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| L'Economie
des Comores |
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Comores Hygiène Industrie et Service (Nadhura)
mise à jour le 01/01/2006 |
Un Comorien de La Réunion fabrique des
produits de nettoyage à Moroni
Publié dans TEMOIGNAGES édition du samedi 6 août 2005
URL :
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=10272
C’est grâce à son savoir-faire dans le
domaine commercial acquis à La Réunion et à son aisance dans les contacts
humains, que ce jeune entrepreneur a pu mener ce projet à bout.
IZOUDINE
vit à La Réunion depuis une vingtaine d’années. Après ses études à
l’Université, il a travaillé comme commercial dans une agence de transit,
superviseur dans un des magasins du groupe Ravate et animateur dans une radio.
Depuis six ans, il est attaché commercial dans une société de
télécommunication. Il s’est bien intégré dans la société dans laquelle il vit,
et passe des vacances en famille dans son pays d’origine. Au cours d’un de ces
retours aux sources, il a vécu une épidémie de choléra qui s’est propagée à
cause de l’indisponibilité de certains produits comme l’eau de javel.
Arrivé à La Réunion, il a commencé à prendre des contacts avec plusieurs
professionnels dans le domaine de l’hygiène pour acheter et acheminer aux
Comores des produits de bonne qualité. "L’un d’entre eux,
s’est tout bonnement proposé de m’aider à les fabriquer sur place, je n’en
revenais pas", raconte Izoudine encore ému.
L’opérateur réunionnais a accompagné le projet de bout en bout en fournissant
les matières premières, les équipements et son savoir-faire. Un de ses
techniciens a même fait le déplacement à Moroni pour former le personnel
local.
Après plusieurs mois de gestation, de nombreux voyages aux Comores, et des
difficultés multiples qui surgissaient de partout à tout moment, “Comores
Hygiène Industrie et Service” est enfin opérationnel. Les produits sont
commercialisés depuis le 15 juillet dernier aux Comores sous le label “Nadhura”.
En parallèle, la société intervient dans le nettoyage, la désinfection, la
dératisation...
Création d’emplois
Cette initiative a agréablement surpris, car les gens ne pensaient pas qu’il
était possible de fabriquer de tels produits sur place. C’est aussi un grand
soulagement pour les hôtels et les hôpitaux qui sont de gros consommateurs et
qui étaient à la merci des ruptures de stock.
Jusqu’ici, la plupart des produits sont importés de Dubaï avec des délais de
livraison non maîtrisables et une qualité pas toujours fiable. Des produits
comme la javel ou de lave-vaisselle sont très demandés, mais les prix étaient
parfois prohibitifs pour les plus défavorisés. Pour ces derniers, le savon en
poudre dans le petit sachet vendu à 50 francs comoriens soit 10 centimes
d’euro, est utilisé à la fois sur le linge, le sol, la vaisselle...
L’autre objet de satisfaction, c’est la création d’emplois et la contribution
dans la création de la richesse nationale.
"La première phase qui consistait pour nous, à mettre en place l’unité de
production est une réussite, la deuxième vient de commencer. Elle consiste à
vulgariser les produits que nous fabriquons dans toutes les îles et les
villages pour susciter une consommation de masse car ce sont bien des produits
de première nécessité", annonce fièrement le promoteur.
Un pari risqué
En fait, il y a une équation à résoudre car même si le rapport entre le prix,
la qualité et la quantité de nettoyant fabriqué aux Comores, est très
avantageux, il est difficile pour des gens à faible revenu d’immobiliser de
l’argent pour acheter 5 litres ou même 2 litres de détergent.
Parmi les difficultés rencontrées par Izoudine, c’est l’absence d’une
structure qui fournit des informations sur les Comores alors qu’une antenne du
Conseil régional ouvre ses portes à Tananarive à cet effet. Pour l’heure, le
travail se fait manuellement ce qui paraît bien réfléchi, car le pays est
exposé à de fréquentes ruptures de la fourniture énergétique.
Ce projet n’a obtenu aucun soutien institutionnel ni aux Comores ni à La
Réunion.
"Nous n’avons bénéficié que d’une exonération de taxes fiscales et douanière
prévue par le code comorien des investissements".
C’est un pari risqué qui a été fait, mais l’intéressé a toujours eu foi en son
pays. Une foi qu’il a le bonheur de partager avec d’autres membres de sa
communauté, mais aussi avec des Réunionnais. Il s’avère en effet que des
opérateurs réunionnais commencent timidement à s’installer aux Comores dans
les secteurs du bâtiment et des travaux publics et de l’imprimerie. Une
concrétisation de l’accompagnement dans le cadre du co-développement de la
coopération régionale et de l’aide au retour pour ceux qui le souhaitent,
donnerait un coup de pouce aux investissements dans cet archipel.
Dans le pays, il y a des Comoriens qui ont amassé des fortunes dans le
commerce, mais il leur manque des idées novatrices, une culture d’entreprise
et un appui technique. C’est pourquoi cette convergence d’intérêts entre ces
deux peuples que tout rapproche ne ferait que des gagnants.
M. Aliloifa
Un Comorien de La Réunion fabrique des produits de nettoyage à Moroni
Article paru dans Témoignages le samedi 6 août 2005
URL :
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=10272
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