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L'Economie des Comores

Stratιgies De Lutte Contre La Pauvretι Aux Comores
Mιmoire pour l’obtention de
la
MAITRISE en SCIENCES ECONOMIQUES
 Par
Mohamed Nassurdine Ibrahim Ahamada

 

L'AUTEUR

Mohamed Nassurdine Ibrahim Ahamada
BP: 4877 Conakry
Tel: 00 37747690980
Email: dnassur@yahoo.fr

 

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Rιpublique de Guinιe
Travail-Justice- Solidaritι

 

Ministθre de l’Enseignement Supιrieur et de la Recherche Scientifique

                  

UNIVERSITE KOFI ANNAN DE GUINEE (UKAG)

DROIT, SCIENCES ECONOMIQUES, SCIENCES DES GESTIONS, MIAGE
Annιe Universitaire 2002-2003
Stratιgies De Lutte Contre La Pauvretι Aux Comores

Mιmoire pour l’obtention de la

MAITRISE
en
SCIENCES ECONOMIQUES
 
Par

Mohamed Nassurdine Ibrahim Ahamada
 

Email : dnassur@yahoo.fr

 

Table des matiθres

Dιdicace………………………………………………………………………………………………

2

Sigles et Abrιviations………………………………………………………………………………..

3

Avant-propos…………………………………………………………………………………………

5

Introduction…………………………………………………………………………………………..

6

 
PREMIERE PARTIE: PROFIL ET CAUSES DE LA PAUVRETE
 

 Chapitre 1: Profil de la pauvretι…………………………………………             9
 

  

1.1. Evaluation monιtaire de la pauvretι………………………………………………

9

     

1.1.1. Mιthode de collecte des donnιes……………………………………………..

9

      

1.1.2. Elaboration  du profil de la pauvretι………………………………………….

9

 

1.2. Identification gιographique des pauvres………………………………………….

10

 

1.3. Couverture sociale et filet traditionnel de sιcuritι………………………………..

13

 
 Chapitre  2 : Causes de la pauvretι
…………………………...…………          14
 

 

2.1. Faiblesse globale de l'ιconomie……………………...................................………………....

14

 

 

2.1.1. Baisse du PIB rιel par habitant………………………………….....................................

14

 

 

2.1.2. La prιcaritι de l'agriculture……………………………………………………

15

 

 

 

2.1.2.1. Produits d'exportation……………………………………………………...

15

 

 

 

2.1.2.2. Les produits vivriers……………………………………………………….

18

 

 

 

2.1.2.3. Pκche et ιlevage……………………………………………………………

18

 

 

2.1.3. Paralysie de l'industrie…………………………………………………………

18

 

 

2.1.4. Secteur tertiaire………………………………………………………………..

19

 

2.2. Causes socio-politiques………………………………………………………..…..

19

 

 

2.2.1. Augmentation de la population……………………………………………...…

19

 

 

 

2.2.1.1. Exiguοtι du pays par rapport ΰ la population………………………………

19

 

 

 

2.2.1.2. Explosion dιmographique…………………………………………………

20

 

 

2.2.2. L'impact  de la tradition sur la pauvretι……………………………………….

20

 

 

2.2.3. Instabilitι politique…………………………………………………………….

22

 

 

2.2.4 Le poids de l'Union des Comores sur l'ιconomie comorienne…………………

23

 

2.3. La dιvaluation de 1994; catalyseur de la pauvretι aux Comores……

24

 
DEUXIEME PARTIE: LES MESURES DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
 

Chapitre 3 : Revue des stratιgies passιes…   …………………….……..           27
 

 

3.1. Cadre macroιconomique………………………………..…………………………

27

 

3.2. Appui au secteur privι……………………………………………………………..

28

 

 

3.2.1. Moyens institutionnels mis en œuvre………………………………………….

28

 

 

3.2.2. Moyens financiers utilisιs……………………………………………………..

29

 

 

 

3.2.2.1. Sources traditionnelles…………………………………………………….

29

 

 

 

3.2.2.2. Sources modernes…………………………………………………………

31

 

 

3.2.3. Revenu des Comoriens de l'ιtranger………………………………………….

33

 

 

3.2.4. Apport du secteur informel…………………………………………………….

34

 

3.3. Politiques sociales et lutte contre la pauvretι……………………………………...

35

 

 

3.3.1. Politique ιducative…………………………………………………………….

35

 

 

3.3.2. Politique sanitaire……………………………………………………………...

36

 

 

3.3.3. Contradictions de l'ιvolution de la fιconditι ………..………………………..

35

 
Chapitre 4 : Nouvelles opportunitιs de croissance
…………   …………           38
 

 

4.1. Appuyer les secteurs porteurs de croissance……………………………………….

38

 

 

4.1.1. Intervention en milieu rural……………………………………………………

39

 

 

 

4.1.1.1. Agriculture…………………………………………………………………

39

 

 

 

4.1.1.2. Amιliorer la pκche…………………………………………………………

41

 

 

4.1.2. Crιation d'un port franc………………………………………………………..

41

 

 

4.1.3. Les micro-crιdits et l'ιmergence des PME/PMI………………………………

42

 

 

4.1.4. Amιliorer le domaine touristique……………………………………………...

43

 

 

4.1.5. Dynamisme culturel……………………………………………………………

44

 

4.2. Fournir des infrastructures et services de base…………………………………….

45

 

 

4.2.1. Amιliorer l'adduction de l'eau potable………………………………………...

45

 

 

4.2.2. L'ιlectricitι; outil de dιveloppement………………………………………….

45

 

 

4.2.3. Postes et tιlιcommunications…………………………………………………

46

 

 

4.2.4. Protιger le capital naturel……………………………………………………..

48

 

 

4.2.5. Amιliorer le domaine social……………………………………………………………..

48

 

 

 

4.2.5.1. Amιlioration de capacitιs humaines …  ………………………………….

49

 

 

 

4.2.4.2. Domaine sanitaire …………………………………………………………

50

 

 

 

4.2.4.3. Planning familial…………………………………………………………..

50

 

 

4.2.6. Assurer la paix et la sιcuritι…………………………………………………..

51

 

 

4.2.7. Bonne gouvernance et dιveloppement ιconomique aux Comores……………

51

 

4.3. Moyens financiers mis en œuvre…………………………………………………..

52

 

 

4.3.1. Evaluation des flux d'ιpargne disponible……………………………………...

52

 

 

 

4.3.1.1. Mobilisation de l'ιpargne interne………………………………………….

52

 

 

 

4.3.1.2. Evaluation de transferts de fonds………………………………………….

52

 

 

4.3.2. Politique Budgιtaire et lutte contre la pauvretι……………………………….

53

 

 

4.3.3. Allιgement de la dette ……………………...…………………………………

53

Conclusion……...……………………………………………………………………………………..

55

Annexes……..…………………………………………………………………………………………

55

Bibliographie gιnιrale………………………………………………………………………………

61

DEDICACE

Ce travail est dιdiι ΰ :
-         Dieu Allah le tout puissant de m’avoir crιe et me donnι le courage et la chance de terminer le deuxiθme cycle universitaire.
-         Notre cher pθre feu Ibrahim Ahamada, que ce mιmoire lui soit une priθre le conduisant au chemin droit.
-         Notre chθre mθre Madame Ladhati Issa pour son ιducation et son amour.
-         Notre chθre maξtresse d’ιcole coranique Mme. Andhoimati Mikidad
-         Nos frθres et sœurs ;

M. Mohamed Chami Ahamed
Mme. Chamsia Ahamed
M. Aboubacar Ahamed
Mme. Mariama Ibrahim

M. Youssouf Ibrahim
M. Mahamoud Ibrahim
M. Dahalane Ibrahim
M. Abdoul-Razak Ibrahim

-         Nos cousins et cousines, mes niθces et neveux ;
-         Parents d’accueil en Guinιe Mme Nιnι Fatoumata BAH, Mr. DIALLO Younoussa et Mme. Nιnι Oumou BARRY ;
-         Enfin ΰ toute la premiθre promotion de Droit, Economie et Gestion de l’Universitι Kofi Annan de Guinιe.

Sigles et Abrιviations 

AFD :

Agence Franηaise de Dιveloppement

AMIE :

Appui ΰ la Micro Entreprise

BCC :

Banque Centrale des Comores

BDC :

Banque de Dιveloppement des Comores

BEAC :

Banque Centrale des Etats d'Afrique Centrale

BECEAO :

Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest

BIAO :

Banque Internationale pour l'Afrique de l'Ouest

BIC :

Banque pour l'Industrie et le Commerce

BIT :

Bureau International de Travail

BNP :

Banque Nationale de Paris

CCIAC :

Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture des Comores

CEEC :

Compagnie d’Eau et Electricitι des Comores

CEMAC :

Communautι Economique  et Monιtaire de l'Afrique Centrale

CFA :

Communautι Financiθre Africaine

CNE :

Caisse Nationale d'Epargne

COI :

Commission de l'Ocιan Indien

COMESA :

Marchι Commun des Etats d'Afrique de l’Est et Australe

DID :

Dιveloppement International Desjardins

DSCRP:   

Document Stratιgique de Croissance et de Rιduction de la Pauvretι

EEDC :

Electricitι et Eau Des Comores

FADC:   

Fonds d'Appui au Dιveloppement Communautaire

FARSP :

Fonds d'Assistance au Secteur Privι

FC :

Francs Comoriens

FIDA: 

Fonds International de Dιveloppement Agricole

FMI :

Fonds Monιtaire International

FNG :

Fonds National de Garantie

FNUAP :

Fonds des Nations Unies pour la Population  

FRF :

Francs Franηais

IDH :

Indicateur de Dιveloppement Humain

INSEE :

Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques

ONG :

Organisation Non Gouvernementale

ONU :

Organisation des Nations Unies

OUA :

Organisation de l'Unitι Africaine

PAS :

Programme d'Ajustement Structurel

PIB :

Produit Intιrieur Brut

PME :

Petites et Moyennes Entreprises

PNAC :

Pharmacie Nationale des Comores

PNB :

Produit National Brut

PNUD :    

Programme de Nations Unies pour le Dιveloppement

PPTE :

Pays Pauvres Trθs Endettιs

RFIC :

Rιpublique Fιdιrale Islamique des Comores

SARL :

Sociιtι ΰ Responsabilitι Limitιe

SCH :

Sociιtι Comorienne des Hydrocarbures

SNPT :

Sociιtι Nationale des Postes et des Tιlιcommunications

SOCOPOTRAM :

Sociιtι Comorienne des Ports et des Transports Maritimes

UEMOA :

Union Economique Monιtaire Ouest Africaine

USD :

Dollars Amιricain

AVANT PROPOS

Ce travail de mιmoire est destinι non seulement aux ιtudiants de pays en dιveloppement en gιnιral, mais aussi et surtout ΰ ceux de la Guinιe et des Ξles Comores en particulier, et enfin aux  autoritιs comoriennes.

Tous les pays du monde ont un seul mot d’ordre : amιliorer le bien-κtre de la population et rιduire au maximum les inιgalitιs sociales.

Il est nιcessaire de remarquer que la plupart des pays indιpendants du Tiers monde n’ont pas rιussi ΰ amorcer jusqu’ΰ prιsent leur dιveloppement ιconomique, malgrι les importantes aides reηues de la part de la communautι internationale. C’est cette optique qui nous a guidι et qui explique le choix du sujet.

Ce prιsent mιmoire se compose de II parties dont IV chapitres, se propose d’ιtudier la pauvretι aux Comores, un archipel de l’Ocιan Indien.

Nous remercions vivement tous ceux qui ont participι ΰ sa rιalisation :
-         Notre dιvouι directeur de mιmoire Dr. BAYO Abdoul-Karim pour sa contribution incontestable sur le fond et la forme de ce mιmoire, en qualitι de directeur du thθme.
-         A notre cher grand frθre M. Mouhamed CHAMI Ahmed, merci pour tous ceux que vous nous avez fait pour notre rιussite. Les mots nous manquent pour exprimer notre profonde gratitude.
-         A notre chθre future ιpouse Mlle BARRY Fatoumata Lamarana diplτmιe de maξtrise en gestion Universitι Kofi Annan, pour son soutien moral, matιriel et financier qui nous a toujours tιmoignι durant tout notre cycle universitaire.
-         A nos amis fidθles Ali M’Kouboi Ali, Adallah Hadji Achirafi et Ben-Omar Attoumane Tara pour leur disponibilitι.
-         A nos collaborateurs Dr Makanera Al-Hassan Doyen de la Facultι de Droit ΰ l’Universitι Kofi Annan et Dr. DIALLO Thierno Ibrahima Professeur de Statistique ΰ l’Universitι Kofi Annan et Directeur Technique ΰ l’UGAR, pour leur franche collaboration.
-         A l’ιquipe de la comptabilitι de l’EDG pour leur disponibilitι et ouverture d’esprit.
-         A nos frθres et sœurs comoriens en Guinιe et au peuple guinιen.
-         Enfin ΰ tous ceux qui de prθs ou de loin ont contribuι ΰ notre formation.
Puisse ce mιmoire aider ΰ inspirer nos lecteurs ΰ prendre les meilleures dιcisions de lutte contre la pauvretι ΰ chaque instant et en toutes circonstances. 

                                                                      Le Candidat

INTRODUCTION

Les Comores sont un archipel peu ιtendu, constituι de  quatre (4) ξles volcaniques occupant une superficie de quelques 2236 km², situιes au sud-ouest de l’Ocιan Indien, ΰ l’entrιe du canal de Mozambique entre la cτte Est-africaine et le nord-ouest de Madagascar.

Selon les estimations actuelles, la population du pays est de 652000 habitants. Les Comores sont membre de la commission de l’Ocιan indien (COI), de la zone monιtaire (Zone franc), de la zone d’ιchanges prιfιrentiels groupant des Etats de l’Afrique Australe et de l’Ocιan indien (Le marchι commun des Etats d’Afrique de l’Est et Australe COMESA).

Dιpourvues de richesses naturelles particuliθres (Or, pιtrole, bauxite, aluminium…) et surpeuplιes (densitι moyenne de 306 habitants par Km2 en 2002), les Comores font partie des pays les moins avancιs avec un PIB par tκte infιrieur ΰ 500$ (le PIB par tκte est de 371$ estimation de 2002). La croissance ιconomique ιtait de 2,5% du PIB en  2002[1].

Les ξles sont : Grande-Comore, Mohιli, Anjouan et Mayotte (Mayotte est encore sous l’administration franηaise).

Le climat de l’archipel des Comores est de type tropical humide avec :
-         une saison chaude et humide de novembre-mai ;
-        
une saison fraξche et sθche de juin en octobre.
La tempιrature moyenne est de 25°C.

Les ξles de la lune (Djazδr Al Qamar) pour les gιographes arabes du Moyen Age, les Comores avant le XV θme siθcle ont ιtι habitιes par des animistes bantous venant d’Afrique de l’Est. Entre XV θme et XIX θme siθcle, l’archipel est ιmergι en une multitude de sultanats fortement marquιs par une civilisation arabo-persique (instauration de l’Islam).

A la fin de XIX θme siθcle, les Comores sont passιes sous le rιgime de protectorat franηais, en 1822 la France affirme sa prιsence aux Comores (annexion de l’Ξle de Mayotte). Elles sont proclamιes colonie franηaise en 1912 et rattachιes au gouvernement de Madagascar en 1914. En 1956, l’archipel, sιparι de Madagascar, devient territoire d’Outre-Mer. Il obtient en 1961 une autonomie interne.

Les Comores accθdent ΰ l’indιpendance le 6 juillet 1975, dirigιes par le Prιsident Ahamed Abdallah Abderhmane, ΰ l’exception de l’ξle de Mayotte qui demeure dans la Rιpublique franηaise en tant que collectivitι territoriale ΰ statut particulier. La Rιpublique Fιdιrale Islamique des Comores fut instituιe en 1978.

Ainsi se sont succιdιs ΰ la tκte de l’Etat, Ahamed Abdallah le 6 juillet 1975, Ali Soilihi le 3 aoϋt  1975, Ahamed Abdallah 21 mai 1978, Saοd Mohamed Djohar en 1989, Mohamed TAKI  en 1995, Azali Assoumani en 1998. Depuis 1975, les Comores ont toujours ιtι en rupture constitutionnelle et toutes les tentatives de reformes auraient ιchouι. Des textes constitutionnels taillιs ΰ l’image de leurs acteurs qualifiιs  d’incapables, sont en permanence violιs par celui qui est aux commandes de l’Etat.

En  1997, avθnement d’une crise sιparatiste, Anjouan souhaite d’abord retourner ΰ la France avant de vouloir son autonomie. Un accord de rιconciliation a ιtι signι le 17 fιvrier 2001 entre les diffιrentes parties et crιant de nouvelles Comores portant le nom de l’UNION DES COMORES consacrant ΰ la fois l’unitι, l’intιgritι et une large autonomie aux ξles.

Depuis l’indιpendance, les Comores ont toujours  ιtι tributaires de l’aide au dιveloppement sur le plan bilatιral et multilatιral. Au cτtι, les subventions non remboursables de la part de la communautι internationale ΰ l’Etat comorien reprιsentent prθs de la moitiι des recettes de l’Etat (voir annexes). Cependant, cette aide n’a pas ιtι utilisιe ΰ bon escient et n’a pas contribuι au dιveloppement socioιconomique du pays. Bien au contraire, l’endettement s’est accru et s’ιlθve de nos jours ΰ plus de 100 millions de dollars[2] (soit 100 milliards de francs comoriens FC) c’est-ΰ-dire un montant presque ιgal au PIB.

Cependant, la population s’appauvrit de jour en jour, si l’on se rιfθre ΰ l’ιvolution du PIB rιel par tκte d’habitant. Celui-ci continu de baisser de faηon rιguliθre depuis 1985 de l’ordre de 1 ΰ 2% par an et se situe, aujourd’hui au prθs de 26% de son niveau de 1985, ce qui a ramenι le niveau de vie de la population ΰ un niveau ιquivalent ΰ celui de 1975 c’est-ΰ-dire au moment de l’indιpendance.

Malgrι une importante aide de l’ordre de 100$[3] en moyenne par habitant et par an sur la pιriode 1980-1999, la croissance ιconomique est restιe sensiblement en deηΰ de l’accroissement de la population (1,2% contre 2,7% par an). Une situation qui se traduit, au niveau micro-ιconomique, par une montιe rιguliθre de la pauvretι.

Selon une enquκte rιalisιe par le gouvernement comorien et le Programme des Nations Unies pour le Dιveloppement (PNUD) sur la consommation des mιnages de 1995, les rιsultats de l’ιtude confirment cette dιtιrioration du niveau de vie et l’on estime ΰ 51% le nombre des personnes vivant en dessous du seuil de pauvretι[4].

La pauvretι est devenue une prιoccupation trθs importante aux Comores, en plus des dimensions macro-ιconomiques et du maintien des ιquilibres budgιtaires puisqu’elle est en partie la genθse des turbulences d’ordre politique et des crises sιparatistes qui remettent en cause les fondements de la nation depuis 1997.

C’est ce qui nous conduit ΰ nous poser les questions suivantes : Quelles sont les causes de la pauvretι ? Quelles sont les mesures de lutte contre la pauvretι aux Comores ?

Dans le souci d’apporter notre modeste contribution ΰ la lutte contre la pauvretι et ΰ un dιveloppement durable du pays, nous prιsentons notre plan en deux parties. La premiθre partie portera sur le profil et les causes de la pauvretι et la deuxiθme partie traitera les mesures de lutte contre la pauvretι aux Comores.

 

Premiθre  partie : 

PROFIL ET CAUSES  DE LA PAUVRETE

CHAPITRE 1 :  PROFIL DE LA PAUVRETE

1.1. EVALUATION MONETAIRE DE LA PAUVRETE

Aux Comores, la premiθre enquκte rιalisιe  auprθs des mιnages date de 1966 par l’INSEE, puis en 1980 et 1991. Ces ιtudes n’ont pas permis de dιterminer avec certitude le seuil de la pauvretι.

C’est en 1995, sur un financement du gouvernement comorien ΰ travers un prκt du MERCAP (Macro-Economic Reform and Capacity Building Adjustment Program) de la Banque Mondiale et avec l’assistance du PNUD, qu’une enquκte exploratoire dite budget-consommation a ιtι rιalisιe sur les trois ξles de l’archipel formant la Rιpublique Fιdιrale Islamique des Comores.

La question essentielle ιtait de savoir comment mettre en place un certain nombre de rιformes dans des conditions difficiles et en mκme temps empκcher une nouvelle dιgradation de la pauvretι.

1.1.1.      La mιthode de collecte des donnιes

L’enquκte par sondage “ budget - consommation ” rιalisιe en 1995 a portι sur un ιchantillon de plus de 2000 mιnages sιlectionnιs. Trois strates ont ιtι retenues : la capitale Moroni, les autres villes et le milieu rural. Sur la base de ces critθres, 996 mιnages ont ιtι sιlectionnιs en Grande-Comore, 864 ΰ Anjouan et 144 ΰ Mohιli, ce qui a conduit ΰ un ιchantillon de 2004 mιnages. L’enquκte ιtait constituιe de 900 questions basιes sur le niveau de vie des mιnages (voir annexes).

1.1.2.      Elaboration du profil de pauvretι 

Le calcul est fait ΰ partir du seuil de survie alimentaire, dιterminι par l’achat de 2400 calories de riz par personne soit 343 FC par jour et d'un supplιment des besoins essentiels estimι en moyenne ΰ 25% de la dιpense totale qui est, le seuil de survie non alimentaire.

L’on a obtenu qu’il faut un minimum de 457 Francs comoriens (FC) soit un peu plus de 1$ USD pour subvenir aux besoins d’un adulte par jour soit 167.000 francs comoriens (FC) par an, l'ιquivalent de 446 $ USD comme seuil de pauvretι absolue. Ainsi, l’analyse de la consommation totale par habitant montre que 36.700 mιnages reprιsentant 254.000 personnes (soit environ 50,6% de la population) ont une consommation infιrieure au seuil de pauvretι absolue.

Tableau 1 : Classement de niveau de vie par consommation

Catιgories de mιnages
Niveau moyen de dιpenses de consommation en FC/an

Les plus riches

337.859

Les riches

204.557

Les personnes ΰ revenus moyens

153.105

Les pauvres

101.178

Les plus pauvres

  51.198

Source : PNUD et Gouvernement comorien “ Dιveloppement Humain Durable et Elimination de la Pauvretι Elιments pour une stratιgie Nationale ”, 1997, Editions Frison Roche, Paris

Le classement des mιnages en catιgories socio-ιconomiques homogθnes selon une rιpartition par cinq groupes et par ordre dιcroissant de dιpenses de consommation (tableau 1) permet de connaξtre l’ιcart de niveau de vie entre riches et pauvres. Ainsi en considιrant le dernier groupe comme ιtant le seuil de pauvretι relative caractιrisant les 20% des mιnages les plus pauvres, l'on observe que le niveau moyen de consommation des comoriens les plus riches est six fois plus ιlevι que celui des 20% les plus pauvres. Nous pouvons dire que la plus grande partie du patrimoine appartient aux mains d'un petit nombre de familles.

1.2.  IDENTIFICATION  GEOGRAPHIQUE DES PAUVRES

La pauvretι est prιsente, ΰ des degrιs divers, dans toutes les ξles (tableau 2) et d'une maniθre trθs contrastιe d'un milieu ΰ un autre. Elle sιvit plus particuliθrement dans le milieu rural avec une incidence de prθs de 55% oω les mιnages, sont gιnιralement tributaires d'une seule activitι (agriculture).

Nιanmoins, la pauvretι affecte moins les mιnages qui se consacrent ΰ la polyculture, ΰ l'ιlevage, ΰ la pκche et aux activitιs de commercialisation. Les paysans sans terre ou les mιtayers reprιsentant 20% des mιnages selon le recensement de 1991, forment la couche de la population la plus vulnιrable des Comores. Ils se trouvent principalement ΰ Anjouan et parmi les immigrants installιs ΰ l’ξle de Mohιli.

Tableau 2 : Incidence de la pauvretι sur la population

 

Moroni

Milieu urbain

Milieu rural

Ensemble

Grande Comore

incidence

10,9%

38,6%

46,1%

41,1%

Nombre de pauvres

3 713

4 068

97 920

105 701

Population

34 168

10 546

212 471

257 185

Anjouan

Incidence

 

51,1%

67,3%

62,1%

Nombre de pauvres

 

33 931

95 234

129 165

Population

 

66 400

141 528

207 928

Mohιli

Incidence

 

32,9%

59,1%

52%

Nombre de pauvres

 

3279

15 958

19237

Population

 

9 954

27 018

369 722

RFIC

Incidence

10,9%

47,5%

54,8 %

50,6%

Nombre de pauvres

3 713

41 278

209 112

254 103

Population

34 168

86 900

381 017

502 085

Source : Dιveloppement humain durable et ιlimination de la pauvretι : ιlιments pour une stratιgie nationale, 1997, PNUD, Moroni.

L’incidence de la pauvretι est reprιsentιe par le pourcentage (%) de pauvres dans la population de la case correspondante et par le nombre absolu de pauvres au seuil de pauvretι de 167.000 FC par an. L’effectif de la population cible est de 502.085 habitants (donnιes d’aoϋt 1995).

Anjouan, avec une population estimιe ΰ 237.328 habitants en 2002 et une densitι de 559,7hab/km2, est l'Ξle la plus pauvre avec un faible niveau de dιveloppement humain. Elle se caractιrise par une forte densitι de la population, une forte incidence de la pauvretι et un taux de fιconditι ιlevι.

Ces observations sont confirmιes par des enquκtes localisιes qui ont ιgalement mis en ιvidence un taux ιlevι de malnutrition chez les enfants[5]. Les problθmes environnementaux sont particuliθrement sιvθres par suite d’ιrosion des bassins versants en plus des problθmes d’alimentation en eau potable.

Grande-Comore, avec prθs de 290140 habitants (252,7hab/km2) est l’Ξle la plus riche. Elle bιnιficie plus de l’appui du secteur public, des secteurs formels et non formels. Les transferts de fonds de la forte communautι ιmigrιe rιsidant en France principalement contribuent ΰ l’enrichissement de cette partie de l’archipel[6].

Mohιli, peuplιe de 30644 habitants (105,6hab/km2), possθde des avoirs ruraux et fonciers par habitant les plus ιlevιs. Elle reηoit plus un flux migratoire important en provenance des autres ξles (Grande-Comore et Anjouan).

Ces diffιrences de niveau de dιveloppement humain se confirment ιgalement par les indicateurs socio-ιconomiques sιlectionnιs par ξles (tableau 3).

Tableau 3 : Donnιes ιconomiques et sociales

Elιments

Grande-Comore

Anjouan

Mohιli

Comores

Densitι hab/km2 (2001)

252,7

559,7

105,6

306

Production d’ιnergie ιlectrique Mkwh  (2002)

26,41

1,52

0,5

28,43

Terres cultivιes par rapport au potentiel (%) 2002

 

70

 

90 

 

70

 

76,6

Rιpartition des terres cultivables par habitant (hectare)

0,38

0,25

 

1

0,54

Santι

Taux de mortalitι infantile (‰) 2001

 

 

 

 

84

Espιrance de vie  (2001)

 

 

 

 

59

Accθs ΰ l'eau potable (%) 1998

43

81,5

71

65,16

Nombre d'habitants/ lit d'hτpital (1991)

557

513

280

450

Education

Taux de scolarisation (%) 2002

-

-

-

60

Taux d'alphabιtisation (%) 2001

68,7

42,23

86,8

65,91

Taux brut de scolarisation primaire (%) 1999

99,6

70,6

99,9

90

(%) des jeunes filles dans l'enseignement primaire 1995

47

45

46

46

Travail

Population active (%) 1997

27

29

28

28

Dιveloppement

Indice de dιveloppement humain (%) 2001

0,519

0,369

0,426

0,438

Taux d’accroissement annuel de la population (%) 2002

2,2

3

3,6

2,7

Taux de pauvretι (consommation<446$) 1995

41

62,1

52

50,6

Rιpartition pauvretι :

- en milieu rural (%)

46,1

67,3

59,1

54,8

- en milieu urbain (%)

38,6

51,1

32,9

47,5

Source:  Recensement 1991, Gouvernement des Comores ; Statistique du, MinIstθre de l'ιducation, 1996,  Projet FNUAP/BIT/COI/95/p02/UPP – aoϋt 1997, Banque mondiale 2001 et Profil Environnement de l’Union des Comores 2002.

Ces indicateurs du tableau 3 confirment les disparitιs socio-ιconomiques inter-ξles en plus des indicateurs de base permettant de cerner la pauvretι. L'indicateur de dιveloppement humain (IDH) calculι et publiι dans les rapports annuels du PNUD, traduit un faible niveau de dιveloppement humain et classe en 2001 les Comores au 124θme rang mondial sur un classement de 162[7] pays. Les donnιes du tableau 3 montrent la disparitι des diffιrents niveaux de dιveloppement humain entre les Ξles et confirment ΰ nouveau le dιcalage entre Anjouan et les deux autres Ξles.

Ces indicateurs de la pauvretι, bien qu'elles mettent en valeur une dimension importante de la pauvretι, ne suffisent pas pour avoir la mesure exacte de celle-ci dans toutes ses dimensions aux Comores. On peut affirmer avec certitude qu’ΰ partir de l'ιvaluation monιtaire de la pauvretι et de la faiblesse du revenu par habitant, que le phιnomθne de pauvretι est de plus en plus aigu aux Comores. D’un autre cτtι, il ressort de l'ιvaluation qualitative que les manifestations extrκmes de pauvretι (sans-abri, famine) sont trθs rares. Cela est dϋ ΰ la forte cohιsion sociale.

1.3. COUVERTURE SOCIALE ET FILET TRADITIONNEL DE SECURITE

L’aboutissement des analyses prιcιdentes conduit ΰ intιgrer la structure sociale dans l'ιvaluation de la pauvretι telle qu’elle se pose aujourd’hui. En effet, un certain nombre d'ιlιments se conjuguent au sein de la sociιtι comorienne pour protιger les plus pauvres et les plus vulnιrables de ses membres. Nous avons :

-         La Famille : ιtant donnι le mode d'hιritage matrilinιaire et les responsabilitιs assumιes par les femmes, la protection du bien κtre de la famille incombe ΰ ces derniθres. Les membres de la famille en situation de besoin ont le droit de demander secours ΰ leurs parents qui sont obligιs d’y rιpondre ; un systθme particuliθrement efficace pour protιger les mθres cιlibataires et d’une maniθre gιnιrale les femmes non mariιes en situation d'extrκme pauvretι.

-         Le village : des liens ιtroits existent, soutenus par les institutions religieuses. Ici les rτles familiaux traditionnels et l'interdιpendance habituelle aux communautιs sont de rigueur. Ces liens se resserrent surtout entre les membres du village ΰ l'ιtranger ; et les envois de fonds constituent une source trθs importante d’investissement et de sιcuritι alimentaire. Ces fonds sont destinιs non seulement ΰ la famille de l'ιmigrι, mais souvent aussi ΰ la collectivitι villageoise (associations religieuses et comitι de dιveloppement religieux).

Le systθme de valeurs traditionnelles aux Comores constitue, un filet de sιcuritι traditionnel pour protιger les plus pauvres.

CHAPITRE 2 : CAUSES DE LA PAUVRETE

Les causes de la montιe de la pauvretι aux Comores sont de trois ordres au moins.

La premiθre, est structurelle et de long terme, rιsulte de la faiblesse de la production intιrieure, liιe ΰ la stratιgie de dιveloppement adoptιe depuis l'indιpendance.

La deuxiθme est socio-politique (explosion dιmographique, influence de la tradition, instabilitι politique, etc.).

La troisiθme est de nature conjoncturelle, elle provient de phιnomθnes exogθnes comme la chute du cours des produits d’exportation, des mesures d’ajustement interne comme la rιforme administrative mais surtout de la dιvaluation du franc comorien par rapport au franc franηais de 1994, qui a entraξnι une baisse du niveau du revenu relatif de ceux qui n’ont aucun lien avec l’extιrieur, soit par l'exportation ou par les transferts de fonds importants de la diaspora comorienne.

2.1. FAIBLESSE GLOBALE DE L’ECONOMIE

Les Comores ont ιtι inscrites en 1976 sur la liste des pays les moins avancιs devant bιnιficier en prioritι de l’assistance du systθme des Nations Unies[8]. En effet, dιpourvu de richesses miniθres, pιnalisι par une inflation dιmographique excessive, l’archipel est sιrieusement handicapι par l’isolement (les communications ιtant difficiles, donc coϋteuses entre les ξles mais aussi avec le reste du monde).

Source : Agenda des Comores 2002

2.1.1. BAISSE DU PIB REEL PAR HABITANT

Le PIB rιel par tκte est infιrieur ΰ 500$. Prθs de 40% du PIB proviennent de l’agriculture, alors que le secteur industriel qui comporte pourtant la transformation des produits agricoles ne dιpasse pas 11% ; le commerce et le transport qui regroupent prθs de 15% de la population active reprιsentent 49% du PIB. Compte tenu des aides extιrieures, des envois de fonds par les comoriens travaillant ΰ l’ιtranger, le produit national brut (PNB) est sans doute un peu plus ιlevι par rapport au PIB.

Depuis 1985, l’accroissement de la richesse globale des Comores exprimιe par le montant du PIB demeure trop faible pour rιpondre ΰ l’augmentation de la population en croissance rιguliθre. La croissance moyenne du PIB est estimιe ΰ 5,3% par an. Cependant, en termes rιels, pour tenir compte d’une inflation moyenne de 4%, ιtant donnι que le taux d’accroissement de la population est de prθs 3% par an, cela reprιsente une baisse rιguliθre du PIB rιel par tκte de 1 ΰ 2% par an.

Les thιories du sous-dιveloppement distinguent souvent un secteur traditionnel et un secteur moderne. La cassure entre ces deux ιconomies est particuliθrement nette aux Comores, mais le secteur moderne semble κtre surtout caractιrisι par son obsolescence.       

2.1.2. LA PRECARITE DE L’AGRICULTURE

Elle occupe la plus grande majoritι de la population active c’est-ΰ-dire qu’elle emploie 80%, mais elle reste peu productive car elle ne contribue qu’ΰ 40% du Produit Intιrieur Brut (PIB). L’agriculture reste, en effet, trθs primitive ; les paysans utilisent encore souvent le croc (mbaya)[9], outil prιhistorique. L’usage d’outils plus commodes (binettes, houes) ne se dιveloppe que depuis quelques annιes.

Cette agriculture, surtout pratiquιe dans les zones proches des villes, est encore freinιe par un mιtayage qui n’ιmerge que lentement de l’esclavage (le mιtayer ne reηoit pas toujours une part dιfinie de la rιcolte, son maξtre ne lui laissant que ce qu’il juge nιcessaire ΰ sa subsistance).

Dans les hauts plateaux, les paysans sont souvent propriιtaires de leurs parcelles. Mais celles-ci sont frιquemment ιparpillιes ΰ une grande distance les unes des autres et leur superficie totale dιpasse rarement un hectare.

Ce secteur prιsente une structure dualiste : une production destinιe ΰ l’exportation c’est-ΰ-dire produit de rente et une agriculture de subsistance (production vivriθre).

2.1.2.1. Produits d’exportation 

La production destinιe ΰ l’exportation est limitιe ΰ un petit nombre de cultures de spιculation. Les principaux produits d’exportations sont : la Vanille, le Girofle et l’Ylang-Ylang.

§         La Vanille 

Elle est d’origine mexicaine, les Aztθques l’appelaient « TLILXOCIL » (fleur noire), par allusion ΰ sa couleur du fruit sιchι. La gousse de vanille est le fruit d’une orchidιe. Sur 20.000 variιtιs d’orchidιes existantes, la vanille est la seule ΰ produire un fruit comestible[10]. Elle sert ΰ aromatiser les chocolats, les boissons, du tabac, des parfums, des crθmes et toutes sortes de cuisines.

Cependant, ce n’est qu’au dιbut de XIXθme siθcle que le vannier a ιtι importι en Europe pour y κtre cultivι, puis voyage de l’Europe pour l’Ocιan Indien.

Aujourd’hui, l’archipel est le deuxiθme exportateur mondial derriθre l’ξle voisine, Madagascar. La culture et la commercialisation de ce produit rythment, dans une large mesure, la vie ιconomique du pays. Aujourd’hui, la vanille se heurte ΰ plusieurs concurrents, notamment l’ξle de Madagascar et l’Indonιsie. Cette concurrence est manifestιe suite au remplacement de la vanille de synthθse qui coϋte beaucoup moins cher.

En terme de production, les donnιes s’ιtablissent  ΰ 130 tonnes en 1996, 150 tonnes  en 1997 et 180 tonnes en 1998. Le vieillissement des lianes, leur non-renouvellement consιcutif ΰ cause de la baisse tendancielle du prix d’achat au producteur, sur le marchι mondial, auraient entraξnι une baisse de la production jusqu’ΰ 134 tonnes en 1999. Ce flιchissement de la production se confirme en tendance ΰ la baisse pour l’annιe 2000 puisque la barre de 130 tonnes n’a pas pu κtre affranchie. Et ce malgrι la reprise des cours ΰ la suite des catastrophes naturelles qui ont secouι Madagascar qu’a ravagι prθs de 40% de culture de ce pays concurrent.


 
Source : Agenda des Comores 2002 : ECONOMIE : Produits d’Exportation : la Vanille.

§         Ylang-ylang 

Traduit comme fleur des fleurs en langue malaise, l’ylang-ylang  est un arbre tropical ΰ fleur mauve ou jaune, atteignant jusqu’ΰ 25 pieds. Il est originaire des ξles de l’Ocιan Indien (Madagascar, Comores, la Rιunion et Indonιsie.).

Trθs longtemps, les Philippins avaient l’habitude d’utiliser les fleurs pour faire une pommade qu’ils massaient sur leur corps pour ιcarter des maladies pendant la saison des pluies, et surtout un anti-venin pour les patients mordus par un serpent.

Aux Comores, pendant les mariages, les femmes utilisaient les fleurs pour dιcorer leur tκte, mais ces fleurs ιtaient surtout rependues sur le lit du couple comme aphrodisiaque.

Aujourd’hui ce produit est utilisι dans beaucoup de domaines notamment ΰ la pharmacie dans le cadre de :

-         traitement des difficultιs sexuelles et des problθmes digestifs ;

-         soulagement des muscles tendus et les palpitations ;

-         traitement de malaria et d’autres fiθvres tropicales ;

-         antidιpresseur ;

-         de la beautι (crθme de la peau et tonique des cheveux).

On utilise ιgalement la fleur ΰ la parfumerie pour fabriquer des  parfums de luxe, mais aussi ΰ la savonnerie. 

Les Comores se placent au premier rang mondial pour la production d’ylang-ylang devant Madagascar et les ξles de l’Ocιanie. Cependant, le dιveloppement de la production est freinι par le vieillissement des plantations qui datent de la colonisation.

La production est essentiellement rιalisιe sur l’Ξle d’Anjouan. La crise sιparatiste au niveau de cette Ξle a freinι les exportations en 1999, puisque le cordon douanier n’a enregistrι que 10 tonnes ΰ l’exportation.

    
Source : Agenda des Comores 2002 : ECONOMIE,  Produits d’Exportation, L’Ylang-ylang.

 

§         Le Girofle 

Bouton dessιchι des fleurs de giroflier dit aussi « clou de girofle » utilisι comme condiment. Le giroflier est un arbre d’origine indonιsienne ΰ feuillage persistant, pouvant atteindre 12 ΰ 15 mθtres de hauteur. Les clous de girofle servent d’aromates dans l’alimentation d’un grand nombre de pays. On cultive ιgalement le giroflier pour ses feuilles dont on extrait une essence trθs riche en eugιnol. Ce dernier sert ΰ fabriquer de la vanille artificielle.

Les essences de clous, de feuilles et des branches du giroflier servent ιgalement en pharmacie pour la prιparation de divers mιdicaments, en parfumerie, en savonnerie, la prιparation de dentifrices, prιparation de certaines peintures et de vernis, en chirurgie (propriιtιs bactιricides et anesthιsiant), en droguerie etc.

Cependant, la rιcolte de ce produit a une potentialitι de 2000 tonnes par an. Le marchι de Girofle est trθs instable ΰ cause de ses multiples concurrents de l’Ocιan Indien, notamment  l’archipel de l’Indonιsie, la grande  Ξle malgache et l’Ξle de la Rιunion.

La baisse tendancielle du prix d’achat au producteur a entraξnι une baisse de production ; et les paysans ont ιtι contraints d’abandonner cette production en faveur d’autres productions plus rentables. Le prix, aprθs avoir ιtι sur l’intervalle de 150 ΰ 250 FC le kilogramme soit une valeur de 2 ΰ 3,33 francs franηais avant l’annιe 1997 a atteint des sommets de flambιe de 1750 FC ΰ 2000 FC le kilogramme, en faveur de la baisse de la production indonιsienne suite ΰ un incendie qui a ravagι toutes les plantations de girofliers en l’an 2002. 

§         Autres produits d’exportation 

Par suite de l’effondrement des cours de l’huile de coprah, trθs concurrencιe par les huiles palmistes, les exportations ont pratiquement cessι. Les exportations des autres « essences » aromatiques (basilique, jasmin et la rose) ont poursuivi leur ιvolution ΰ la baisse par suite de la concurrence des producteurs asiatiques (Thaοlande, Vietnam, Indonιsie), mais surtout en raison des problθmes politiques consιcutifs et la crise sιparatiste des autres Ξles (Anjouan et Mohιli).

2.1.2.2. Les produits vivriers 

Pour la production vivriθre, bien qu’il y ait eu des progrθs, la quantitι produite reste trθs insuffisante pour nourrir l’ensemble de la population. Cette production est constituιe gιnιralement de la banane, manioc, fruit ΰ pin, des lιgumes, etc. la commercialisation des ces produits au sein des Ξles se heurte au manque d’ιquipement de conservation (hangars et d’autres lieux de stocks). Il est trθs difficile d’estimer cette production puisqu’elle est essentiellement auto-consommιe.

En raison de la pression de la demande intιrieure et de l’insuffisance de la production domestique, l’inflation  reste toujours ιlevιe, comme l’atteste la progression des indices de prix ΰ la consommation des farines (+12,8%) et des lιgumes (+31,6%)[11]. Aujourd’hui, l’Ξle d’Anjouan et la Grande-Comore importent de produits vivriers  de Madagascar.  

2.1.2.3. Pκche et ιlevage 

§         La pκche 

le pays dispose d’importantes ressources halieutiques estimιes ΰ 85.000 tonnes par an[12], mais la pκche, uniquement artisanale, n’est pratiquιe que sur une ιtroite bande cτtiθre, avec des petites pirogues ΰ balanηoires « N’galawa ».

Malgrι l’accroissement du nombre de pκcheurs et la motorisation des pirogues ces derniθres annιes, la production reste infιrieure aux besoins nationaux. L’absence d’ιquipements de  conservation, les dιlestages quotidiens, le pays se trouve en difficultι de commercialiser les produits de pκche. La production ne dιpasse guθre les 13.000[13] tonnes par an.

§         L’ιlevage 

Actuellement, la consommation annuelle de viande ne dιpasse pas 5 kilogrammes  par habitant et par an. Le manque de protιine touche une grande partie de la population. Ni les importations de viande ni la pκche ne sont en effet encore capables de combler cette carence.

Si les efforts de sensibilisation menιs en matiθre de santι animale ont ιtι couronnιs de succθs, la vulgarisation de pratiques d’ιlevage amιliorι n’a pas encore fourni de rιsultats significatifs. Le troupeau est estimι ΰ 43.200 bovins, 18.000 ovins et 113.000 caprins, 170.850 volailles[14] ; il se dιveloppe rιguliθrement mais reste, cependant trθs en dessous des besoins de l’archipel.

2.1.3. PARALYSIE DE L’INDUSTRIE

Le secteur manufacturier demeure handicapι par l’ιtroitesse du marchι intιrieur, ΰ laquelle s’ajoute le faible dιveloppement des communications maritimes et aιriennes, les pιnuries rιcurrente d’ιlectricitι et d’eau, la non-compιtitivitι des entreprises comoriennes due ΰ l’appartenance ΰ la Zone franc.

Les entreprises comoriennes ont une taille souvent trθs modeste et se consacrent essentiellement ΰ la transformation des cultures de rente (conditionnement de la vanille, distillation des plantes ΰ parfum) et au secteur du Bβtiment et Travaux Publics (concassage de lave, construction immobiliθre).

Le programme de privatisation n’a connu ces derniθres annιes, aucune avancιe, mκme si les objectifs annoncιs demeurent la privatisation des entreprises de distribution des produits pιtroliers SCH (Sociιtι Comorienne des Hydrocarbures) et de manutention portuaire SOCOPOTRAM (Sociιtι Comorienne de Transports Maritimes).

Le groupe Vivendi a renoncι, en dιcembre 2001, ΰ poursuivre l’exploitation de la Compagnie d’Eau et Electricitι des Comores (CEEC)  ΰ cause du non-respect par les autoritιs comoriennes des accords sur la privatisation[15].

2.1.4. SECTEUR TERTIAIRE

Ce secteur est caractιrisι par un petit commerce d’import-export. Ce dernier aurait des possibilitιs de se dιvelopper mais il bute sur la prιcaritι des moyens de communication entre les Ξles et  au sein des Ξles. On assiste pourtant, dans ce domaine ΰ la montιe spectaculaire d’un secteur informel, constituι des petites activitιs familiales et individuelles notamment :

-         vente de bijoux ;

-         produits alimentaires ;

-         produits artisanaux ;

-         vente d’habits ; etc. 

2.2.  CAUSES  SOCIO-POLITIQUES

2.2.1.  AUGMENTATION DE LA POPULATION

2.2.1.1.  Exiguοtι du pays par rapport ΰ la population

En 1866 un gιographe franηais A. GEVREY estimait la population des Comores ΰ 65 000 habitants. Les recensements de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) de 1966  donnent des chiffres de 246 000 habitants.

Aujourd’hui en l’an 2003 les estimations sont ΰ 652 000 habitants[16], ce qui signifie que la population a presque triplι sur 37 ans. Cet accroissement place les Comores parmi les pays ayant une des croissances dιmographiques les plus ιlevιes du monde.

La densitι moyenne est trθs ιlevιe (306hab/km2) et varie sensiblement d’une Ξle ΰ l’autre et ΰ l’intιrieur des Ξles : Grande-Comore 252,7hab/km2, Mohιli 105,6hab/km; Anjouan, avec 559,7hab/km2, est loin la plus densιment peuplιe. Dans certaines rιgions de l’Ξle, la densitι dιpasserait 1000hab/km2. Ces disparitιs qui semblent dιjΰ graves ΰ premiθre vue le sont encore plus si on compare les densitιs non pas par rapport ΰ la surface totale de l’ξle mais par rapport ΰ la surface agricole utile (terres cultivables et pβturages)[17].


Source : Agenda des Comores 2002- Les Comores, Superficie et Population.

Prθs de 80% des Comoriens vivent directement de l’agriculture et de la pκche et trouvent des difficultιs, car certaines terres considιrιes comme cultivables n’ont qu’un trθs faible rendement.

On peut considιrer que dans certaines rιgions (Nioumakιlι, Jimlimι) la surface rιellement cultivable va en diminution. C’est-ΰ-dire que l’accroissement dιmographique entraξne non seulement une rιduction des terres cultivables mais ιgalement une diminution de la production locale.

2.2.1.2.  Explosion dιmographique 

L’espιrance de vie ne dιpasse guθre 59 ans[18]. Aux Comores, la natalitι reste en effet trθs forte, mais aussi la mortalitι infantile est ιlevιe et pouvant atteindre plus de 84/1000[19]. La conjonction de cette forte natalitι et d’une mortalitι encore trθs ιlevιe explique la prιpondιrance des jeunes dans la population et l’allure trθs ιvasιe de la pyramide des βges, comme dans la plupart des pays du Tiers Monde.

Environ 44%  de cette population ont moins de 15 ans, plus de 50% moins de 20 ans[20]. C’est-ΰ-dire que la population active a ΰ sa charge plus de la moitiι de la population. De cette population active, une petite fraction seulement est salariιe.

 Figure 5

Source : Conscience comorienne 1999,  Donnιes de la crise, La pression dιmographique

Le taux d’accroissement de la population serait voisin de 2,7% par an (la population double son effectif tous les 26 ans). Cependant il est hors de doute que ce taux d’accroissement dιmographique reprιsente une charge insupportable pour l’ιconomie comorienne : les investissements nιcessaires chaque annιe, ne seraient-ce que pour maintenir le niveau de vie (hτpitaux, salles de classe, transport, ιnergie, crιations d’emplois, etc.) ne peuvent suivre cette progression.

 Figure 6


Source : Conscience comorienne 1999; Donnιes de la crise, L'exiguοtι du pays par rapport ΰ sa population.

2.2.2. L’IMPACT DE LA TRADITION SUR LA PAUVRETE

Il est bien de noter que l’influence dont la tradition confθre aux  « notables » est devenue virtuellement la seule voie d’accθs vers la prιιminence sociale et le pouvoir d’honneur aux Comores. Les coutumes rθglent la plupart des problθmes de la vie quotidienne autour d’une valeur fondamentale : le respect de l’honneur.

Au sein d’un mκme village, les jeunes enfants sont repartis dθs leur naissance en classes d’βges et parcourent les ιpreuves de la vie pour devenir peut κtre un jour des notables. Divers rites et cιrιmonies marquent les ιtapes pour permettre ΰ l’individu de trouver une place dans la sociιtι.

Le mariage coutumier ou le Grand mariage, regroupe les notables et toutes les classes d’βges, hommes et femmes au cours des cιrιmonies qui durent une dizaine de jours. Ces cιrιmonies se rιalisent suivant un ordre rituel (spectacle, danses et multiples festins). La famille du mariι y prιsente l’or, du bιtail, un trousseau ΰ la mariιe et rιgale tout le village, tandis que la mariιe apporte de son cτtι, la maison conjugale.

En terme ιconomique, le coϋt d’une telle fκte est trθs ιlevι ; en moyenne autour de 30 millions de FC et peut aller, dans certains cas jusqu’ΰ 80 millions FC. Les dιpenses recouvrent la dot sociale (autour de 2 millions FC) qui est remise ΰ la famille de la fille le dimanche, neuviθme jour du mariage ; le don des tissus (de 2 ΰ 3 millions). Le financement des danses, du spectacle du samedi soir tourne autour de 400.000 FC. Pour acquιrir l’argent permettant de financer ces festivitιs, le futur mariι doit travailler dur et ιpargner pendant plusieurs annιes.

On ignore le montant rιellement dιpensι au cours d’une annιe pour la rιalisation de toutes ces cιrιmonies qui concernent surtout l’Ξle de la Grande-Comore et, dans une moindre mesure, Mohιli et Anjouan.

Nιanmoins selon les informations officieuses on avance un montant de 5 ΰ 6 milliards FC par an, et cela sur toute l’ιtendue du territoire. Ces dιpenses coutumiθres (Grand mariage ou enterrement) sont souvent qualifiιes d’ostentatoires ; elles ont toujours ιtι critiquιes allant mκme jusqu’ΰ l’interdiction des cιrιmonies. Car une bonne partie de produits consommιs (bιtail, riz, sucre…) est importιe. Cela continue ΰ accroξtre le dιficit de la balance commerciale.

On peut cependant remarquer que, non seulement l’interdiction de cette pratique n’a jamais abouti, mais au contraire qu’elle  se renforce avec le besoin d’affirmation identitaire actuelle.

Si le Grand mariage est considιrι pour certains auteurs comme un instrument de redistribution du revenu, il est ιgalement sans doute un facteur d’appauvrissement car il dιtruit l’ιpargne des familles en limitant leur possibilitι d’investissement.

2.2.3. INSTABILITE POLITIQUE

Force est de constater que 22 coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat ont eu lieu en 28 ans d’indιpendance. L’Etat comorien est caractιrisι par une instabilitι politique quasi-permanente, et une gestion ιconomique et financiθre catastrophiques. Aucun des rιgimes qui se sont succιdιs aux Comores, n’a eu la chance de bιnιficier du temps nιcessaire pour  mettre en place une vιritable politique de dιveloppement. Cet ιchec de la gestion ιconomique et financiθre du pays se caractιrise notamment par : 

-         une croissance irrιguliθre et faible du PIB ;

-         une balance des paiements dιsιquilibrιe ;

-         un dιsιquilibre budgιtaire permanent ;

-         des investissements publics insuffisants ;

-         un chτmage trθs ιlevι qui frappe particuliθrement les jeunes ;

-         une accumulation des arriιrιs de salaires impayιs des fonctionnaires et difficultι de paiement de service de la dette ;

-         un pillage systιmatique des deniers publics et dιtournement de l’aide internationale ;

-         une augmentation de la pauvretι et des ιmeutes des populations des Ξles.

Cette instabilitι politique a eu pour rιsultat le retrait de certains bailleurs des fonds internationaux dans le financement de l’aide au dιveloppement, compte tenu du risque pays trθs ιlevι.

Consιquence de cela, la pauvretι s’accroξt de plus en plus et surtout sur Anjouan ; les bidonvilles font leur apparition dans la capitale Moroni et la jeunesse, face ΰ son avenir incertain.

C’est pour cela que la population de l’Ξle d’Anjouan a voulu se rattacher ΰ la France afin de bιnιficier un niveau de vie ιquivalent ΰ celui de l’Ξle  de Mayotte dont le niveau de vie est cinq fois plus que celui des Ξles de l’Union des Comores.

Alors que l’amιlioration des cours des produits d’exportation pourrait enfin permettre une amιlioration de la situation socio-ιconomique, les incertitudes institutionnelles et politiques qui demeurent, notamment sur les modalitιs du partage des compιtences entre l’Union et les Ξles, risquent de perturber encore gravement l’ιconomie comorienne.

2.2.4. LE POIDS DE L’UNION DES COMORES SUR L’ECONOMIE COMORIENNE

Il est nιcessaire de rappeler que  depuis l’indιpendance, les autoritιs centrales avaient nιgligι le dιveloppement de deux autres Ξles sœurs au profit de l’Ξle oω siθge le gouvernement (Grande-Comore). A Anjouan par exemple, la plupart des rιgions sont enclavιes (manque des infrastructures routiθres, ιlectricitι, tιlιphone ou mκme de l’eau potable).

Ces disparitιs entre les Ξles ont favorisι l’ιmergence des mouvements sιparatistes dans les annιes 90. Le pays a connu  les premiθres crises sιparatistes avec la sιcession de l’Ξle de Mohιli mais surtout celle d’Anjouan en 1997 qui voulait se retourner ΰ la colonisation pour se rattacher ΰ celle de Mayotte dont le niveau de vie est cinq fois supιrieur ΰ celui de l’Union des Comores.

Face ΰ cette situation douloureuse, des confιrences inter-ξles avaient regroupι toutes les parties comoriennes en vue de mettre fin ΰ la crise sιparatiste. Il s’agit notamment de la confιrence d’Addis-Abeba en Ethiopie du 13 dιcembre 1997 et celle d’Antananarivo dans la grande Ξle malgache le 13 dιcembre 1998[21] sous l’ιgide des observateurs internationaux : l’Organisation de l’Unitι Africaine (O.U.A), l’Organisation des Nations Unies (O.N.U) et la Ligue Arabe. Ces rencontres n’ont pas pu dιboucher sur une sortie de crise.

C’est ainsi que la Rιpublique Fιdιrale Islamique des Comores vivra trois annιes durant dans un conflit inter-ξles qui causa plusieurs pertes de vies humaines, des dιgβts matιriels considιrables et surtout paralysa l’ιconomie comorienne.

Il a fallu attendre la signature de l’accord-cadre de rιconciliation nationale dιnommιe « Accord de Fomboni » rιunissant d’une part le gouvernement comorien et d’autre part les diffιrentes parties des Ξles (Grande-Comore, Anjouan et Mohιli).

L’accord signι le 17 fιvrier 2001[22] ΰ Fomboni sur l’Ξle de Mohιli a permis de construire un nouvel ensemble comorien « Union des Comores » qui rιpond adιquatement ΰ la nιcessitι d’un partage du pouvoir entre l’ensemble des Ξles, afin de permettre ΰ celles-ci de concrιtiser leurs aspirations lιgitimes, d’administrer et de gιrer librement leurs propres affaires et de promouvoir ainsi le dιveloppement socio-ιconomique.

Cependant, la nouvelle rιpublique « Union des Comores » est constituιe d’un prιsident d’Union et un gouvernement d’Union, en plus, un prιsident et un gouvernement pour chaque Ξle autonome.

Les conflits qui opposent le gouvernement de l’Union et ceux des Ξles autonomes sur les partages de compιtences pιnalisent dans ce cas toute reprise de la croissance ιconomique. Ce qui entraξne une aggravation de la pauvretι.

Nous rappelons qu’une mission de la Banque mondiale s’est rendue rιcemment aux Comores dans le cadre de l’examen du Document de Stratιgie de Croissance et de Rιduction de la Pauvretι (DSCRP) en cours d’ιlaboration qui, devrait permettre au pays de bιnιficier du dispositif d’allθgement de la dette ΰ titre d’Initiative PPTE (Pays Pauvres Trθs Endettιs).

Les responsables de la Banque mondiale attirent l’attention des dirigeants comoriens sur la gravitι de la situation ιconomique et sociale du pays. Pour illustrer les propos de la Banque mondiale, revenons ΰ la structure gouvernementale : actuellement au Comores il y a 4 prιsidents et 30 ministres[23] contre 1 prιsident et 12 ministres pour l’ancienne rιpublique.

L’existence des ces diffιrents ministres, entraξne des dιpenses importantes de fonctionnement ainsi que des voyages frιquents ΰ l’ιtranger qui sont trθs coϋteux ; cela absorbe pratiquement les ressources du pays. Donc l’Etat n’arrive pas ΰ mobiliser le ressources nιcessaires pour financer les services vitaux de la population tels que l’ιducation, la santι, les travaux d’adduction d’eau ainsi que la construction des infrastructures ( routes, ponts…).

2.3.  LA DEVALUATION DE 1994 ; CATALYSEUR DE LA PAUVRETE AUX COMORES.

Il est bien de noter qu’au moment de l’indιpendance, les ex-colonies franηaises ont adoptι des monnaies attachιes au franc franηais par une paritι fixe sous le nom  de Zone franc.

La « Zone franc » se divise en trois sous-rιgions monιtaires dirigιes par trois banques respectives : l’UEMOA (Union Economique et Monιtaire Ouest Africaine) est dirigιe par la BCEAO (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest), la CEMAC (Communautι Economique et Monιtaire de l’Afrique Centrale) est dirigιe par la BEAC (Banque des Etats d’Afrique Centrale) et enfin la BCC (Banque Centrale des Comores) pour l’Union des Comores.

Les enjeux d’un tel systθme sont ιvidents : la France a conservι des relations commerciales et financiθres trθs dιveloppιes avec ses anciennes colonies. C’est aussi la meilleure faηon d’assurer la sιcuritι  de ses relations et assurer une stabilitι monιtaire par le lien fixe entre le franc franηais et les autres monnaies de la Zone franc ; la paritι fixe et la libre convertibilitι sont assurιes par le trιsor public franηais.

Depuis 1999 et l’adoption de l’Euro par la France, cette rιalitι s’est ιtendue ΰ toute la Zone Euro.  La paritι entre Euro, franc CFA et le franc comorien a  ιtι fixιe ΰ : 1 Euro = 655,957 FCFA = 491,96775 FC (franc comorien).

Cependant cette politique monιtaire  est contre-productive. Pour attirer les capitaux ιtrangers vers les pays de la Zone franc, l’Union europιenne pratique une politique de taux d’intιrκt le plus ιlevι[24].

La politique du taux d’intιrκt  appliquιe par l’Union europιenne dans les pays de la Zone franc (hausse du taux d’intιrκt) pour attirer les capitaux ιtrangers est trθs nιfaste ΰ l’ιconomie comorienne. Car elle implique un coϋt d’acquisition trθs ιlevι de crιdit pour les petits entrepreneurs locaux. Cet obstacle empκche les petites et moyennes entreprises d’exister par manque de financement.

Ensuite, des relations commerciales des Comores avec les Ξles de la sous-rιgion se trouvent handicapιes par sa monnaie forte : le franc comorien ιtant surιvaluι par rapport aux autres monnaies de la sous-rιgion, les produits libellιs en franc comorien deviennent trop chers sur le marchι de la sous-rιgion. Ce qui entraξne une perte de compιtitivitι.

Selon les accords entre la France et les pays de la Zone franc, la France pourrait dιcider unilatιralement la dιvaluation du franc CFA ou comorien, lorsque les devises obtenues ΰ partir des exportations s’avθrent insuffisantes par rapport aux importations.

C’est dans ce contexte que les pays de la Zone franc ont vu leurs monnaies dιvaluιes en janvier 1994 dans l’ordre de 50% pour le CFA et 33,33% pour le cas  des Comores. Du coup, 1 FRF qui valait 50 FCFA et 50 FC avant 1994, vaut maintenant respectivement 100 FCFA et 75 FC. Pour ce faire, les prix des produits importιs ont augmentι d’autant, ce qui a entraξnι un dιficit aigu de la balance commerciale et une inflation  importιe compte tenu de la faiblesse de l’adaptation de l’ιconomie comorienne ΰ la conjoncture. Il faut 75.000 FC pour importer un produit de 1.000 FRF, alors qu’il ne fallait que 50.000 FC avant la dιvaluation.

C’est  prιcisιment ce qui a affectι l’ιconomie comorienne : les prix des produits importιs ont augmentι de 33,33 % et celui du pιtrole de 30%, tandis que l’indexation de salaire ne dιpasse guθre les 15%, ce qui aboutit ΰ une chute du pouvoir d’achat de la population, d’oω une augmentation de la pauvretι.

En outre, puisque le franc comorien a perdu les 33,33 % de sa valeur, l’importateur franηais peut acheter 1,5 kg de Girofle pour 10 FRF au lieu d’un seul kilogramme avant la dιvaluation, ce qui contraint le pays ΰ exporter 25% de plus de produits pour acquιrir une mκme somme de devises ιtrangθres. Cela aboutit ΰ une dilapidation des ressources naturelles et des dιgβts environnementaux considιrables (dιforestation, monocultures de rentes dιtruisant les terres cultivables…).

Deuxiθme partie :

LES MESURES DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

                                                                                                      

CHAPITRE  3 :  REVUE DES STRATEGIES PASSEES

3.1. CADRE MACRO-ECONOMIQUE

Suite ΰ la dιvaluation du franc CFA et comorien respectivement de 50% et 33,33% en 1994, les autoritιs comoriennes ont menι une politique budgιtaire restrictive pour rιduire les dιsιquilibres macroιconomiques afin d’empκcher une nouvelle dιvaluation. Alors que l’inflation consιcutive ΰ la dιvaluation, avait atteint 25%, les mesures  d’accompagnement initiιes, ont permis de ramener le niveau ΰ 5,5% en 1995 puis ΰ 1,6% en 1997. Avec la sιcession de l’Ξle d’Anjouan, les autoritιs comoriennes ont vu augmenter l’inflation ΰ 4,4%[25] et une baisse du PIB rιel par tκte ΰ hauteur de 2,3% jusqu’en 1999.

De nos jours, les autoritιs comoriennes envisagent de mettre en place le DSCRP (Document Stratιgique de Croissance et de Rιduction de la Pauvretι), qui permettrait  un allθgement de la dette ΰ titre de l’Initiative-PPTE (Pays Pauvres Trθs Endettιs).

Avec la crιation du document « Comores : dιveloppement humain durable et ιlimination de la pauvretι  ιlιment pour une stratιgie nationale »  en 1997 et les institutions de financement du secteur rural, les autoritιs comoriennes ont montrι leur volontι pour lutter contre la pauvretι.

Les ιtudes rιalisιes par le PNUD et le gouvernement comorien ont permis d’identifier le profil de la pauvretι absolue. La pauvretι est identifiιe ΰ travers les 3 Ξles de la rιpublique des Comores. Ainsi, Anjouan se prιsente comme l’Ξle la plus dιfavorisιe, suivie de celle de Mohιli. Pour  chaque Ξle, le milieu rural reste le plus touchι par la pauvretι. Le  rιsultat de l’enquκte a permis la mise en place d’un schιma directeur qui identifie les types d’interventions les plus pertinentes pour lutter contre la pauvretι et amιliorer les revenus et les conditions de vie des populations dιfavorisιes.

Trois axes d’interventions ont ιtι retenus par le schιma directeur ΰ savoir : l’intervention entre les Ξles, le milieu rural et le milieu urbain.

Ainsi, toutes les interventions en faveur de la lutte contre la pauvretι ont ιtι interrompues, suite aux crises sιparatistes. Le gouvernement comorien au lieu de s’occuper de la rιduction de la pauvretι, cherche ΰ rιconcilier les Ξles.

Par ailleurs, les autoritιs viennent de finaliser  une premiθre version du DSCRP-intermιdiaire. Dans ce contexte de l’ιlaboration du DSCRP, un don a ιtι offert par la Banque mondiale pour financer une assistance au gouvernement des Comores. L’objectif de ce don  est de renforcer la capacitι du gouvernement ΰ effectuer une analyse de la pauvretι, ΰ mettre en œuvre une dιmarche participative pour l’ιlaboration de ses politiques, ΰ effectuer un travail sectoriel et ΰ exιcuter son programme de   rιduction de la pauvretι. Sur la base des grands axes de la stratιgie de rιduction de la pauvretι des Comores, quatre composantes suivantes seraient soutenues :

-         ιtude de la pauvretι ;

-         ιlaboration des programmes sectoriels de rιduction de la pauvretι ;

-         renforcement du secteur participatif ;

-         prιparation et exιcution du programme de rιduction de la pauvretι.

De nos jours, seule l’ιtude de la pauvretι a pu κtre rιalisιe aux Comores. Suite aux conflits institutionnels entre l’Union et les Ξles, le processus de mise en œuvre du Document  Stratιgique de Croissance Rιduction de la Pauvretι a beaucoup perdu son dynamisme.

Malgrι les difficultιs politiques, le gouvernement comorien se bat ΰ rιduire la pauvretι par l’amιlioration des infrastructures de base et le secteur social. C’est dans ce cadre que la construction du port de Mohιli financιe par l’Union europιenne et le gouvernement comorien a vu le jour en 1998. Ce port faciliterait le cheminement des produits vivriers de l’Ξle de Mohιli vers les autres Ξles sœurs.

La construction de diffιrentes routes dans les zones rurales (zones de Gnumakιlι, Sima, Djando…) ont permis de dιsenclaver ces zones et de permettre aux paysans de vendre leurs produits sans difficultι mais aussi d’acquιrir les produits importιs ΰ faibles coϋts.

Dans le domaine social, la fourniture des services d’ιducation et de santι  sont des investissements primordiaux pour l’Etat comorien ; la construction des diffιrents ιtablissements scolaires et des postes de santι ont permis aux groupes les plus dιmunis de scolariser leurs enfants mais aussi  d’accιder aux soins mιdicaux ΰ un coϋt supportable.  L’Etat a intensifiι aussi le programme de la lutte contre le paludisme et celui du planning familial pour rιduire le taux de natalitι.

3.2.  L’APPUI AU SECTEUR PRIVE

3.2.1.  Les moyens institutionnels mis en œuvre

Conscients de l’importance qu’occupe le secteur privι dans le dιveloppement ιconomique du pays, l’Etat et plusieurs bailleurs de fonds ont crιι des projets qui ont pour but d’encourager la crιation et le dιveloppement des entreprises. Il s’agit de :

-         la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores  (CCIAC) ;

-         Appui ΰ la Micro entreprise (AMIE) ;

-         Fonds National de Garantie (FNG).

§         La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores  (CCIAC)

Elle a pour objet de :

-         encourager  la crιation des petites et moyennes entreprises ;

-         assurer pleinement le rτle d’interface entre le secteur privι et le pouvoir public ;

-         accentuer les actions de promotions et d’encadrement des entreprises comoriennes ;

-         aider le secteur privι comorien ΰ participer aux mutations technologiques, ιconomiques et commerciales en cours dans le monde ;

-         amιliorer les actions d’accompagnement des entreprises comoriennes dans leurs initiatives d’intιgration et d’ouverture vers  les marchιs de la sous-rιgion et du monde.

§         L’Appui ΰ la Micro-Entreprise (AMIE)

Depuis l’an 2000 le PNUD et le Bureau International du Travail (BIT) ont mis en place un projet d’appui ΰ la micro-entreprise (AMIE) qui a pour objet d’encourager la crιation des petites entreprises, d’octroyer ΰ des conditions favorables des prκts ΰ ces petites entreprises.

La premiθre phase de ce projet fut un succθs, car elle a bιnιficiι aux artisans, agriculteurs, pκcheurs et surtout aux femmes. Une seconde phase vient d’κtre mise en place dans le but de constituer de l’appui ΰ la crιation et au dιveloppement de petites entreprises. Cette structure AMIE envisage de s’implanter dans les trois Ξles pour pouvoir assurer des appuis de proximitι aux petites entreprises comoriennes.

§         Fonds National de Garantie (FNG)

Crιι par la loi N°95-016/AF du 7 juillet 1995[26], en remplacement du Fonds d’Assistance au Secteur Privι (FASP) qui a ιtι instituι par le PNUD et le BIT (Bureau International de Travail) en 1992 avec pour objectif d’accroξtre le volume du crιdit par l’intermιdiaire d’un systθme bancaire rιceptif aux besoins des petites entreprises naissantes, le FNG a pour but de garantir les prκts bancaires aux petites entreprises.

Pour amιliorer l’environnement juridique et judiciaire des affaires aux Comores, un nouveau code des investissements beaucoup plus libιral que celui de 1984 a ιtι adoptι en juin 1995 par le parlement, pour faciliter le dιveloppement des investissements privιs dans le pays.

3.2.2. Les moyens financiers utilisιs

Le dιveloppement ιconomique des Comores passe entre autres par le dιveloppement du secteur privι. Ce dernier rencontre des difficultιs dans son fonctionnement. Il souffre de plusieurs handicaps dont l’inadaptation dans la conception ΰ la faisabilitι des projets, d’une gestion  financiθre dιfaillante des entreprises, et surtout le manque d’information d’accθs au  crιdit bancaire. Celui-ci n’est accordι que par deux (2) ιtablissements de crιdits pour l’ensemble  du pays.

A cet effet, les conditions d’octroi de crιdits sont restrictives et le taux d’intιrκt demeure ιgalement  trθs ιlevι. Consιquence, les entreprises comoriennes sont  sous-capitalisιes et font rapidement faillites, faute  des ressources suffisantes pour financer leur cycle d’exploitation ainsi que leur investissement.

En effet, on remarque deux sources financiθres aux Comores ΰ savoir : les sources traditionnelles et les sources modernes

3.2.2.1. Sources Traditionnelles

§         L’autofinancement

Il englobe le financement endogθne et le financement informel. Ces deux modes de financement se trouvent prιsents dans le secteur privι comorien.

Le financement endogθne : il concerne les fonds propres (une ιpargne personnelle complιtιe par celle  des parents ou amis). Les comoriens prιfθrent rassembler leurs maigres ιconomies pour crιer leurs entreprises.

En fait, les gens  n’ont pas l’habitude de s’associer avec d’autres personnes pour crιer une entreprise. Dans la majoritι des cas, ce sont des personnes de mκme famille ou des amis de longue date, qui regroupent leurs ιpargnes, collectιes parfois aprθs plusieurs annιes de labeur ΰ l’ιtranger, pour dιmarrer leurs activitιs. Ainsi, il existe trθs peu de sociιtιs anonymes aux Comores. Les sociιtιs crιιes annuellement sont en majoritι ΰ responsabilitι limitιe (SARL) dont les parts sociales sont dιtenues par les associιs d’une mκme famille.

Le financement par la Tontine : la tontine selon Larousse est l’association de personnes versant de l’argent ΰ une caisse commune dont le montant est remis ΰ tour de rτle ΰ chaque membre ; montant de la caisse ainsi constituι. A travers cette dιfinition, nous comprenons que la tontine soit une source de crιdit sans intιrκt, mais qu’elle n’est accessible qu’aux membres.

Cette source de crιdit est caractιrisιe par sa nature  mutualiste qui assure sa survie. Cette technique de mobilisation de l’ιpargne personnelle ne se pratique qu’ΰ court terme. Elle permet ΰ l’ιpargnant de mettre rιguliθrement de l’argent de cτtι avec d’autres personnes, de disposer ΰ un moment donnι, d’une somme d’argent pour rιaliser ses projets.

Par ailleurs, cette technique est trθs rιpandue aux Comores et  est couramment utilisιe pour rιaliser certaines dιpenses souvent ostentatoires (Grand mariage, naissance, dιcθs) ; pour ouvrir  une ιpicerie ; effectuer des voyages de commerce informel en France, aux Emirats Arabes Unis ou en Arabie Saoudite.

A cτtι de la tontine, il existe une autre source d’aide (solidaritι). Lorsque  survient un ιvιnement extraordinaire dans un mιnage (mariage, dιcθs …), chaque membre de la communautι doit contribuer pour aider ce mιnage. Cette aide  dont le montant n’est pas fixι est considιrιe comme une source de financement, mais  une source qui ne finance que la consommation.

§         Le financement externe

Il s’agit des crιdits que les entrepreneurs, peuvent obtenir soit auprθs des particuliers soit auprθs  des ιtablissements de crιdits.

Les prκts entre particuliers : ce  sont des prκts moins utilisιs aux Comores. On les qualifie d’intouchables ΰ cause du taux d’intιrκt mensuel trθs ιlevι et surtout de la crιdibilitι entre les particuliers. Puisque la dette peut s’accumuler, la contrainte n’est que morale. Le seul pouvoir qu’a le prκteur  c’est de mettre le dιbiteur dans l’impossibilitι d’un  autre prκt, parfois mκme auprθs d’un autre crιancier.

Le crιdit bancaire : les banques, sont les premiθres institutions de crιdits aux Comores mais elles restent mal connues. La population considθre que les banques ne sont que  pour les riches. Elles ne sont pas une source de financement mais plutτt un lieu d’ιpargne pour ceux qui ont un surplus de ressources financiθres. En plus, les institutions bancaires aux Comores sont limitιes. Elles ne sont qu’au nombre de deux (2) : la  Banque de Dιveloppement des Comores (BDC) et la Banque pour l’Industrie et le Commerce (BIC).

La Banque pour l’Industrie le Commerce (BIC) : elle a ιtι crιιe en 1982 pour succιder ΰ la Banque Commerciale des Comores mise en liquidation. Initialement, son capital de 300 millions de FC ιtait rιparti entre la Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest (BIAO 51%), l’Etat comorien (34%) et les privιs nationaux (15%).

Cependant, en 1990, lors de la cession volontaire du rιseau de la BIAO par son actionnaire majoritaire, la Banque Nationale de Paris (BNP) acquiert la BIC pour renforcer son rιseau dans l’Ocιan Indien. Il s’agit de la seule banque commerciale aux Comores. En raison de son monopole, La BIC collecte la majoritι des dιpτts et octroie presque la totalitι des crιdits ΰ court terme.

A cause de son taux de rιmunιration  ramenι ΰ 3%, ainsi que la grille des taux dιbiteurs qui demeurent  actuellement dans la fourchette de 11 ΰ 18 %, de sorte que les petits et moyens ιpargnants ont d’ιnormes difficultιs pour ιpargner ou bιnιficier des crιdits.

La  Banque de Dιveloppement des Comores (BDC) : elle a ιtι crιιe en 1981 pour remplacer la Sociιtι de  Crιdit pour le dιveloppement des Comores mise en liquidation en raison de sa mauvaise situation financiθre.

La loi n° 81-026/PR portant crιation de la BDC lui a fixι comme objectif  de contribuer au dιveloppement ιconomique du pays ΰ travers le financement ΰ moyen et ΰ long terme  des activitιs de production. Son capital de 300 millions de FC, est dιtenu par l’Etat (50%), la Banque Centrale des Comores (16%) ; le tiers restant est reparti en parts ιgales entre l’Agence Franηaise de Dιveloppement AFD (16,7%) et la Banque  Europιenne d’Investissement (16,7%).

La BDC intervient principalement dans les secteurs  de l’industrie, du transport et de l’habitat[27]. Les ressources de la BDC proviennent uniquement des lignes des crιdits octroyιs par les institutions internationales d’aides au dιveloppement. Prθs de 95% des crιdits ΰ long terme octroyιs  aux Comores sont accordιs par la BDC. Ces crιdits concernant les secteurs d’industrie, d’hτtellerie, de l’artisanat, de l’agriculture.

§         Autres modes de financement des entreprises 

Les autres modes de financement des entreprises proviennent aux  recours des indemnitιs de licenciement ou de dιpart volontaire. En effet, les fonctionnaires qui ont optι pour le dιpart volontaire dans le cadre du programme  d’ajustement structurel (PAS) ou des salariιs des entreprises publiques licenciιs dans le cadre des mesures d’assainissement, comme le cas de la SNPT (Sociιtι Nationale des Postes et des Tιlιcommunications) ; de l’EEDC (Electricitι et Eau Des Comores) ou de la SOCOPOTRAM (Sociιtι Comorienne des Ports et des Transports Maritimes), utilisent leur indemnitι de licenciement pour crιer des entreprises. Parmi eux, une petite minoritι rιussit.

En effet, aucune ιtude n’a ιtι menιe localement pour dιgager la part de ces types de financement. Mais compte tenu du nombre limitι des ιtablissements de crιdits dans le pays et des conditions d’octroi de crιdits rigoureuses fixιes par ces ιtablissement, il est ιvident qu’aux Comores ce mode de financement occupe une place prιpondιrante.

3.2.2.2. Les sources modernes

Dans l’idιe de pallier aux insuffisances de sources traditionnelles  et de faciliter l’accθs aux crιdits aux pauvres, pour financer les secteurs (urbain et rural), le gouvernement comorien et les bailleurs de fonds ont encouragι la crιation des institutions de crιdits modernes.

§         La Caisse Nationale d’Epargne (CNE)

D’aprθs l’ordonnance N° 92-004/PR du 1er Aoϋt 1992 portant crιation de la CNE au sein de la SNPT (sociιtι des postes et de la tιlιcommunication), la CNE a pour objet «la mobilisation de l’ιpargne populaire ». Selon cette ordonnance, «suivant l’ιvolution des ressources disponibles, elle peut κtre amenιe ΰ octroyer des crιdits ΰ sa clientθle ou ΰ assurer sous forme de prκt, le financement de projet d’intιrκt national ». En l’absence de gestion rigoureuse, la CNE a connu dans le passι plusieurs malversations. Ainsi prθs de 50% de dιpτts ιtaient utilisιs pour financer ces pertes.

§         Les « SANDUK » (caisses d’argent) et les Mutuelles d’Epargne  et des Crιdits des Comores (MECK).

Deux rιseaux sont mis en place aux Comores ΰ partir de 1996 par le gouvernement comorien et des bailleurs de fonds internationaux (Fonds International de Dιveloppement Agricole FIDA et l’assistance  technique d’une ONG canadienne Dιveloppement International Desjardins DID) : les « SANDUK » et les Mutuelles d’Epargne et des Crιdits des Comores (MECK). Ce sont des organismes qui ont pour objet d’aider les personnes qui ne peuvent pas accιder  aux crιdits des institutions bancaires ΰ cause des formalitιs juridiques et administratives complexes, mais qui ont la volontι de produire ou investir. Ce sont des sociιtιs ΰ capitaux variables, associant des personnes volontairement rιunies pour satisfaire leurs besoins ιconomiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriιtι est collective et oω le pouvoir est exercι dιmocratiquement  par ses membres qui  sont propriιtaires-usagers.

Les finalitιs de ces sociιtιs sont : favoriser l’ιmergence aux Comores  d’un vιritable rιseau autonome d’institutions, mutualistes, capables d’amιliorer de faηon significative l’intermιdiation financiθre en milieu rural et garantir sa pιrennitι. Elles doivent κtre  en mesure de collecter l’ιpargne, de la faire fructifier et de  la rιtrocιder pour financer des initiatives ιconomiques de base pour la population.

De nos jours douze (12) Mutuelles d’Epargne et des Crιdits sont en exercice (6 en Grande-Comore, 5 ΰ Anjouan et 1 ΰ Mohιli). L’ensemble des mutuelles au 31 dιcembre 1998 disposait de 1810 membres. L’ιpargne collectιe ΰ ce moment ιtait de 258 millions de FC.

Ces mutuelles ont connu une progression fulgurante au cours des deux premiθres annιes de leur mise en place. Toutefois, le non paiement par le gouvernement comorien des fonds  de contrepartie au FIDA en 1998 a conduit  au retrait de l’assistance technique du DID. Cette situation se rιpercute nιgativement sur les activitιs des mutuelles. Certains d’entre elles ont acquis une autonomie financiθre et les responsables cherchent d’autres bailleurs de fonds  tels que AFD, PNUD, et la Banque mondiale.

§         Fonds d’Appui au Dιveloppement Communautaire (FADC)

Le FADC est un fonds social mis en place par le gouvernement comorien avec l’appui de la Banque mondiale. Il fonctionne comme un organisme ΰ caractθre public dotι de la personnalitι morale jouissant d’une autonomie administrative et financiθre. De par son statut d’institution financiθre, il est chargι d’apporter une assistance financiθre, technique et matιrielle aux communautιs villageoises et aux quartiers dιfavorisιs des villes.

Objectif :

-         apporter un appui technique et financier aux communautιs dans le cadre du dιveloppement socio-ιconomique  des Comores ;

-         prendre part ΰ la lutte pour la rιduction de la pauvretι  en soutenant l’amιlioration des conditions de vie des populations les plus dιmunies ;

-         fournir un concours financier aux communautιs pour la construction et la rιnovation des infrastructures de base ;

-         Pιrenniser les infrastructures de base en mettant en place  un mιcanisme  de gestion durable afin de permettre aux communautιs de se prendre progressivement en charge.

Programmes :  le FADC a pour mandat de mettre en place un programme  d’action social en faveur des communautιs dans les domaines suivants :

-         infrastructures sociales (ιcoles, postes de santι et adduction d’eau) ;

-         infrastructures productrices ou d’appui ΰ la production (entrepτts , marchιs…) ;

-         infrastructures de dιveloppement (pistes, ponts, digues…) ;

-         infrastructures pour protection d’environnement ;

-         activitι gιnιratrice des revenus (entreprises communautaires).

Cependant, le village bιnιficiaire du projet doit participer ΰ hauteur de 20%  au coϋt d’investissement. Des taux plus faibles ιtant appliquιs aux communautιs prιalablement identifiιes comme pauvres. Le village doit prendre en charge le coϋt d’entretien et frais rιcurrents ; l’ensemble de la communautι doit participer ΰ l’entreprise. Les tableaux ci-dessous indiquent les plans d’action du FADC  2000-2001.

Tableau 4 : Construction des infrastructures de base 2001

Iles

Population

Nombre de projets

Coϋt en FC

Grande-Comore

104.650

68

2.046.641.239

Anjouan

68.120

30

   790.270.150

Mohιli

64.213

35

   780.812.083

Comores

236.983

133

3.617.723.472

Tableau 5 : Projets d’activitι gιnιratrice de revenu

Iles

Nombre de projets

Montant en FC

Grande-Comore

35

    65.000.000

Anjouan

27

   50.000.000

Mohιli

18

  35.000.000

Comores

80

150.000.000

Source : Agenda des Comores 2002, Le FADC plan d’action 2001

Au cours de cette 2θme phase (2000-2004), le FADC a prιvu la rιalisation de 240 sous-projets d’infrastructures de base, 205 sous-projets d’activitιs gιnιratrice de revenus et 40 sous-projets de renforcement de capacitιs. L’ensemble de ce programme doit crιer 810 emplois permanents et 4800 emplois temporaires.

Aux Comores, la population a une ancienne tradition : l’organisation d’initiatives de dιveloppement local. C’est pourquoi le FADC a adoptι le concept de dιveloppement communautaire qui lui a permis de faire adhιrer les communautιs aux objectifs fixιs, ΰ un commun accord et arriver ΰ un succθs indιniable auprθs des bιnιficiaires. Cette conception du dιveloppement socio-ιconomique trouve ses racines dans l’approche participative qui privilιgie l’implication des bιnιficiaires  dans toutes les phases du cycle du projet.

3.2.3. Revenu des Comoriens de l’ιtranger

On estime ΰ plus de 100.000 c’est-ΰ-dire le 1/6θme de la population totale, le nombre de comoriens vivant ΰ l’ιtranger. Ces migrations engendrent des transferts d’argent rιguliers qui servent  ΰ financer, en majoritι semble-t-il, la rιalisation de projets communautaires, la construction de logements familiaux, et le financement des cιrιmonies de Grand mariage.

La balance courante a enregistrι en 2001 un montant de 14 milliards FC en entrιe de capitaux privιs. Une analyse plus fine montrerait sans doute que la majoritι des 14 milliards provient de transferts familiaux.

Cependant, on connaξt mal le montant rιel des entrιes puisqu’une bonne partie d’entre elles transite hors circuits financiers officiels. Elles rentrent sous forme de liquiditιs au porteur, et sont, par la suite intιgrιes dans des circuits informels, par le biais des tontines, ou directement thιsaurisιes dans les familles, au travers le systθme des prκts interindividuels rιciproques du Grand mariage.

Par ailleurs, des grandes diffιrences existent entre les ξles ΰ ce sujet. L’enquκte « Budget-consommation » montre que les transferts sont surtout importants en Grande-Comore puisqu’ils vont jusqu’ΰ 20%  du revenu de la population. En effet, les habitants de cette Ξle ont tendance ΰ beaucoup ιmigrer vers la France. Par contre, l’Ξle de Mohιli et celle d’Anjouan ont des populations qui ιmigrent moins ΰ l’ιtranger ; ce qui fait que leurs transferts reprιsentent respectivement 5% et 3% du revenu. 

On trouve dans la plupart des villages, des associations ayant pour objectif de rιaliser des projets culturels, sociaux et, plus rιcemment, ιconomiques. En milieux urbains, des association privιes, par exemple pour la dιfense de l’environnement ou des chaξnes audiovisuelles associatives, contribuent au fonctionnement de la vie citadine.

Ces associations gθrent notamment dans le but d’amιnagement communautaire, les fonds provenant de la diaspora comorienne ou de bailleurs de fonds dans le cadre du dιveloppement local ou de la protection de l’environnement.

C’est sur cette base qu’ont ιtι mises en place, des institutions comme le Fonds d’Appui au Dιveloppement  Communautaire (FADC) qui finance la rιalisation de petits projets ou les « Sanduks » (caisses d’argent) gιrιes  par les communautιs villageoises pour financer leurs projets. Ces deux institutions ont facilitι aux communautιs la lutte contre la pauvretι en rιalisant des projets sans conflits familiaux et sans blocages structurels.

3.2.4. Apport du secteur informel

Le secteur informel regroupe gιnιralement les personnes qui n’ont aucune formation intellectuelle, les personnes dιηues par le secteur de l’ιconomie moderne, n’ayant pas obtenu ou ayant perdu leur emploi.

Ce secteur est caractιrisι surtout aux Comores par des petits commerces inter-ξles ou d’import-export. Il s’agit des petites activitιs familiales ou individuelles. Par son dynamisme ce secteur participe activement ΰ la lutte contre la pauvretι. Il emploie une grande main d’œuvre, distribue des revenus ιlevιs, offre sur le marchι, des biens et services, et rιpond aux besoins d’une large couche de la population, surtout la plus dιmunie.

Ce secteur fourni d’une maniθre gιnιrale de :

-         fournitures scolaires ;

-         produits alimentaires ;

-         mιdecine traditionnelle ;

-         bijoux et produits cosmιtiques.

Au regard de la structure de l’ιconomie nationale, le secteur informel constitue un enjeu stratιgique indispensable pour le dιveloppement et la lutte contre la pauvretι. Pour cela, son encouragement est indispensable.

D’une maniθre gιnιrale, le secteur privι comorien ne bιnιficie pas les structures administratives et financiθres adaptιes qui facilitent leur financement. Le recours aux crιdits par le biais des institutions bancaires n’est toujours pas ancrι dans les mentalitιs des entrepreneurs comoriens et surtout en milieu rural. Ceux qui ont pris le crιdit bancaire ou mutuel, par manque d’encadrement, ont mal orientι leurs ressources et finalement ils sont tombιs en faillite.

A cet effet, il est nιcessaire de mettre  en place des ιtablissements des crιdits spιcialisιs notamment pour les agriculteurs et les artisans, pour  permettre aux entrepreneurs  comoriens d’avoir une gamme des crιdits adaptιs ΰ leur besoin. Les entrepreneurs doivent de leur cτtι restructurer leur mιthode de travail et l’organisation  administrative et financiθre de leurs entreprises, en recrutant un personnel qualifiι afin de mieux concevoir leurs projets et rentabiliser  ainsi leur investissement.

3.3.  POLITIQUES SOCIALES ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

Le gouvernement comorien cherche toujours ΰ rιpondre aux objectifs exprimιs notamment dans le cadre d la campagne de «l’ιducation pour tous ». Toutefois, vu les contraintes institutionnelles et surtout financiθres (impτts et emprunts), la part de l’ιducation et de la santι dans le budget national ne dιpasse pas les 15% et 3%[28] respectivement.

A l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays ΰ faible revenu, la plus grande partie du budget de fonctionnement est consacrιe au paiement des salaires. Cette situation, rend nιcessaire une importante contribution des mιnages et des communautιs pour permettre un meilleur fonctionnement des services d’ιducation et de santι. Il convient ιgalement de souligner que les dιpenses d’investissement pour ces secteurs sont financιs intιgralement par les bailleurs de fonds internationaux.

3.3.1.  Politique ιducative

l’analyse prιliminaire du budget et des dιpenses effectuιes montre que le secteur de l’ιducation occupe une place de choix dans le budget de l’Etat. En terme de rιpartitions de diffιrents niveaux, il apparaξt que la plus grande partie des dιpenses ιducatives de l’Etat, environ 40%, est affectιe au niveau du primaire.

Toutefois, les efforts du gouvernement et participation des parents et des communautιs sont freinιs par l’inefficacitι du systθme. Les donnιes plus rιcentes au niveau national font ιtat d’un taux net de scolarisation de 60%[29], et seulement la moitiι des inscrits (32%) atteignent le CM2(cours ιlιmentaires deuxiθme annιe).

Ces obstacles sont liιs en grande partie au faible niveau de qualification de nombreux enseignants, l’absence du matιriel  et manuel pιdagogique et surtout aux grθves successives et fermetures d’ιcoles dues aux arriιrιs des salaires qu’accuse le pays.

Certes la forte concentration des enseignants  payιs par l’Etat dans certaines zones des ξles est source d’iniquitιs dont souffrent les zones rurales pauvres. Lΰ, les communautιs villageoises sont contraintes de prendre en charge elles-mκmes les salaires d’enseignants recrutιs localement, voir contribuer aux constructions des salles de classes.

3.3.2. Politique sanitaire

En matiθre de santι publique, les Comores ont fait en 20 ans des progrθs incontestables, si bien que l’espιrance de vie ΰ la naissance est passιe de 47 ans en 1980 ΰ 59,4  ans en 2001 ; la mortalitι infantile  qui ιtait estimιe ΰ 250‰ en 1980  se situe aujourd’hui ΰ 84‰. la couverture vaccinale est passιe de 25% en 1984 ΰ 91%  en l’an 2000[30] ; de plus, les incidences du paludisme, de la lθpre et de la tuberculose ont fortement diminuι.

Pourtant le financement du secteur apparaξt inadιquat par rapport aux besoins de la population. Cependant une allocation de 3% du budget dont  les trois quart  sont  allouιs aux salaires, il serait plus difficile de faire face au  maintien des infrastructures sanitaires compte tenu de l’accroissement inquiιtant de la population.

En outre, seul un tiers du personnel de la santι est rιellement qualifiι. Ce dernier se trouve dans la majoritι des cas en  concentre en milieu urbain au dιtriment des zones les plus dιfavorisιes.

Enfin, une grande partie de la population, surtout les plus dιmunis n’ont pas accθs aux soins primaires, ιtant dans l’incapacitι de payer les frais de consultation ou  d’achat des mιdicaments.

3.3.3.  Contradictions de l’ιvolution de la fιconditι

Tandis que le taux de mortalitι poursuit son dιclin, la natalitι comorienne n’accuse jusqu’ΰ prιsent aucune baisse vιritable. La fιconditι ne laisse en effet apparaξtre aucun signe de ralentissement et la pyramide des βges, trθs ιvasι par le bas, indiquant une forte proportion des jeunes. Il n’y a, dans ces conditions, aucune raison d’admettre qu’on assistera ΰ un ralentissement de la pyramide dιmographique malgrι tous les efforts faits par le gouvernement comorien, le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) ainsi que des ONG ιtrangθres, en matiθre de planning familial.

Si la transition dιmographique est beaucoup plus lente ΰ se manifester aux Comores comme dans beaucoup de pays africains, cela tient ΰ la forte pression sociale en faveur de la natalitι. Cette attitude profondιment nataliste concerne pratiquement toutes les couches de la sociιtι, ΰ l’exception d’une petite frange urbaine scolarisιe qui exprime un dιsir de limitation de naissances. L’influence du slogan « la richesse d’un pauvre c’est ses enfants », mais aussi de voir un certain nombre d’enfants en βge adulte compte tenu du risque de dιcθs, puisque dans le milieu rural, la main-d’œuvre est souvent le seul intrant sur lequel on puisse investir pour amιliorer la production et les revenus et pour diversifier  les sources de revenu en organisant le dιpart de certains membres de la famille vers d’autres activitιs (fonction publique, ιmigration…).

Pourtant, si l’objectif des couples est bien de voir un nombre d’enfants venant au monde atteindre l’βge d’adulte, la diminution de la mortalitι infantile grβce au progrθs technique de la mιdecine comme la vaccination, la rιhydratation, ou le traitement des eaux, le taux brut de natalitι devrait ΰ moyen terme diminuer. Or, l’incidence de la fιconditι reste aux Comores de 5 ΰ 6 enfants par femmes. Cependant, le progrθs de la mιdicine et les campagnes du planning familial n’ιtaient sans doute pas assez forts pour ιbranler eux seuls le comportement des mιnages.

Par ailleurs, un changement ne pourrait  s’effectuer qu’avec une modification significative de niveau de vie et des conditions d’existence (avoir des lieux de loisir ΰ moindre coϋt).

CHAPITRE  4 :  NOUVELLES OPPORTUNITES DE CROISSANCE

Tout pays dont l’ambition est de sortir du sous-dιveloppement a besoin de se projeter dans l’avenir, il doit en consιquence avoir un pressant besoin d’adopter des stratιgies, des plans et des programmes ; c’est-ΰ-dire, fixer des objectifs clairs, recenser les atouts et les handicaps de l’ιconomie et proposer des politiques socio-ιconomiques susceptibles d’atteindre ces objectifs.

Dιpourvues de richesses minιrales, et mκme dιnuιes de technologie industrielle, les Comores sont loin d’κtre aussi pauvres : le pays possθde de potentialitιs apprιciables qui restent encore mal connues.

Malgrι l’ιtroitesse des terres cultivables, les sols Comoriens sont trθs fertiles, ils sont abondamment arrosιs par les pluies. Ces sols ont des propriιtιs particuliθres :

-         trθs forte capacitι de rιtention de l’eau (jusqu’ΰ 300% du poids sec) ;

-         trθs forte teneur en matiθre organique (pouvant atteindre plus de 40%)[31].

Selon les ιtudes, l’Ξle de Mohιli serait propice ΰ la culture vivriθre ; par contre, les deux ξles sœurs, les cultures de rente (la Grande-Comore produit la Vanille ; et Anjouan, le Girofle et l’Ylang-ylang).

Le pays dispose d’importantes ressources halieutiques estimιes ΰ 85.000 tonnes par an[32]. Mais, c’est en dιfinitive, le secteur du tourisme qui semble dιtenir les plus fortes potentialitιs de croissance. Les centaines de plages, les diffιrentes sites touristiques, les espθces trθs rares, les Comores possθdent un atout touristique.

L’archipel, de par sa position gιographique, prιsente des avantages certains, pour faciliter les ιchanges entre le continent africain et l’ξle Malgache, voire les autres ξles de l’ocιan Indien, les quelles jouent un rτle trθs actif dans le commerce  international (voir la carte gιographique).

Dans notre stratιgie de lutte contre la pauvretι, l’objectif est la rιduction significative et durable de la pauvretι, et placer le pays sur la voie d’une croissance ιconomique et un dιveloppement durable. Il s’agit, d’augmenter les revenus de mιnages, d’amιliorer leur ιtat de santι, le niveau d’ιducation ;  bref, amιliorer les conditions de vie de la population et particuliθrement les plus dιmunis.

Pour rιaliser l’objectif visι de notre ιtude, il est ΰ envisager une stratιgie de dιveloppement qui s’articule sur deux (2) axes principaux :

-         Accιlιration de la croissance ιconomique en appuyant sur les secteurs porteurs de croissance ;

-         Le dιveloppement des infrastructures et services de base.

4.1. APPUYER LES SECTEURS PORTEURS DE CROISSANCE

Seule une forte croissance permettrait d’augmenter la richesse nationale, rιsorber le chτmage et rιduire les inιgalitιs. Si l’on considθre comme seuil de pauvretι le montant de 167.000 FC, on peut estimer ΰ partir des donnιes de l’enquκte ΰ 21.819 millions FC[33], le montant de revenus supplιmentaires qu’il faudrait distribuer directement aux pauvres pour hausser leur revenu au niveau de ce seuil. Etant donnι que le PIB courant s’ιlθve ΰ 121.300 millions FC, ce montant de 21.819 millions FC ΰ distribuer reprιsente 18% du PIB. Il traduit, en fait, l’effort minimum de crιation de richesse nouvelle ou de redistribution  de la richesse existante, qu’il faudrait pour ιradiquer la pauvretι. Ce montant supposι de redistribution donne un ordre de grandeur de l’effort ΰ entreprendre.

Or, l’augmentation du PIB de 18%, en supposant que la population est constante, peut κtre rιalisιe par une croissance annuelle de 1,8% pendant une dιcennie (10 ans). Sachant que la population augmente de 2,7% par an, il faudrait que la croissance rιelle du PIB avoisine les 4,5% par an pendant 10 ans.

En veillant cependant ΰ ce que les fruits de cette croissance profitent en prioritι ΰ ceux qui sont plus pauvres dans les diffιrentes Ξles, les milieux urbains et ruraux, et les catιgories de mιnages, on pourrait obtenir une forte rιduction de la pauvretι  ΰ une dιcennie. Des actions ciblιes, orientιes vers les plus pauvres demeureront toujours nιcessaires, pour assurer une redistribution efficace des fruits de cette croissance.

4.1.1. INTERVENTION EN MILIEU RURAL

4.1.1.1. Agriculture

Dans cette nouvelle politique de lutte contre la pauvretι, plusieurs facteurs militent en faveur d’une croissance ιconomique portιe par le secteur  rural (agriculture, ιlevage, pκche et tourisme). En effet, cette stratιgie est plus importante du fait que prθs de 71,5%[34] de la population vivent en milieu rural et dont 55%  en dessous du seuil de la pauvretι. Le milieu rural constitue le principal pourvoyeur de revenus de la population car il emploie prθs de 80% de la population active comorienne. Donc le dιfi de rιduction de la pauvretι dans l’archipel ιquivaut dans une large mesure ΰ celui du dιveloppement accιlιrι du milieu rural.

D’importants investissements nationaux et ιtrangers ont ιtι mis en place pour assurer la mise en œuvre des objectifs dans le cadre des diffιrents programmes et des projets de dιveloppement. Cependant, les approches diverses et manque d’infrastructures de base ont limitι les investissements privιs et n’ont pas permis la modernisation du secteur et le dynamisme nιcessaire ΰ la rιduction de la pauvretι.

Les principaux objectifs visιs par la politique de dιveloppement rural sont les suivants :

-         Amιliorer du revenu de la population rurale ;

-         Amιliorer la production vivriθre et assurer la sιcuritι alimentaire ;

-         Prιserver les ressources  naturelles.

Pour atteindre ces objectifs fixιs, cinq principes de dιveloppement ci-aprθs sont nιcessaires :

1.      La sociιtι doit pouvoir atteindre un ιquilibre nutritionnel et sanitaire. L’intιgration systιmatique des investissements sociaux (amιlioration de l’habitat, soins de santι primaires, hygiθne de base, ιcole de brousse, centre de formation) dans la prιoccupation de dιveloppement rural doit κtre obtenu afin de rιduire les inιgalitιs par rapport aux zones urbaines.

2.      La sociιtι rurale doit disposer d’un espace ιconomique suffisant, garanti au plan foncier. Le dιveloppement de l’agriculture ne pose pas que des problθmes techniques ; souvent, il se heurte au pouvoir des propriιtaires terriens. Ces inιgalitιs dans la rιpartition des terres et des conditions de vie poussent ΰ des revendications des populations. Les rθgles de fermage et mιtayages  ne permettent pas l’acquisition d’un revenu acceptable pour les paysans compte-tenu  de la part considιrable des revenus gιnιrιs par les semences et perηus par les propriιtaires des terres souvent sιdentaires des milieux urbains. C’est pour cela, des reformes agricoles (reformes agraires) sont nιcessaires pour encourager les paysans. La reforme agraire : selon le lexique ιconomique, « c’est une politique ιconomique de nature culturelle qui sert ΰ modifier la rιpartition des terres en rιduisant la concentration de la propriιtι fonciθre » ; c’est-ΰ-dire les paysans sans terre doivent les acquιrir pour qu’ils puissent bιnιficier de la totalitι des retombιes qui proviennent de leurs cultures ; la propriιtι fonciθre constitue une garantie pour les paysans : le Slogan : « la terre ΰ ceux qui la travaillent ».

3.      A cτtι de la sιcurisation fonciθre, cet espace doit κtre rendu viable par le systθme des prix des facteurs de production et l’accθs aux crιdits ruraux 

4.      La sociιtι rurale doit pouvoir dιfendre cet espace en s’organisant sur une base paysanne (associations villageoises, groupements de producteurs, coopιratives ou organisations professionnelles agricoles) et en pesant dans les rapports politiques.

5.      Enfin, elle doit pouvoir exploiter l’espace par l’accθs ΰ un panel diversifiι de techniques culturales, d’outils agricoles et d’instants biologiques qu’il lui soit adaptι. Dans ce domaine aussi, seul un transfert effectif des responsabilitιs aux instances villageoises peut permettre une rιelle action de rιhabilitation du capital foncier et de lutte contre la dιgradation ιcologique.


Source : BAYO Abdoul-karim, Economie du dιveloppement, Cours de l’Universitι de  Kofi Annan, 2003

§         Le renforcement des systθmes de productions

Les dιfis ΰ relever en matiθre de production sont considιrables. Pour accroξtre le

 revenu rural, la production devrait κtre aussi augmentιe. Face ΰ ces besoins et compte-tenu de la contrainte d’espace cultivable, le choix concernant les systθmes de production doit inιvitablement s’effectuer en vue de parvenir ΰ une intensification de l’agriculture, il s’agirait de fertiliser les sols par des engrais ou produire des variιtιs ΰ haut rendement.

Pour arriver ΰ ces buts, le renforcement et l’amιlioration de la qualitι et de l’efficacitι des services et d’infrastructures de base  sont nιcessaires, ΰ savoir :

-         l’accθs ΰ l’eau potable ;

-         bιnιficier des soins mιdicaux nιcessaires (poste de santι, mιdicaments ΰ bon prix) ;

-         la construction et le maintien des infrastructures rurales(routes, pistes rurales, quai d’embarquement de marchandises) ;

-         avoir des magasins des stocks des marchandises ;

-         l’accθs ΰ l’ιlectricitι et les moyens de communication.

Ainsi ces mesures pourront inciter les paysans ΰ produire beaucoup plus en leur facilitant l’ιcoulement de leurs excιdents vers les marchιs de consommation urbains.

§         Sιcuritι alimentaire

Le programme de sιcuritι alimentaire vise ΰ rιduire la dιpendance vis-ΰ-vis des importations. Il doit assurer la protection tarifaire des produits locaux, le soutien logistique et l’ιquilibre entre les produits locaux et les produits importιs. Ces actions concernent l’augmentation directe de la production par les moyens agronomiques c’est-ΰ-dire l’augmentation de la productivitι. En plus, l’amιlioration du rιseau de distribution et de commercialisation des produits alimentaires est nιcessaire. Cette action facilitera la distribution des surplus vivriers locaux ΰ un coϋt trθs faible. Donc, le prix des produits locaux va concurrencer celui des produits importιs.

4.1.1.2.  Amιliorer la pκche

La production en matiθre de pκche aux Comores ne dιpasse guθre les 4.500 tonnes par an. Or la prιsence dans ces eaux de deux courants marins de nutrition et de reproduction ainsi qu’un phιnomθne «d’upwelling» expliquent l’abondance des Thons sur les mers comoriennes ; rien que dans un rayon de 50 kilomθtres  autour de l’archipel.

Avec une potentialitι de 85.000 tonnes par an, le pays pourrait assurer sa consommation et mκme exporter sur les marchιs internationaux (exemple au Japon, premier consommateur du Thon).

Aujourd’hui, plusieurs projets de dιveloppement (en collaboration avec le Japon, et Union europιenne) visent ΰ amιliorer les techniques traditionnelles de pκche, mais surtout d’installer une pκche industrielle sur l’archipel. Cependant, le manque d’ιnergie ιlectrique et l’instabilitι politique ne permettent pas ces projets de voir le jour.

Pourtant, une pκche industrielle et une conserverie pourraient rιduire les importations en matiθre de protιines, crιer de l’emploi et redistribuer des revenus aux pauvres. A cet effet, des mesures nιcessaires doivent κtre mises en place pour inciter les investisseurs privιs d’exploiter le secteur ; il s’agirait de :

-         assurer la paix dans le pays ;

-         fournir une ιnergie ιlectrique suffisante et stable ;

-         amιliorer les moyens de communications.

4.1.2.  CREATION D’UN PORT FRANC

Selon le lexique ιconomique, un  port franc appelι aussi zone franche est un « espace ιconomique enclavι, dιlimitι gιographiquement  ou sectoriellement, bιnιficiant de  privilθges dans le domaine fiscal et des contraintes rιduites pour les rιglementations et procιdures administratives ». Cependant, ce projet est devenu un vιritable serpent de mer puisque le gιographe franηais A .Gevrey le mentionnait dιjΰ depuis 1870[35].

Nιanmoins de par leur position gιographique, les Comores prιsentent des avantages pour  faciliter le commerce rιgional. Les marchandises ιtrangθres peuvent transiter ou pιnιtrer dans le territoire sans formalitιs ni paiement de droits, ou bien des entreprises ιtrangθres peuvent s’installer et profiter d’exonιration en matiθre d’impτts. Du fait que la plupart des bateaux provenant de l’Asie et des pays du Golf passent dans le Canal de Mozambique pour se rendre en Afrique du Sud et en Amιrique Latine, les Comores peuvent bιnιficier beaucoup d'avantages multiples notamment, la crιation massive d’emploi.

Avec une main d’œuvre abondante, l’Ξle d’Anjouan serait le lieu propice ΰ la zone franche. Cependant, sa rιalisation demande un certain nombre de conditions prιalables qui sont actuellement guθre prιsentes aux Comores. Ce sont :

-         la stabilitι socio-politique ;

-         la volontι d’entreprendre ;

-         une main-d’œuvre qualifiιe aux travaux industriels ;

-         des communications faciles ;

-         une ιnergie ιlectrique stable.

Les Comores doivent prendre des exemples des zones franches qui existent et qui sont dynamiques pour leur dιveloppement. Nous pouvons citer quelques zones franches comme celles de l’Ξle Maurice, la Tunisie et le Singapour.

4.1.3. LES MICRO-CREDITS ET L’EMERGENCE DES PME/PMI

Conscients de l’importance que rιvθlent les micro-entreprises dans l’ιconomie nationale, dont la plupart dans le secteur informel, les PME  constituent un enjeu stratιgique indispensable pour le dιveloppement ιconomique et la lutte contre la pauvretι.

A cet ιgard, l’ιmergence de ces PME doit permettre ΰ atteindre des objectifs comme suit :

-         contribuer ΰ la croissance ιconomique ;

-         favoriser l’emploi ΰ la population, surtout aux pauvres ;

-         ιlargir l’assiette fiscale ;

-         adopter  la stratιgie de substitution aux importations ;

-         faire rentrer des devises ;

-         encourager les femmes ΰ participer aux activitιs ιconomiques.

En effet les rιsultats de  l’enquκte qualitative du « Budget-consommation », ont montrι que le premier souhait des pauvres ιtait de trouver un emploi ; monter des projets correspondant ΰ leurs capacitιs  afin d’obtenir un revenu et sortir de l’ιtat de pauvretι absolue. Cela veut dire, par exemple, pour le paysan sans terre d’Anjouan, d’avoir un terrain pour cultiver ; pour l’agriculteur de Mohιli, d’avoir un moyen de transport vers les autres Ξles ; pour la femme, chef de mιnage, de pouvoir entreprendre un petit commerce ou crιer un atelier (couture, coiffure …).

Comme il a ιtι dit lors du sommet sur les micro-crιdits ΰ Washington  en fιvrier 1997 : « On a constatι que prκter aux plus dιmunis  permet la crιation d’emploi ; ce qui permettrait ΰ une personne de sortir de la pauvretι. La crιation de ce nouvel emploi stimule le dιveloppement ιconomique local et allιge le fardeau de l’Etat, qui doit souvent prendre en charge ces dιmunis.»[36].

Autant d’exemples signifient ΰ penser qu’avec les petits financements de dιmarrage il serait possible de multiplier les activitιs qui permettent aux pauvres de se prendre en charge  afin d’amιliorer leur niveau de vie.

A cet effet les gouvernements doivent envisager des mesures d’ιlargissement de l’offre des services financiers, ΰ travers une meilleure couverture gιographique du pays, l’installation des micro finances dans les zones d’extrκme pauvretι notamment ΰ Anjouan, augmenter le plafond de crιdit octroyι en vue de satisfaire les besoins croissants de financement du milieu rural ; mettre en place des ιtablissements spιcialisιs, au service des agriculteurs et des artisans.

Cependant, seul le crιdit ne  pourrait suffire d’encourager la crιation des micro entreprises. Par ailleurs les gouvernements doivent crιer un environnement favorable pour faciliter et sιcuriser l’investissement. Il s’agit alors de :

-         assurer la stabilitι socio-politique ;

-         sιcuriser les investissements nationaux et ιtrangers ;

-         fournir de l’ιnergie ιlectrique stable ;

-         construire des infrastructures de base (ponts, routes, ports…) ;

-         organiser des formations de crιation et de gestion d’entreprise ;

-         adapter le programme d’ιtude au besoin du marchι ;

-         crιer un guichet unique de formalitιs afin de rιduire les coϋts et la durιe des opιrations ;

-         baisser le capital minimum pour investir.

4.1.4.  AMELIORER LE DOMAINE TOURISTIQUE

Avec ces multitudes de plages, ξlots et d’autres sites touristiques, le secteur du tourisme aux Comores occupe une place de choix dans le dιveloppement socio-ιconomique. Nιanmoins, ce secteur rencontre beaucoup de difficultιs pour arriver aux rιsultats escomptιs. Ces difficultιs sont entre autres :   

-         l’influence de la religion aux affaires de l’Etat ;

-         l’insuffisance de liaisons nationales et internationales ;

-         des tarifs aιriens prohibitifs ;

-         une ιconomie non bancarisιe ;

-         manque d’infrastructures et services de base (routes, amιnagement des sites touristiques, ιlectricitι, tιlιcommunications) ;

-         et surtout une instabilitι politique qui rθgne dans le pays.

Ces insuffisances institutionnelles et structurelles ont paralysι le secteur. De nos jours, le plus grand complexe balnιaire des Comores « GALAWA BEACH» gιrι par des investisseurs sud-africains s’est trouvι dans l’obligation de suspendre ses activitιs, ΰ cause de l’instabilitι politique qui rθgne dans le pays mais surtout de  l’absence d’ιnergie ιlectrique causant une augmentation des charges d’exploitation des entreprises comoriennes.

Pourtant, plusieurs autres secteurs, du nombre desquels le tourisme peut courir ΰ la dynamique ιconomique et sociale du pays notamment, dans le domaine de l’artisanat et la culture. C’est pourquoi, une politique active devrait κtre encouragιe pour amιliorer ce secteur. Dans ce contexte, le gouvernement devrait fixer comme objectif :

-         contribuer ΰ la mobilisation de devises ;

-         crιer de l’emploi et une large redistribution de revenu ;

-         contribuer ΰ l’accιlιration de la croissance ιconomique ;

-         favoriser l’ιmergence du domaine artisanal et culturel.

Par ailleurs, ces objectifs ne peuvent pas κtre atteints sans l’amιlioration des moyens nιcessaires tels que :

-         amιnagement des sites touristiques ;

-         allθgement fiscaux du secteur ;

-         les moyens de transport avec l’extιrieur, entre les ξles et au sein des ξles ;

-         les moyens de tιlιcommunications ;

-         la sιcuritι des touristes ;

-         protection de l’environnement et des monuments culturels ;

-         construction et maintien des infrastructures d’accueil ;

-         le marketing touristique ΰ travers l’Internet et la tιlιvision ;

-         organisation des associations culturelles villageoises et privilιgier le contact des touristes et des populations rurales.

Si nous voulons, tout ΰ la fois, prιserver l’environnement naturel et la culture traditionnelle, il faudrait que le type du tourisme envisagι soit compatible avec les actions de protection de la nature. Cette forme de tourisme souvent appelιe « ιco-tourisme » ou tourisme ιcologique s’intθgre dans le double objectif : dιveloppement durable, car il respecte l’environnement naturel et culturel, et de rιduction de la pauvretι car les retombιes ιconomiques qu’il suscite touchent directement les populations locales.

4.1.5. DYNAMISME CULTUREL

On a souvent dιnoncι la tradition du grand mariage, en raison d’un certain nombre d’inconvιnients, qui peuvent se ramener ΰ deux arguments clιs. A titre individuel, on y voit le risque d’un endettement ΰ vie. A titre collectif, on critique le fait que le capital lentement accumulι n’est pas placι  ΰ sa rentabilitι optimale pendant la pιriode de l’ιpargne et que les dιpenses occasionnιes sont ostentatoires et tourner vers l’extιrieur au dιtriment de la production locale.

Pourtant, il serait possible sans difficultι majeure, de rιduire ces inconvιnients en instituant des mιcanismes de financement appropriιs qui pourrait couvrir le risque inhιrent au systθme actuel. Avec des fonds provenant des diasporas comoriennes, les zones rurales pourraient les utiliser ΰ travers les associations pour crιer de l’emploi en installant des petites unitιs de productions villageoises.

On peut songer ιgalement d’instaurer en banque des « Comptes spιciaux de grand mariage » pour subventionner l’achat de produits locaux. De plus, l’organisation de concours primιs de produits artisanaux exceptionnels, l’ouverture d’un musιe de grand mariage prιsentant des plus belles piθces lors d’exposition sont lΰ quelques exemples parmi d’autres qui permettraient de crιer une dynamique d’innovation visant ΰ accroξtre les retombιes ιconomiques sur le plan interne.

Enfin, les dιpenses occasionnιes par l’achat de cadeaux pourraient encourager le dιveloppement d’un artisanat national de qualitι concernant la bijouterie, la broderie, les vκtements de cιrιmonie, les essences et la parfumerie etc. Cela susciterait une crιation d’emploi massif, mais faciliterait  aussi la rιponse aux besoins croissants du tourisme en matiθre d’artisanat, donc des revenus supplιmentaires.

4.2. FOURNIR DES INFRASTRUCTURES ET SERVICES DE BASE

4.2.1.  AMELIORER L’ADDUCTION DE L’EAU POTABLE

Aux Comores, en moyenne prθs de 35% de la population sont privιs de l’eau potable[37]. En Grande-Comore, le cas est encore extrκmement difficile puisque prθs de 80% des villages n’ont pas accθs ΰ l’eau potable. Cela est dϋ ΰ l’absence des riviθres dans cette Ξle. Par consιquent, plusieurs maladies touchent les populations des Ξles.

Par ailleurs, pour amιliorer l’ιtat de santι des populations, il serait nιcessaire d’offrir de l’eau, suffisante, de bonne qualitι et ΰ un coϋt accessible. Il s’agit de :

-         augmenter les barrages pour recueillir l’eau dans l’Ξle d’Anjouan et celle de Mohιli ;

-         reboiser les forκts pour protιger les riviθres ;

-         augmenter le parc de branchements par des mιthodes de forages et pompages ΰ ιnergie solaire sur l’Ξle de la Grande-Comore.

4.2.2.  L’ELECTRICITE, OUTIL DE DEVELOPPEMENT

En raison des ses multitudes applications, ΰ la fois industrielles et domestiques, il serait trθs difficile d’envisager de vivre aujourd’hui sans ιlectricitι. Le progrθs technique, social, le dιveloppement de tout ce qui est liι  au processus de production de transformation, transport ou distribution exige de l’ιnergie ιlectrique.

Selon les donnιes statistiques « la consommation moyenne de l’ιnergie ιlectrique double chaque dix ans dans les pays industrialisιs. Dans les pays en voie de dιveloppement, cette ιvolution est encore plus rapide»[38].

A cet ιgard, le gouvernement comorien ne doit pas cesser  de se pencher sur les questions qui touchent de prθs ou de loin le bien κtre des citoyens.  Doivent κtre au centre de prιoccupations du gouvernement, l’ιlectricitι et l’ιlectrification des ξles Comores.

En effet, le problθme est d’une grande importance : une grande partie du territoire surtout  sur l’Ξle d’Anjouan et sur celle de Mohιli est encore privιe de cet ιlιment ιnergιtique, essentiel au dιveloppement d’un pays. Dans les principales villes des trois Ξles (Moroni, Mutsamudu et Fomboni), la plupart des quartiers connaissent des dιlestages ιlectriques rιpιtιs et la durιe du dιlestage peut aller jusqu’ΰ une semaine, voir plus.

De nos jours, la situation dans le domaine de l’ιlectricitι demeure particuliθrement  prιoccupante. Le conflit politique opposant le gouvernement de l’union ΰ ceux d’Anjouan et de la Grande-Comore aggrave encore un peu plus la situation.

Deux  entitιs[39] ont la charge opιrationnelle du secteur : la  MAMWE, crιιe par l’ex-Rιpublique Fιdιrale Islamique des Comores, qui assure aujourd’hui la distribution sur les Ξles de Grande-Comore et de Mohιli, et Electricitι d’Anjouan, crιιe par les autoritιs d’Anjouan depuis 1997 pour desservir l’ξle.

La situation financiθre de ces deux entitιs demeure particuliθrement difficile. Le secteur est aujourd’hui au bord de la rupture. Il est donc urgent que les autoritιs comoriennes trouvent une solution efficace pour sauver ce secteur, sinon, il risquerait de conduire les Ξles dans une obscuritι totale. Il s’agirait de :

-         amιliorer la gestion interne (rιduire le coϋt d’exploitation) ;

-         lutter contre les branchements clandestins ;

-         fusionner les deux entitιs pour rιduire le coϋt de production ;

-         baisser le prix de kWh pour rιduire la fraude.  

Le gouvernement devrait aussi mettre un point de rιflexion sur les substitutions d’ιnergies combustibles importιs ΰ celles qui sont renouvelables. D’autant plus que les unitιs de production sont de taille petite, l’ιnergie renouvelable (solaire ou ιolienne) pourrait κtre utilisιe dans les petites industries ou dans les lieux domestiques. En matiθre  d’ιnergie solaire et ιolienne, les quatre Ξles sont bien dιpourvues (moyenne annuelle d’insolation est de 2600 heures)[40]. C’est dans ce contexte qu’un projet d’ιnergie solaire (Enercom) est nι aux Comores. Ce projet intervient sur le milieu rural en ιlectrifiant les lieux domestiques, des mosquιes ou des places publiques, grβce aux panneaux solaires.

Enfin on peut envisager l’exploitation de biogaz (mιthane obtenu par la fermentation de dιchets organiques) sur les Ξles en gιnιral de l’ιnergie gιothermique en Grande-Comore en particulier.

4.2.3.  POSTES ET TELECOMMUNICATIONS

L’inauguration du rιseau tιlιphonique des portables a eu lieu vendredi le 24 octobre 2003. Le financement de ce projet de rιseau mobile dιnommι « HURI » est rendu possible grβce aux fonds propres de la Snpt d’une part et de la collaboration de la sociιtι franηaise des tιlιcommunications, Alcatel d’autre part.

La rιalisation de ce projet de grande envergure pour le dιveloppement des tιlιcommunications aux Comores est nιcessaire. Surtout quand le tιlιphone cellulaire contribuera sans doute ΰ dιsenclaver l’archipel en matiθre de communication. C’est un service complιmentaire offert ΰ la population pour amιliorer ses moyens de communications aussi bien professionnels que privιs.

Cependant, malgrι les efforts fournis de la part de la Snpt pour l’extension du tιlιphone fixe, « la liste d’attente pour l’installation d’une ligne tιlιphonique a atteint des proportions inquiιtantes »[41]. Les services offerts sont loin de rιpondre aux exigences des populations et de l’ιconomie. La capacitι des installations est insuffisante pour les clients et la qualitι des services particuliθrement dιficiente au regard du taux ιlevι d’encombrements.

En raison de son monopole, le tarif fixι par la Snpt est considιrablement ιlevι et le service fourni est dιficient. Jusqu’ΰ prιsent, le tιlιphone est considιrι comme un produit de luxe pour une grande majoritι de la population.

Le parc tιlιphonique est de 6332 lignes utilisιes dont 60% dans la capitale Moroni. La tιlι-densitι (nombre de lignes du rιseau fixe  par 100 habitants) n’excθde pas 0,9% contre 6,56% sur l’Ile sœur de Mayotte ou encore 16,21% sur l’Ile Maurice.[42]

Le tιlιphone reste un service qui n’est pas accessible aux pauvres. Plus de 80% des villages comoriens n’ont pas accθs aux tιlιcommunications. Cela a des consιquences sur le dιveloppement socio-ιconomique du pays.

En ce qui concerne le service de l’Internet, la Snpt reste toujours la seule fournisseuse au niveau des trois Ξles. La sociιtι compte environ 800 abonnιs (ce sont gιnιralement des organismes internationaux, des administrations publiques et quelques entreprises privιes). La raison de cette faiblesse d’internautes est, au fait que le tarif de la connexion est trθs ιlevι et le service aussi est trθs lent.

Le prix tarifaire  de la connexion fixι par la Snpt est de 75 FC/3min ιquivaut ΰ 1FRF/3min, soit 300GNF/3min c’est-ΰ-dire deux fois le prix d’une connexion dans un cybercafι de la Guinιe.

De mκme, bien que la Poste ait connu une certaine reforme ces derniθres annιes, elle accuse toujours de dιficits sur ses activitιs annuelles. Son taux de couverture dans le pays est trθs faible, surtout en milieu rural oω se trouve la majoritι des pauvres.

Dans ce contexte, en raison de la nιcessitι des communications pour un dιveloppement socio-ιconomique, le gouvernement comorien doit envisager comme objectif d’offrir des services des postes et tιlιcommunications suffisants, de qualitι et ΰ des prix compιtitifs. Il s’agit particuliθrement d’augmenter la tιlι-densitι, amιliorer la qualitι des services offerts, dιvelopper les activitιs de la poste et consolider sa viabilitι financiθre.

Pour parvenir ΰ ces objectifs, le gouvernement devrait instaurer un environnement favorable aux investissements. Il s’agirait donc de :

-         libιrer le marchι des tιlιcommunications ;

-         faciliter les conditions d’accθs sur le marchι ;

-         ιlaborer un schιma directeur de dιveloppement de la poste ;

-         augmenter les cabines tιlιphoniques GSM dans le milieu rural.

Pour que les tιlιcommunications soient un fruit dont les pauvres peuvent bιnιficier pour amιliorer leur bien-κtre, il serait crucial de mettre en place une campagne de sensibilisation dans les zones rurales sur les opportunitιs que peut offrir l’Internet aux communautιs villageoises, pour leur dιveloppement socio-ιconomique et leur dιsenclavement.

Comme dans beaucoup de pays en dιveloppement, les communautιs villageoises peuvent ΰ travers le service du Net, montrer au monde entier leurs potentialitιs (touristiques, agricoles, artisanales, culturelles, etc.), et prιsenter aux bailleurs de fonds ιtrangers des projets de dιveloppement rentables.

4.2.4. PROTEGER LE CAPITAL NATUREL

Comme beaucoup de petites ιconomies insulaires, les Comores sont trθs riches en patrimoine naturel extrκmement diversifiι. La prιsence de nombreux sites naturels (plages, ξlots, lacs, volcan, etc.), d’espθces uniques en ce qui concerne la faune (le cœlacanthe, les tortues marines, la roussette de Livingstone, les makis, les dugongs, les dauphins, etc.) et la flore (les fleurs ΰ parfum, les orchidιes, les mangroves, etc.) confθre ΰ l’ensemble des ξles une originalitι particuliθre.

Cependant, ce patrimoine est trθs fragile et on assiste ΰ une dιgradation du milieu naturel, et mκme d’un certain milieu culturel, sous la poussιe dιmographique. Un certain nombre de problθmes cruciaux font leur apparition notamment :

-         l’eau potable tend ΰ se rarιfier ;

-         les besoins en bois pour la cuisine accιlθrent la dιforestation ;

-         le sable de mer et certains types de roches sont excessivement utilisιs pour la construction ;

-         certaines espθces de la faune et de la flore sont menacιes.

La rιsistance ΰ la montιe de la pauvretι explique pour une partie cette situation, car les pauvres cherchent partout ΰ amιliorer leurs revenus par la revente du sable des plages, ou encore la pκche ΰ la dynamite.

Au regard de ce qui se passe sur l’environnement, des actions spιcifiques sont ΰ mettre en place pour assurer une meilleure gestion de l’environnement. Il s’agit de : 

-         la promotion de la participation des communautιs villageoises au reboisement de la forκt des Ξles ;

-         protιger les riviθres ainsi que les lacs existants ;

-         utiliser des foyers amιliorιs (cuisine en terre cuite) ;

-         faire usage du bio gaz ;

-         baisser le prix du pιtrole de cuisine et celui de matιriels de construction ;

-         renforcer les mesures de sanction pour ceux qui voudront dιtruire l’environnement ;

-         empκcher les braconniers de capturer les espθces supposιes κtre observιes par les touristes.

4.2.5. AMELIORER LE DOMAINE SOCIAL

Les observations des dιpenses dans les secteurs sociaux montrent qu’en majoritι, les dιpenses courantes dans les secteurs sociaux sont destinιes aux paiements des salaires, lesquels n’ont pas toujours ιtι versιs rιguliθrement, ce qui a entraξnι une faiblesse de motivation ou la perte du personnel qualifiι.

Dans le secteur de l’ιducation, l’Etat consacre 15% du budget national. Mais, la mauvaise gestion de ces fonds provoque des grθves et des fermetures d’ιcoles consιcutive si bien que l’importante allocation des fonds faite se rιvθle inefficace. On constate dans ce cas un taux de redoublements ou d’abandons trθs ιlevι.

L’accθs aux services est inιgal, particuliθrement dans le domaine de la santι. Le coϋt de la consultation et des mιdicaments est devenu une barriθre pour les pauvres d’accιder aux soins nιcessaires.

En dιpit des progrθs rιalisιs ces derniθres annιes dans le domaine de santι et de l’ιducation, le pays reste confrontι ΰ un dιfi de santι et de valorisation de ses ressources humaines ; conditions indispensables pour le dιveloppement socio-ιconomique. C’est pourquoi, l’amιlioration des conditions sociales doit κtre une des prioritιs dans les mesures de lutte contre la pauvretι.

4.2.5.1. Amιlioration de capacitιs humaines

Pour amιliorer le secteur de l’ιducation, le gouvernement doit fixer des objectifs fondamentaux qui sont :

-         rιduire le taux de redoublements et d’abandons ;

-         atteindre un taux de scolarisation primaire de 100% ;

-         un large accθs ΰ la formation technique et professionnelle ;

-         ιgalitι entre filles et garηons et entre les diffιrentes rιgions ;

-         rιduire les dιpenses ιducatives des parents et des communautιs surtout les plus dιmunis.

Pour atteindre ces objectifs citιs, le gouvernement devrait mettre en œuvre des reformes nιcessaires pour l’efficacitι du systθme ιducatif. Il s’agirait de :

-         allouer de ressource suffisante dans le secteur ιducatif ;

-         rationaliser les dιpenses salariales dans le sens de l’assainissement de l’effectif du personnel pour permettre le recrutement du personnel qualifiι ;

-         pour suivre la construction des infrastructures scolaires, le recrutement, la formation et l’encadrement du corps enseignant.

L’ιducation est un fardeau pour les familles pauvres, surtout quand il s’agit de la formation aprθs le baccalaurιat. En effet, ΰ cause de l’absence d’universitι et d’ιcoles de formation professionnelle dans l’archipel, les parents se trouvent dans l’obligation de rιunir des fonds considιrables pour la formation universitaire de leurs enfants ΰ l’ιtranger. 

Compte tenu du coϋt de la formation et l’incapacitι pour les pauvres de financer les ιtudes de leurs enfants ΰ l’ιtranger, ces derniers se retrouvent sur le marchι de l’emploi avec un niveau d’ιtudes qui n’excθde pas le baccalaurιat. Ce niveau leur permet juste d’avoir un emploi prιcaire et un faible revenu de subsistance.

Face ΰ cette situation, la crιation d’ιcoles de formation technique et professionnelle est indispensable pour permettre aux enfants des familles pauvres d’accιder au marchι d’emploi et de participer au dιveloppement socio-ιconomique.

Enfin, pour rιduire les charges parentales des ιtudes universitaires, le gouvernement devrait mener des nιgociations avec un pays de la sous-rιgion comme l’Ξle de Madagascar pour faciliter l’accθs des ιtudiants comoriens aux universitιs malgaches. Cela pourrait κtre aussi l’occasion de freiner beaucoup la sortie de devises dans le pays.

4.2.5.2. Domaine sanitaire

Le financement du secteur paraξt inadιquat par rapport aux besoins de la population et au regard de la faible qualitι des soins dispensιs par les structures publiques.

Cependant, il est important que le gouvernement se penche de plus sur le plan sanitaire en fixant comme objectifs d’assurer l’accθs aux services de santι de qualitι pour tous (les hommes et les femmes). Il s’agirait donc de mettre en place un systθme de santι accessible et capable de rιpondre aux besoins de la population. La santι, ιtat de bien-κtre physique et mental, contribue ΰ l’augmentation de la productivitι et donc ΰ la croissance ιconomique. C’est pour cela il serait nιcessaire de :

-         disposer un systθme de santι solide ;

-         renforcer les programmes de lutte contre les maladies (paludisme, cholιras, VIH-Sida…) ;

-         rιduire le taux de mortalitι et amιliorer la nutrition.

Pour arriver ΰ ces objectifs, des stratιgies suivantes sont indispensables :

-         construire et maintenir les soins des infrastructures sanitaires ;

-         organiser des formations pιriodiques du personnel ;

-         rιgulariser les arriιrιs des salaires et recruter du personnel qualifiι ;

-         intensifier la lutte contre le paludisme en incitant la population ΰ l’utilisation des moustiquaires ;

-         favoriser l’accθs des pauvres aux services de santι essentiel en ιradiquant les barriθres financiθres aux consultations et en rιduisant les prix des mιdicaments gιnιriques distribuιs par la Pharmacie Nationale des Comores (PNAC) ;

-         rιduire les flιaux (cholιras, tuberculose, VIH-Sida …) ; pour cela il serait nιcessaire de sensibiliser les communautιs villageoises pour les mesures prιventives de ces maladies.

4.2.5.3. Planning familial

D’aprθs les statistiques, le taux d’accroissement de la population s’approche de 3% par an. La densitι est de 306hab/km². Dans ce cas il est hors de doute que ce taux d’accroissement de la population reprιsente une charge pour l’ιconomie comorienne. En plus, l’enquκte « Budget-consommation » montre que la pauvretι frappe souvent les familles de taille grande c’est-ΰ-dire des familles ΰ plusieurs enfants.

Malgrι les efforts rιalisιs en matiθre de planning familial ces dix derniθres annιes, par le gouvernement comorien et l’assistance du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), le taux de natalitι reste toujours inquiιtant. C’est pour cela qu’il est crucial de ramener le problθme sur une nouvelle piste de rιflexion dont nous proposons les stratιgies suivantes : 

-         sensibiliser les communautιs villageoises aux dangers liιs ΰ cet accroissement ;

-         rιduire le chτmage ;

-         poser le problθme dans les milieux de cultes comme les mosquιes ;

-         apprendre les populations aux mιthodes contraceptives ;

-         rιduire les mariages prιcoces ;

-         crιer des lieux de loisir (places publiques, cinιma…) ;

-         faire des campagnes de sensibilisation dans les mιdias publics et privιs ;

-         crιer un fonds d’appui aux activitιs fιminines. 

4.2.6. ASSURER LA PAIX ET LA SECURITE

Le dιveloppement ιconomique d’un pays, quelques  soient les orientations adoptιes, la stabilitι et la sιcuritι constituent un fondement pour une croissance ιconomique durable. Il est donc nιcessaire d’avoir des institutions qui font confiance ΰ  la fois aux nationaux, mais aussi aux ιtrangers dιsirant de  s’installer dans le pays. Cependant l’instauration d’un climat de  confiance doit κtre la prioritι du gouvernement comorien pour permettre la reprise des nιgociations avec les bailleurs de fonds, mais aussi de protιger les couches vulnιrables.

Pour ce faire, l’effort que le gouvernement devrait fournir pour orienter le pays sur une bonne voie serait de :

-         prιvenir et rιsoudre les conflits insulaires et sociaux ;

-         rιconcilier les parties en conflit ;

-         rechercher la paix, la maintenir et l’imposer ;

-         intensifier les luttes contre le mercenariat et  les ruptures institutionnelles ;

-         sensibiliser les populations aux consιquences des conflits sociaux.

4.2.7. BONNE GOUVERNANCE ET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE AUX COMORES

Il faut rappeler que les bailleurs de fonds ne sont pas d’accord sur la dιfinition de la bonne gouvernance. Pour certains, la bonne gouvernance voudrait simplement dire les ιlections libres et le respect des institutions. Pour d’autres, la bonne gouvernance signifie non seulement les ιlections libres et le respect des institutions mais aussi la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Nous retiendrons ici la derniθre dιfinition.

La question que l’on doit se poser est de savoir comment intιgrer la bonne gouvernance dans la gestion de l’administration ιconomique et financiθre des Comores ? Cette question n’est pas une nouveautι dans le paysage politique des Comores ΰ partir du moment oω elle a constituι ces derniθres annιes la prιoccupation fondamentale des populations aussi bien africaines que comoriennes.

L’observateur banal de la sociιtι comorienne peut se demander pourquoi l’Etat comorien n’arrive pas ΰ mobiliser les ressources pour financer son dιveloppement alors que tous les mιcanismes institutionnels, juridiques et politiques sont mis en place ?

La rιponse ΰ cette question nous ramθne ΰ poser la problιmatique de la bonne gouvernance. L’absence de la bonne gouvernance au niveau de la gestion des ressources de l’Etat fait aujourd’hui que l’Etat n’arrive pas ΰ formuler des solutions adιquates pour un dιveloppement socio-ιconomique.

Cette mauvaise gouvernance est engendrιe par plusieurs facteurs :

-         les arriιrιs des salaires impayιs des fonctionnaires ;

-         des salaires trθs faibles par rapport au pouvoir d’achat ;

-         taux de taxation douaniθre et fiscale ιlevι ;

-         manque d’une politique pour encourager le secteur privι ;

-         l’absence d’un Etat fort dιfendant l’intιrκt gιnιral ;

-         le changement successif du gouvernement ; en fin des facteurs sociaux.

Par ailleurs, le gouvernement devrait agir sur certains points focaux pour amιliorer la gestion de l’administration. Il s’agirait de :

-         assurer l’ιducation et la formation des citoyens ;

-         assurer le respect de la loi et des rθglements par le pouvoir ;

-         veiller ΰ ce que le citoyen puisse effectivement jouir de ses droits et sa libertι ;

-         accorder une large diffusion des informations aux mιdias publics et privιs ;

-         organiser rιguliθrement des points de presse avec les diffιrents ministres, afin de prιsenter au public la situation de leurs activitιs.

4.3. LES MOYENS FINANCIERS MIS EN ŒUVRE

Pour pouvoir rιaliser les objectifs que nous avons proposιs afin de rιduire la pauvretι, le pays doit compter en premier lieu sur la mobilisation de l’ιpargne interne. Toutefois, l’ιpargne interne ne sera pas suffisante, il faut nιcessairement l’apport important des financements extιrieurs.

4.3.1.  EVALUATION DES FLUX D’EPARGNE DISPONIBLE

4.3.1.1.  Mobilisation de l’ιpargne interne

Epargne privιe :  il existe, en effet une ιpargne intιrieure qui pour des raisons de confiance, ne transite que partiellement dans les circuits officiels de la Banque de Dιveloppement des Comores et de la Banque de l’Industrie et le Commerce. Cependant, une ιtude des flux d’ιpargne des mιnages productifs et des petites entreprises familiales pourrait en estimer les montants globaux et les diriger vers des secteurs crιateurs d’emploi.

Epargne publique : l’ιpargne publique ne peut κtre accrue qu’ΰ condition de rιduire les dιpenses non productives et de maintenir les grands ιquilibres macroιconomiques (ιquilibres budgιtaires, ιquilibre de la balance des paiements, contrτle de l’inflation) ; il s’agirait donc de :

-         amιliorer les recettes fiscales ;

-         contrτler les salaires (supprimer les salaires fictifs) ;

-         privatiser les entreprises publiques afin de rιduire le poids financier ;

-         lutter contre la corruption, les dιtournements de fonds.

4.3.1.2. Evaluation des transferts de fonds

Il est nιcessaire en premier lieu de connaξtre l’importance du montant effectif des transferts familiaux et privιs qui atteignent les Comores. Cela demande une ιtude dιtaillιe des divers flux financiers, qu’ils passent ou non par le systθme officiel, de leur origine et de leurs affectations prιvues. Ce travail permettrait de connaξtre le poids rιel de ce flux dans l’ιconomie et de mettre en place une politique de rιmunιration, pour encourager les placements ou d’initiation ΰ l’investissement dans certain secteurs particuliers.

La connaissance de l’ensemble des flux d’ιpargne disponibles, de leurs affectations actuelles devrait faciliter la mise en place d’une politique incitatrice qui orienterait en fonction des aspirations des divers acteurs socio-ιconomiques, cette ιpargne vers des investissements qui permettraient de relancer la production, d’investir dans les secteurs porteurs de croissance.

4.3.2.  POLITIQUE BUDGETAIRE ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

La situation des finances publiques s’est fortement dιgradιe en 2001, le dιficit en terme d’engagement, reprιsente 4% du PIB contre 1,9% en 2000[43]. Certes, les recettes ont progressι de 22%, mais dans le mκme temps les dιpenses totales augmentaient de 27%.

Concernant les recettes fiscales, le taux de pression fiscale est restι particuliθrement faible car il ne dιpasse pas les 10% du PIB ; les 60% des recettes proviennent des taxes douaniθres[44]. Plusieurs raisons sont la cause de cette faiblesse : les taxes douaniθres restent trθs ιlevιes, ce qui favorise la fraude et l’ιvasion fiscale au niveau des douanes et de l’Administration fiscale, et l’activitι ιconomique reste informelle.

Toutefois, dans le programme de la rιduction de la pauvretι, les enjeux de la politique budgιtaire des gouvernements seraient de:

-         mobiliser des ressources suffisantes ;

-         orienter ces  ressources pour les actions de lutte contre la pauvretι ; 

-         protιger les couches vulnιrables.

Pour ce faire, le gouvernement de l’Union et ceux des Iles devraient envisager une importante rιforme, il s’agirait de :

-         ιlargir l’assiette fiscale ;

-         renforcer le contrτle fiscal (lutter contre les fraudes) ;

-         harmoniser les taux de taxation au niveau des trois (3) Ξles ;

-         ιpurer les recettes douaniθres ;

-         renforcer les recettes non fiscales ;

-         rιduire les dιpenses non productives.

4.3.3.  ALLEGEMENT DE LA DETTE

Malgrι l’importante aide et des mιcanismes d’allιgement de la dette  de la part du monde, le pays se trouve avec une dette extιrieure intolιrable. Le montant de la dette dιpasse 200 millions de dollars USD, soit prθs de 100% du PIB. Le service de la dette reste un poids considιrable pour le dιveloppement socio-ιconomique du pays. Dans ce contexte, le pays doit procιder ΰ d’autres mιthodes d’allιgement de la dette comme l’Initiative-PPTE.

Qu’est ce que l’Initiative PPTE ?

Crιιes en 1996 ΰ l’occasion du sommet du G7 de Lyon, l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Trθs Endettιs) vise ΰ trouver une solution au problθme de la dette des pays les plus pauvres.

A travers le Fonds monιtaire (FMI) et la Banque mondiale, un cadre d’action a ιtι ιlaborι pour fournir une assistance spιciale aux pays pauvres trθs endettιs, en vue de ramener ΰ un niveau soutenable la charge de l’endettement extιrieur de ces pays. L’Initiative-PPTE est un dispositif global de rιduction de la dette qui requiert la participation de tous les crιanciers. Elle vise ΰ garantir qu’aucun pays ne soit pas confrontι ΰ une charge d’endettement intolιrable.

Les Comores sont ιligibles ΰ l’Initiative-PPTE depuis 2001[45]. Cependant, le point de dιcision pour l’allιgement de la dette  qui ιtait prιvu en 2003 est repoussι ΰ un temps ultιrieur, au regard des difficultιs rencontrιes par les autoritιs comoriennes dans la mise en œuvre du processus de dιcentralisation.

En effet, la mission conjointe du FMI et de la Banque mondiale, menιe en juillet 2002, a fait le point sur les performances du programme ιtabli sur la pιriode juillet 2001-juin 2002. Les services du FMI n’ont pas jugι possible de prolonger cet accord, les objectifs du programme intιrimaire n’ayant pas ιtι atteints, mais surtout en raison de la confusion administrative qui rθgne actuellement dans l’Union des Comores et qui rend difficile le dialogue avec les multiples autoritιs comoriennes qui gθrent les ξles.

L’absence d’un accord entre toutes les parties comoriennes sur le partage de compιtences entre les gouvernements, de mκme que l’absence d’un consensus sur la gestion des finances publiques et des entreprises publiques, rendent particuliθrement difficile l’ιlaboration du DSCRP.

Il est donc crucial que les autoritιs comoriennes prennent conscience du danger dont le pays court. La rιalisation du DSCRP permettrait au pays de bιnιficier une annulation de la dette voir une assistance pour accιlιrer la croissance ιconomique.

Ensuite, le pays pourrait bιnιficier des investissements de par le monde, notamment d’Afrique du Sud et de l’Ξle Maurice. Cela pourrait susciter une crιation massive d’emploi et donc une redistribution de revenus.

Enfin, ΰ travers le DSCRP, le gouvernement pourrait intervenir dans les zones pauvres pour amιliorer leur niveau de vie. Cela constituerait une des  solutions d’apaisement des conflits insulaires qui bloquent le dιveloppements du pays.

CONCLUSION

Nous avons voulu ΰ travers ce mιmoire, proposer des ιlιments pour une stratιgie nouvelle de rιduction de la pauvretι, supplιmentaires aux politiques menιes depuis l’indιpendance par les autoritιs Comoriennes visant ΰ rιduire la pauvretι.

Comme on le sait, le PIB rιel par habitant dιcroξt environ 1,5% par an depuis 1985.Cette baisse entraξne une baisse du niveau de vie de la population voire une certaine paupιrisation de celle-ci.

Cependant, la pauvretι aux Comores frappe inιgalement les diffιrentes couches sociales. Elle touche beaucoup plus le milieu rural que le milieu urbain . Dans ce cas, l’Ξle d’Anjouan est un exemple ιloquent avec un taux moyen de 62%.

Pourtant,  une croissance du PIB rιel de 5% par an, accompagnιe de mesures de redistributions adιquates des revenus et d’allocation efficace des ressources publiques pourraient fortement, sur une longue pιriode, rιduire la pauvretι.

 A cet ιgard, la nouvelle stratιgie doit s’appuyer sur des secteurs crιateurs de revenus mais qui ne sont pas ou qui sont moins exploitιs tels que le secteur touristique, la zone franche, la pκche, l’agriculture.

Par ailleurs, pour pouvoir rιaliser ces objectifs, le pays doit compter en premier lieu sur la mobilisation de l’ιpargne interne (publique et privιe) ; en deuxiθme lieu, la rιduction des dιpenses non productives ; en troisiθme lieu, attirer l’aide internationale ; et enfin demander le moratoire sur le remboursement de la dette. Ainsi les services destinιs au paiement de la dette pourront κtre canalisιs plus efficacement selon les prioritιs de la lutte contre la pauvretι.

Cependant, aucune action ne pourrait κtre possible sans la stabilitι politique et la sιcuritι des investissements, deux aspects fondamentaux d’un dιveloppement qui se prιsentent guθre sur cet archipel.

ANNEXES

 

 

Annexe 2 : Conte Nationaux des Comores

 

(en millions des francs comoriens)

PIB nominal

1998

1999

2000

2001

 

84,5

103

109,1

121,3

Variations en pourcentage

Taux de croissance du PIB en volume

1,2

1,9

-1,1

1,9

 

3,5

3,5

4,8

5,9

Source :FMI, Banque de France- Rapport Zone franc-2001

 

Annexe 3 : Quantitιs produites

 

(en tonnes)

 

 

1997

1998

1999

2000

2001

 

Vanille

120

130

140

140

140

 

Clous de girofle

1097

1700

2500

2000

2000

 

Ylang-ylang

35

37

40

40

40

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : FMI et administration  comorienne: Banque de France-Rapport Zone franc-2001

 

Annexe 4 : Tableau des opιrations financiθres de l'Etat comorien

 

 

(en millions de francs comoriens)

 

 

1998

1999

2000

2001

 

RECETTES TOTALES

17812

18885

15557

17612

 

Recettes 

10865

12079

11018

13435

 

Recettes fiscales

9277

10509

9724

11115

 

Recettes non fiscales

1588

1570

1294

2320

 

Dons extιrieurs

6947

6806

4539

4177

 

DEPENSES TOTALES ET PRETS NETS

21038

19669

17615

22441

 

Dιpenses courantes

13648

14138

13493

14904

 

Salaires

7190

6430

6093

6319

 

Autres Biens et Services

3121

4642

4179

5018

 

Transferts

615

1033

844

1326

 

Intιrκts

960

950

960

1345

 

Autres Dιpenses courantes(assistance technique)

1762

1083

1427

896

 

Dιpenses Exceptionnelles(transition ,etc)

 

 

 

2323

 

Dιpenses en capital

7390

5531

4157

5250

 

Sur financement interne

360

192

130

461

 

Sur financement Externe

7030

5339

4027

4789

 

Prκts Nets

0

0

-35

-36

 

Solde primaire(1)

-2183

-1301

-1645

-585

 

Solde base engagement (dons inclus)(2)

-3226

-784

-2058

-4829

 

Arriιrιs 

2677

624

1964

2100

 

Sur Dette Extιrieure

887

534

551

916

 

Sur Dette Intιrieure

1790

90

1413

1184

 

AUTRES

-3191

495

395

 

 

SOLDE (base caisse)(3)

-3740

335

301

-2729

 

FINANCEMENT

3740

-336

-302

2729

 

Extιrieur (net)

1593

-504

108

4603

 

Tirages

1845

63

940

5321

 

Amortissement

-3782

-4367

-3765

-2240

 

Financement Exceptionnel

0

0

0

285

 

Arriιrιs en principal

3530

3800

2933

1237

 

Intιrieur (net)

2147

168

-410

-1874

 

Ecart de Financement

 

-1

-1

 

 

PIB nominal

84514

102781

109136

121296

 

 

En pourcentage du PIB

 

 

RECETTES TOTALES

21,1

18,4

14,3

14,5

 

Dιpenses Courantes

16,1

13,8

12,4

12,3

 

Solde:

 

 

 

 

 

Base engagements , dons inclus

-3,8

-0,8

-1,9

-4

 

Base caisse

-4,4

0,3

0,3

-2,2

 

 

 

 

 

 

 

Source :FMI  et Banque de France -Rapport Zone franc-2001

 

 

 

 

Annexe 5 : Dette extιrieure des Comores

 

 

 

 

 

 

 

(encours en millions de dollars)

 

 

1997

1998

1999

2000

 

DETTE A COURT ET  A LONG TERME

219,4

227,1

228,3

231,7

 

Dette ΰ long terme

202,7

211,6

206,2

201,9

 

Dette publique garantie

202,7

211,6

206,2

201,9

 

Dette privιe non garantie

0

0

0

0

 

Recours aux crιdits FMI

2,8

2,7

2,2

1,5

 

Dette ΰ court terme

13,9

12,9

19,9

28,4

 

Dons arriιrιs d'intιrκts sur dette ΰ long terme

8,9

11,8

12,9

19,4

 

Envers crιanciers publics

8,9

11,8

12,9

19,4

 

Envers crιanciers privιs

0

0

0

0

 

Pour mιmoire

 

 

 

 

 

Arriιrιs sur principal de  dette ΰ long terme

36,7

40,6

44,4

60,6

 

Envers crιanciers publics

36,7

40,6

44,4

60,6

 

Envers crιanciers privιs

0

0

0

0

 

Crιdits ΰ l'exportation

3,3

2,7

4,4

4,1

 

 

 

 

 

 

 

 

indicateurs de dette (en pourcentage)

 

Dette totale/export biens et services

536,9

445,2

421,8

428,9

 

Dette totale /PNB

103,3

105,6

102,5

114,6

 

Service dette / exports biens et services

5,6

3,9

5,7

5

 

Intιrκts dette/ export biens et services

2

0,8

1,7

2,4

 

Dette multilatιrale/dette totale

72,6

74,2

72,2

69,4

 

Source :Banque mondiale 2001

 

 

 

 

 

 

Annexe 6 : Balance des paiements des Comores                           

 

 

 

 

 

 

(millions des francs comoriens)

 

 

1998

1999

2000

2001

 

TRANSACTIONS COURANTES

-2408

-933

1604

4872

 

TRANSACTIONS COURANTES (hors transferts officiels)

9813

8149

-2935

-460

 

Balance commerciale                         

-16099

-15823

-12647

-12913

 

Exportations

2632

4181

7263

8962

 

Vanille

1058

1835

4105

5400

 

Girofle

180

1177

2012

2433

 

Ylang-ylang

582

563

887

999

 

Autres

812

606

259

130

 

Importations

18731

20004

19910

21875

 

Services

-5660

-5365

-2968

-1977

 

Transferts unilatιraux

19351

20255

17219

19762

 

Privιs

11946

13039

12680

14430

 

Publics

7405

7216

4539

5332

 

COMPTE DE CAPITAL

-3449

-1775

-464

3111

 

Investissements directs

170

125

50

56

 

Emprunts ΰ long terme

-1698

-2796

-2826

4603

 

Crιdits relatifs au commerce

-737

18

-669

-436

 

Banques commerciales

-412

-427

2055

-1622

 

Autres

 

 

 

-3500

 

Capitaux ΰ CT(y c erreurs et omissions)

-772

1305

926

-2790

 

SOLDE  GLOBAL

-5857

-2708

1140

7983

 

FINANCEMENT

5857

2707

-1141

-1544

 

Variation des rιserves officiels(hausse:-)

1440

-1726

-4978

-4876

 

Variation des arriιrιs extιrieurs

4417

4433

3837

3332

 

Financement exceptionnel

0

0

0

0

 

Ecart de financement

 

-1

-1

6439

 

 

 

 

 

 

 

Sources: FMI et autoritιs comoriennes ; Banque de France -Rapport Zone franc-2001

 

 

Annexe 7 : Les caractιristiques de l’Enquκte Exploratoire

Budget-Consommation

 

Financιe par le gouvernement comorien sur prκt du MERCAP (Macro-Economique Reform and Capacity Building Adjustemennt Program) de la Banque mondiale, par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Dιveloppement), l’enquκte exploratoire budget consommation a ιtι rιalisιe au cours du mois d’aoϋt 1995 sur l’ensemble du territoire dans le but de fournir des informations sur le niveau de vie des mιnages, sur les situations de pauvretι et sur les groupes cibles qui  pourraient bιnιficier d’interventions prioritaire de l’Etat.

Un ιchantillon de 2004 mιnages a ιtι sιlectionnι par sondage alιatoire auto pondιrι, avec un taux de sondage uniforme d’environ 1/40, ΰ deux degrιs, stratifiι en grappes. Trois strates   ont ιtι retenues : la capitale Moroni, les autres villes et le milieu rural. Les mιnages se rιpartissent ΰ travers les ξles de la maniθre suivante : 996  en Grande-Comore, 864 ΰ Anjouan, 144 ΰ Mohιli.

 

Un questionnaire de 39 pages, regroupant 900 questions, a ιtι rempli en deux visites d’une heure chacune ΰ 15 jours d’intervalle, afin de recueillit des informations sur :

-         les caractιristiques socio-ιconomiques des mιnages : leur  taille et la composition de famille, le statut matrimonial ;

-         le niveau de vie : les revenus et ressources disponibles, les productions, les dιpenses de consommation et l’autoconsommation, les transferts et les dons, ιpargne.

-         Les conditions de vie : le niveau de l’ιducation, l’accθs ΰ la santι, les habitudes alimentaires, les caractιristiques du logement, les biens d’ιquipement, les activitιs et le type  d’emploi.

 

Cette enquκte originale et riche en informations, a puisι pour sa conception dans les mιthodes classiques des enquκtes sur le budget et la consommation des mιnages et dans les objectifs des enquκtes prioritaires de la dimension sociale de l’ajustement.

 

Rιfιrence : Synthθse effectuιe ΰ partir du  document Enquκte exploratoire budget- consommation, Nailane M’hadji et Houmadi Abdallah, juin 1996, Direction de la Statistique, Moroni

 


Source : Agenda des Comores 2002

 


Source : Agenda des Comores 2002.

 

 

Annexe 10 : COMMERCE   EXTERIEUR

Evolution du Commerce extιrieur, 1985-1999, (millions de FC)

 

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

IMPORTATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alimentation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Viandes et abats

914

840

548

1259

1924

1176

1247

1617

1456

2469

2350

2512

Riz

2437

2761

2247

2022

2605

1650

2614

5252

3318

3947

4096

3365

Produits pιtroliers

1061

783

1655

1757

1040

1793

2546

2897

1509

1384

962

1333

Ciment

708

312

961

921

832

1020

1676

1652

880

843

813

822

Fer et acier

763

341

301

483

296

626

778

804

858

668

709

645

Autres importations

10389

9470

9842

11214

13107

10552

14828

13189

15828

17465

14901

16774

Total IMPORTATIONS

16272

14507

15554

17656

19804

16817

23689

25411

23849

26776

23831

25451

EXPORTATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Essence d'Ylang-ylang

744

1276

1473

992

1140

806

930

855

645

716

793

753

Vanille

4975

3621

2554

4482

4117

4796

2767

2320

1035

1119

1058

1788

Girofle

467

629

363

1092

108

268

522

134

210

89

268

522

Divers

956

1508

1966

1297

1447

1047

1202

927

546

706

533

662

Total Exports domestiques

7142

7034

6356

7863

6812

6917

5421

4236

2436

2630

2652

3725

Source : PNUD  aux Comores, 2000

 

Annexe 11 : AIDE EXTERIEURE

Evolution de l'aide extιrieure par secteur, 1996-1999 (milliers de $)

 

1996

1997

1998

1999

Gestion de l'ιconomie

4017

941

563

582

Administration du dιveloppement

2365

2129

734

741

Ressources Humaines

4381

3248

2337

696

Enseignement secondaire

3028

2026

1655

179

Enseignement technique

799

565

243

254

Enseignement supιrieur

374

443

112

36

Santι

6930

7249

5009

2232

Soins de santι primaires

2561

1730

1588

353

Lutte contre les maladies

287

165

222

357

Planification familiale

463

313

312

14

Hτpitaux et dispensaires

2594

3787

1792

196

Dιveloppement social

1983

1875

1604

384

Dιveloppement urbain

514

877

877

0

Eau potable et Assainissement

198

42

5

50

Culture

858

672

551

91

Agriculture, Elevage et Pκche

2402

2886

1976

1684

Cultures vivriθres

1147

1316

1533

1472

Elevage

0

101

390

162

Pκcheries

143

24

0

0

Dιveloppement rιgional

7555

3675

3604

1013

Industrie

1427

2233

1076

350

Transports

12532

9749

2473

5584

Communications

897

346

164

1171

Energie

1145

2347

3321

3059

Autres secteurs

1147

708

4712

5480

Total

46781

37386

27573

22976

Evolution de l'aide extιrieure par type d'assistance, 1996-1999 (milliers de $)

 

1996

1997

1998

1999

Coopιration Technique autonome

13236

10907

7282

3654

Coopιration Technique liιe aux projets d'investissement

8312

7529

6634

3351

Projets d'investissement

20632

10376

12664

9532

Aide Programme/Budget ou appui ΰ la BP

4454

848

728

5599

Aide alimentaire

147

451

190

334

Assistance ou secours d'urgence

 

 

75

506

Total gιnιrale

46781

30111

27573

22976

Evolution de l'aide extιrieure par donateur, 1996-1999 (milliers de $)

 

1996

1997

1998

1999

1. Assistance Multilatιrale

24969

14580

15257

17495

1.1. Systθme des Nations Unies

12253

10836

7780

3809

FAO

 

191

294

120

IDA

6312

5554

4120

 

FIDA

786

832

 

 

FENU

382

442

 

181

PNUD

1451

1506

1259

1174

PNUE

 

 

53

24

FNUAP

1043

721

422

371

UNICEF

683

773

666

666

PAM

147

 

 

150

OMS

1404

781

941

1123

OMM

37

29

 

 

Divers

8

7

25

 

1.2. Autres

12716

3744

7477

13686

BISD

174

 

 

1706

ISESCO

30

45

30

45

OUA

25

 

 

 

Union Europιenne

12487

3699

7442

11909

Divers

 

 

5

26

2. Assistance bilatιrale

21065

14788

11622

5271

Canada

188

158

 

 

Chine

679

921

980

1160

Egypte

145

230

110

25

France

19020

9929

9825

3654

Italie

 

256

 

 

Japon

262

1857

 

 

Koweit

 

660

590

384

Maroc

58

50

2

 

Nigeria

90

90

90

11

Rιpublique de Corιe

 

90

 

 

Suθde

139

 

 

 

Emirats arabes Unies

 

500

 

 

Royaume Uni

73

19

 

13

Etats Unis d'Amιrique

397

 

25

 

Divers

14

28

0

24

3. Organisations Non gouvernementales

749

743

694

210

Agence des musulmans d'Afrique

393

438

247

65

Care

101

 

 

 

Comitι International de la Croix Rouge

32

79

78

 

Fondation Damien

92

81

79

 

International Family Planing Association (IFPA)

76

58

56

53

Mιdecins du Monde

55

87

85

 

Volontaires sans Frontiθres

 

 

149

92

Total gιnιral

46783

30111

27573

22976

Source :Le PNUD aux Comores, 2000

 

Annexe 12 : Population , Production, PIB, PNB et Commerce extιrieur, 1960-1999

Annιe

Population

Urbanisation (%)

PIB

(millions)

FC

PIB/Tκte (FC)

PIB/Tκte ($)

PNB/tκte $

PIB constant (millions) FC

Exports

(millions) FC)

Import

(millions FC)

Indice Production totale (%)

Indice Production Alimentaire (%)

1960

196936

9.8

4723

23982

98

57

41136

800

940

54

57

1961

204223

11.1

4953

24253

99

57

41026

686

909

58

58

1962

211779

12.4

5202

24563

100

63

40979

626

1088

62

59

1963

219615

13.7

5462

24871

102

74

40919

1163

1335

66

60

1964

227740

15.0

5635

24743

101

78

40148

986

1508

70

62

1965

236167

16.3

5954

25211

103

96

40343

916

1623

74

63

1966

244905

16.9

6746

27545

112

88

43471

953

1783

78

66

1967

253060

17.5

7055

27879

113

90

43235

938

1850

78

66

1968

261487

18.2

7107

27179

110

87

41421

1008

1763

82

68

1969

270195

18.8

7462

27617

106

87

40874

1289

2092

83

70

1970

279192

19.4

8043

28808

104

89

43906

1278

2373

84

71

1971

288489

19.8

9432

32694

119

101

48265

1572

2835

87

72

1972

298096

20.1

10016

33600

133

114

49892

1511

2932

96

71

1973

308023

20.5

11082

35978

161

138

50255

1106

3369

103

77

1974

318280

20.8

16781

52724

219

187

54870

2102

6202

106

78

1975

329018

21.2

15011

45624

213

181

47855

2037

4976

110

76

1976

293991

21.6

12569

42752

179

176

36760

2223

3118

114

80

1977

303781

22.0

13961

45959

187

185

38271

2202

4053

118

79

1978

313896

22.4

16703

53213

236

233

39620

2127

4329

122

81

1979

324349

22.8

21227

65445

308

285

43772

3736

6135

105

81

1980

335150

23.2

24901

74298

352

370

46342

2705

5917

104

86

1981

344031

23.7

29426

85533

315

333

50112

4461

8792

103

76

1982

353148

24.1

35128

99472

303

305

55495

6435

10726

103

80

1983

362507

24.6

42496

117228

308

306

63160

7419

14267

102

85

1984

372113

25.0

46068

123801

283

287

64812

3079

19664

102

82

1985

381974

25.5

51436

134658

300

297

62916

7048

17871

100

85

1986

392096

26.0

56270

143511

414

411

64080

7022

14890

96

90

1987

402487

26.5

59035

146676

488

486

65183

3499

16859

99

94

1988

413153

26.9

61796

149572

502

497

66925

6398

16270

103

97

1989

424101

27.4

63397

149485

469

472

65789

5758

14506

104

99

1990

435282

27.9

68074

156391

574

573

68074

4883

12314

97

99

1991

446817

28.4

69670

155925

553

551

64390

6871

15122

99

102

1992

458658

28.9

71844

156640

592

573

71237

5672

15414

101

102

1993

470812

29.4

74628

158509

560

532

71997

6111

14027

103

107

1994

483289

29.9

83739

173269

416

435

70965

4491

18714

106

108

1995

496096

30.4

86812

174990

467

449

70660

4236

20027

105

114

1996

509242

31.0

83181

163343

426

414

70609

2314

19835

106

111

1997

522737

31.5

82331

157500