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L'Economie des Comores

Les Mutuelles

LES MUTUELLES DES COMORES

Un espoir pour le développement ?

AG00059

       

En 1994, un accord de prêt a été signé entre la République Fédérale Islamique des Comores et le Fonds International de développement Agricole, le FIDA. Ce prêt devait servir au financement du projet Appui aux Initiatives Economiques de Base en milieu rural, AIEB. Il s’agissait de mettre en place un véritable outil de développement qui devait permettre la mise en place de très petites structures économiques, des micro-entreprises, et donc la création d’emplois.

        Pour atteindre ces objectifs, il fallait dans un premier temps mobiliser l’épargne locale par le biais de mutuelles d’épargne et de crédit, épargne qui devait servir dans un second temps au financement de micro-entreprises.

    Les mutuelles d’épargne et de crédit ya Komor (MECK) sont construites selon le même principe que celui qui est à l’origine de tous les systèmes mutualistes dans le monde ; les épargnants déposent de l’argent dans une institution qui appartient à ses membres qui en assurent par délégation de pouvoir la gestion administrative et financière, selon des principes démocratiques et mutualistes. L’histoire des banques pour les exclus du système bancaire classique est riche de succès : les caisses Desjardins, le Crédit agricole, le Crédit Mutuel français, les Grameen Banks ou les Banques populaires du Rwanda. Le système mutualiste permet aux gens de se prendre en main, de cotiser pour une épargne qui peut ensuite leur servir sous forme de prêt.

    En 1997, trois MECK ont vu le jour en Grande Comore ; les MECK de Foumbouni, Mbéni et Ivembéni. La MECK de Moroni n’a ouvert qu’en septembre 1998. L’objectif est d’atteindre le nombre de douze MECK sur Anjouan, Mohéli et la Grande Comore. Aujourd’hui les quatre MECK existantes ont dépassé à elles seules les objectifs qui avaient été fixés en terme de collecte d’épargne pour les douze MECK réunies lors de l’élaboration du projet. L’adhésion de la population est totale.

    Pourtant, le projet AIEB a du faire face à de nombreux problèmes (suspensions de fonds chronique dues au désengagement de l’Etat comorien, manque de personnel qualifié, ect ). Mais malgré tous cela les MECK existent et cela principalement grâce à la volonté des comoriens concernés, ceux qui habituellement subissent parce qu’ils n’ont pas l’occasion d’agir.

    Si les objectifs de collecte d’épargne ont été largement dépassés (plus de 145 millions de francs comoriens d’épargne mobilisée), par contre les objectifs de création d’entreprises ne suivent pas. Or il s’agit là de l’un des principaux objectifs du programme. Les MECK, ne deviendront un outil de développement que lorsqu’elles permettront l’émergence des petits entrepreneurs comoriens qui ne peuvent pas faire appel au système financier classique. Les mutuelles se trouvent aujourd’hui confronté à un problème de sur-liquidités, alors que la misère sévit aux Comores, parce qu’il n’y a pas assez de demandes de prêts. On peut donc se poser la question de savoir pourquoi il n’y a pas plus de création de micro-entreprises alors qu’aujourd’hui l’outil de financement existe (même s’il reste à améliorer). Il ne suffit donc pas d’avoir, ou de pouvoir obtenir, de l’argent pour que des entreprises se créent.

"Les mutuelles se trouvent aujourd’hui confronté à un problème de sur-liquidités, alors que la misère sévit aux Comores.."

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Pour qu’une entreprise puisse prospérer, des conditions doivent être réunies. On peut, de manière générale, poser deux critères ;

  • Un projet viable c’est à dire un projet qui répond à un besoin et qui permet de faire vivre l’entrepreneur.
  • La motivation et l’adéquation du porteur de projet au projet lui-même. Prenons un exemple : on peu avoir un projet de salon de coiffure tout à fait viable à priori mais qui, porté par une personne qui a une formation de boucher et qui ne connaît strictement rien à la coiffure, a toutes les chances de couler.

    Les entrepreneurs eux-mêmes ne manquent pas de motivation. Par contre, il existe un gros besoin en formation car gérer une entreprise demande un minimum de préparation et ce, indépendamment du pays où l’on se trouve. Pour aller même plus loin il existe en fait un gros besoin en accompagnement pour tout ce qui concerne la formation d’abord mais aussi la recherche de débouchés ou le suivi comptable.

    Pour ce qui est de la viabilité du projet, nous avons de nombreux obstacles qui freinent l’esprit d’entreprise. Il y a tout d’abord la faiblesse du pouvoir d’achat de la population comorienne qui limite forcément la création d’activité. Mais il ne faut pas oublier non plus l’incertitude générale qui règne dans le pays. Or l’économie a besoin d’un terreau pour se développer. Des conditions doivent être réunies, un climat de confiance doit s’instaurer. Seule la confiance dans le pays et dans ses institutions sera de nature à pousser les entrepreneurs potentiels existants à créer leur activité. Cette confiance ne pourra exister que si le gouvernement comorien affiche clairement sa volonté d’accompagner la création. Le rôle du gouvernement en matière économique est précisément d’accompagner en veillant à ce que le pays des outils nécessaires aux acteurs économiques…… dont la stabilité politique fait partie.

Saïd Ahamada Mboussouri

Comores Mag

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