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L'Economie des Comores

Le Capital Socio-Culturel Elément d'une stratégie de développement

LE CAPITAL SOCIO-CULTUREL,
ELEMENT D'UNE STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT NATIONALE
AUX COMORES

Jean-Luc Dubois,
Université de Versailles - St. Quentin en Yvelines,
ORSTOM
23 av. Franklin Roosevelt, 77300 Fontainebleau, tel : 01 60 71 91 95
jeanluc.dubois@hol.fr

**********

Introduction
 
1. Un capital socio-culturel original
1.1. Des traditions insulaires partagées....
1.2. ...Au sein d'une société de culture musulmane
2. Un contexte économique difficile
2.1. L'arrêt de la croissance économique augmente la pauvreté
2.2. Les réformes économiques ne font pas repartir la croissance
3. Des dynamiques culturelles, sociales, économiques porteuses d'avenir
3.1. D'importants flux d'argent viennent de l'extérieur
3.2. Un tissu associatif dense et reconnu
4. Vers une nouvelle dynamique de croissance
 
Conclusion
 
Références bibliographiques

 

Abstract

        The Comores constitute a federation of three islands in the Indian Ocean with cultural homogeneity. However, internal conflicts recently developed with the risk of splitting up the federation. It is the result of the poverty and inequality increases during the last ten years. A renewal of growth is the only solution to generate wealth. It appears, however, difficult to enhance growth through agriculture, industry and the services. Therefore, will the existing dynamics generated by an unique social and cultural capital, common to the three islands, be able to promote economic activities and therefore re-initiate growth ?

 

Introduction

        La République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) comprend 3 îles : la Grande Comore, Anjouan et Mohéli, devenues indépendantes le 6 juillet 1975. Une quatrième île, Mayotte, est restée sous administration française en tant que collectivité territoriale. La fédération, sous sa forme actuelle, est secouée depuis quelques mois par les velléités d'indépendance d'Anjouan et de Mohéli. En réponse à leurs décisions de sécession, des réunions de conciliation, sous l'égide de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA), tentent de trouver un compromis qui permettrait de rebâtir la fédération sur de nouvelles bases.

        Il y a de nombreuses raisons à l'émergence de ces tensions. Certaines, historiques prennent leurs racines dans les conflits entre sultans qui ont émaillés le 19ème siècle et amené les colonisations anglaise, puis française. Mais l'accroissement de la pauvreté au cours des dernières années semble avoir aussi exacerbé les antagonismes. D'autant plus, que à quelques milles Mayotte de là, continue d'étaler une superbe entretenue par les transferts de France. Cette pauvreté atteint les îles de façon inégale et, au sein de celles-ci, les catégories sociales, rognant peu à peu une cohésion sociale fondée sur de fortes traditions culturelles et exacerbant des tensions ancestrales, issues des luttes historiques d'influence et de pouvoir réciproques.

       Pourtant le pays, à travers les particularités de ses îles ne manque pas d'atouts pour réussir un développement qui arrêterait l'insidieuse montée de la pauvreté et satisfairait aux besoins fondamentaux de sa population. Il lui faudrait, cependant, trouver un sentier de croissance original, qui s'appuyant sur sa richesse culturelle, composée de traditions coutumières et de pratiques religieuses, susciterait des activités nouvelles, sources d'avantages comparatifs, et renforcerait la cohésion sociale. Par cette approche, au demeurant économique, nous nous situons dans la lignée de tous ceux qui, étudiant les Comores ou plus généralement les petites économies insulaires, ont tenté d'entrevoir des modes de développement qui concilient coutume et modernité, s'appuyant sur la présence d'un capital socio-culturel et écologique, territorialement défini, et susceptible d'amorcer et d'alimenter de nouvelles formes de croissance (Bonnemaison 1996, Poirine, 1995).

 

1. Un capital socio-culturel original

        Sous le concept de capital socio-culturel, on entend l'ensemble des valeurs, traditions et réseaux de relations au travers desquels se rencontrent personnes et catégories sociales. Cette forme immatérielle de capital complète celles, physique qui regroupe équipements et infrastructures, humaine qui retrace les niveaux d'éducation et de santé, et naturelle qui concerne l'environnement, faune et flore incluses. Toutes ces formes de capital interviennent, à des degrés divers, comme facteurs explicatifs d'une croissance économique, dont l'évolution est perçue au travers du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB). Aux Comores, on peut caractériser ce capital socio-culturel par un ensemble des traditions insulaires particulières insérées dans des pratiques de culture musulmane (Chouzour 1994).

1.1. Des traditions insulaires partagées....

         Les Comores ont été, au cours de l'histoire, le lieu d'un brassage ethnique au carrefour du monde arabe, de l'Afrique continentale et de l'Océan indien. Les descendants des malais, des malgaches, des africains du continent et de familles venues d'Arabie et de Perse (Chiraz), se retrouvent maintenant autour d'une unité linguistique, culturelle et religieuse. La langue s'est peu à peu détachée de son origine swahili par le fort apport de mots arabes, permettant une indéniable compréhension entre les îles même si des formes dialectales différentes y fleurissent.

        Une civilisation comorienne s'est constituée sur la base d'éléments primaires essentiellement africains, bouleversés et remaniés par des apports arabo-islamiques. On retrouve ce métissage à tout instant ; dans les contes, dont les personnages, par leurs origines différentes, ont des attitudes parfois contradictoires, dans la musique et la danse où les mélodies sont, comme à Zanzibar, imprégnées de musique arabe classique et de thèmes indiens et dans certaines danses rurales tirant leur origine de cérémonies animistes.

        Les coutumes règlent la plupart des aspects de la vie quotidienne, autour d'une valeur fondamentale : le respect de l'honneur. Au sein d'un même village, les jeunes enfants sont réparti dès leur naissance en classes d'âge et parcourent les épreuves de la vie à travers elles afin de devenir peut-être un jour des notables. Divers rites et cérémonies marquent les étapes de la naissance, la première coupe de cheveux, la circoncision, la puberté et le mariage. Elles permettent à l'individu de trouver une place dans la société. Le mariage coutumier, ou grand mariage, qui consacre la notabilité est l'étape ultime de ce cheminement. Il est célébré en présence de toutes les classes d'âge, hommes et femmes, au cours de cérémonies qui durent une douzaine de jours et comprennent, suivant un ordre rituel, spectacle, danses et multiples festins. La famille du marié y présente l'or, du bétail, un trousseau à l'épousée, et régale tout le village, tandis que la mariée apporte, de son côté, la maison conjugale.

        Ces traditions tirent, pour partie, leur assise du système matrilinéaire d'origine africaine. C'est le cas, par exemple, du manyahuli sorte d'immobilisation foncière en faveur des descendants et collatéraux de la mère. Il en est de même de la matrilocalité qui fait résider les époux dans la maison de l'épouse construite par son père et, donnée au moment du mariage, en contrepartie de la dot. La construction de maisons pour les filles, lourde charge pour les pères de famille, assure une stabilité familiale et une sécurité aux enfants en cas de rupture du lien conjugal.

 

1.2. ...Au sein d'une société de culture musulmane

        L'Islam, de rite chaféite, est le ciment de la société comorienne. Celle-ci en a fait le fondement essentiel de sa culture et de ses valeurs, y intégrant ses propres visions, en ce qui concerne le rôle du Prophète et des confréries, et certaines pratiques traditionnelles d'origine continentale, notamment intégrées dans le droit musulman.

        Les cinq obligations du Coran : la profession de foi, la prière cinq fois par jour, l'aumône, le jeûne lors du Ramadan et le pèlerinage à la Mecque, rythment le cours du temps. Il en est ainsi des appels quotidiens à la prière et de la prière collective et solennelle du vendredi. Dans l'année, ce sont les mois du Ramadan, du Maulid (commémorant la naissance du Prophète), les fêtes du Miradj (ascension du Prophète) et l'organisation du pèlerinage à la Mecque qui règlent les pratiques sociales et rythment les dépenses des ménages.

        Cette culture originale, née d'un métissage historique entre des pratiques traditionnelles africaines et malaises et un idéal arabo-islamique, pénétré de transcendance religieuse, confère aux Comores un capital socio-culturel particulier, parfaitement délimité par l'espace insulaire.

 

2. Un contexte économique difficile

Les premières années qui ont suivies l'indépendance ont été marquées par la recherche d'un système de développement centralisé qui s'est avéré extrêmement coûteux en terme de croissance. Par contre, les années 1978 à 1986, ont connues une croissance régulière qui a fortement accru la richesse nationale, permettant de compenser l'accroissement de population. Cette tendance s'est retournée, après 1986, et l'arrêt de la croissance se traduit maintenant, face à l'augmentation démographique, par une montée régulière de la pauvreté (Dubois 1997).

 

2.1. L'arrêt de la croissance économique augmente la pauvreté

        Le Produit Intérieur Brut réel par tête a baissé de 17% entre 1984 et 1995. Il est maintenant d'un niveau équivalent à celui d'il y a vingt ans. Dans le même temps, la consommation privée par tête stagne sur toute la période, montrant l'existence d'un seuil de consommation globale incompressible. Le PIB, expression de la richesse nationale, se rapproche de ce seuil, montrant que toute création de richesse vise au seul maintien de ce seuil et non à l'investissement.

        Les enquêtes sur les conditions de vie des ménages, effectuées en 1995 dans l'ensemble du pays, montrent une distribution fortement inégalitaire de la pauvreté entre les îles et les catégories sociales. De tout cela, il résulte une pauvreté de plus en plus évidente, malgré la fierté comorienne naturelle à la dissimuler. Les poches de pauvreté rurales s'accroissent, particulièrement à Anjouan, des bidonvilles font leur apparition à Moroni et la jeunesse, incertaine face à son avenir, devient plus agressive.

 

2.2. Les réformes économiques ne font pas repartir la croissance

        Face à cette situation, seule une relance de la croissance pourrait apporter une solution durable. Toute forme de redistribution, non accompagnée de croissance du produit national, ne ferait qu'exacerber les tensions sociales, notamment entre les îles. Encore faut-il que cette croissance soit équitable et que ses fruits réduisent les inégalités entre classes sociales et îles.

        Pour diminuer la charge de l'endettement et pour dégager les ressources pour investir dans les secteurs porteurs de croissance, le gouvernement a entrepris un programme de réformes : refonte de l'administration, réforme des secteurs sociaux (notamment la santé et l'éducation) et restructuration des entreprises publiques. En 1994, la dévaluation de 33,3% du franc comorien (FC) a couronné l'ensemble ces mesures.

        Si certains résultats concernant les équilibres macro-économiques sont concluants comme la baisse du déficit public et le contrôle de l'inflation, d'autres laissent à désirer. Ainsi, la dévaluation, peut-être en raison de son insuffisance, n'a guère réussie à relancer l'agriculture d'exportation, ni à favoriser la création d'entreprises de substitution d'importations. Elle a, au contraire, accru le déficit de la balance commerciale, accéléré la montée de la pauvreté et des inégalités, menaçant de ce fait la cohésion sociale. En aucun cas, on a assisté aux prémisses à d'une reprise de la croissance.

        Il est certain que les possibilités de relance de la production dans le secteur agricole traditionnel (vanille, clous de girofle, ilang-ilang) se heurtent à des insuffisance de productivité et de qualité. Le secteur industriel demeure embryonnaire face aux nombreuses difficultés structurelles (absence de main d'œuvre qualifiée, marché étroit et segmenté, etc.). Enfin, le commerce, trop tourné vers les activités d'import-export, aurait besoin de meilleures infrastructures de communication pour se développer. De plus, l'instabilité politique régnante n'encourage guère l'investissement extérieur privé, notamment dans les activités touristiques, manufacturières textiles, et de transformation agricole, qui sont porteuses d'avenir.

 

3. Des dynamiques culturelles, sociales, économiques porteuses d'avenir

        Pourtant, on ne peut qu'être frappé par la présence de dynamiques socio-économiques particulières qui, orientées vers une finalité de développement, pourraient amorcer une reprise de la croissance. Parmi celles-ci, on peut citer les transferts de l'extérieur, la présence d'un tissu associatif innovateur et la vivacité de traditions comme le grand mariage (Guébourg 1995).

 

3.1. D'importants flux d'argent viennent de l'extérieur

         On estime à plus de 100.000 personnes, dont environ 30.000 en France, le nombre de personnes de nationalité ou d'origine comorienne vivant à l'étranger. La majorité des transferts d'argent en provenance de l'extérieur sont en relation avec cette émigration. La balance des paiements courants comptabilise, en 1995, 6 milliards de FC en entrée de capitaux privés qui seraient, en grande majorité, le fait de transferts familiaux.

        Cependant, même avec 6 milliards, on est loin du montant de 10 à 12 milliards, couramment cité mais non vérifié, qui serait d'un niveau comparable au budget de l'Etat. En fait, on connaît mal le montant réel des entrées de capitaux. Une bonne part d’entre eux transite hors des circuits financiers officiels, sous la forme de liquidités au porteur, et sont, par la suite, intégrés dans des circuits informels, par le biais de tontines, ou directement thésaurisés dans les familles, notamment par le système des prêts inter-individuels réciproques du grand mariage. De même, on connaît mal la finalité exacte de ces transferts. Ils financent, en général, des projets communautaires, la construction de maisons et les cérémonies de grand mariage.

        De fortes différences existent entre les îles à ce sujet, les anjouanais et les mohéliens, ayant moins tendance à émigrer, vers la France métropolitaine, que les grands comoriens.

 

3.2. Un tissu associatif dense et reconnu

         On trouve, dans la plupart des villages, des associations ayant pour objectif de réaliser des projets culturels, sociaux et, plus récemment, économiques. En milieu urbain, des associations privées comme, par exemple, Ulanga pour la défense de l'environnement, ou TV-Sha pour la télévision, contribuent au fonctionnement de la vie citadine. Elles gèrent, notamment dans le but d'aménagements communautaires, l'argent envoyé de l'étranger par les membres qui y ont émigré ou offert par les bailleurs de fonds dans le cadre du développement local ou de la protection de l'environnement.

 

        Sur cette base ont été mis en place, des institutions comme le Fonds d'Appui au Développement Communautaire (FADC), qui finance la réalisation de petits projets, ou les Sanduks "caisses d’argent" gérées par des communautés villageoises pour financer leurs projets, et approvisionnées par l’épargne locale et des prêts extérieurs. La réussite de ces institutions - les Sanduks, par exemple, sont passés de 10 à 50 caisses tout en contrôlant l'augmentation des crédits et en créant une Union nationale - atteste de l'intérêt que portent les populations à ce type d'approche participative. Elle montre l'efficacité d'une démarche qui stimule les aspirations communautaires, en suscitant un consensus autour d'objectifs communs qui permet de surmonter les conflits familiaux et les blocages structurels.

 

3.3. La tradition du grand mariage demeure vivace

        Les cérémonies du grand mariage drainent beaucoup d'argent. On ne connaît cependant pas le montant dépensé annuellement pour l'ensemble de ces cérémonies, en général plus fastueuses à la Grande Comore qu'à Anjouan. On avance un chiffre de 5 à 6 milliards FC, mais aucune mesure précise n'a été faite sur les catégories de dépenses, ni sur les montants correspondants.

        Ces dépenses, souvent qualifiées d'ostentatoires, ont toujours été critiquées allant même jusqu'à l'interdit des cérémonies. Et ce, d'autant qu'une bonne partie des produits consommés est importée de l'extérieur et contribue à accroître le déficit de la balance commerciale. On peut cependant remarquer que, non seulement les interdits de cette pratique n'ont jamais abouti, mais que, de plus, elle tend à se renforcer avec le besoin d'affirmation identitaire actuel.

 

4. Vers une nouvelle dynamique de croissance

        Toute la difficulté réside donc dans la manière d'articuler ces dynamiques socio-économiques, au sein d'un cadre macro-économique cohérent, pour en canaliser l'énergie vers une amorce de la croissance. Cette dernière, d'origine domestique à ses débuts, pourrait, au fur et à mesure de sa consolidation par synergie avec les autres formes de capital, engendrer des avantages comparatifs dans les secteurs manufacturier, agro-alimentaire et touristique, et à terme bénéficier de la promotion d'exportations correspondantes.

        Pour avancer dans cette voie, il faut, en premier lieu, connaître l'importance des flux d'épargne disponible, internes ou d'origine extérieure, qu'ils transitent par le système financier officiel ou pas. Il faut ensuite, par le biais des associations, orienter cette épargne vers des activités productives et l'affecter, en priorité, à la création ou au développement de petites entreprises susceptibles de répondre à la demande des ménages. Dans ce contexte, la dynamique du grand mariage joue un rôle essentiel, à condition toutefois que les dépenses qu'elle engendre soient tournées, en priorité, vers l'achat de produits et de services locaux pour encourager le développement d’un artisanat de qualité concernant le travail de l’or, la bijouterie, la broderie, les vêtements de cérémonie, le travail du cuir et la cordonnerie, les essences et la parfumerie, etc. Cela permettrait de recycler dans l’économie nationale le capital épargné pour les cérémonies, entraînant création d'emplois et opportunité de répondre à la demande touristique.

        De cette manière, la tradition du grand mariage, qui se veut une école de formation humaine au pouvoir et à la sagesse, et qui porte en elle une dynamique originale, pourrait être au cœur d'un mécanisme original de développement. Cela demande toutefois qu'une politique d'incitation appropriée soit mise en place (comptes rémunérés de grand mariage, concours primés de produits artisanaux, information, etc.) pour stimuler le placement d'argent dans des activités locales, améliorer la qualité des produits intérieurs et encourager la demande domestique.

 

Conclusion

        L'accent mis sur le capital socio-culturel, comme source d'émergence de la croissance, peut ouvrir la voie à un modèle de développement qui s'appuie sur les traditions culturelles et les aspirations sociales des populations, tout en engendrant des retombées économiques permettant de lutter contre la pauvreté. Sa mise en œuvre effective se heurte encore à de nombreuses inconnues concernant la connaissance des circuits financiers, la possibilité d'orienter les transferts vers des activités productives, les effets d'une politique d'incitation, la réponse des populations à une nouvelle offre domestique.

        De plus, il est difficile d'évaluer quelle sera l'effet de la synergie résultant des combinaisons d'un capital socio-culturel également partagé par tous avec des capitaux naturels (volcan, eau, terre, plages), humains (niveau d'éducation et de santé) et physiques (infrastructures portuaires, industries) inégalement répartis entre les îles. Cela permettra-t-il de renforcer la cohésion sociale, la fédération politique, tout en luttant contre la pauvreté. On ose l'espérer.

        Il y a, pourtant, dans cette approche, une expérience intéressante pour l'ensemble des petites économies insulaires en développement qui font face au double défi de l'intégration, dans un monde toujours plus globalisé et à tendance marchande, et de la préservation de ressources culturelles, sociales et écologiques originales et donc rares.

 

Références bibliographiques

Bonnemaison Joël, 1996, Gens de pirogue et gens de la terre. Les fondements géographiques d'une identité. L'archipel du Vanuatu. Essai de Géographie culturelle Livre 1, Orstom, Paris, 460 p.

Chouzour Sultan, 1994, Le pouvoir de l'honneur : tradition et contestation en Grande Comore, L'Harmattan, Paris, 284 p.

Dubois Jean-Luc (ed.), 1997, Comores : Développement humain durable et élimination de la pauvreté : éléments pour une stratégie nationale, PNUD et RFIC, Frison-Roche, Paris, 64 p.

Guébourg Jean-Louis, 1995, Espace et pouvoir en Grande Comore, L'Harmattan, Paris, 592 p.

Poirine Bernard, 1995, Les petites économies insulaires : théories et stratégies de développement, L'Harmattan, Paris, 280 p.

 

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