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L'Economie des Comores

L'AIDE AU DEVELOPPEMENT AUX COMORES

L'AIDE AU DEVELOPPEMENT AUX COMORES

Les Comores indépendantes ont toujours été dépendant et ont bénéficié d'une aide au développement bilatérale et multilatérale très importante. Ces aides massives n'ont pas été utilisés à bon escient et n'ont pas contribué au développement économique du pays. Bien au contraire l'endettement du pays s'est envolé et s'élève à nos jours à plus de 100 milliards de Franc comorien. Dans cette période de soubresaut politique, il est nécessaire d'étudier cette aide, tellement mystifiée, souhaitée et adulée par tout le monde, connaître son volume pour mieux cerner nos principaux bailleurs de fond ainsi que les types de projets fiancés par ces aides. L'année de référence de cette étude est l'année 1996, c'est à dire juste avant le début de la sécession d'Anjouan. Au cours de cette année, la croissance économique du pays est tombée à 1% contre 2,3% en 1995. Et depuis cette croissance est devenue négative. Ainsi la production nationale a reculé dans bien de domaine, notamment en raison de la crise de l'électricité qui a frappé le pays jusqu'en janvier 1998 et le déficit budgétaire s'est accentué marquant l'échec du programme d'ajustement structurel.

Cette étude a été réalisée sur la base du dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) daté de 1996 portant sur la Coopération au Développement des Comores.

I: Situation globale de l'aide au développement

En 1996, le flux d'aide reçu par les Comores de la communauté internationale pour participer à son développement s'élève à 41 millions de dollars des Etats Unis. Ce qui représente environ à 25,3% du PIB en 1996. Par rapport à l'aide reçu en 1995, année de turbulence politique, cette aide au développement a connu une régression de 7,2% et se trouve à son plus bas niveau sur les six (6) dernières années. A titre de rappel, de 1993 à 1996, la communauté internationale a contribué à travers l'aide publique au développement pour 179,5 millions de $US (48,8 millions $US en 1993, 41 millions $US en 1996). La diminution ce l'aide au développement de 1992 à 1996 est de 16%.

L'aide du système des Nations Unies est passée de 17,2 millions $US en 1995 à 12,1 millions $US en 1996, soit une baisse de plus de 29%. Cette aide représente 29,6% de l'ensemble de l'aide reçue par les Comores. En ce qui concerne l'aide des autres bailleurs de fond, le montant de leur aide est passé de 4,9 millions $US à 9,6 millions $US, soit une forte augmentation de 98,5% qui s'explique par l'apport important de l'Union Européenne, devenu depuis quelques années, le principal donateur des Comores.

L'aide bilatérale ainsi que l'aide des ONG ont connu également une diminution significative. L'aide bilatérale, qui représente 45,5% de l'assistance reçue par les Comores en 1996 est passée de 21 millions $US en 1995 à 18,7 millions en 1996, soit une diminution de 11,4% et l'aide des ONG est passée de 1 million $US en 1995 à 0,35 millions en 1996, soit une diminution de 64,5%.

Rapporté à l'ensemble de la population, l'aide au développement est d'environ 81 dollars par habitant en 1996, contre 90 dollars en 1995. Cette aide reste très élevée en comparaison du poids économique du pays et de sa population. Les fonds octroyés aux multiples projets d'investissement ( secteur productif, infrastructures, ressources naturelles...) ont connu une régression de 5% passant de 16,4 millions $US à 15,6 millions $US. La coopération technique, réalisée majoritairement sous forme de dons, constitue une part de 51% de l'aide globale reçu des bailleurs de fonds contre 40% en 1995 et 34,8% en 1994.

II: Situation sectorielle de l'aide au développement

L'assistance technique reçue par les Comores en 1996 a principalement été affecté sous forme de coopération technique (20,9 millions $US, soit 51%), et sous forme de projets d'investissement (15,6 millions, soit 38,1%). L'aide budgétaire/appui à la balance de paiements ne s'est élevée en 1996 qu'à 4,3 millions $US, soit 10,4% de l'aide globale et l'aide alimentaire à hauteur de 0,36%.

L'appui budgétaire ou à la balance des paiements s'est élevée à 4,3 millions $US en 1996 soit une diminution de 72% par rapport à son niveau de 1993. Une diminution qui s'explique par la réduction, voire l'arrêt par certains bailleurs de fonds de ces types d'appui aux Comores, le cas de la France et du Fond Monétaire Internationale en raison de la mauvaise gestion des deniers publics et surtout du non respect du programme d'ajustement structurel nécessaire à la reprise des négociations d'un programme économique et financier à moyen terme avec ces bailleurs de fond.

Les 4,3 millions $US d'aide programme / aide budgétaire, reçue en 1996 ont été fournis sous forme de dons par la France (3,4 millions $ US) et l'Union européenne. Cette aide française a permis au Trésor Public de faire face aux dépenses liées aux paiements de salaires dans la fonction publique( 86,6%) aux paiements des loyers des assistants techniques (13,4%).

En ce qui concerne la coopération technique, elle demeure un secteur important de cette aide au développement. La moyenne annuelle sur les quatre dernières années est de 18,4 millions $US. Ainsi près de 40% de l'aide extérieure reçue par les Comores entre 1993 et 1996 concernait cette assistance technique. En 1996, la coopération technique a représenté 32,7% de l'aide totale pour un montant de 13,4 millions $US.

Elle s'est concentrée sur trois secteurs clés: la santé pour 4,7 millions $US, l'éducation et la formation pour 4 millions $US, soit et le transport pour 3,7 millions $US. D'autres financements ont porté sur l'appui à l'administration économique et financière (2,3 millions $US), le développement rural intégré et communautaire (1,4 millions $US) et l'agriculture (1,3 millions $US).

Les fonds affectés au titre de la coopération technique en 1996 s'élèvent à 20,9 millions $US. 8,3 millions proviennent de l'assistance bilatérale ( la France, premier bailleur de fonds des Comores, a apporté une contribution de 7,4 millions) et 11,4 millions de l'assistance multilatérale dont 5,7 millions $ US par le système des Nations Unies.

Plusieurs assistants techniques résident aux Comores et travaillent dans le secteur de l'éducation et de la formation, en étant enseignant, conseillers, médecins. Le PNUD à travers les volontaires des Nations Unies, la Chine et le Nigeria apporte une assistance technique significative.

En ce qui concerne l'aide aux projets d'investissement qui représente prés de 38% de l'aide globale octroyée aux Comores en 1996, elle est passée de 16, 4 millions $US en 1995 à 15,6 millions $US en 1996, soit une baisse relative de 5% imputable au retard de déboursement de certains bailleurs.

Les projets d'investissements financés par les différents bailleurs de fonds emploient un nombre important de personne aux Comores. Ces projets qui réalisent les investissements délaissés par l'Etat sont financés principalement par le système des Nations Unies, l'association internationale pour le développement (IDA), filiale de la Banque Mondiale, la France, l'Union Européenne et le FIDA. Ces projets sont financés soit par des prêts à des taux d'intérêts plus faibles que ceux du marché avec des délais de grâce et de remboursement plus longs ( exemple des prêts de l'IDA) soit des dons ( le cas de l'union européenne).

La France finance ses projets d'investissements aux Comores par le biais de l'Agence Française de Développement (AFD) et le fonds d'aide de coopération. Elle contribue pour 4,8 millions $US, soit 32,3% de l'aide pour les projets d'investissement. L'Union Européenne avec 3,4 millions $US demeure le troisième bailleur de fonds dans le domaine des projets d'investissement. Elle finance des projets relatifs au développement régional au transport et à l'énergie.

Dépendantes de l'aide publique internationale dans le domaine de ses investissements, les Comores traversent depuis deux ans une crise économique sans précédente. En raison des arriérés de dette vis à vis de plusieurs bailleurs de fond, notamment l'IDA le FIDA, les décaissements de fond en faveur des projets d'investissements ont été suspendus et plusieurs de ces projets ont été fermés ou sont en voie de fermeture avec pour conséquence, le licenciement de plusieurs centaines de personnes. Le Coup d'Etat militaire du 30 avril 1999 condamné par la Communauté internationale risque de geler une partie de l'aide publique octroyée à notre pays, ce qui aura des conséquences fâcheuses sur la condition de vie quotidienne de la population.

Ismaël SAADI

  

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