaucoup sur le renforcement
du partenariat entre son ministère et la Société Civile pour faire
avancer les Droits de l’Homme, la Démocratie et l’Etat de droit. Il a
continué son allocution en interpellant les agents de la gendarmerie, de
la police et du service pénitencier de faire preuve de responsabilité
pour que les objectifs et les résultats attendus oient atteints. Il a
enfin remercié vivement l’Ambassade d’Allemagne pour son appui
considérable et précieux qu’elle a accordé à la FCDH pour réaliser cette
activité si important pour le développement sociopolitique des Comores.
Il a enfin déclaré ouvert l’atelier de formation sur le Droit
International Humanitaire et les Normes Internationales Relatives aux
Droits de l’Homme sur l’Application des Lois.
2- La formation proprement
dite
Les ateliers de
formation sont se déroulés pendant deux jours sous forme des sessions
d’exposés et de débats dans l’ensemble des 3 îles.
La première session
était consacrée au Droit International
Humanitaire (DIH) assurée par Mohamed Maanfou Croissant Rouge Comorien.
Monsieur Maanfou a fait
l’historique du DIH. Il a donné des définitions du DIH et le domaine
d’intervention du DIH.
Après un exposé de 40 minutes, le débat a été ouvert aux participants.
Plusieurs questions ont été posées. Notamment
a-
La raison d’être du DIH, du CICR et l’ONU
face aux violations du DIH en Irak, au Guantanamo et en Palestine.
b-
La difficulté de vaincre l’ennemi et le
respect effectif du DIH.
c-
La neutralisation des personnes qui font
usage des lieux de culte, des ambulances et des hôpitaux à des fins de
guerre et le respect effectif du DIH.
Des explications ont été
données mais on a renvoyé le débat aux travaux de groupe.
La deuxième session
traitait le thème sur les Droits de l’Homme, la Démocratie, Bonne
Gouvernance, Buts et principes
assurée par Madame Sitti Saïd Hassane Vice – Présidente
de la FCDH.
Après une brève
définition, Madame Sitti Saïd Hassane a exposé les buts et principes de
la Bonne Gouvernance et ses corollaires. Elle a ensuite continué sur les
piliers de la Démocratie, sur la définition, les buts, principes et les
indicateurs des Droits de l’Homme.
Plusieurs questions ont été posées notamment :
a-
les violations quotidiennes des Droits de
l’Homme partout dans le monde.
b-
la faiblesse des ONG de défense des Droits
de l’Homme face aux Etats violeurs des Droits de l’Homme.
c-
Le soutien des superpuissances aux
dictateurs violant systémiquement les Droits de l’Homme.
d-
Les faibles sanctions de l’ONU à
l’encontre des Etats violant les Droits de l’Homme.
Des explications ont été
données mais on a renvoyé le débat aux travaux de groupe.
La troisième session était consacrée sur la corrélation entre le Droit
International Humanitaire et le Droit International des Droits de
l’Homme. Cette session était présentée par Madame Chiara Liguori
Département Gouvernance du PNUD
Madame Chiara Liguori a procédé à définir les deux thèmes puis elle a
exposé les rapprochements qui existent entre ces deux concepts notamment
le noyau dur du Droit International des Droits de l’Homme autrement dit
les droits non dérogeables qui font partie intégrante du DIH. Ensuite
elle a ensuite montré les différences qui existent entre ces deux
droits. Le DIH qui s’emploi en tant de guerre et en tant de catastrophe
alors que les Droits de l’Homme s’emploient en tant de guerre comme en
tant de paix.
Après 40 minutes d’exposé, Madame Chiara Liguori le débat a été ouvert
aux participants. Plusieurs questions ont été posées notamment
a-
la différence entre la mission d’une ONG
de défense des Droits de l’Homme et d’une Société Nationale du Croix
Rouge ou Croissant Rouge ;
b-
elles peuvent agir de la même manière en
tant de guerre ?
c-
pour quoi il est facile au CICR de rendre
visite aux Prisonniers de guerre ou d’opinion ? Ce qui n’est pas du tout
le cas aux ONG de défense des Droits de l’Homme.
d-
Quel rôle joue le CICR lorsqu’un Etat
viole le DIH pour les sanctions ?
Des explications ont été données mais on a renvoyé le débat aux travaux
de groupe.
La
quatrième session était
consacrée aux procédures de détention. Cette session était assurée par
Djabir Riziki Président du Tribunal de Mohéli.
Dans son exposé,
Monsieur Djabir Riziki a détaillé toutes les procédures légales
d’arrestation ainsi que les cas fréquents des procédures illégales
émanent des autorités non compétentes. Après un exposé de 45 minutes le
débat a été ouvert aux participants. Plusieurs questions ont été posées.
On a retenu les plus pertinentes :
a-
celles qui consistent au respect du Droit
International des Droits de l’Homme et le respect des instructions des
chefs supérieurs.
b-
l’arrestation arbitraire sans un acte
judiciaire.
c-
La garde a vue prolongée sans que le
détenu soit jugé
d-
La main mise de l’Exécutif sur l’appareil
Judiciaire
e-
Un disfonctionnement entre certaines
brigades de gendarmerie et l’appareil judiciaire.
f-
D’autres questions d’ordre divers ont été
évoquées notamment le comportement arrogant et violant des gendarmes et
des policiers.
Des explications ont été données mais on a renvoyé le débat aux travaux
de groupe.
La cinquième session traitait le
thème de la torture et son interdiction absolue par tous les systèmes
internationaux et régionaux de défense des Droits de l’Homme. Cette
session a été présentée par Ahmed Mohamed Allaoui Président de la FCDH.
Dans son exposé, Monsieur
Mohamed Allaoui a fait l’historique de la lutte contre la torture et le
débat international sur la légitimation de la pratique de la torture. Il
a ensuite donné quelques définitions de la torture ainsi que les formes
et les types de torture pratiquée à travers le Monde. Il a ensuite
montré les différents mécanismes de lutte contre la torture notamment au
niveau des Nations Unies : la DUDH, le PIRDCP, la Convention des Nations
Unies contre la torture.
Au niveau de l’Europe à travers la Convention Européenne des Droits de
l’Homme, Convention Européenne de lutte contre la torture
Au niveau de l’Amérique à travers la Convention Américaine de Droits de
l’Homme.
Au niveau de l’Afrique à travers la Charte Africaine des Droits de
l’Homme et des Peuples.
Monsieur Mohamed Allaoui a conclu que quelque soit les circonstances et
les arguments l’interdiction de la torture est absolue et dépasse le
cadre conventionnel.
Après un exposé de 50 minutes, le débat a été lancé aux participants.
Plusieurs questions ont été posées notamment :
a-
le châtiment corporel pour punir un
malfaiteur ou un criminel est une torture ?
b-
que doit faire un policier ou un gendarme
face à un détenu ayant un comportement indésirable ou menaçant ?
c-
un homme politique qui a tenté un coup
d’Etat. Comment peut – on lui soutirer des aveux sans la torture ?
d-
l’état de délabrement des maisons de
détention constitue en soit une torture ?
Des réponses et des explications ont été données et on renvoyé le débat
aux travaux de groupe.
La sixième session a été
consacrée sur les normes internationales sur l’Application des lois.
Cette session a été présentée par Zaïnoudine Moilime Secrétaire Général
de la FCDH
Il a commencé son exposé en
relatant les différents instruments internationaux des Droits de
l’Homme. Il a ensuite abordé le droit positif.
Après un exposé de 40 minutes le débat est lancé aux participants.
Plusieurs questions ont été posées notamment :
a-
l’usage des armes à feu pour la dispersion
des manifestations publiques non autorisées ;
b-
l’usage excessif de la force dans le cadre
de la neutralisation des émeutes ;
c-
démolition des maisons ;
d-
la prise en otage d’un membre de famille
d’un détenu évadé ;
3- Les travaux de groupes
A la fin de ces six (6)
sessions dans chaque atelier au niveau de chaque île, on procédait
toujours aux travaux de groupes. Ainsi 2 groupes étaient créés :
Groupe 1
Le groupe 1 dans l’ensemble des
3 îles avait traité la question suivante :
Quelle stratégie à adopter pour respecter les Droits de l’Homme tout en
préservant l’Autorité de Force de l’Ordre ?
Selon la compilation des travaux des groupes 1 à Moroni, à Mohéli et à
Anjouan, la question N° 1 a été traitée de la manière suivante :
On a tout d’abord recensé les problèmes que rencontre les citoyens face
à la brutalité de la Gendarmerie et de la Police ainsi que ceux que
rencontrent les services de Force de l’Ordre de la réalisation de sa
mission par rapport aux instructions de leurs chefs hiérarchiques et au
respect du Droit International des droits de l’Homme.
On a ensuite énuméré quelques droits qui sont quotidiennement violés :
-
l’indépendance de la Justice
-
la liberté de manifestation
-
la liberté de presse et d’expression
-
le droit de grève
-
la présomption d’innocence
-
procédure légale de détention
-
les normes internationales de détention
On a également répertorié les violations de procédures que commettent
les citoyens notamment :
-
les procédures de préavis de grève non
respectées
-
les dérapages lors des manifestations
publiques souvent répétitifs
-
les injures et les diffamations confondues
à la liberté d’expression et d’opinion
-
les provocations à l’endroit des policiers
confondues à la démocratie
Enfin, on a formulé les
recommandations suivantes :
Pour que les services de l’Ordre respectent les Droits de l’Homme tout
en préservant son Autorité il faut mener les actions suivantes :
-
équiper la Gendarmerie et la Police en
moyens logistiques, techniques et informatiques appropriés ;
-
multiplier les formations en Droit
International des Droits de l’Homme et en Droit International
Humanitaire à l’endroit des gendarmes, des policiers et des
responsables des maisons d’arrêt ;
-
organiser des ateliers de formation en
droit international des Droits de l’Homme à l’endroit de toutes les
couches socioprofessionnelles ;
-
multiplier la sensibilisation et
l’éducation civique dans les milieux para et périscolaires ;
-
améliorer les conditions de détention et
créer des quartiers de mineurs et des femmes ;
-
rendre effective l’indépendance de la
Magistrature ;
-
renforcer le partenariat entre les ONG de
défense des Droits de l’Homme et les services de l’Ordre ;
Groupe 2
Le groupe 2 avait traité la
question suivante :
Selon vous existe-t-il de la torture aux Comores? Quel type de torture
pratique-t-on ? Quelles sont les mesures à prendre pour lutter contre la
Torture ?
Pour répondre à la première question, dans l’ensemble des 3 îles, il a
fallu un débat plus ou moins houleux. Après un débat d’une demi heure,
la majorité des membres de ce groupe (80% des voix) ont accepté que la
torture est pratiquée aux Comores.
Ensuite on a fait un aperçu historique sur les différentes formes de
pratique de la torture à travers les différents régimes qui se sont
succédé au Pouvoir.
a-
La période de 1975 à 1978. Il s’agissait de la période de
la Révolution où le régime était purement
dictatorial pour imposer une idéologie marxiste. Pendant cette période
la torture était pratiquée. Un nombre non négligeable des détenus sont
blessés parfois même morts à cause de la torture dans les maisons de
détention ou dans les locaux des Comités Villageois de la Révolution.
b-
La période de 1978 à 1989. Il s’agissait
de la période des mercenaires. C’est l’époque où la torture a monté d’un
cran (sévices corporels, amputation d’une partie du corps, assassinats,
disparitions forcée…). La pratique de la torture était sévère lorsqu’il
s’agit un prisonnier politique ou d’opinion.
c-
La période de 1999 à 1995. C’était la
période de l’embellie démocratique où est né le multipartisme et
l’émergence de la Société Civile. D’où une réduction de la pratique de
torture.
d-
La période de 1995 à 1997. C’était la
période d’un monopartisme voilé. C’était la période d’une reprise
graduelle de la torture.
e-
La période de 1997 à 2001. C’était la
période du séparatisme à outrance où la torture a été reprise d’une
façon flagrante.
f-
La période de 2001 à 2005 diminution
progressive de la pratique de la torture.
Après cet aperçu historique,
on a identifié les différents types de torture pratiqués depuis
l’accession des Comores à l’indépendance jusqu’à ce jour. On a retenu
les types de tortures suivantes :
-
sévices corporels
-
viol et violence sexuelle
-
détenus attachés dans des positions
pénibles
-
coups et blessures
-
privation de dormir
-
un seul maigre repas par jour
-
lésion
-
placement des ténus dans des citernes
-
brûlure
Après avoir identifié les
types de tortures pratiquées aux Comores, on a proposé les solutions
suivantes pour lutter contre la torture :
-
permettre aux ONG de défense des Droits de
l’Homme de rendre visite à tout moment aux détenus de toute catégorie ;
-
organiser une formation IEC destinée aux
agents pénitentiaires et aux OPJ et aux APJ ;
-
doter à la Gendarmerie et à la Police les
moyens techniques et scientifiques en matière d’enquête et de
détention ;
-
améliorer les conditions matérielles de
détention ;
-
sanctionner les agents tortionnaires ;
-
affecter les agents non formés au peloton
et les agents formés à la gendarmerie départementale ;
-
accorder aux détenus une alimentation
correcte.
Moroni, le 10 juin
2005
Le Secrétaire Général Le Président
Zaïnoudine Moilime Ahmed Mohamed Allaoui
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25 mai 2005
Excellence Monsieur l’Ambassadeur d’Allemagne à Antananarivo
Nous avons l’honneur et le grand plaisir que nous avons débuté les
travaux de l’atelier formation sur le Droit International Humanitaire et
les Normes Internationale relatives aux Droits de l’Homme sur
l’Application des Lois à Mohéli le mardi 24 mai.
La cérémonie d’ouverture a eu lieu à l’Alliance Franco-Comorienne de
Fomboni sous le haut patronage du Président de l’Île Autonome de
Mohéli.
La Cérémonie est ouverte par le discours du Président de la FCDH section
de Mohéli
qui a souhaité la bienvenue aux participants et aux intervenants. Il a
également remercié l’Ambassade d’Allemagne pour l’appui si énorme
qu’elle a accordé à la FCDH pour réaliser cette activité dans l’Île de
Mohéli. Il a enfin souhaité au séminariste un bon travail.
Le 2ème discours est celui du Président National de la FCDH
qui a fait un bref rappel de la mission de la gendarmerie en matière de
protection de l’Etat de Droit. Il a ensuite expliqué combien
l’interdiction de la torture est absolue tant au niveau du Système
Onusien, Européen, Américain et Africain.
Le Président a remercié infiniment l’Ambassade d’Allemagne pour son
appui si précieux et considérable qu’elle a accordé à la FCDH pour
réaliser cette activité si importante pour l’avancée de la Démocratie.
Il a ensuite remercié les Autorités politiques pour sa contribution et
surtout pour avoir encouragé la gendarmerie, la Police et l’Armée
Nationales de participer à cet atelier.
Le Président a également remercié le PNUD pour sa contribution
scientifique et pédagogique pour la réalisation de cet atelier et a
enfin souhaité un bon déroulement des travaux.
Le Président de l’Île Autonome de Mohéli par intérim a encouragé cette
initiative de former les gendarmes et les policiers en matière du DIH
et des Normes Internationale relatives aux Droits de l’Homme sur
l’Application des Lois.
Il a rassuré l’assistance que le Gouvernement de l’Île Autonome de
Mohéli soutiendra toute initiative rentrant dans le cadre de promotion,
la protection et la défense des Droits de l’Homme.
Il a encouragé la FCDH de continuer à militer pour la promotion, la
protection et la défense des Droits de l’Homme.
Il a enfin remercié très sincèrement l’Ambassade d’Allemagne pour cet
appui qu’elle a accordé à la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme
pour réaliser cette activité.
Aujourd’hui mercredi 25 mai 2005, nous avons commencé par les travaux
par le thème 1 sur les Droits de l’Homme, Bonne Gouvernance et
Démocratie, Buts et Principes ; le thème 2 Droit International
Humanitaire et le thème 3 Corrélation entre Droits de l’Homme et DIH.
Demain jeudi 26 mai, on abordera le Thème 4 sur la lutte contre la
torture selon le Système Onusien, Européen, Américain et Africain et le
thème sur les Normes Internationale relatives aux Droits de l’Homme sur
l’Application des Lois. Après demain vendredi 27, on va aborder le thème
5 sur les procédures légales et illégales de détention et puis on entame
les travaux de groupes, restitution et adoption des résolutions.
Ce qui est impressionnant c’est que les policiers et les gendarmes
participent aux débats. Vous verrez cette ambiance à travers les
cassettes vidéos.
Par ailleurs, nous voudrions vous informer que nous avons pris des
engagements auprès de nos créanciers que la 1ère tranche sera
opérationnelle au plus tard le 27 mai et nous avons établi des chèques
touchables le 27 mai. Il est donc nécessaire que les Autorités au niveau
de Berlin fasse pression à la BNP Berlin pour que la première tranche
soit opérationnelle à la BIC Moroni au plus tard le 27 mai prochain.
Tout en vous renouvelant nos sincères remerciements, nous vous prions
d’agréer, son Excellence Monsieur l’Ambassadeur, l’assurance de notre
très haute considération.
Le Président de la FCDH
Ahmed Mohamed Allaoui
|
14 avril 2003
Déclaration
Cela fait un an, mois pour mois depuis que les exécutifs des Iles
Autonomes et de l'Union des Comores sont mis en place dans le but de
mettre un terme à la Crise Comorienne qui a trop duré.. Or, force est de
constater avec amertume que la Crise persiste encore par un manque de
volonté politique de sortir de cette impasse mettant en cause les
Accords de Fomboni du 17 février 2001 et ceux de Paris novembre 2002,
sous prétexte de conflit de compétences entre les Pouvoirs concernés.
Cette situation d'incompréhension engendre des
conséquences fâcheuses mettant en péril les perspectives d'avenir de
l'Archipel des Comores tant sur le plan politique, économique que
social.
Sur le plan politique
-La pérennisation d'une instabilité politique qui pourrait entraîner le
retour du mercenariat . etc
-la prolifération permanente des atteintes graves aux Droits de l'Homme
et aux libertés démocratiques (suspension de la Justice à Anjouan,
détention du Ministre de l'Intérieur de l'Ile Autonome de la Grande
Comore, Monsieur Cheik Ali Bacar sans procédure judiciaire .)
-la dégradation de l'image des Comores vis à vis de la Communauté
Internationale
Sur le plan économique
-les indicateurs économiques du Pays sont au point rouge. Ce qui
accentue la pauvreté, la misère et la monté exponentielle du coût de vie
-absence d'une politique économique et de développement durable
-suspension des investissements et des appuis internationaux en faveur
des Comores
Sur le plan social
-l' éternisation de la crise d'identité et de méfiance entre les
Comoriens
-la montée vertigineuse de la délinquance juvénile
-la dégradation des services sociaux de base (éducation, santé .)
Face à cette situation de crise persistance, la
FCDH :
1-lance un vibrant appel à la conscience
nationale et plus particulièrement à la classe politique dirigeante pour
dépasser leurs intérêts partisans et pour faire preuve de patriotisme et
de civisme pour l'intérêt général de la nation pour éviter l'abandon
fatal du pays par la Communauté Internationale. Le peuple comorien, dans
son ensemble rend responsable les Autorités politiques de l'Union comme
celles des Iles Autonomes sur le devenir de l'Archipel qui risquerait de
connaître la somalisation comme l'a souligné l'Ambassadeur de France aux
Comores dans le Journal ALFAJR N° 39/40 du 15 mars 2003.
2-demande à la Communauté Internationale de
multiplier les pressions auprès des Autorités concernées pour parachever
le processus en cours notamment l'organisation des élections
législatives libres, démocratiques et transparentes qui définiront les
compétences de chacun des Pouvoirs avec l'implication effective de la
Société Civile digne dans tout le processus électoral, seul gage de la
reconquête de la confiance vis à vis de la Communauté Internationale et
de la relance économique du pays.
Mutsamudu, le 14 avril 2003
Le Président
AHMED MOHAMED ALLAOUI |
2 mars 2003
FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L'HOMME (FCDH)
B.P. 328 Hapandré Mutsamudu Anjouan Union des Comores fondation_adh@yahoo.fr
/ a_allaoui@yahoo.fr
Tel :710576 Fax :00 269 71 15 43 /71 12 11
La Dictature à nouveau revenue aux Comores
La Fondation Comorienne des Droits de l'Homme (FCDH) depuis qu'elle a vu
le jour, s'est déjà confrontée à des violations des Droits de
l'Homme préoccupantes visant à l'instauration pure et simple de la
DICTATURE dans l'ensemble de l'Archipel des Comores. Laquelle pourrait
mettre en cause le processus de démocratisation en cours risquant ainsi
d'hypothéquer l'avenir du pays tant sur le plan économique, politique
que social.
En effet, vers la fin du mois de février 2003, l'on a enregistré de
nombreuses arrestations à Moroni à l'encontre de certains Ministres du
Gouvernement de l'Ile Autonome de la Grande-Comore ainsi que des
gendarmes même si certains d'entre eux sont actuellement libérés.
Au niveau d'Anjouan où siège la FCDH, l'on constate la situation
suivante :
1- Après la grève déclenchée par les magistrats le lundi 17 février
2003, le Gouvernement de l'Ile Autonome d'Anjouan s'est permis de
dissoudre arbitrairement l'Institution Judiciaire en mettant tous les
magistrats en chômage technique sans solde, acte antidémocratique et
anticonstitutionnel bafouant ainsi les principes de l'Etat de droit et
des libertés démocratiques.
Face à cette situation inédite, la FCDH a initié une médiation en
cours entre les magistrats et le Gouvernement de l'Ile Autonome
d'Anjouan.
Ce lundi 3 mars grâce à cette médiation les magistrats sont reçus
par le président de l'Ile Autonome d'Anjouan. Mais rien n'est pour
l'instant concret.
2- Pendant que la machine de la médiation est en cours une vague
d'arrestations est opérée depuis vendredi vers 2 heures du matin,
heure à laquelle le nommé Soidri Houmadi, agent de Douane est arrêté
manu militari à son domicile à Ouani et détenu dans une prison non
officielle.
Le samedi 1er mars à 10 heures, Chocola Allaoui Salim nouvellement
nommé Secrétaire Général à la Défense auprès du Gouvernement de
l'Union des Comores est arrêté à son tour avec son compagnon, Mouayad
Salim Cheikh et détenus dans les mêmes conditions que le précédent.
A 11 heures monsieur Camar Abdallah ancien député a été également
arrêté mais libéré en fin d'après midi.
A 19 heures 30 mn, pendant qu'il se préparait à dormir, monsieur Antoy
Abdou, Président du parti RDD, un des candidats rivaux du Président de
l'Ile Autonome d'Anjouan, a été enlevé par la Force de l'Ile à
Bimbini, son village natal. Il est détenu dans un camp militaire
appelé communément « Pentagone », un camp ayant une image horrible
pour tout détenu d'opinion.
Ce que l'on peut constater pour l'instant, ces arrestations n'obéissent
à aucune procédure légale en matière de d'arrestation et détention.
Les concernés seraient accusés d'acte de subversion.
Face à cette situation répressive, la FCDH a entamé des démarches
pour visiter les détenus et rencontrer les Autorités mais en vain.
Partant de ce constat d'une dictature naissante aux Comores, nous
demandons à la Communauté Internationale de faire pression aux
Autorités comoriennes d'une manière générale à respecter les
principes fondamentaux des Droits de l'Homme et de l'Etat de droit d'une
part et à faire preuve de civisme pour la mise en place effective des
institutions prévues dans les constitutions de l'Union des Comores et
des Iles Autonomes condition sine qua non pour un développement
socioéconomique et une stabilité politique durables.
Mutsamudu, le 2 mars 2003
Le Président
Ahmed Mohamed Allaoui |
1 mars 2003
FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L'HOMME
B.P. 328 Hapandré Mutsamudu Anjouan Union des Comores fondation_adh@yahoo.fr
/ a_allaoui@yahoo.fr
Tel :710576 Fax :00 269 71 15 43 /71 12 11
A
Son Excellence Monsieur le Président de la République
Sud Africaine
Excellence,
En votre qualité du Président Chargé du suivi du dossier de la Crise
Comorienne, j'ai l'honneur de bien vouloir vous relater les faits
suivants :
Je me nomme Soilihi Houmadi Moussa, marié et père de cinq enfants. Je
suis recruté dans la fonction publique comorienne depuis 16 ans sous le
numéro matricule 52466V. J'ai été à la tête du SNPC (Syndicat
national des professeurs comoriens ) section d'Anjouan jusqu'à sa «
dissolution » le 22/01/00 par un oukase du soi-disant gouvernement de
« l'Etat » en plein mouvement de grève. A ce titre, je me suis
trouvé à la tête des enseignants de l'île d'Anjouan, de l'union
syndicale au niveau de l'île et donc naturellement à la tête du
puissant mouvement de grève de 1997 qui a été détourné par le
groupuscule séparatiste qui se nommait OPIA et auquel personne n'avait
pas fait attention jusque-là.
Cela va s'en dire il y avait un fossé énorme entre le combat de
l'union syndicale et celui de l'OPIA. Cette dernière voulait la mort de
la nation comorienne et remonter le cours de l'histoire. Elle expliquait
tous les malheurs des comoriens d'Anjouan par la forme de l'Etat
comorien ; elle était xénophobe et révisionniste. L'union syndicale
en général, le SNPC en particulier expliquait le problème par la
nature de l'Etat, par le système politique qui a régné depuis au
moins l'avènement de l'independance.Voila pourquoi nous souhaitons
l'édification d'un Etat moderne, démocratique respectueux des valeurs
humaines qui soit proche de la population par une décentralisation
effective. Nous faisions confiance aux masses et sans mépriser l'aide
des autres. Nous disions qu'il fallait compter sur nous-même avant de
quémander l'aide de qui que se soit. Alors nous avons dit dès les
premiers instants ce que nous pensions sincèrement du séparatisme
Anjouanais à savoir que c'est une voie de garage. Mais les erreurs du
feu président TAKI ayant renforcé incroyablement l'OPIA et la
démagogie, le mensonge éhonté aidant l'OPIA nous a évincé et pris
la direction du mouvement social. La suite tout le monde la connaît. On
a cru bon de légitimer le séparatisme et décorer les fossoyeurs de la
RFI des Comores. Comme les mêmes faits produisent partout et toujours
les mêmes effets, la population commence à se désillusionner dès
lors que les jours se succèdent et se ressemblent sous le ciel du «
SHISIWA MILKI » d'Anjouan. L'Etat à sept présidents et plusieurs
centres de décision ne s'avère pas la panacée universelle tant
vantée mais un foyer de tension.
Ainsi ma place dans les événements d'Anjouan, mes prises de position
et mon action (voir ci-joint quelques échantillons de mes
correspondances) en ont fait de moi, j'en suis convaincu, un «
pestiféré » aux yeux et dans les cours des séparatistes anjouanais
surtout des dirigeants.
J'ai fui l'île lorsqu'un proche de l'ancien dictateur Abeid est
venu me réveler le complot que son maître avait conçu pour me «
neutraliser » définitivement.
J'ai échoué à Moroni où j'ai végété jusqu'au départ d'Abeid.
Lorsque Mohamed Bacar a pris la relève, je me suis fourvoyé en
croyant à la chanson de la réconciliation nationale et je suis rentré
à Anjouan. Depuis, je me bat pour réoccuper ma place dans la fonction
publique, en vain ! C'est le manitou de l'île qui s'oppose à ma
réintégration dans la fonction publique. Dans le même temps, tous les
fonctionnaires qui avaient eu des demélles avec « l'Etat d'Anjouan »
pour n'importe quelle raison ont tous été réintégrés. La plupart du
temps, ils ont empoché intégralement leurs arriérés de salaire. De
plus il est de notoriété publique que l'Etat d'Anjouan a recruté à
tour de bras grossissant ainsi la masse salariale qui est passée de 145
Millions en 1997 à 380 Millions actuellement. Je suis donc l'unique
bouc émissaire. Là où le bat blesse c'est que Mohamed Bacar oppose
son veto sans même daigner dire pourquoi cet abus royal de pouvoir. En
somme, pourquoi me réprimer économiquement lui procure tant de plaisir
et de bien-être.
Est-ce parce qu'en ma qualité de responsable syndical j'ai commis
le crime de lèse-majesté d'avoir barré la route à son beau-frère
d'accéder au poste de directeur régional des enseignements qui lui a
été promis en 1997 à Anjouan au quel cas c'est une vengeance ?
Est-ce le refus de la banque mondiale de reconnaître mes droits
comme il le laisse entendre ?
Pour tout cela, et surtout du refus persistant du président de
l'île d'Anjouan de faciliter mon retour dans le corps des
fonctionnaires et éventuellement de bénéficier de mes droits ce que
je crois être mon droit inaliénable, je souhaite que vous dénonciez
cet agissement contraire à l'esprit des accords de FOMBONI auxquels
Monsieur Mohamed Bacar aime tant s'y référer mais aussi à la
législation nationale du travail, aux constitutions qui stipulent entre
autre les droits de tout citoyen et aux conventions internationales
relatives à la liberté syndicale (Convention N° 87), aux relations de
travail dans la FOP (Convention N°151 ) et aux principes fondamentaux
des droits de l'Homme. Il y a quelques jours, il a attaqué violemment
le président de l'union des Comores, Monsieur Azali Assoumani d'être
un renégat alors que les agissements à Anjouan ne sont pas sans nous
rappeler le régime totalitaire de Louis XIV.
Donc à titre de rappel, cela fait trois ans depuis que je vis
sans revenu alors que j'ai une lourde charge familiale qui m'attend
quotidiennement.
A cet effet, je vous demanderais de bien vouloir intervenir auprès des
autorités comoriennes et plus particulièrement aux Autorités de l'Ile
Autonome d'Anjouan pour que ce problème trouve rapidement une solution
heureuse et que d'autres cas similaires soient aussi résolus.
Dans l'attente d'une suite favorable, je vous prie d'agréer,
Excellence, l'assurance de ma considération distinguée.
Mutsamudu, le 1er mars 2003
LE SECRETAIRE GENERAL
SOILIHI HOUMADI MOUSSA |
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