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L'Economie des Comores

Comores : un pays très appauvri

COMORES : Un pays très appauvri – Une économie dans l’impasse mais des opportunités de redressement

 

Lorsque les Comoriens ont décidé en 1975 d’opter pour l’indépendance, ils ont écrit une page essentielle de leur histoire, mais dont on pourrait dire qu’ils ne savaient pas laquelle. Et parmi ceux qui pariaient sur celle-ci, il n’y a pas eu non plus de consensus sur les raisons pour lesquelles cet affranchissement devait advenir. Néanmoins, le raisonnement le plus habile consistait à expliquer à l’époque que la liberté est indissociable avec développement. Ainsi, aux yeux du peuple comorien cette autonomie réouvrait pour les Comores un nouveau cycle de réintégration politique et économique.

D’ailleurs, l’idée que tout développement rime avec liberté demeure un débat pour bon nombre d’économistes. Ainsi, pour Amartya Sen ( prix Nobel d’économie 1998) je cite « la liberté n’est pas seulement l’une des idées les plus belles qui soient, c’est aussi l’une de celles qui suscitent le plus de craintes. Mais, cette crainte qu’inspire la liberté des autres peut se manifester de différentes manières en fonction des catégories d’acteurs concernés : classes sociales inférieures mécontentes, populations rurales lésées, jeunesse rebelle refusant de se conformer à l’ordre établi… Au demeurant, si certains considèrent la liberté comme une puissante alliée du progrès, d’autres redoutent les libertés individuelles, car ils y voient une entrave au développement. Mais à l’inverse, on peut aussi dire que la liberté est à la fois l’ultime fin et le principal moyen du développement » Et à la question de savoir, si la liberté politique est  propice au développement, bon nombre d’économistes répondent qu’elle est un élément constitutif du développement. Poussant plus loin cette logique, certains pensent qu’on peut difficilement ramener le développement à la seule amélioration d’un objet utilitaire, cas notamment des avancées technologiques, hausse des revenus, etc. En fait la valeur de ces éléments dépend de l’impact qu’ils ont sur la vie et la liberté des personnes concernées. Ainsi, les opportunités économiques, les libertés politiques, l’émancipation sociale ou encore l’existence d’un environnement propice à la santé et l’instruction élémentaire toutes constituent des facteurs qui influent sur les réalisations de chacun. Bref, dans sa finalité, le développement ne peut être dissocié de la vie des gens et des libertés dont ils jouissent.

Toujours est-il que vingt six ans plus tard, l’économie des Comores est dans une impasse totale, et les îles aux parfums comme se plaisait à le vanter dans les dépliants touristiques, sont devenues un pays pauvre. L’Etat défaillant et les classes moyennes qui faisaient des Comores, le site le plus chaleureux de la région ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les Comoriens sont toujours entrain de s’interroger sur les réalités des politiques entreprises et leur influence dans la région. En effet, la recomposition du pays à partir de 1980 n’a apporté ni le développement attendu, ni la stabilité économique. Bien au contraire, car d’une part, la reforme administrative nécessaire à cette reconstruction est passée à l’encan. Bref, les îles aux parfums ont sombrés dans le chaos suite aux changements fréquents de gouvernants, et elles ne sont semble t-il jamais remises des gestions successives qualifiées de désordonnées pour la reconstruction en cours depuis vingt six ans et qui étaient destinées à ériger son image de vitrine économique incontournable de la région. D’autre part, l’espace économique comorien était dominé par les figures emblématiques incontestables, refusant de se rallier aux réalités économiques et politiques. Face à ce laissé faire légendaire dont le pays a toujours fait son credo, les îles aux parfums ont été privées de la mobilité stratégique que l’émergence rapide d’un monde nouveau appelait.

Peu à peu, la confiance a été brutalement remise en question et l’on a assisté à un début de fuite de capitaux inestimables puisqu’il s’agit de capitaux intellectuels. Ceux-la même dont le pays  avait besoin pour se reconstruire. En fait, on a fait des Comores un pays où l’économie et la politique ne font qu’un.

Depuis 1997, la confiance s’est à nouveau ébranlée et les doutes subsistent toujours pour le peuple comorien quant à son avenir. Subsiste toujours cette impression de déjà vu et de déjà entendu. Et que finalement, rien aux Comores de ce qui sera dit ne sera concrétisé dans les faits. Pendant près de vingt ans, les faits sont là : le peuple s’est appauvri et  pourtant les ambitions ne manquent pas dans ce petit pays autrefois vanté pour son esprit d’ouverture. Car en dépit de l’enlisement actuel, les Comores cherchent à devenir cette plate forme tournante de la région. Avec un capital humain de qualité mais éparpillé dans le monde à la recherche du bien être, et malgré les diverses vicissitudes subies, destructrices économiquement et socialement, les îles Comores résistent à l’adversité chaotique et désordonnée certes, mais elles résistent. Et c’est là  une preuve de sa capacité de dynamisme et surtout un atout à considérer pour y investir à l’avenir.

Si le constat actuel semble sévère, les perspectives telles qu’elles se présentent ne sont pas sombres pour ce pays dont le peuple ne cesse de faire preuve de courage et de persévérance dans l’adversité.

Déjà les projets de développement sont nombreux pour élargir le savoir–faire comorien avec ses voisins ( Afrique du Sud, Madagascar, Kenya, Réunion, Maurice….).

Une fois la modernisation des infrastructures de base mises en place ( santé, éducation, réseau routier, électrique, eau, télécommunication etc. ) le marché comorien qui représente près d’un demi-million d’habitants pourra compter dans la région grâce à son savoir-faire et à son potentiel plus important qu’il n’y parait . Il suffira alors d’élargir les frontières, de rationaliser les échanges économiques, de mettre en commun les ressources énergétiques, de moderniser les infrastructures pour faire le saut nécessaire dans le XXIe siècle.

Les nouvelles puissances montantes ne doivent rien aux hasards mais traduisent une farouche volonté d’initiative et d’entreprendre. L’adoption en décembre dernier de la nouvelle constitution montre la volition du peuple comorien de sortir du marasme économique dans lequel il se trouve depuis une vingtaine d’année.

D’une manière générale, la conduite d’une politique d’un pays comme les Comores nécessite des ressources matérielles et une organisation structurelle adéquate pour atteindre les objectifs dans la durée. L’organisation concerne bien entendu le travail gouvernemental et particulièrement parlementaire.

Ces vingt six années post-coloniales auront au moins eu le mérite d’attirer l’attention sur l’inadéquation des politiques et décisions prises en matière de développement économique, social, éducatif, culturel et de politique étrangère.

Le prochain quadriennal sous la présidence de NGAZIDJA sera déterminant pour l’avenir de l’union des Comores. Il appartiendra  aux nouvelles autorités, même dans le cas fatidique d’une cohabitation , de prouver qu’ils retrouveront leur dignité d’une part, en mettant leur savoir-faire à la mesure de leurs ambitions  au service des Comores et du peuple comorien et d’autre part, en veillant à l’application stricte des institutions en vigueur afin d’éviter les inconvénients extrêmes et d’épargner à cette nouvelle nation comorienne les méfaits d’une rivalité permanente au sommet de l’Etat.

 SOULE  Soulemane

© MweziNet 2003