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L'Economie des Comores

Le système Bancaire Comorien

 

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Le système bancaire comorien

Le système bancaire comorien qui est très spécialisé est caractérisé par 4 principaux établissements bancaires dont une seule banque commerciale qui sont tous leur siège à la place de France à Moroni: la Banque Centrale des Comores (BCC), la Banque pour l'Industrie et les Commerce (BIC), la Banque de Développement des Comores (BDC) et la Caisse Nationale d'Epargne (CNE) rattachée à la Société Nationale des Postes et Télécommunications (SNPT

En plus de ces établissements bancaires traditionnelles, se sont développés au cours de ces dernières années, des réseaux mutualistes de caisses d'épargne et de crédit (les Sanduk et les Meck). Ces caisses offrent des services bancaires de proximité à destination d'une population rurale et urbaine non bancarisée. Les SANDUK ont été financés au départ la Caisse Française de Développement. Les Meck (Mutuelles d'épargne et crédit des Comores) qui sont la Composante Epargne et Crédit du Projet Appui aux initiatives Economiques de Base sont financés par l'état Comorien et le Fond International de Développement Agricole (FIDA). Avant de présenter brièvement ces établissements de crédit, il est nécessaire de faire un rappel du cadre réglementaire en matière de monnaie, de crédit et de contrôle des Banques dans notre pays. Ce cadre est définie par les lois fédérales N° 80-07 et 80-08 du 3 mai 1980 qui portent réglementation des Banques et Etablissements financiers. Elles définissent également le rôle de la Banque Centrale des Comores en matière de politique monétaire et du crédit, de surveillance et contrôle des activités bancaires. Ces lois fixent le capital minimum pour une banque à 100 000 000 fc.

En ce qui concerne le système monétaire, l'unité monétaires des Comores est le Franc Comorien (Fc). En 1979, le Gouvernement comorien a signé un accord de coopération monétaire avec le Gouvernement français. Cet accord a permis l'intégration des Comores dans la zone franc. Il a mis en place un système de parités fixes entre le Franc comorien et le Franc Français ( 1 FF = 50 Fc ; 1 FF = 75 Fc après la dévaluation) et a autorisé la libre convertibilité entre ces deux monnaies. La monnaie comorienne est garantie par l'ouverture d'un compte d'opération de l'Institut d'Emission des Comores, auprès du Trésor Public français par lequel transite l'ensemble des opérations de change.

1: la Banque Centrale des Comores (BCC)

La BCC c'est un établissement public dont le capital est détenu par l'Etat comorien et l'Etat français. Les statuts de la BCC prévoient que son Conseil d'Administration est composé de 8 membres représentant à parts égales l'Etat Comorien ainsi que des représentants de la Banque de France et de l'Etat français. La fonction de Gouverneur Adjoint de la Banque Centrale des Comores est occupée par un responsable de la Banque de France. L'actuel Gouverneur de la Banque Centrale est Mer Said Ahmed Said Ali

En matière monétaire, la BCC a le privilège exclusif d'émettre les signes monétaires métalliques, ayant cours légal et pouvoir libératoire sur le territoire de la République. Elle est chargée de veiller à l'application de la réglementation de la profession bancaire. Elle dispose à cet effet d'un pouvoir réglementaire, d'un pouvoir administratif et d'un pouvoir disciplinaire. Elle veille dans l'organisation et la distribution du crédit ainsi que le contrôle de change. Ainsi elle fixe la grille des taux débiteurs qui demeurent actuellement dans la fourchette de 11% à 18%. Elle fixe également les taux créditeurs.

En 1997, les taux de rémunération des comptes sur livret ont été ramenés de 5% à 3%. Le taux d'escompte a été fixé à 7% contre 8,5% et la rémunération des dépôts du Trésor à 4,50%.

2: La Banque pour l'Industrie et le Commerce - Comores (BIC)

Elle a été créée en 1982 pour succéder à la Banque Commerciale des Comores mise en liquidation. Initialement son Capital de 300 millions de Fc étaient repartis entre la Banque Internationale pour l'Afrique de l'Ouest (BIAO - 51%), l'Etat Comorien (34%) et des privés nationaux (15%). En 1990, lors de la cession volontaire du réseau de la BIAO par son actionnaire majoritaire, la BNP International acquiert la BIC pour renforcer son réseau dans l'Océan Indien. Il s'agit de la seule banque commerciale aux Comores. Elle dispose de 5 agences dont deux permanentes (Moroni et Mutsamudu).

En raison de son monopole, la BIC collecte la majorité des dépôts. La BIC collecte à titre d'exemple 84% des liquidités et octroie la totalité des crédits à court terme. En dépit d'un effort considérable d'octroi de crédit de ces dernières années, la BIC demeure en surliquidité. Les activités de cette banque connaissent une progression au niveau des dépôts de la clientèle 12. 147 millions Fc en 1997. Les dépôts à vue et les dépôts d'épargne connaissent également au cours de ces dernières années une forte augmentation. Toutefois les crédits à la clientèle sont demeurées stables.

 3: La Banque de Développement des Comores (BDC)

Elle a été créée en 1981 pour remplacer la société de Crédit pour le Développement des Comores mise en liquidation en raison de sa mauvaise situation financière. La loi N° 81-026/PR portant création de la B.D.C lui a fixé comme objectif de contribuer au développement économiques du pays à travers le financement à moyen terme des activités de production et des prises de participation. Son capital de 300 millions de Fc est détenu par l'Etat comorien (50%), la Banque Centrale des Comores (16,7%) le tiers restant est réparti en parts égales entre l'Agence Française de Développement (16,7%) et la Banque Européenne d'Investissement (16,7%). La BDC intervient principalement dans les secteurs de l'industrie, du transport et de l'habitat. Le Conseil d'Administration est composée de 6 personnes.

Depuis sa création, la BDC a bénéficié d'un appui important de la part de différents bailleurs de fonds par l'octroi de ligne de crédit. Le cas de l'Agence Française de Développement, de l'Association Internationale pour le Développement, de la Banque Européenne d'Investissement. Les ressources de la BDC proviennent uniquement de lignes de crédits octroyés par les institutions internationales d'aide au Développement. Au plan des résultats, depuis sa création la BDC a toujours dégagé des résultats positifs bien que ces dernières années, ils ont été faibles.

Près de 95% des crédits à long terme octroyés aux Comores sont accordés par la BDC. Ces crédits concernent les secteurs d'industrie, d'hôtellerie, de l'artisanat, de l'agriculture. Près de 1. 409 millions de Fc de crédits ont été octroyés en 1997. Les difficultés de trésorerie rencontrées ces dernières années par la BDC ont amené cette banque à suspendre depuis le second semestre 1997 tout nouveau crédit. Actuellement, le Directeur de la BDC est Mer Said Abdillah

4: La Caisse Nationale d'Epargne

C'est un service de la Société Nationale des Postes et Télécommunication (SNPT). D'après l'ordonnance N° 92-004/PR du 18 août 1992 portant mise en place du statut de la SNPT, la CNE a pour objet "la mobilisation de l'épargne populaire". Selon cette ordonnance "suivant l'évolution des ressources disponibles, elle peut être amenée à octroyer des crédits à sa clientèle ou à assurer sous forme de prêt, le financement de projets d'intérêt national".

La CNE gère deux produits: les livrets d'épargne ordinaires et les plans d'épargne crédit. Toutefois, ce dernier produit fut un échec et a été suspendu en raison d'un taux élevés des impayés des prêts octroyés. L'épargne collectée est fondue dans la trésorerie de la SNPT. Elle est placée sous l'autorité d'un Directeur. En l'absence d'une gestion rigoureuse, la CNE a connu dans le passé plusieurs malversations. Ainsi en 1991, les dépôts ont été utilisés à hauteur de 50% pour financer les pertes de l'activité postale. D'où un désintérêt du public. Depuis 1993 la direction de la SNPT a mise en œuvre des mesures visant à assainir la CNE. Elle a décidé de porter le montant minimum de dépôt à 20 000 Fc. Cette mesure a eu pour conséquence de faire passer le nombre de livrets actifs de 15 000 à 5 000 environs. Les détenteurs d'un compte dont l'épargne était inférieur à 20 000 Fc ont été remboursés. Cette opération d'assainissement se poursuit et la CNE est en pleine convalescence surtout en cette période de restructuration de la SNPT visant à séparer la Poste, des Télécommunications.

5: Les Sanduk et les Meck

En décembre 1997, les deux réseaux avaient crée 39 caisses en activités, collecté plus de 363 millions de FC d'épargne, et distribué 320 millions FC de crédits. Ces caisses connaissent un développement formidable et constituent une nouvelle composante du système bancaire. En 1999 pour le seul réseau des 4 mutuelles existantes, prés de 300 millions de franc ont été collectés. Elles continuent de prendre progressivement tous les ans une part de marché importante dans la collecte des liquidités et la distribution des crédits à l'économie.

Dans son ensemble notre système bancaire même s'il est réduit est sain. Les établissements bancaires respectent la réglementation en vigueur et demeurent liquides et solvables. Toutefois, l'existence d'une seule banque commerciale pénalise l'activité économique du pays.

Coordonnées des établissements bancaires comoriens

BIC-Comores
Place de France, B.P 175, Moroni - Comores. Tel: 73 02 25/ 73 20 43

BDC
Place de France, B.P 298 Moroni Comores Tel : 73 01 54/73 03 97

BCC
Place de France, B.P 405 Moroni, Comores. Tel: 73 31 41/73 18 14/ 73 51 68/73 51 87

CNE, SNPT
Place de France B.P 5000, Moroni - Comores. Tel 73 06 10.

Meck-Comores
volo-volo, Moroni, Comores. Tel: 73 36 40.

Ismaël SAADI
 

© MweziNet 2003