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L'Economie des Comores

L'Etat veut lutter contre les nombreuses banques offshore d'Anjouan
mise à jour 17/03/2008

 
AFP 08.03.08 | 11h46
Source : Le Monde.fr

Sur son site internet, Anjouan Corporate services se présente comme une entreprise internationale de services bancaires offshore comme il en existe ailleurs dans le monde. Sauf qu'elle est illégale, comme plusieurs centaines de banques offshore de cette île des Comores. "La question des banques offshore illégales d'Anjouan se pose depuis 1997, mais s'est aggravée dramatiquement ces dernières années", explique à l'AFP Mze Abdou Mohamed Chafion, vice-gouverneur de la Banque Centrale de l'Union des Comores. "En 2002, on estimait à 120 le nombre de ces établissements illégaux essentiellement hébergés sur la toile. Maintenant, il y a à Anjouan 300 banques offshore se prévalant d'une licence bancaire comorienne", précise-t-il. Anjouan est en crise ouverte avec l'Etat fédéral: M. Bacar, réélu président d'Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d'un scrutin rejeté à la fois par l'Union africaine (UA) et l'Etat fédéral, refuse d'organiser de nouvelles élections. L'Union prépare une opération militaire contre lui, appuyée notamment par l'UA et la France. La Banque Centrale des Comores a décidé de lutter contre ce phénomène en lançant au début de l'année une campagne d'information et une procédure judiciaire. "Une commission rogatoire a été adressée à la Grande-Bretagne pour auditionner un individu qui semble être à l'origine d'une partie de ces fausses licences", indique André Olive, contrôleur financier à la Banque Centrale. La loi comorienne stipule que "les établissements financiers (...) ne peuvent exercer leur activité sans l'agrément préalable du ministre de l'Union chargé des Finances sur avis favorable de la Banque Centrale des Comores". "Selon la Constitution, toutes les questions concernant les banques et établissements financiers sont de la compétence exclusive du gouvernement de l'Union et non de celui des Iles. Aucun agrément n'a été à ce jour délivré par l'autorité compétente", précise le texte. "Il y a un grand risque que ces banques illégales, sur lesquelles aucun contrôle de la Banque (centrale) n'est exercé, servent au blanchiment de l'argent du terrorisme et des trafiquants", relève M. Olive, refusant toutefois de dire "à cause de l'enquête en cours" si les autorités d'Anjouan sont impliquées. Mais sur les différents sites mis à l'index par Moroni (anjouan.org, anjouan.net, anjouan.gov.km...), la photo de M. Bacar figure en bonne place. "Anjouan se lance désormais dans une nouvelle ère de croissance et d'expansion économique (...). En tant que centre financier offshore de premier ordre, Anjouan va continuer à se développer et prospérer afin de sécuriser la stabilité économique des générations futures", affirme un message de M. Bacar sur l'un de ces sites. Anjouan Corporate services Ltd (ACS) se vante d'être "l'agent exclusif du gouvernement autonome d'Anjouan pour la promotion de tous les produits et services financiers offshore" et propose "des conditions extrêmement favorables pour faire des affaires". Pour preuve de ce mandat, l'ACS présente une résolution de l'Assemblée d'Anjouan du 12 février 2005, indiquant que "le gouvernement de l'île autonome d'Anjouan est de droit investi des pouvoirs de réglementer les activités financières internationales et extraterritoriales (offshore) de son territoire national". De son côté, le Département d'Etat américain confirme le chiffre de 300 banques offshore, dont "beaucoup semblent être des banques écrans" (permettant l'évasion fiscale) et ayant une licence d'Anjouan "qui opère apparemment indépendamment de la Banque centrale de l'Union". Le Département d'Etat pointe également du doigt le manque de moyens du gouvernement du président de l'Union, Ahmed Abdallah Sambi, pour lutter efficacement contre ce phénomène

 

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