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| L'Economie
des Comores |
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Mémorandum
Sur l’Ordonnance n°03-012/PR
portant mise en place
d’une Commission spéciale de recouvrement
de certaines créances de l’Etat.
L’OPACO vient de prendre
connaissance du contenu de l’Ordonnance n°03-012/PR signée le 8 décembre
dernier par le Président de l’Union des Comores, portant « Mise en place d’une
Commission spéciale de recouvrement de certaines créances de l’Etat ». Bien
que notre organisation reconnaisse à l’Etat ses prérogatives régaliennes en
matière de recouvrement de créances, il n’en demeure pas moins que les
dispositions contenues dans cette ordonnance constituent un recul dangereux et
une violation flagrante des droits élémentaires reconnus aux contribuables
comoriens, par la Constitution comorienne, les traités internationaux et les
lois en vigueur, notamment le code général des impôts et le code général des
douanes.
La commission ainsi constituée ne garantit pas les droits de la défense,
reconnu à chaque citoyen par les instrument juridiques sus visés, qui
consistent à ce que la cause de chaque débiteur soit entendue équitablement,
et que les délais de recours soient raisonnables. La contrainte par corps pour
les créances dont la nature est laissée à la seule appréciation du ministre
délégué chargé du budget est une menace grave qui pèse sur les opérateurs
économiques qui risquent de payer au prix fort les dysfonctionnements de l’Etat.
La possibilité offerte à cette commission de demander au ministre chargé de la
sécurité, d’interdire à un débiteur de quitter le territoire risque de créer
des abus manifestes de la liberté d’aller et venir.
Le fait que la Commission ne soit pas tenue de répondre aux réclamations de
débiteurs, que lesdites réclamations n’aient pas d’effet suspensif sur les
sanctions dans les délais de 6 mois fixés par l’ordonnance, de l’absence d’une
notification en bonne et due forme de la décision de la Commission, du court
délai de 3 jours suivant « la date de signature de la décision » pour saisir
le Tribunal administratif, constituent autant d’atteintes graves aux droits
élémentaires des débiteurs.
Compte tenu de toutes ces considérations, l’OPACO demande :
L’abrogation de l’ordonnance ;
L’application stricte des dispositions législatives portant sur le
recouvrement amiable et forcé des créances de l’Etat, fixées par les lois en
vigueur, notamment le Code général des impôts et le Code général des Douanes ;
Appelle les pouvoirs publics au renforcement du dialogue social pour mieux
assurer la cohésion nationale et le développement économique du pays ;
Appelle à la mise en place d’une Commission mixte secteur public et secteur
privé chargé d’étudier les modalités de recouvrement des créances de l’Etat et
le paiement de la dette intérieure.
Le Bureau de l’OPACO
Moroni, le 18 décembre 2003
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