La Monnaie
Retour Sommaire
Les Structures
Retour Sommaire
Financements

Retour Sommaire

Développement

Retour Sommaire

Réflexions

Retour Sommaire

Démographie

Retour Sommaire

Import - Export

 Retour Sommaire

Transports

 Retour Sommaire

Agriculture - Cultures de rente

Retour Sommaire

Agriculture - Cultures vivrières

 Retour Sommaire

L'Economie des Comores

Pourquoi avons nous besoin d'une Banque

BS00005A.

 

Le métier de la banque est un très vieux métier. Souvent décrié, cette activité n'a acquis ses lettres de noblesses que relativement récemment. Mais pourquoi avons-nous besoin d'une banque ? Je pense que nous avons principalement deux types de besoins, le premier concerne plus précisément les particuliers, le second les entreprises.

    Pour les particuliers que nous sommes, il est une activité généralement exercée par les banques bien que cela ne relève pas exactement de leur métier mais dont nous manquons cruellement. Il s'agit de l'activité de transfert de fonds internationaux. En effet, au jour d'aujourd'hui, il n'existe aucun moyen de transfert de fonds sécuritaire entre la France, qui compte la diaspora la plus importante, et les Comores. Les Comoriens à l'étranger n'ont aucun autre moyen d'envoyer de l'argent qu'en faisant appel à des intermédiaires, des "passeurs" qui font le voyage. Les sommes qui transitent ainsi sont énormes puisque selon l'Agence Française de Développement il s'agirait de plus de 12 milliards de francs comoriens par an soit environ 16 millions de francs français. Outre les problèmes de sécurité évidents que cela comporte pour ceux qui transportent les sommes d'argent, nous ne pouvons continuer à procéder ainsi.

moroni

Pour ce qui est des entreprises, les banques leur permettent d'accéder à des crédits, autrement dit de disposer immédiatement d'une somme d'argent sans recourir à l'épargne ou à des fonds propres. Les banques ont donc la même utilité que pour les entreprises que pour les particuliers à la différence que les entreprises ont quasi systématiquement besoin de prêts. Ce n'est pas le cas pour les particuliers qui, à la limite, peuvent se passer d'emprunts dans le sens où il ne s'agit pas d'une chose vitale. Il n'est, par contre, pas possible d'envisager le développement économique d'un pays sans une banque. Ne serait-ce que pour démarrer, investir ou couvrir ses besoins en fond de roulement, l'entreprise a besoin de crédits.

Les nouvelles théories du développement ont pleinement pris conscience du rôle des crédits d'où l'émergence un peu partout dans le monde de programmes de micro-crédits, y compris dans les pays développés. Aux Comores, cette nouvelle voie a donné lieu à la création des Mutuelles d'Epargne et de crédit ya Komor, les MECK. Il s'agit peut être d'une des plus grandes avancées économiques de notre pays qui manque cruellement de moyens dans ce domaine.

    Mais il reste encore de nombreux efforts à faire. En effet le métier d'une banque est de prêter l'argent qu'on lui remet sous forme d'épargne. Cette épargne est le plus souvent constituée de dépôts à vue, autrement dit d'argent immédiatement disponible pour l'épargnant. Les prêts sont par contre souscrit pour des périodes généralement supérieures à un an. Ces prêts sont généralement accordés à des entreprises. C'est ce qui permet à le banque de se rémunérer et à l'activité économique de prospérer en accédant à des crédits adaptés. Ce qui se passe pour les MECK est que les prêts ont des montants limités ce qui exclut de fait une partie des emprunteurs potentiels et donc des créateurs d'entreprises potentiels. L'offre de crédits n'est pas adaptée à la demande. Il semble pourtant aujourd'hui que les MECK se regroupent au sein d'une union nationale dont l'une des fonctions sera précisément d'accorder des crédits pour des montants plus élevés.

    A Marseille un groupe de travail est actuellement en discussion avec un organisme financier français pour organiser d'une part les transferts de fonds et par la même occasion accroître la capacité d'épargne de l'union des MECK qui servira de relais pour les opérations financières de la diaspora. Espérons que ces négociations aboutissent et que nous puissions avoir un outil financier digne de ce nom, digne de notre communauté.

Saïd AHAMADA M'BOUSSOURI
 

© MweziNet 2003