REFLEXION SUR LE
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DES COMORES |
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Toutes les théories économiques du développement ou de la croissance apportent des
réponses au problème du sous développement qui varie selon la doctrine qui sous tend
l'analyse. L'objet de cet article n'est pas d'exposer les mesures à adopter pour inscrire
les Comores sur la voie du développement. Un article n'y suffirait d'abord pas et il
serait bien présomptueux de ma part de donner des leçons de développement. Par contre
il m'est tout à fait possible de donner mon avis sur la logique qui doit, selon
moi, sous
tendre toute politique de développement dans notre pays.
Le développement économique d'un
pays, quelles que soient les orientations adoptées, demande un minimum de conditions
préalable. L'une d'entre elles, et non des moindres lorsque l'on connaît la situation
des Comores, est une situation politique stable. On ne le dira jamais assez. Il est
nécessaire d'avoir des institutions qui donnent confiance à la fois aux comoriens
eux-mêmes mais aussi aux étrangers désireux de s'installer aux Comores. Je pense que
l'instauration d'un climat de confiance doit être la priorité d'un gouvernement qui
aurait pour désir de développer les Comores.
La seconde étape dan le même
ordre d'idée mais qui doit être réfléchie en amont et avant toute action, est
précisément l'orientation économique que l'on doit donner aux Comores. Je ne pense pas
pour ma part qu'il soit bénéfique à terme d'engager notre pays dans un programme
économique dont le but serait d'accroître la richesse du pays. Notre approche doit être
quelque peu différente. L'objectif doit être, selon moi, de permettre au plus grand
nombre de vivre décemment. Il faut savoir que la pauvreté s'est installée de manière
inquiétante aux Comores et que seule la structure, la solidarité existante entre les
Comoriens permettent d'éviter le pire.
Il ne faut toutefois pas se
méprendre sur mes propos. Il ne s'agit pas de nier le fait qu'augmenter la richesse
nationale soit une bonne chose. Mais l'erreur souvent commise au sein des pays
développés a té d'essayer d'accumuler des richesses sans réflexion sur la manière de
les redistribuer. Accumuler pour accumuler n'aura pour conséquence que l'enrichissement
des plus riches ! L'accumulation des richesses est un moyen, le bien être de l'individu
doit être l'objectif. L'économie doit être au service de l'homme et non l'inverse. Les
Comores doivent s'inspirer de ce qui a été fait ailleurs pour ne pas tomber dans les
mêmes travers. Aujourd'hui un pays comme la France se trouve devant le paradoxe de
compter parmi les plus grandes puissances économiques et de ne pas parvenir à trouver
une solution durable à ce que l'on appelle pudiquement le quart monde.
MweziNet mai 1999