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L'enseignement agricole
se dote d'un accord-cadre... mise à
jour 22/08/2005 |

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Coopération régionale avec l'archipel des
Comores L'enseignement agricole se dote d'un accord-cadre...
12/02/2005
Dans la région, la coopération
dans le domaine de l'enseignement agricole est une réalité. Le lycée
d'enseignement général et technologique agricole (LEGTA) de Saint-Paul et le
lycée d'enseignement professionnel agricole (LEPA) de Saint-Joseph ont signé
hier un accord-cadre de coopération avec le lycée agricole de Coconi (Mayotte)
et de l'Université de Patsy (Anjouan). Le LEGTA de Saint-Paul et le LEPA de
Saint-Joseph ont une culture de la coopération régionale. Les actions ne
manquent pas comme l'envoi, depuis quatre ans, de jeunes BTS du LEPA dans le
Nioumakélé (Anjouan) pour une campagne de sensibilisation à l'hygiène de la
traite laitière ; la mise à disposition de livres techniques mais aussi
l'enquête et l'analyse de la filière laitière en octobre 2004 réalisée par dix
jeunes BTS du LEGTA ; un stage en cours sur l'irrigation pour deux techniciens
anjouanais au CFPPA de Piton Saint-Leu ou le stage, cette semaine, de quinze
techniciens de l'Union des Comores au LEPA de Saint-Joseph.
Ces actions ont trouvé un support, hier matin au LEPA. Un accord-cadre de
coopération a été signé entre Bernard Isebe, proviseur du LEPA de Saint-Joseph
; Joseph Gestin, proviseur-adjoint du LEGTA de Saint-Paul et Fatima Bacar,
responsable de l'Université de Patsy (Anjouan), seul établissement de l'Union
des Comores disposant d'un département agricole de ce niveau. Le lycée
agricole de Coconi (Mayotte) qui dispense des formations de niveau BPA a par
ailleurs été pleinement associé à cet accord-cadre. Ce qui permettra de
développer des actions tripartites. Mais, comme l'a souligné Bernard Isèbe,
"il appartiendra à chaque établissement de construire des partenariats
particuliers avec l'université de Patsy".
Une agriculture qui progresse
La signature de l'accord-cadre s'est déroulée en présence d'Omar Houmadi,
ministre de la Production, de l'Agriculture et des Transports de l'île
autonome d'Anjouan, accompagné de son conseiller technique, Mohamed Hamed Hazi.
En marge de la cérémonie officielle, le ministre a dressé un panorama
optimiste de l'agriculture anjouanaise. Il s'enorgueillit, par exemple, de la
production d'oignon qui a atteint 237 tonnes en 2004. Et il estime que
compte-tenu de l'engouement des agriculteurs qui vendent leur production au
syndicat chargé de la commercialisation, la production pourrait vers 2010 se
stabiliser à 400/450 tonnes pour Anjouan et à 1.000/1.500 tonnes pour les
trois îles de l'Union des Comores. Le schéma est le même pour la pomme de
terre. Et dans les deux cas, ces semences pourraient venir de La Réunion.
Anjouan connaît également une bonne progression de la production laitière,
notamment concentrée dans le région de Nioumakélé, avec une moyenne par vache
et par jour de 10 litres de lait, selon le ministre. Une Association des
éleveurs du Nioumakélé a été créée en 2001. Son président, Mohamed Toybou
indique qu'elle rassemble 150 éleveurs de 13 villages. Elle a trois objectifs
: l'encadrement des éleveurs, le développement de la production et la
commercialisation. L'unité laitière produit aujourd'hui du lait conditionné
qui peut être commercialisé dans les autres îles, du lait caillé très prisé en
Grande Comore et du fromage. Mais le point noir, selon Mohamed Toybou reste
l'amélioration génétique des vaches laitières. Un premier essai dans les
années 80 avec l'importation depuis La Réunion de trois taureaux de race
frisonne s'est soldé par un échec. La difficulté d'importer de nouveaux
taureaux de La Réunion a amené les responsables de l'agriculture à se tourner
vers le Kenya d'où on été importés deux taureaux et trois vaches. Mais selon
le président de l'association, "cela n'a pas donné les résultats escomptés".
Multiplier les échanges professionnels
Le développement d'un petit élevage familial de poules pondeuses s'est heurté
à la question de l'importation de la provende. Mais, selon Omar Houmadi, "la
volonté de développement aux Comores ouvre de nouveaux horizons". Et dans le
domaine de l'élevage de volaille, le savoir-faire de l'Urcoopa pourrait, selon
le conseiller technique du ministre, Mohamed Hamed Hazi, relancer le projet.
L'Urcoopa qui peut également fournir de l'aliment, mais aussi de la farine de
blé.
D'autre part, le ministre met l'accent sur la production de tomates,
regrettant la surproduction saisonnière. Un des stagiaires comoriens qui a
visité des exploitations agricoles réunionnaises s'est montré particulièrement
intéressé par les tomates produites en hors-sol, "chose que nous souhaitons
mettre en ouvre". Évidemment !
Cependant, le chemin est encore long pour arriver à ce degré de développement
aux Comores. Mais il est certain que le développement des échanges
professionnels, objet de l'accord-cadre signé hier, comme l'a souligné Aha
Majani, responsable de la centrale d'achat d'Anjouan, devrait permettre de
franchir une à une les étapes d'un développement profitable aux agricultures
comoriens et à leurs collègues réunionnais.
Y.V.D.E.
2005-02-12
Source : Témoignages |