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L'Economie des Comores

L'Initiative Privée

L' INITIATIVE PRIVEE
Une série de témoignages sur les Aléas de l'initiative privée des Comoriens aux Comores ou ailleurs

ces témoignages ont été publiés au début 2002 sur notre forum HABARI
ATTENTION : le message de départ est en bas

 

 

Réflexion par Zaid Nour
Article L420-5 " Sont prohibées les offres de prix ou pratiques de prix de vente aux consommateurs abusivement bas par rapport aux coûts de production, de transformation et de commercialisation, dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d'éliminer d'un marché ou d'empêcher d'accéder à un marché une entreprise ou l'un de ses produits. -  Les coûts de commercialisation comportent également et impérativement tous les frais résultant des obligations légales et réglementaires liées à la sécurité des produits. -  Ces dispositions ne sont pas applicables en cas de revente en l'état, à l'exception des enregistrements sonores reproduits sur supports matériels." Voici un des articles du code de commerce français que notre compatriote à la Courneuve aurait pu faire valoir contre son concurrent asiatique Encore eut -il fallu qu'il fasse faire les constats d'huissier nécessaires ! En règle générale, ce qui manque à nos entrepreneurs c'est un système d'assistance intégré qui leur permette d'appréhender tous les aspects de leur activité En France, cela existe et quelquefois pour les créateurs d'entreprise c'est gratuit Aux Comores, c'est une autre affaire ; Les chambres de commerce ne servent à rien qu'à entretenir des notables J'ai eu l'occasion de regretter sur ce forum qu'il n'y ait pas de consultants, de juristes, ou de comptables libéral au pays, car c'est une activité essentielle, pour le commerce juridiquement constitué. Des sociétés comme la CEE, la BIC, etc, l'ont bien compris puisqu'elles engagent des conseillers, même si parfois, comme MZIMBA, ce sont de faux diplômés. Ces conseils pourraient exister en entreprises libérales, associations, ONG etc.. Il est vrai qu'il n'y a aussi pas de tribunal de commerce digne de ce nom et que nos magistrats jugent non pas en fonction du droit, mais le plus souvent de leur récompense Il faut aussi, même si pour le moment, son existence est vitale pour les populations s'inquiéter de la présence de tout le secteur informel et de cette activité souterraine qui ne sert qu'à entretenir quelques grossistes, et qui, il faut bien le voir, ne se constitue le plus souvent que grâce à la diaspora Réfléchissons également un peu : Est ce que les pakistanais, les arabes ou les français qui réussissent aux Comores s'empressent d'aller dépenser leurs premiers gains dans des cérémonies coutumières, anda, enterrements, achats de la clientèle villageoise, etc. personne n'ignore que certains commerçants profitent de leur pignon sur rue pour obtenir les crédits nécessaires à leur activité et les gaspiller en cérémonies dispendieuses. D'une manière générale, il faut bien remarque que les anjouanais de la grande Comore réussissent mieux que les wangazidja en affaire, et il serait bon de s'interroger pour savoir si ce n'est pas parce que les exigences coutumières sont moins impérieuses chez eux, ainsi que la tradition matriarcale. Ce sont des problèmes de fond auxquels personne ne s'attache jamais, parce que les pouvoirs successifs ne passent que pour gérer l'urgence, sans d'ailleurs y arriver, et qu'aucune réforme digne de ce nom n'est jamais entreprise. Sans cadre juridique, sans structures d'encadrement, il n'y aura pas l 'émergence d'un tissu économique au pays. Il n'y a aucune structure stable capable de s'intéresser au problème. On ne cesse de dissoudre et ressoudre les institutions, comme les constitutions, le ministre des finances ne gère que la cassette et les douanes, jamais l'économie. C'est le domaine de l'empirisme, de l'a peu près. On regrette l'inexistence d'un secteur bancaire, alors que celui ci n'est même pas réglementé et que c'est la BIC qui l'établit elle même . On démembre la SNPT, sans redéfinir ses missions .etc... Puisque nous sommes en campagne, alors que nous savons déjà que tous les candidats vont nous promettre de l'électricité en permanence, des salaires payés à l'heure, et je ne sais quelles autres billevesées, guettons l'arrivée de celui qui nous promettra la construction d'une véritable nation, indépendante et entreprenante. A partir du moment où le budget de l'état n'est bâti que sur les recettes douanières de nos importations et les taxes dérivées des produits importés, il serait étonnant que cela puisse changer.

 

Réflexion par Salim ABDALLAH
Merci de ton conseil, cher ami, et du soutien de certain d'entre vous. En ce qui me concerne, je ne m'inquiète pas trop de ces gens-là car dès que je sens anguille sous roche, je préfère refuser les conditions. le problème est qu'ils vont trouver un autre rigolo comme eux qui va accepter leurs foutaises, brader les prix et offrir un service qui ne ressemble à rien ; ils en seront satisfaits car ils auront économisé sur les dépenses, même si les clients passent à 2 doigts de tout casser tant ils sont déçu. La musique n'est pas une priorité, diront certains, c'est un truc de voyou, déclareront d'autres, c'est leur opinion et je ne veux pas les juger. Mais à mes yeux, je constate que des îles guère plus grandes que les nôtres (Cap-vert, Jamaïque...) et qui ont à peine plus d'habitants que les Comores, sont en légère avance sur nous. Et ce grâce à 2 choses (l'industrie étant peu développée), le tourisme et la musique. Pour le tourisme, ils ne peuvent pas se vanter d'avoir plus de plages ou de cocotiers que nous, ils sont mieux organisés. Comme je ne connais rien sur ce sujet, j'ai opté pour la musique. Quant à la musique, on ne parlait pas plus de ces îles, il y a 20 ou 30 ans, avant l'arrivée d'un précurseur dans chaque île (Bob marley en Jamaique, Kassav aux Antilles, Tabou Combo en Haiti, Césaria Evora aux Cap-vert et autres Compay Secundo, Ibrahim Ferrer et j'en passe). A ce jour, nous sommes au même stade qu'il y a 20 ans(je me rappelle des samedis soirs à la gare de Bercy où nous partagions la location de la salle avec les Capverdiens, il y à peine 10 ans). Et les rares artistes Comoriens qui officie sur la scène internationale (Abou Chihabi, le 3è oeil, Gam, Moustoipha Idarouss...) sont des illustres inconnus dans la communauté, ou simplement hués quand ils apparaissent devant leur public d'origine. Je suis convaincu que très prochainement nous allons découvrir un talent qui va faire parler de nous autrement qu'à travers les coups d'états et les magouilles, aussi il ne faudra pas rater le bon train. Tu as raison de montrer que les musiques Comoriennes sont programmés pour la fin de la nuit(méa culpa, il m'arrive de suivre cette règle imposé par d'autres sur le Sambé et le Toirab). Moi, je remarque que tous les DJ comoriens, essaient tant bien que mal de mixer le Zouk, les Raggas au tempo, pas les autres musiques, comme si elles ne méritent pas. La première fois que j'ai fait une séquence complète de Mgodro, où j'ai bloqué 4 chansons au tempo en moins de 15 minutes, certains se sont fâchés (comme ils ne sentaient pas la transition, ils croyaient que c'était la même chanson). On m'a traité de con pour avoir mélangé Chamsiat Sagaf à 1è Gaou, soit disant que le mapouka n'est pas de chez nous, alors que la chanson de Chamsiat est sortie (dans son 1è CD) bien avant Gaou. Ma satisfaction là-dessus, c'est d'avoir fait apprécier ce mix à Chamsiat. J'invite les habarinautes, qui souhaiteraient voir ce que je fais, à consulter de temps en temps MWEZINET, à la rubrique des manifestations culturelles, où j'annonce régulièrement mes activités à venir (pour le moment, je négocie une soirée Toirab + Bal avec Adina à Lyon en mars). Bonne continuation à tous.

 

Réflexion par ali m'roivili
Cher Salim Abdallah, A mon avis tu as les possibilités de changer les mentalités des gens, mais peut-être tu dois aussi revoir tes conditions d'engagements si ne se ressemblent pas a celles négociées sous le manguier au pays. Lorsque vous négocier tout au téléphone comment pouvez-vous poursuivre quelqu'un qui ne s'est pas engage par écrit. si tu travailles d'une manière professionnelle un rigolo est identifiable lorsqu'il refuse de signer un contrat quelque soit le montant, te donner son adresse.. Quant a la sous-estimation des produits comoriens, il n'y a essayer de comprendre pourquoi, dans les bals comoriens le musique comorienne n'est danse qu'a la fin du bal. C'est déjà ça, car des comoriens qui ont naïvement affirme que la d'alphabétisation de la langue comorienne lancée Al-marhoum Ali Soilih était du "msomo wa masera" (nari baye omwango rizambe). Tu vois bien que le colonialisme a laisse des marques presque indélébiles parmi nous. Malheureusement, ceux qui ont eu la chance de pouvoir se vider peu a peu du sang colonial représentent un maigre pourcentage. On pourrait se demander, qui est ce-qui s'en occupe du reste? Ceux qui ne ressentent même pas les conséquences néfastes de la colonisation? A partir du moment que la priorité de nos élus est de diversifier voire intensifier la propagande qui doit leur préserver aussi longtemps que possible au pouvoir a travers les médias, il n'est pas étonnant de constater de tels dégâts. Karidjahisa twamaya bo wawe! A.M

 

Réflexion par ahmed Aboudou

bonjour,

Effectivement on peut se demander si c'est uniquement au niveau du pays et de la politique que des changements doivent être opérés ! le temps passe, les techniques évoluent, mais nos mentalités elles, ne changent malheureusement pas ! chance ou malchance, nous vivons tout de même dans une société de consommation dans laquelle chacun peut à loisir et à mesure de ses moyens, créer, innover, imiter, se lancer et pourquoi pas importer ou exporter des idées, pour son bien mais aussi celui de tous, donc de la communauté ou du pays; ça serait une idée du développement parmi tant d'autres ! hélas, la communauté comorienne n'a jamais manifesté un comportement communautaire notoire dans la mesure ou sa solidarité en revanche irréprochable ne dépasse pas le seuil du chez soi! chacun pour soi et Dieu pour tous, pourrait être une devise qui nous colle bien : cet individualisme se vit et se vois au quotidien ; aider quelqu'un à s'en sortir, serait aperçu comme une trahison : "pourquoi aider quelqu'un de l'extérieur alors qu'on ne le fait pas pour chez soi"? au contraire, au lieu de soutenir et encourager une personne qui aimerait se lancer dans une activité et briser le tabou de la marginalité, on lui tourne le dos, on le critique, les exemples ne manquent pas! personnellement, j'ai vu de près l'histoire du jeune de la courneuve, et je partage le même avis: parce qu'il vendait 1 Franc plus cher son kilo de manioc ou de banane, ses compatriotes ont préférés l'asiatique: ils ne se réjouissaient pas de pouvoir se procurer des produits frais venu du pays et avoir la sensation de se sentir chez eux avec une certaine fierté de voir un compatriote s'attaquer à un marché dont nous n'aurions rien à envier aux asiatiques et autres épiciers exotiques! mais voilà, tant que nous seront habités par tant d'égoïsme et de jalousie, parce qu'on aime pas voir un semblable réussir, nous ne sortirons jamais de notre enfermement, et continuerons en France à dépendre des bons vouloirs des asiatiques et autres, et aux Comores, des pakistanais, Sri Lankais et j'en passe et des meilleurs ! par contre, je pense qu'il ne faut pas se décourager surtout au pays car il faut des investisseurs, créateurs et innovateurs, si possible comoriens bien sûr: là aussi nous sommes habité par la peur de ne pas réussir son commerce ou son affaire, et on ne se lance jamais; cette peur d'oser se retrouve assez souvent aux pays lorsqu'une personne se lance, elle veut toujours faire la même chose que son ami ou voisin, parfois du même endroit pour lui prouver qu'il peut faire mieux! ceci n'est autre que de la jalousie et de la haine, et dépasse le simple cadre de la concurrence parce qu'on veut être le seul ... la réussite et le bon fonctionnement se jugent sur la qualité des produits et du service, et se vérifie lorsqu'ils s'installent dans la durée . Mais il ne faut pas désespérer pour autant, car le temps viendra ou nous prendrons conscience de nos possibilités et des potentialités qui dorment en chacun de nous aussi bien au pays qu'en dehors de nos frontières !

 

Réflexion par Bakri
Bonjour,
1 / Voici un témoignage qui illustre une réalité quotidienne hors de toute "polémique politique". J'ai confirmation de proches et d'amis du cas du commerçant de La Courneuve. Cela se passe de commentaires. Peut-être devrions-nous apprendre de la solidarité des Asiatiques en matière de développement d'initiatives privées? Je suis tout à fait d'accord avec vous sur vos analyses. Surtout ne vous découragez pas : l'expérience vous a maintenant appris que vous ne devez pas mettre tous vos oeufs dans le panier communautaire. C'est une leçon que vous nous donnez à tous. Quand vous transposez le tout au pays, vous vous apercevez vite que vous n'avez d'autre choix que de mettre la clé dans le placard. Comme beaucoup d'autres, j'ai envisagé d'investir dans des projets techniques au pays : les facteurs de terrain (humains en tête : dont certains cités dans votre témoignage) m'ont amené à les différer car l'échec était garanti d'avance. J'ai opté de donner des coups de main gratuits à d'autres sur place en attendant. 
2 / L'exemple du premier film d'un jeune Comorien : On voit que c'est un jeune qui le démolit gratuitement en premier! Heureusement d'autres Habarinautes sont venus condamner cette façon négative de juger. Est-il si difficile d'être positif et d'encourager (ou de soutenir) ceux qui font les premiers pas et qui prennent des risques? Salams,

Réflexion par Salim ABDALLAH
Comme le disait Napalo et d'autres habarinautes, ce n'est pas tout de changer de dirigeants, encore faut-il accepter de changer de mentalités.  Je voudrais apporter 2 témoignages qui appuient ton raisonnement quant à l'absence de soutien des initiatives privées dans notre communauté. 
1/ Passionné de musique, j'ai fréquenté, comme la plupart des jeunes de ma génération, les boites de nuit et les soirées organisées pendant des années. A chaque fois que j'allais dans une soirée Comorienne, je voyais des gens se plaindre du manque de rigueur des organisateurs et des animateurs. J'ai profité de mes sorties en boite pour apprendre à mixer pendant que mes amis s'amusaient sur la piste, ainsi j'ai appliqué ludiquement mes connaissances en électronique (dépannage de jeux de lumière, câblage de sono, conseil lors des achats de matériel...).  A ce jour, j'ai créé ma propre structure, visant essentiellement le milieu Comorien (après avoir fait mes armes dans le milieu Afro-antillais). J'ai acheté du matériel, qui n'a rien d'exceptionnel, mais qui correspond aux besoins actuels de la communauté à mon sens. Pour faciliter la tache aux organisateurs (prestations clé en main), j'ai investi sur la sono, les jeux de lumière et une camionnette.  Résultat, il m'arrive de me demander si j'ai fait le bon choix car dans près de 80% des cas où j'ai eu affaire à notre communauté, j'ai eu des soucis, surtout dès lors qu'il s'agit d'argent, pourtant j'offre des tarifs plus que compétitifs aux Comoriens par rapport à mon matériel. Les gens veulent un travail de qualité professionnel, au tarif d'amateur débutant, parfois ils ne veulent même pas payer. Une fois, une Comorienne a payé un DJ étranger pour animer une soirée et m'a demandé de l'assister "généreusement" pour faire les séquences Comoriennes (Où est la blague?) et récemment encore, le 31 décembre exactement, la personne qui m'a engagé ne voulait pas me payer sous prétexte que sa soirée est à caractère humanitaire (doute) : pourquoi ne va-t-elle pas expliquer cela au fisc pour que je bénéficie d'une réduction d'impôts? Pourtant elle a accepté de payer plein tarif chez les autres commerçants les courses nécessaires à sa soirée.  Trouvez-vous normal, amis habarinautes, que pour rentrer dans mes frais, je sois obligé de travailler avec des blancs ou des Afro-antillais alors que ma structure s'appelle MIX COMORES et que tous les week-ends il y a des activités dans notre communauté?  Officiellement, je suis animateur-organisateur; je me suis déclaré à la chambre de commerce pour me protéger des contrôles et accidents et me défendre des rigolos (il y en a beaucoup malheureusement) qui seraient tenter de ne pas payer : je peux les poursuivre en justice (dommages et intérêts).  Etant donné ma formation de base, je ne compte pas m'arrêter au mix (qui est un phénomène de mode), j'envisage de me diversifier vers d'autres domaines de la musique et qui peuvent créer des dizaines d'emplois, par exemple je prépare une soirée avec ADINA en guest star au mois de mars à Lyon. Tout seul, je n'ai aucune chance de parvenir et il me faut un comptable, des gens pour la sécurité et la promotion. Si ça marche comme celle que j'ai faite le 12 janvier à LYON, où l'ambiance était convivial, malheureusement pas assez de monde car il y avait d'autres activités le même soir à Lyon et Marseille, je recommencerai avec d'autres artistes.  Je ne demande pas à tout le monde de faire des soirées pour me faire plaisir, ça n'a aucun sens, je témoigne pour dire que certaines personnes comme moi ont consacré leur temps, leur énergie et leur argent sur leur passion dans le but de vous divertir. Vous pouvez ne pas apprécier ce qu'ils font, mais quand vous les contactez pour le travail, respectez les conditions que vous aurez fixées. Si nous étions vendeurs de voiture, jamais il ne vous viendrait à l'idée de nous demander de vous en offrir ni de vous les vendre au rabais.  Pourquoi voulez-vous que nous perdions nos nuit (que nous pourrions passer avec nos compagnes ou sur d'autres contrats), nos énergies (à soulever des appareils lourds et encombrants, été comme hiver) et nos investissements (chaque minute que nous utilisons un appareil, nous réduisons d'autant sa durée de vie) pour des gens qui ne savent pas dire merci la plupart du temps?
2/ J'ai vu à La Courneuve un Comorien qui tenait un commerce de produits alimentaires, il importait en plus des produits du pays, il a du mettre la clé à la porte car ses compatriotes préféraient aller chez son concurrent asiatique (ironie de l'histoire, ce dernier s'est mis à vendre des articles importés des Comores quand il a vu les gens le lui réclamer). On a frôlé l'émeute les premiers jours du Ramadan quand ce magasin s'est retrouvé en rupture de stock de bananes, devant l'insistance des Comoriens, certains ont failli en venir aux mains.   Il y a des milliers de cas similaires dans notre communauté, aussi bien au pays qu'à l'étranger, au moment où partout dans le monde, chacun réclame la préférence communautaire en matière de consommation. Tu dis que des sociétés sont mal gérés, c'est vrai et c'est souvent des compatriotes ou des membres de la famille du gérant qui contractent des crédits et qui ne remboursent jamais. Comment veux-tu que ces sociétés puissent pérenniser?

 

Réflexion par Le Nationaliste Comorien 
 Je crois que l'absence de l'initiative privée aux Comores a deux raisons principales: Une, nos mentalités et deux, l'absence d'appui. Nos mentalités: Souvenez-vous des chemises CIC? du savon Naziko? des bonbons Djema? des biscuit Djema? de la boisson Bimbo? Que ce qui est arrivé à toutes ces petites industries comorienne? Evidemment elles ont fait faillite. Vous me direz qu'elles étaient peut être mal géré, mais c'est pas vraiment la vrai cause. La vrai cause est notre manque de nationalisme, et la réjection de ces produits comme étant des produits inférieurs. Cependant, les chemises CIC étaient aussi bien que les chemises de Maurice et de Madagascar, et même aussi bien que les chemises européennes. Mais le fait qu'elle étaient 'made in Comores' constituait une infériorité. Je me souviens quand j'étais au lycée comment ceux qui mettaient les chemises CIC étaient raillés. Parallèlement, les bonbons Djema n'avaient rien à envier les Pecto de Madagascar et les Menthe de l'île Maurice. Je ne voyais pas non plus une grosse différence entre le biscuit Djema et les Petits Beurres au lait ou les Glucoses... je ne vois non plus une grande différence entre mon costume que Foundi Maoulida m'a cousu pour 400FF tout inclus et les costumes de 1000FF que nos expatriés de France mettent pendant leur séjour aux Comores... et ainsi de suite. Cependant nous considérons toujours nos produits comme étant inférieurs aux produits étranger, ce qui n'est pas toujours le cas. Le comble est que même pour les fruits comoriens, ce qui sont bons ne nous appartiennent pas (Yembe ya shizoungou, Madjimbi manga, mnanasi washi anrabu, ...). Je peux citer des pages et des pages d'exemples. Depuis les produits jusqu'aux services, depuis le respect jusqu'à l'intelligence, nous avons toujours considéré les étrangers (surtout du Nord) comme étant supérieur à nous. Ceci constitue un sérieux handicap pour tout développement de produits et services dans le domaine privé aux Comores. Je vais arrêter là avant que je ne sois déconnecté. Je donnerai la suite prochainement.

Réflexion par Zaid Nour
 Curieux débat : Dans les différentes constitutions dont les Comores se sont dotées depuis l'indépendance, a toujours figuré le droit à l'éducation. Si l'on estime que ce droit implique pour l'état le devoir de mettre en œuvre les moyens et les voies d'assurer sa mission, il faut reconnaître que les bourses sont un droit pour chaque citoyen sans obligation de retour. On peut ergoter sans fin, sur la façon dont celles-ci ont pu être distribuées, sur le nombre de cancres , progénitures de politicards ou de notables qui en ont bénéficié, mais c'est un autre problème. Beaucoup de réactions exprimées sur ce forum me semblent émaner d'aigris et de jaloux qui enragent que bien des postes leur sont inaccessibles parce qu'occupés. Il y a une hérésie fondamentale, à mon sens, dans ces positions' . C'est qu'on dirait que les études ne peuvent conduire qu'à la fonction publique/ Que diable ! Ainsi un comorien instruit ne pourrait donc qu'espérer un emploi de fonctionnaire ? Voyez ou cela nous a conduit ! FOP surdimensionnée , masse salariale irréalisable et incontrôlable. Combien d'initiatives privées faisant appel au dynamisme individuel, permettant de créer emplois ou ressources ont -elles été remarquées dans notre pays ? on peut compter sur les doigts de la main ceux qui après avoir terminé leurs études sont devenus avocats, électroniciens, consultants ou conseils etc... Il y a des professions libérales qui sont quasi inexistantes aux Comores : kinésithérapeutes, infirmiers libéraux, dentistes, architectes, comptables, etc... parce que tout le monde veut être fonctionnaire en sachant qu'il ne sera payé que de façon aléatoire. Le seul succès à remarquer, est celui des écoles privées, ( je parle du succès financier, par de celui des élèves) Ne pouvons nous être capable d'imagination, de volonté, d'initiatives, pour nous mêmes créer les conditions de notre retour au pays ? Sommes nous obligés de nous déculpabiliser en maintenant grâce aux subsides que nous pouvons faire parvenir, les nôtres hors de la misère totale ? J'oserai presque dire que l'espoir secret de tous ces aigris est d'avoir leur place dans les mouvances du pouvoir, pour peut-être trouver la façon de s'enrichir encore plus vite en se faisant confier les leviers de tel ou tel secteur stratégique . je livre tout cela à votre réflexion
P.S : un cadre organique n'est rien d'autre qu'un organigramme

 

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