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Les réformes scolaires aux Comores par Mr. Mohamed Ali Mohamed  

Le rendement scolaire aux Îles Comores par Mr. Mohamed Ali Mohamed 
 
Droit de l’enfant comorien à l’apprentissage de sa langue maternelle par Abdou Saïd Houmadi
 

L'Education en France et aux Comores

Les Réformes Scolaires aux Iles Comores

 

LES RÉFORMES SCOLAIRES AUX ÎLES COMORES

 

Par
Dr. Mohamed Ali Mohamed, Ph. D.

Chercheur Autonome
Consultant International

Le présent article a été tiré du deuxième chapitre de la thèse de doctorat en administration et politique scolaires que nous avons réalisée dans le Département des Fondements et Pratiques en éducation à l’Université Laval (2000). Nous avons réduit et modifié le texte initial. Ces quelques modifications mineures ont toutefois été apportées au texte afin d’améliorer sa cohérence avant la parution de cet article. Finalement, nous avons ajusté certaines parties du texte pour s’assurer qu’il n’y ait pas de répétition à travers les différentes réformes scolaires aux Comores.

Résumé de l’article

Le thème de réforme scolaire fait aujourd’hui partie intégrante des débats des comoriens sur le système éducatif. Il n’en a pas toujours été ainsi. Le débat actuel au sujet des réformes scolaires dans les différents forums de discussions des comoriens sur Internet nous pousse à réagir en rédigeant et en publiant cet article. Les arguments de certains comoriens dans leurs discussions affirment qu’il n’y a jamais eu de réformes scolaires depuis l’accession des Comores à l’indépendance. S’agit-il là d’une méconnaissance importante du système scolaire, de l’ignorance totale de l’évolution du système éducatif ou d’une mauvaise foi, tout au moins dans leur esprit critique ? Sur quel genre d’arguments ces comoriens peuvent se baser pour soutenir et affirmer qu’il n’y a jamais eu de réformes scolaires ? Ce sont ces interrogations générales que cet article voudrait essayer de répondre en centrant l’attention sur les trois majeurs réformes scolaires que nous avons relevées et mentionnées dans notre recherche doctorale. Pour les vingt six dernières années d’indépendance des Comores, ces réformes scolaires apportent un nouvel éclairage sur l’évolution et sur un certain nombre d’implications pratiques concernant le système éducatif. Pour tenter d’éclairer le débat actuel dans ces forums de discussions, nous décrirons le contexte des réformes scolaires entreprises aux Comores depuis l’accession de son indépendance en 1975. Nous ne visons pas ici à faire un bilan complet sur ce thème.

Introduction

Après un siècle et demi de colonisation, l’école comorienne a commencé à faire l’objet d’un questionnement systématique et permanent durant toutes les années d’indépendance des Comores. En dehors des critiques adressées à la fonction sociale de l’école, on peut dire qu’une bonne partie des blâmes dirigés contre elle ont trait à son rendement : ce qui est mis en doute, c’est sa capacité à remplir les tâches qui lui sont assignées au niveau du développement cognitif des élèves. Ainsi, on conteste la qualité des activités qui s’y déroulent ; on se plaint de la baisse du niveau des élèves ou de la dégradation du niveau des études ; on reproche à l’école d’entretenir un certain laxisme et un laisser-aller général ; on s’inquiète du grand nombre des jeunes qui s’absentent de l’école ou la quittent prématurément. Les discours officiels, les compte-rendus de séminaires, les colloques sur la qualité de l’enseignement ont fréquemment «constaté» le faible rendement de l’enseignement.

Ces critiques énumérées ont principalement été évoquées pour décrire la situation de l’école comorienne. Des documents officiels comme la «Réforme fondamentale», Plan quinquennal de développement, publié par le service de la présidence de la République des Comores en 1976 ; suivi du Rapport général du Séminaire sur la construction des curricula à partir des objectifs d’éducation, du 25 mai au 6 juin en 1981 à Moroni ; le Rapport final du Séminaire sur l’Éducation et la formation professionnelle aux Comores du 27 et 28 mars 1984 ; le Colloque national sur l’Éducation du 29 novembre au 1er décembre 1988 ; l’Évaluation de l’efficacité du système éducatif, Rapport sur le fonctionnement du système éducatif. Contribution des inspecteurs, des conseillers pédagogiques, des directeurs d’école et des instituteurs, Comores en 1993 ; le Rapport général des États généraux (volume 1 et 2) de 1994 et le Plan directeur de l’éducation et de la formation de 1997-2001, Réunion des bailleurs de fonds du secteur éducatif comorien, Document n°2 de septembre 1996. Tous ces documents cités ont largement fait état de ces difficultés. On estime d’ailleurs, dans les deux derniers documents, que les maux les plus graves du système résidaient dans «le manque d’intérêt à l’égard des études, l’insuffisance du rendement scolaire, l’absentéisme et l’abandon prématuré des études». De multiples rapports de recherche, commentaires et analyses ont aussi contribué à alimenter ce vaste courant de critiques et de remise en cause de l’école comorienne.

Comme la plupart des pratiques sociales, l’éducation a une dimension politique. Depuis l’accession des Comores à l’indépendance le 6 juillet 1975, les autorités comoriennes poursuivent inlassablement leurs efforts en vue d’adapter le système éducatif aux réalités nationales, tant au niveau des structures qu’à celui des programmes. C’est avec la Révolution d’Ali Soilihi des années 75 et, plus particulièrement, comme suite aux recommandations de la politique générale du pays, que l’éducation passa aux mains de l’État. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, le Ministère de l’éducation nationale des Comores a pris en charge la totalité du système éducatif et des politiques éducatives, du primaire, du secondaire et du supérieur.

Le système d’enseignement aux Comores est du ressort fédéral. Au Ministère de l’éducation nationale est confié le mandat de promouvoir l’éducation, d’assurer le développement des institutions et de veiller à la qualité des services éducatifs aux quatre niveaux d’enseignement, préscolaire, élémentaire ou primaire, secondaire et supérieur. En ce qui concerne l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire, les Comores sont divisées en circonscriptions d’inspection pédagogique régionale (CIPR), qui regroupent un ensemble d’écoles publiques et privées dont la supervision est confiée aux inspecteurs et aux conseillers pédagogiques du territoire scolaire. Chaque CIPR est située au niveau intermédiaire des directions régionales des enseignements de chaque île. Ces directions sont les organes responsables de la gestion des écoles qui se trouvent sur chaque île.

Après ce bref constat, nous allons faire part, tout au long de ce qui suit, de travaux historiques sur le contexte des réformes scolaires et des changements apportés par ces réformes après quelques années d’indépendance.

1. Contexte des réformes scolaires aux Comores

Vouloir parler de l’évolution de toutes les réformes du système éducatif comorien et appréhender, tour à tour, leurs origines peut paraître ambitieux, tant les ministres changent vite, les structures politiques sont multiples et les dimensions économiques complexes. Notre intention n’est pas de présenter en détail toutes les réformes, ni d’en apprécier la portée et l’efficacité. C’est pourquoi nous allons nous limiter à une brève présentation de l’objet principal de chacune d’elles pour décrire les grands changements apportés au système. Nous nous intéressons aux réformes qui ont parlé et qui sont reliées de près ou de loin à la question du rendement scolaire, c’est-à-dire de la réussite ou de l’échec scolaire dans l’enseignement primaire comorien. Conformément à cette orientation, nous allons donc nous attarder aux points suivants :

            1 – Relever les faits de la réforme scolaire de la période révolutionnaire incarnée par le Président ALI SOILIHI MTSACHIWA - C’est-à-dire les ruptures qu’il a provoquées après avoir réalisé le 3 août 1975, le premier coup d’État, et avoir opéré des changements dans le système éducatif comorien. Voilà le premier épisode d’une réforme éducative et d’un système scolaire qui se termine par l’assassinat du Chef de l’État, le 29 mai 1978.

            2 – Mettre en lumière les points forts de la Réforme éducative de 1982 issue de la restauration du pouvoir monarchique d’AHMED ABDALLAH qui provient du deuxième coup d’État perpétré le 13 Mai 1978, et évoquer les propositions et les changements qui se sont produits à l’intérieur du système éducatif. Tel est le deuxième épisode d’un autre système éducatif qui s’achève aussi par l’assassinat du Président de la République, le 26 novembre 1989.

            3 – Enfin, concernant la troisième réforme du système éducatif lancée en 1994, nous allons parler des États généraux de l’éducation aux Comores, des éléments d’une stratégie pouvant permettre de relancer l’expansion du système d’éducation et des conditions qui doivent préalablement être remplies. Cette réforme fut perturbée par un troisième coup d’État, en septembre 1995, qui a renversé le Président SAÏD MOHAMED DJOHAR. Ce dernier avait été élu démocratiquement en mars 1990.

Nous considérons les trois réformes opérées par l’État comorien depuis son indépendance comme des efforts déployés périodiquement pour tenter d’améliorer l’enseignement national, parce que nous admettons qu’une réforme est un «changement profond apporté dans la forme d’une institution afin de l’améliorer, d’en obtenir de meilleurs résultats» (Le Robert, 1995, p.1902). Par cette définition, nous pouvons dire qu’une réforme est un changement opéré en vue d’une amélioration. Ce qui veut dire qu’une réforme de l’éducation constitue à plusieurs égards une rupture par rapport au passé. «La réforme scolaire est un facteur essentiel pour montrer la réalité et pour servir d’exemple aux autres secteurs de la Révolution» (Allocution d’Ali Soilihi, 15 juin 1977, cité par Lafon, 1995, p. 131).

Dans la section qui suit, nous essaierons de démontrer les diverses réformes scolaires au point de vue de la qualité de l’éducation.

2. Diverses réformes au point de vue de la qualité de l’éducation

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut se situer dans le contexte de cette fin de siècle, qui a vu naître plusieurs réformes, dont l’une des plus importante concerne l’éducation pour tous. Depuis la réforme d’Ali Soilihi, notre système d’éducation s’est donné deux objectifs fondamentaux : rendre accessible l’apprentissage scolaire à toutes les classes sociales et favoriser le développement intégral de l’individu afin d’en faire un citoyen conscient des enjeux et de l’évolution rapide de la société qui l’entoure.

L’acquisition de l’indépendance marque une phase importante de l’évolution de la société comorienne dont l’éducation est devenue nécessaire à sa poursuite. L’une des principales activités entreprises par ce nouvel État consiste en une réforme de son système éducatif hérité de la colonisation et structuré en trois paliers (enseignement primaire, secondaire général et supérieur dispensé uniquement dans la métropole), élitiste et conçu pour une société urbaine (peu d’écoles existaient dans les milieux ruraux et l’effectif y était très limité). Il s’agissait de bâtir un autre système éducatif propre à un peuple indépendant. La réforme de 1976 porta sur l’enseignement primaire et secondaire, lequel constituait la grande priorité de l’État en matière d’éducation.

2.1 - La réforme de 1976 connue sous le nom de la réforme d’Ali Soilihi

Au lendemain de l’accession des Comores à l’indépendance en 1975, les leaders politiques et les intellectuels ont mobilisé les populations autour de la lutte contre l’ignorance. Conséquemment, le développement du système éducatif a occupé une place de choix dans les priorités des différents régimes qui se sont succédés après l’assassinat d’Ali Soilihi.

Aux Comores, les écoles ont continué jusque dans la seconde moitié du XXe siècle à dispenser leur enseignement traditionnel. La démocratisation de l’enseignement (période de la révolution) de 1975-78, se fait sous le signe d’une idéologie nationale ; elle s’inscrit dans une lutte pour redonner aux comoriens les instruments qui leur permettront d’être «maître chez eux». Rehausser le niveau moyen d’éducation de la population et adapter le système scolaire aux exigences d’une société indépendante constituent les principaux objectifs de la réforme. Celle-ci est une entreprise nationale qui requiert pour son succès la mobilisation de toutes les forces de la nation. Dans de telles circonstances, s’opposer à la réforme de l’enseignement au nom d’intérêts de classe, c’était s’opposer à des intérêts nationaux (et à bien y penser, que les comoriens soient maîtres chez eux et en apparence à leur avantage). Les élites étaient ainsi prises entre deux feux ; leurs intérêts de classe et ceux des Comores ne coïncidaient pas, d’où leur inaction.

Par ailleurs, il y a eu l’apparition d’une nouvelle élite. Même si elle est traitée des imberbes ou des lycéens (Mohamed A. Toihir, 1985). Des couches sociales nouvelles et variées se sont bientôt senties impliquées dans la construction de cette nouvelle société et veulent participer à sa mise en marche et à sa réalisation ; ces nouvelles élites – éducateurs, fonctionnaires, étudiants, lycéens, élèves, parents, cadres, femmes – étaient en voie de supplanter les élites traditionnelles des Comores. On peut donc dire que la nouvelle idéologie que la révolution socialiste a sécrétée était résolument tournée vers l’avenir et qu’elle s’appuyait essentiellement sur l’idée que les Comores sont une société en voie de développement et que toutes les couches de la société doivent participer à son évolution. Plus concrètement, cette nouvelle idéologie s’incarne en trois idées-forces : nation, socialisme et laïcité.

En voulant rendre l’école accessible à tous, les comoriens ont fait un choix difficile et exigeant : concilier l’excellence et le nombre. Répondre aux besoins et aux spécificités d’une éducation de masse en se donnant les outils pour y parvenir dans un délai très court constitue un défi tel qu’il ne faut pas s’étonner lorsque les échecs se produisent. De cette réforme, on peut énumérer un certain nombre d’acquis : gratuité scolaire, création d’institutions secondaires et collégiales, programmes polyvalents, élimination des disparités au niveau de la répartition géographique de l’équipement et des ressources.

L’éducation constituait au début des années 70, un secteur particulièrement problématique pour les Comores : «disparition de l’enseignement public au bénéfice d’un enseignement privé au développement anarchique ; inexistence d’un enseignement supérieur favorisant l’émigration de la matière grise du pays ; absence d’enseignement professionnelle» (Saïd Soilihi et Mohamed Nassur, 2000, p. 118). Selon Soulé Ali :

«l’image du secteur de l’enseignement public est criante. Elle n’a pas toujours été auréolée par une rentabilité effective. Sa vraisemblable décrépitude ne fait qu’enfoncer ses prérogatives dans un état de plus en plus comateux. C’est cela d’ailleurs qui a nourri les ambitions du secteur de l’enseignement privé […]. Après l’indépendance le constat est que d’année en année, de gouvernement en régime politique, de nouvelles lubies s’abattent sur l’enseignement comorien de manière à le priver de tout élan de conformité, d’adaptabilité et de réussite. Aucune période de sursis n’a véritablement jamais été consacrée à une réflexion plus approfondie sur le malaise du système éducatif. Et si c’est le cas, c’est bien parfois une élaboration basée sur des décrets, des avants-projets ou même des projets creux qui valent souvent pas une action concrète» (Soulé Ali, 1993, p. 10).

La nécessité d’innovations s’impose comme une priorité dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle, et la politique d’Ali Soilihi constitue une véritable alternative. Les Comores ont consacré des efforts considérables au développement de son système éducatif, par la réforme de l’enseignement de 1976. Celle-ci avait pour but de s’attaquer aux aspects quantitatifs et qualitatifs de l’enseignement comorien. Sur le plan quantitatif, la réforme visait à démocratiser l’enseignement afin de produire le nombre de cadres requis pour la réalisation de ses objectifs de développement.

C’est en 1976 que le problème du rendement interne du système éducatif comorien a été posé pour la première fois avec l’organisation du Congrès de l’Éducation. Le 4 août, lors du Congrès de l’Éducation à Moroni, Ali Soilihi, Chef de l’État fixe la conduite de l’État dans le domaine de l’éducation, de la religion et de la fonction publique. Le diagnostic à l’origine du Congrès de 1976 comprenait deux phases. La première phase était politique, idéologique et culturelle. Elle fut bien énoncée dans le discours d’ouverture prononcé par le Chef de l’État. Selon lui :

«pendant un siècle et demi, ce fut le système d’enseignement du colonisateur français qui fut appliqué dans notre pays, et nous ne pouvons pas continuer ainsi. La mise sur pied d’un système d’enseignement adapté aux Comores est sans doute une des innovations les plus marquantes du Plan intérimaire. Des filières professionnelles (Enseignement, Santé, Agriculture, Gestion) vont remplacer le classique curriculum scolaire de type français. Le nombre des élèves admis en classe de sixième ne sera plus limité, des maîtres pour enseigner le Coran en comorien dans les établissements officiels sont prévus. Aujourd’hui, l’État comorien doit préparer toute sa jeunesse à participer à la construction et au développement» (Ali Soilihi, 1976).

Mais le Congrès d’intellectuels est peu préparé à la mise en œuvre de cette nouvelle phase «démocratique», où l’on se propose tout à la fois de réhabiliter la femme, de supprimer les titres des privilèges et les dépenses ostentatoires, de combattre «le paternalisme, l’obscurantisme, le charlatanisme et l’utilisation des croyances à des fins mercantiles» (Vérin et Vérin, 1999, p.109). Les moyens manquent pour développer les filières spécialisées. Le Plan intérimaire ne sera donc appliqué que très partiellement.

La deuxième phase était de nature économique. L’analyse de la situation faisait apparaître un déséquilibre et un dysfonctionnement qui portaient atteinte à l’efficacité du système éducatif, limitant au plan quantitatif et au plan qualitatif ses capacités à générer les profils de main-d’œuvre qualifié dont l’économie et le développement de l’État comorien avaient réellement besoin. La phase économique n’eut pas le temps d’être prolongée par la phase industrielle qu’annonçait le Chef de l’État dans son discours du 15 janvier 1977. «La gestion du quotidien va être singulièrement compliquée par les contestations de tous ordres qui se manifestent à partir du dernier trimestre de l’année 1977» (Vérin et Vérin, 1999, p. 130).

L’organisation scolaire de 1976 s’appliquait aux trois îles indépendantes et à leurs différentes régions. La réforme a principalement porté sur la réorganisation des structures et sur l’accessibilité des jeunes au système. Il s’agissait d’élaborer une nouvelle structure et de nouveaux programmes d’enseignement, et de concevoir en même temps un plan d’urgence permettant de les appliquer dans les plus brefs délais, en vue de former des cadres moyens nécessaires pour combler les vides créés par les départs massifs de tous les cadres et techniciens français après l’indépendance.

«[...] L’enseignement coûte 6 milliards depuis le primaire jusqu’au baccalauréat. Ce système scolaire a dans le niveau primaire environ 30 à 35% de la jeunesse scolarisable qui, après 4 à 5 années d’études primaires, 5% seulement parviennent en 6ème. Et puis, entre la 6ème et le BAC, on constate une perte de près de 90%. Ces 90% échouent en cours de route, alors vous imaginez le pourcentage qui arrive en études supérieures ; il est infime bien sûr. Donc 6 milliards pour arriver à ce résultat, c’est-à-dire le triple de notre budget actuel. Alors vous voyez tout de suite qu’il est impossible de continuer. Il faut donc imaginer un autre modèle d’enseignement [...]» (Ali Soilihi, 31 mars 1976).

À partir du constat d’échec du système éducatif, Ali Soilihi réaffirme sa volonté de le transformer. Il décide d’employer les grands moyens et engage un processus global de réformes fondamentales conformément à sa philosophie du nouveau développement.

«L’éducation se présente comme un élément moteur du progrès rural. Une série de séminaires, qui suit une période intense de débats et réflexion sur la philosophie du nouveau développement aux Comores, définit les principes fondamentaux du système de formation qu’Ali Soilihi commence à mettre en place» (Saïd Soilihi et Mohamed Nassur, 2000, p. 121).

La réforme est établie à partir de ce constat du faible rendement du système éducatif comorien. Donc l’idée générale de la réforme est de faire en sorte que, depuis le primaire jusqu’au supérieur, les élèves puissent persévérer dans le système et être directement utiles à la nation. Selon le plan quinquennal de développement :

«[…] la Révolution doit aussi se préparer à produire ce qui est nécessaire à l’enseignement, les cahiers, les manuels, l’encre et les crayons. Dans le domaine pédagogique, la Révolution a décidé de réorienter, pendant le plan quinquennal de développement, les études scolaires, dans le primaire comme dans le secondaire, pour préparer les élèves à servir leur époque, c’est-à-dire à seconder le travailleur par leurs connaissances ; sans une réforme de l’enseignement qui commencera dans les écoles secondaires «françaises» actuelles, qui suivra chaque niveau jusqu’à la classe de terminale actuelle et qui réformera chacun des niveaux de la scolarité[…]» (Allocution d’Ali soilihi, 15 juin 1977, cité par Lafon, 1995, pp.129-131).

La réforme de 1976 avait comme objectifs prioritaires d’atteindre l’enseignement de masse et un enseignement de qualité :

a) un enseignement de base de masse obligatoire et accessible à tous, c’est-à-dire la démocratisation de l’enseignement. Selon ce principe, le système d’éducation doit offrir à tous des chances égales d’accéder à une éducation fondamentale et intégrale ;
b) une formation de cadres efficients, à tous les niveaux. Autrement dit, un enseignement qui puisse fournir, avec une économie maximum de temps et d’argent, tous les cadres dont le pays a besoin pour ses divers plans de développement ;
c) la mise en place de l’école fondamentale (cycle fondamental) remplaçant l’école primaire et les quatre premières années du secondaire. La durée initiale de 13 ans fut ramenée à 11 années d’éducation de base réparties en deux (2) cycles inégaux de huit (8) et trois (3) ans. Les élèves qui entrent dans le deuxième degré du cycle fondamental (du primaire) peuvent suivre soit une filière classique, soit une filière technique ou professionnelle ;
d) l’amélioration du rendement et de la qualité de l’enseignement par une restructuration du système éducatif et par la diminution de la déperdition scolaire en supprimant le concours d’entrée en sixième ;
e) la participation de tous les comoriens, et d’abord des parents, à l’action éducative ;
f) l’introduction et le développement de la langue comorienne dans l’enseignement. L’intégration de la langue nationale maternelle, le comorien dans les curricula : le comorien devient instrument et objet d’enseignement au cours des six premières années du cycle fondamental dans le but de faciliter les apprentissages scolaires ;
g) une dominante technique et scientifique dans les programmes scolaires revus et adaptés aux réalités et aux besoins du pays. C’est-à-dire un enseignement dont le contenu serait basé non seulement sur les valeurs spécifiquement africaines et comoriennes, mais aussi sur les valeurs universelles ;
h) l’insertion de l’école coranique rénovée à l’ensemble de l’appareil de formation ;
i) une orientation de la formation vers l’appareil de production ;
j) une refonte des structures créées par la colonisation et un établissement de structures souples, appropriées au nouveau système. Ce qui signifie un enseignement qui décolonise les esprits.

Dans la mise en place de ces structures, la priorité est donnée à l’éducation de base, à l’éducation pour tous, à l’éducation fonctionnelle, concrète, pratique et adaptée aux milieux comoriens. Des mesures sont prises pour appliquer cette politique : «il faut non seulement rénover et revaloriser l’école coranique (paya la shiyo), mais aussi «ruraliser» l’enseignement primaire» (Saïd Soilihi, Mohamed Nassur, 2000, p. 122). Il apparaît que l’école, devient un facteur de développement rural : «cette nouvelle conception doit permettre aux masses paysannes de participer activement à l’éducation et d’épanouir leur personnalité dans une institution aussi proche d’elle que possible» (Saïd Soilihi, 1988).

Toutefois, l’école coranique nous paraît être un modèle possible d’enseignement démocratique ; tous les enfants, quelles que soient leurs origines sociales, quel que soit le niveau économique de leur famille respective, reçoivent un même enseignement et suivent une filière identique.

«Dans cette école coranique qui ignore les notes, les classements, les examens de passage et les concours, dénoncés par certains psychologues et éducateurs comme traumatisants et paralysants, il n’y a ni esprit de compétition, ni phénomène de tricherie. On assiste au contraire à une collaboration très étroite entre les élèves, les anciens aidant activement les jeunes pour leur favoriser l’acquisition des connaissances» (Chouzour, 1994, p.103).

Entre autres, cette réforme avait comme ambitions de réduire à tous les niveaux le taux de déperdition que produisait le système scolaire. Les premières mesures concernèrent en premier lieu l’enseignement fondamental qui se voulait plus rentable, plus homogène et plus flexible que l’ancien système colonial et traditionnel :

-          plus rentable, par le fait qu’il permet à un plus grand nombre d’enfants d’acquérir, moyennant un système de promotion souple, des connaissances et des compétences pratiques, et cela à la fin de chaque cycle ;
-
         
plus homogène, par la mise en place d’un tronc commun de formation de base approfondie pour tous les élèves ;
-
         
plus flexible, par une série de bifurcations possibles à la fin de chaque cycle vers des formations pré-professionnelles avec possibilité de réinsertion au début de ces mêmes cycles.

Cette réforme visait aussi à faciliter l’accès à l’enseignement. Elle se concrétisait d’une part, en terme de structure par l’ajout d’un nouveau cycle dont l’enseignement préscolaire, dispensé dans des écoles coraniques, où les enfants reçoivent un enseignement selon les préceptes fondamentaux de la religion islamique, apprennent à lire le Coran et à écrire l’arabe ; par la création dans l’enseignement secondaire technique, d’écoles et de centres de formation technique et professionnelle et, d’autre part, par la démocratisation de l’enseignement afin de permettre à tout enfant comorien d’accéder à une éducation de qualité en vue de promouvoir l’équité sociale.

À cet égard, beaucoup d’écoles furent ouvertes dans les différents coins des Comores et le nombre des établissements d’enseignement et des effectifs scolaires se sont mis à croître à tous les niveaux d’une façon remarquable.

Pour conclure, la réforme de 1976 eut comme résultat de restructurer les divers paliers du système scolaire : préscolaire, primaire, secondaire et professionnel. Il y a eu également la création d’une filière de formation de maîtres et des administrateurs scolaires. Le concours d’entrée en sixième longue et courte fut aboli. Il fut remplacé par un examen où chaque élève qui avait la moyenne cumulative de 10/20, c’est-à-dire 50% passait en classe de sixième.

Dans l’esprit des concepteurs de la réforme de 1976, il s’agissait de rompre avec le passé colonial et de doter le pays des moyens humains susceptibles d’assurer son développement. Face à cet objectif ambitieux, il faut reconnaître qu’une telle réforme a apporté de profonds changements dans le contexte politique, économique, culturel et social.

Au niveau de la qualité de l’éducation qui nous préoccupe, nous n’avons pas d’indications concrètes sur les résultats effectifs de cette restructuration. C’est une réforme qui a posé les bases d’un système rénové, ouvert à tous. Malgré le diagnostic faisant état des déperditions antérieures élevées et les intentions d’améliorer le rendement du système, on ne possède pas d’évaluation de cette première réforme qui finalement n’a duré que deux ans et demi.

La réforme de 1976 fondée sur la démocratisation de l’enseignement avait été conçue comme véritable instrument d’éradication de l’analphabétisme aux Comores en partant d’une combinaison judicieuse d’enseignement formel et d’enseignement non formel. Ceci avait été prévu pour créer, encourager et soutenir cette soif d’apprendre qui doit caractériser tout peuple soucieux de son développement et de son avenir.

Au fil du temps, cette réforme a été suivie de nombreux moments de réflexions et de réorientations du système tels que, la Réforme fondamentale de 1976, le Congrès de l’Éducation de 1976, le Séminaire sur la construction des curricula à partir des objectifs d’éducation de 1981, la Réforme de 1982, le Séminaire sur l’Éducation et la formation professionnelle de 1984, le Colloque national sur l’Éducation de 1988, la Conférence nationale de 1992, l’Évaluation de l’efficacité du système éducatif de 1993, les États généraux sur l’Éducation de 1994, la Réforme de 1994 et enfin le Plan directeur de l’éducation et de la formation de 1996.

2.2 - La réforme de 1982 – la période d’Ahmed Abdallah

Le 13 mai 1978, changement de régime, changement de politique. Néanmoins, on va assister à une véritable refonte du système éducatif comorien. L’enseignement du français retrouvera son statut de langue non seulement de l’administration, mais aussi celle de langue à vocation universelle. Les diplômes français d’enseignement, bannis trois ans (3) plus tôt par la révolution, vont occuper à nouveau leur place de choix dans la hiérarchie de la fonction publique comorienne.

La réforme de 1982 visait l’amélioration du rendement du cycle primaire (Comores/Unicef, 1982 ; Rahimat, 1987), comparativement à la première réforme qui cherchait à accroître les effectifs tout en visant aussi la qualité de l’enseignement. Une structure et un programme unique de 6 ans furent adoptés. En effet, l’école primaire comprend six paliers, organisé en trois cycles de deux ans, sanctionnés par le Certificat d’Études Primaires (C.E.P.) et comporte un concours d’accès en classe de sixième (première année secondaire). L’âge d’entrée à l’école fut fixé à 7 ans au moins et 8 ans au plus. Des mesures pour améliorer la qualification des maîtres furent préconisées (stage de formation accélérée, aide des équipes pédagogiques itinérantes, conférences pédagogiques, centres de documentation pédagogique, examens de valorisation professionnelle, manuels de perfectionnement pédagogique du français comme langue d’enseignement, amélioration des conditions matérielles). La création du Comité Interministériel d’orientation des élèves et des étudiants consacrait le caractère délibérément sélectif de l’enseignement.

Les objectifs prioritaires de cette réforme furent :

a)      le changement des méthodes d’enseignement : l’accent mis sur l’apprentissage du raisonnement plutôt que sur la mémorisation ;
b)
      l’élévation du niveau de qualification du corps enseignant en lui offrant des opportunités de formation et de perfectionnement. Dans l’esprit des concepteurs et gestionnaires de la réforme, cet objectif constitue non seulement une condition sine qua non de la qualité de l’éducation visée par le système scolaire, mais encore un des trois piliers de cette réforme ;
c)
      les deux autres piliers étant la production et la distribution gratuite de manuels scolaires, ainsi que l’élaboration de nouveaux curricula. Un statut de l’enseignant est adopté, fixant les plans de carrière et déterminant une augmentation de salaire afin de revaloriser la fonction enseignante.

Pour réaliser cette réforme, plusieurs solutions émergèrent :

      1)      une loi rend l’école primaire obligatoire et gratuite pour tous les comoriens à partir de 7 ans jusqu’à 16 ans ;
2)
      le développement de l’enseignement secondaire et technique ;
3)
      qualifier les enseignants par la mise sur pied d’écoles de formation. C’est à cette fin que furent ouvertes l’École normale d’enseignement supérieur (ENES) pour la formation des professeurs des collèges et des conseillers pédagogiques et l’École normale nationale d’instituteurs (ENNI) pour former les enseignants du primaire ;
4)
      à cela s’ajoute la création de l’Institut national de l’éducation (INE), ayant comme fonction de voir à la mise en œuvre de programmes adaptés, à l’élaboration de matériel didactique et à la mise en place de mesures pour assurer le suivi et l’encadrement pédagogiques ;
5)
      la comorisation des postes de professeurs des collèges ruraux et de l’enseignement secondaire et technique ;
6)
      au cours de cette réforme, un service de planification fut créé et chargé de coordonner l’expansion de l’enseignement ;
7)
      cet effort de planification se doubla d’une politique de sélection et d’orientation notamment dans le premier cycle du secondaire. En stabilisant le premier degré, l’éducation nationale entendait rentabiliser le second degré et le technique, dont on attendait la formation des cadres moyens et l’émergence de l’élite appelée à poursuivre des études supérieures et universitaires. Il devint donc nécessaire d’appliquer une sélection rationnelle et de mettre en place des mesures d’orientation des meilleurs élèves.

En conclusion, cette deuxième réforme n’a pas connu une évaluation, ce qui fait qu’on n’en connaît pas les résultats. Même si la réforme visait «l’amélioration du rendement du cycle primaire», il faut admettre que l’éducation comorienne a évolué tant bien que mal vers l’atteinte des objectifs de cette réforme. Le manque de personnel qualifié pour l’enseignement a amené les autorités à pratiquer un recrutement de personnel de façon massive sans toujours se préoccuper de la qualité. Le recrutement a été aussi massif au niveau des élèves.

Cette situation a provoqué de nombreux problèmes. Face à ces difficultés, la Conférence nationale de 1992 a mis en lumière la nécessité de modérer le rythme de recrutement en fonction des places disponibles. Le souci d’améliorer la qualité de l’enseignement amena alors les autorités à entamer la réforme scolaire de 1994.

Suite aux multiples tentatives de rectification du système éducatif menées par les autorités qui ont succédé le régime révolutionnaire, les nouveaux dirigeants, sous le Président Saïd Mohamed Djohar, après l’assassinat du Président Ahmed Abdallah par des mercenaires en 1989, ont organisé en 1992 la Conférence Nationale dans laquelle un Débat National sur l’Éducation a occupé une place très importante afin de mettre concrètement en œuvre une politique éducative.

Au cours de la Conférence Nationale de mars 1992, deux recommandations importantes ont été proposées au Gouvernement. Il s’agit de l’évaluation du système éducatif et de la convocation des États Généraux de l’Éducation pour l’organisation d’une concertation nationale en vue de sensibiliser l’opinion publique sur la gravité de la situation de l’éducation, et de mobiliser la population pour une réflexion approfondie sur le devenir du système éducatif comorien.

2.3 - La réforme de 1994 – la période de Saïd Mohamed Djohar

Parmi les secteurs qui méritent le plus d’attention de la part des gouvernements successifs aux Comores, l’enseignement n’est pas mis au rancart. Et pour cause ! Pour l’importance qu’il revêt dans le développement. Pour les problèmes budgétaires qu’il soulève. Pour le nombre de gens qu’il touche et pour le fait qu’il prépare l’avenir du pays. «Plusieurs politiques jusqu’alors appliquées à l’enseignement et à la formation, dont certaines remontent à l’école coloniale, ont révélé leurs faiblesses ; elles ont produit des insatisfactions de toute nature et généré des mécontentements divers» (Saïd Soilihi et Mohamed Nassur, 2000, pp. 118-119). Le régime démocratique de Saïd Mohamed Djohar, lui, faillira-t-il à ce phénomène, à cette espèce de règle ?

Quelques années plus tard, un bilan des réformes de l’époque d’Ali Soilihi et de l’époque d’Ahmed Abdallah s’imposait. Il fallait consulter, évaluer et ouvrir le débat. Dans ce contexte, les enseignants et leurs syndicats ont joué un rôle significatif. En effet, l’Intersyndicale de l’enseignement prit part activement au débat et produisit un discours critique par lequel il émit, entre autres, des réserves sur l’ampleur de la réforme de 1994.

Deux indicateurs importants nous ont motivé pour entamer cette étude et pour nous intéresser aux facteurs explicatifs du rendement scolaire. D’abord, lorsqu’on examine le système scolaire de la République Fédérale Islamique des Comores, on constate que ce système gruge des sommes importantes pour la scolarisation des élèves et, en parallèle, que les rendements scolaires observés demeurent peu satisfaisants. Ce constat a suscité des réactions négatives chez divers groupes sociaux. Ces insatisfactions ont amené le Ministère de l’éducation à organiser à Moroni le 30 juin, les 1er et 2 juillet 1994, des États généraux sur l’éducation pour évaluer et remettre sur les rails son système scolaire.

Les États généraux  : la préoccupation à l’égard de la qualité de l’éducation

L’école comorienne a fait l’objet de plusieurs séminaires et toujours dans la perspective de réformer le système éducatif. Ces séminaires ont été suivis par d’autres forums nationaux importants et ont abouti à l’organisation des États généraux sur l’éducation tenus à Moroni en 1994.

Après l’élection du Président Djohar et à la suite d’un mouvement populaire des agents de l’État et surtout des enseignants, s’est tenu à Moroni, les États Généraux sur l’Éducation (30 juin au 2 juillet 1994). Temps fort de prise de conscience de tous les Comoriens et de toutes les Comoriennes de la gravité de la question scolaire, les États Généraux ont rassemblée pendant trois jours environs 6000 participants venus de toutes les régions des Comores. Mais avant cette concertation nationale du 30 juin au 2 juillet 1994, il y a eu une concertation régionale au niveau de chaque île les 17 et 18 juin 1994, pour permettre aux représentants régionaux de bien préparer leur participation aux assises nationales.

Soulignons que étaient conviés à ces assises les représentants de tous les groupements nationaux des trois îles indépendantes concernées par l’éducation. Il s’agit :

      -          des techniciens des divers ministères,
-          des organismes régulateurs comme le Ministère du Plan, celui de l’Emploi et les membres de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Fédérale,
-          des formateurs et des syndicalistes d’enseignants,
-          des parents, des élèves et étudiants,
-          des organismes employeurs publics et privés,
-          de la Chambre de Commerce et d’Industrie,
-          des dignitaires et notables et personnalités politiques,
-          des autorités religieuses,
-          des représentants des gouvernorats et communautés locales.

Les États Généraux étaient appelés à établir un diagnostic du système éducatif et à proposer au Gouvernement, sous forme de recommandations, des solutions adéquates, c’est-à-dire réalistes, susceptibles de déboucher sur une véritable renaissance de l’école comorienne (MEN, 1995, p.11). Dans le cadre de cet événement national, on a constitué treize (13) commissions de travail qui sont :

      -          Commission n°1 : Enseignement préscolaire et coranique,
-
         
Commission n°2 : Enseignement primaire,
-
         
Commission n°3 : Enseignement secondaire général,
-
         
Commission n°4 : Enseignement technique et professionnel,
-
         
Commission n°5 : Enseignement supérieur et recherche,
-
         
Commission n°6 : Financement et gestion de l’éducation, participation 
       communautaire et statuts des établissements scolaires,

-
         
Commission n°7 : Statuts des enseignants, du personnel d’encadrement et 
       législation scolaire,

-
         
Commission n°8 : L’école et son environnement communautaire et national,
-
         
Commission n°9 : Statut des langues et introduction du Shikomori dans 
       l’enseignement,

-
         
Commission n°10 : Introduction de l’éducation civique et de l’éducation 
       islamique dans l’enseignement,

-
         
Commission n°11 : L’école comme facteur d’intégration dans la région de 
       l’Afrique de l’Est et de l’Océan indien,

-
         
Commission n°12 : De l’échec scolaire à la réussite éducative.

Dans le Rapport des États généraux, on a précisé que : «l’amélioration des processus d’apprentissage devait également promouvoir le rendement des systèmes scolaires : les taux de redoublement devaient baisser et le niveau d’abandon scolaire devait être retardé jusqu’à l’acquisition des habiletés de base» (Rapport des États généraux, 1994, p. 28). Ces États généraux étaient une occasion pour la première fois dans l’histoire des Comores indépendantes de permettre à toutes les couches sociales du pays de débattre des questions touchant plusieurs aspects du système scolaire comorien. Un an plus tard, la commission chargée du suivi des États généraux a produit un rapport comprenant plusieurs recommandations et identifiant plusieurs chantiers prioritaires pour améliorer le système scolaire des Comores. Les problèmes qui ont été soulevés au niveau de l’enseignement primaire et secondaire concernent essentiellement la qualité de la formation, la gestion des ressources et le processus d’évaluation. Plusieurs critiques sont soulevées à l’égard du faible taux de réussite aux examens nationaux du MEN.

Ces États généraux parlent de la réussite scolaire comme d’une condition nécessaire pour permettre aux Comores de s’inscrire dans le monde en évolution. C’est l’efficacité du rendement interne et externe qui est visé. Ils préconisent une réforme majeure qui vise la diplômation des élèves tout en maintenant la qualité de l’éducation. Il est question de lutte contre l’échec scolaire, de diminuer le nombre de ceux qui quittent l’école sans diplôme.

Dans la foulée des États généraux sur l’éducation, le Ministère de l’éducation propose un plan d’action sur la réussite éducative. Les conditions pour réaliser cet objectif sont : «a) la motivation des jeunes ; b) la valorisation du statut du personnel enseignant ; c) l’implication des parents dans la vie de l’école» (Rapport des États généraux 1994, p. 100). Aux Comores, c’est avec l’arrivée des gouvernements démocratiques des années 90 et, plus particulièrement, comme suite aux recommandations du Rapport de la Conférence nationale qu’il y a eu diagnostic et prise de conscience de l’état de la situation pour proposer un plan d’action.

Au préscolaire et au primaire, les actions portent sur la prévention des problèmes de retards et d’échecs scolaires, et, d’autre part, sur l’éveil de l’intérêt des jeunes. Quant au secondaire, les actions consistent en une politique d’aide aux jeunes dans leur scolarité, d’enrichissement du contenu pédagogique, de revitalisation de la vie scolaire et de promotion de la formation pratique. Deux pivots sont mis en première ligne pour l’atteinte de ces objectifs : l’initiative locale et l’action de l’équipe - école (une forme de décentralisation).

Pour évaluer ces actions dont certaines d’entre elles sont encore d’actualité, une commission composée d’experts nationaux et de membres du comité permanent du Plan Directeur de l’Éducation fut mise en place pour faire enquête. Elle a constaté que les établissements ont emboîté le pas dans l’ensemble. Il y eut beaucoup de projets d’école avec pour maître mot : combattre l’échec scolaire (Mounira Bourhane, Youssouf Saïd Ali et Youssouf Moussa, 1995).

Les intentions gouvernementales ont principalement visé la rénovation du curriculum. Dans le plan directeur de l’éducation et de la formation, il a été question d’assouplir ou de réaménager le curriculum, en différenciant notamment les éléments obligatoires, les éléments d’enrichissement et les éléments facultatifs de la grille-matière. En 1994 et 1996, respectivement, c’est la publication des Rapports des États généraux de l’éducation et des documents du plan Directeur qui visent l’amélioration de la qualité de la langue maternelle, le renforcement de l’apprentissage de la langue seconde. Les préoccupations du Groupe de travail sur la réforme du curriculum (1997) trouvent leurs sources dans ces documents, et notamment dans les deux interrogations suivantes : «que devraient savoir les jeunes à la fin du primaire et du secondaire ? Que devraient-ils savoir faire et savoir être ?».

Le Débat National aux assises des États Généraux sur l’Éducation de 1994 fut l’occasion de faire une évaluation et d’établir un diagnostic du système d’éducation comorien. Quel en fut le constat ? Eu égard aux faibles résultats obtenus au Certificat de fin de l’École Primaire au cours des cinq années précédant les États Généraux et aux faibles taux d’admission au concours d’entrée en sixième et au Brevet d’Études du Premier Cycle secondaire, constatation fut faite de l’existence dans l’enseignement primaire d’une crise qui se prolongeait jusque dans l’enseignement secondaire. L’ensemble de ces facteurs conjugués avec d’autres ont contribué, aux dire des participants au débats des États Généraux, à la dégradation du niveau académique des élèves en général et particulièrement de ceux de l’enseignement fondamental.

Conclusion

Les réformes qui se sont succédées aux Comores et soumises à notre système éducatifs depuis vingt six ans, sont toujours perçues comme fondamentales. Le fait que l’école comorienne ne soit l’objet que de discours critiques sont autant d’indicateurs du jugement négatif que la société et les discussions dans le Forum de Habari portent sur cette institution.

Au cours des vingt six dernières années, les Comores ont fait de grands pas en direction de l’éducation et plus particulièrement de l’éducation primaire universelle. Nous tenons à souligner que depuis les années 1974, les autorités comoriennes ont entrepris des programmes de réforme globale de l’éducation, notamment pour améliorer la qualité de l’éducation. Ils ont aussi entrepris une transformation foncière du système éducatif. La priorité fut alors donnée à la rénovation des deux premiers niveaux : l’école coranique et l’école primaire. Les finalités majeures retenues étaient le respect des valeurs islamiques, la nécessité de lutte contre le sous-développement et le bon usage de l’esprit communautaire.

En effet, entre 1975 et 1978, le système reconnu adapté aux réalités du pays, a dévié des intentions de ses premiers réformateurs. Les nouveaux responsables ont pensé que la conception communautaire de notre société a été une donnée immédiate qui pouvait permettre un développement considérable de l’éducation, malgré la modicité des ressources financières. Souvenons-nous que seuls le second cycle de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur étaient pris en charge par l’État. Tout le reste devait être assumé par les communautés villageoises. Mais le contexte socio-politique durant cette période et l’accélération du rythme des modifications ont conduit à un échec de la réforme.

À partir de 1978, une série de réformes a été entreprise dans le domaine de l’enseignement et de la formation. En 1979, le Ministère de l’Éducation Nationale confiait une première mission à un Consultant de l’Unicef, qui avec la collaboration des responsables régionaux entreprenaient une série de réflexions visant à restructurer le système d’enseignement coranique dans la mesure où cet enseignement accueille l’ensemble des enfants des deux sexes dès l’âge du préscolaire. Ils avaient défini un programme d’activités préscolaires conçu pour une phase d’expérimentation qui débuta par un séminaire atelier en 1980. Ce séminaire qui avait réuni 30 maîtres et maîtresses coranique des 3 îles, avait initié les enseignants aux techniques et aux programmes préscolaires dans le but de les inclure dans la démarches pédagogique. C’est dans le but d’une rénovation des procédés et méthodes d’un enseignement dont les pratiques archaïques ne correspondaient plus aux attentes et aux besoins des enfants, des parents et des autorités publiques. Le projet préscolaire a retenu l’école coranique comme institution devant intégrer cette démarche pédagogique afin de pouvoir l’intégrer dans le projet pédagogique et d’aborder les activités d’éveil pour une meilleure préparation au primaire.

Le problème du faible rendement du système éducatif comorien et de l’inadaptation de ce système est connu depuis le début des années de l’indépendance. Des solutions ont été envisagées dans le cadre des trois réformes scolaires prônées pendant les années d’indépendance, dont les principes de base étaient assez voisins pour les divers pouvoirs en place. Sur papier, ces réformes se préoccupaient d’une part, de l’efficacité et, d’autre part, notamment à des transformations majeures dont l’ultime but était de rapprocher le système scolaire de l’environnement local. Au centre de ces réformes, on retrouvait la «ruralisation» des contenus scolaires.

Sur le plan pédagogique, les réformes visaient d’une part, d’inventorier les mesures nécessaires à la réorganisation de l’École primaire et à l’amélioration de son rendement, d’autre part, de concevoir les objectifs, les programmes, les structures et les méthodes de l’école fondamentale. Une commission avait pour mandat de réfléchir sur la problématique du rendement interne du système éducatif et du comment «comorienniser» les processus d’apprentissage par l’incorporation des caractéristiques physiques et sociales des milieux locaux dans les matériels didactiques. L’hypothèse était que l’apprentissage se réalise mieux et les habiletés acquises sont mieux retenues lorsqu’on apprend à l’aide d’éléments de son propre environnement physique et culturel.

Ce qui peut expliquer en partie que, aujourd’hui encore, et malgré l’application de certaines mesures visant directement ou indirectement à réduire les taux de redoublements (dont entre autres le passage en classe supérieure de certains élèves qui ont eu une moyenne inférieure à 10/20), et malgré certains progrès réalisés dans l’amélioration des taux de rétention, le problème du rendement scolaire au niveau de l’enseignement primaire comorien demeure plein et entier.

C’est pourquoi nous plaçons le rendement scolaire au cœur de notre étude. Les mesures mises en place par les différentes réformes cherchent-elles à s’attaquer aux véritables causes de l’échec scolaire ? À ce sujet, une chose est certaine, il n’existe pas aux Comores d’études cherchant à identifier systématiquement les facteurs explicatifs du rendement scolaire dans l’enseignement primaire. Notre étude contribuera de façon modeste à combler ce vide, en s’attardant toutefois strictement aux caractéristiques socioprofessionnelles et aux pratiques pédagogiques qui sont liés aux enseignants.

Il est surprenant de constater que, à chaque fois qu'on parle de réformes scolaires plus particulièrement, on a l'impression de recommencer à zéro en instaurant de nouvelles mesures, de nouveaux textes et des engagements théoriques qui ne sont pas soutenus et par voie de conséquence manquent d'efficacité.

Toutes ces réformes ne reposent pas sur des études systématiques identifiant les causes des déperditions scolaires et aucune d’elles n’a fait l’objet d’évaluation systématique. C’est ce qui nous a poussé à entreprendre notre étude qui porte sur «les facteurs explicatifs du rendement scolaire dans l’enseignement primaires aux îles Comores». Une étude qui vise l’effet des caractéristiques socioprofessionnelles et des pratiques pédagogiques des enseignants sur le rendement scolaire. Force est de reconnaître qu’en 1997-98, bien que les finalités de l’éducation telles qu’elles ont été stipulées dans la Loi relative à l’éducation (Loi 80-18 du 03/05/1980) aient été conforme aux besoins du pays, elles n’ont jamais été traduites en terme d’objectifs opérationnels. Il a fallu attendre le milieu de la décennie 1990 (de 1994 à 1996), pour que le Ministère de l’Éducation Nationale prenne un tournant décisif par la tenue des États Généraux sur l’Éducation (30 juin au 2 juillet 1994), par l’adoption de la nouvelle Loi d’Orientation sur l’éducation (Loi 94-035/AF du 20/12/1994) et par l’élaboration du Plan Directeur de l’éducation et de la formation (mai 1996) pour la période de 1997-2001.

En somme, nous soulignons que la décennie 1990 a connu beaucoup d’opinions et de réflexions dans le domaine de l’éducation. Quoique le Plan directeur de l’éducation et de la formation réponde en partie aux objectifs de la dernière réforme et de la Déclaration sur l’éducation pour tous (Conférence de Jomtien, 1990), les événements marquant la décennie relèvent généralement d’opinions globales qui ne sont pas inspirées totalement des recommandations des États Généraux sur l’Éducation et de la Conférence de Jomtien en Thaïlande. Nous citons ce qui suit à titre de rappel :

  • la Table Ronde sur l’Éducation de Base Pour Tous et l’Élimination de l’analphabétisme aux Comores, tenu en décembre 1990, après la Conférence de Jomtien en mars 1990, a réfléchir sur les problématiques, l’identification et l’analyse des formes de l’éducation de base et de l’alphabétisation ;
  • la Conférence nationale de réconciliation tenue en 1992, qui a jeté la base de la réflexion sur l’évaluation et la réforme du système éducatif ;
  • l’Évaluation du système éducatif réalisée en 1993 pour montrer la performance de l’éducation, notamment l’enseignement primaire ;
  • la tenue des États Généraux sur l’éducation en 1994, issue de la Conférence nationale, qui a été préparée par des assises régionales et nationales ayant mobilisé les acteurs de l’éducation au niveau local, régional et national ;
  • l’adoption par l’Assemblée Fédérale, de la Loi d’Orientation n°94-035/AF sur l’éducation, promulguée par décret présidentiel n°95-012/PR du 20/12/1994 ;
  • l’élaboration du Plan Directeur de l’éducation et de la formation, adopté en 1996 par le Gouvernement ;
  • la réflexion en 1998, sur les causes de la sous scolarisation des filles ;
  • la réflexion en 1998, sur la réforme administrative des établissements scolaires.

Pendant des années (et même jusqu’à nos jours), ce fut le système d’enseignement français qui fut appliqué dans notre pays, et nous pouvons lui être reconnaissant d’avoir formé l’élite de la Nation, qui dès l’indépendance a pris en mains les destinées des Comores. Mais aujourd’hui, l’Union des Comores et les Gouvernements autonomes des îles, responsables de son avenir, doivent préparer toute sa jeunesse à participer. Il lui faut donc concevoir et mettre en application un système d’éducation spécifique au pays, à ses racines culturelles, à l’état actuel de son développement, aux perspectives de son évolution avec les nouvelles institutions de l’Union des Comores.

En terminant ce rapide tour d’horizon sur la problématique des réformes scolaires, j’ose espérer que les comoriens qui participent dans les différents forums de discussions sur Internet trouveront certaines réponses de leur questionnement dans cet article, et qu’ils conjugueront leurs efforts à participer activement et positivement pour trouver au plus vite des solutions adéquates pour l’intérêt général de notre système éducatif. Pour que ce dernier puisse afin garantir à tout enfant comorien, futur citoyen son droit à l’éducation et à la formation. Autrement dit, tout en accordant une importance primordiale au futur citoyen pour pouvoir un jour contribuer efficacement au développement du pays.

J’autorise la publication de cet article dans le site de Mwezinet.

Fait à Québec-Canada, le vendredi 7 février 2003

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