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L'Education en France et aux Comores

Le rendement Scolaire dans l'enseignement Primaire 

MOHAMED ALI MOHAMED

LES FACTEURS EXPLICATIFS DU RENDEMENT SCOLAIRE DANS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE AUX ÎLES COMORES : LA CONTRIBUTION DES ENSEIGNANTS DES CLASSES DE CM1 ET DE CM2.

Thèse
présentée
à la Faculté des Études Supérieures
de l’Université Laval
Pour l’obtention
du grade de Philosophiae Doctor (Ph. D.)

Département des Fondements et Pratiques en Éducation

FACULTÉ DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION
UNIVERSITÉ LAVAL
QUÉBEC, CANADA

 

Novembre 2000

© Mohamed Ali Mohamed, 2000


Chercheur-Autonome
Consultant International

Mohamed ALI MOHAMED, né à Ntsoudjini – Comores. Instituteur de formation, Sociologue de l’éducation, diplômé d’un Ph. D. (Philosophiae Doctor), Doctorat d’État en Administration et Politique Scolaires. Seize années d’expérience professionnelle, passées dans l’enseignement public. Il a été enseignant-chercheur à l’IFERE de Moroni, enseignant du primaire et a exercé les fonctions de Secrétaire Général du Syndicat National des Instituteurs Comoriens (SNIC) pendant plusieurs années et Chef du Service vie scolaire au Ministère de l’éducation nationale.

C’est sous la présidence de : Monsieur Yves Marcoux (Ph. D.), Vice-doyen aux études supérieures et à la formation continue que j’ai soutenu ma thèse, le vendredi 27 octobre 2000.

Les membres du jury étaient composés de :

·        Monsieur Roland Ouellet (Ph. D.), directeur de recherche
Département des fondements et pratiques en éducation, Université Laval

·        Monsieur Jean Plante (Ph. D.), prélecteur de la thèse
Département des fondements et pratiques en éducation, Université Laval

·        Monsieur Jean-Joseph Moisset (Ph. D.), examinateur interne
Département des fondements et pratiques en éducation, Université Laval

·        Monsieur Hermann G. Girard (Ph. D.), examinateur externe, Consultant International*
Professeur retraité du Département des sciences de l'éducation, Université Laval

Le sujet de la présente étude n’a pas surgi au hasard du chemin mais correspond à l’existence d’un problème lancinant dont les mécanismes nous échappaient. Que se passe-t-il en classe entre le maître et ses élèves qui font que certains réussissent et d’autres échouent, et ce sort concerne souvent tous les élèves d’une même classe. Si dans les classes des enseignants formés, la réussite semble plus «normale», dans la majorité des cas où l’enseignant n’est pas formé, la réussite de l’enfant apparaît comme une gageure.

Il y avait là matière à exploration, dans la mesure où ce sujet pouvait amener à découvrir des pistes et des voies pour aider cette majorité d’enseignants sans formation pédagogique à assister leurs élèves de manière à ce qu’ils ne se réfugient plus dans un fatalisme facile quand leur élève a échoué ou est renvoyé de l’école.

Nous nous sommes lancé dans cette entreprise, au départ uniquement fondée sur des intuitions, des perceptions et avons tout d’abord investigué les bibles de méthodologies de recherche pour nous imprégner de la démarche du chercheur.

L’étape déterminante fut ma première rencontre au Canada à l’Université Laval, avec le Professeur Roland Ouellet (Ph. D.) qui me convainquit que mon sujet était digne d’intérêt dans la mesure où ce problème n’avait pas été étudié en Afrique. Mon séjour de quatre années passées à l’Université Laval fut trop long et assez pour mener à bien l’intégralité du travail. Il fut suffisant pour acquérir les grandes étapes de la démarche scientifique et surtout me faciliter le travail grâce à la volumineuse documentation que mes professeurs ont mis à ma disposition.

C’est ainsi que j’ai pu aborder toutes les étapes de la recherche et ai adapté la méthodologie au contexte du terrain. En effet, au départ l’idée était de passer des tests et d’enquêter auprès des élèves par questionnaire écrit. Mais avec les moyens financiers et le temps qui nous est alloué, il était impossible de procéder ainsi. Nous avons préféré nous adresser directement aux enseignants en leur administrant un questionnaire que nous avons ensuite dépouiller afin d’en analyser le contenu.

Cette étude vise à présenter le problème de la déperdition scolaire dans le système éducatif public aux Comores au dernier cycle du primaire. Comme l’examen final connu sous le nom du concours d’entrée en sixième à cette fin de cycle constitue une occasion d’échec pour un grand nombre d’élèves, nous avons donc cherché à savoir à quoi pouvait être attribuable le problème de la déperdition à ce niveau de l’enseignement fondamental.

Afin d’identifier les facteurs associés à ces échecs scolaires, nous avons réalisé une recension des écrits antérieurs, qui nous a permis de prendre connaissance de certaines divergences de points de vue quant aux sources d’explication de ces échecs. Tenant compte de certains travaux réalisés dans des contextes apparentés à celui des Comores, nous avons formulé certaines hypothèses et recueilli les données nécessaires à leur vérification.

Dans ce contexte, il faut reconnaître qu’un enseignement qui génère tant d’échecs et qui absorbe un fort pourcentage du budget national n’est pas en mesure d’atteindre les objectifs fixés par la ou les réformes. Il devenait donc justifié d’entreprendre une étude sur les facteurs explicatifs des échecs scolaires à ce point tournant du système scolaire comorien qu’est le dernier cycle de l’enseignement de base.

Pour ceux qui s’intéressent à mon cursus universitaire de Laval, j’étais étudiant au doctorat d’août 1996 en août 2000 en Administration et politique scolaires dans le Département des Fondements et Pratiques en Éducation. J’ai soutenu ma thèse de doctorat le vendredi 27 octobre 2000 dans la matinée devant une assistance d’étudiants étrangers et canadiens. Trois comoriens étaient présents dans la salle du Conseil : Oubeidillahi Anzizi de Chouani (étudiant aux USA), Mariama Idarousse de Moroni (étudiante à l’Université Laval) et docteur Ahamadi Malidé de Mirontsi Anjouan. Je suis fier de cet exploit extraordinaire en tant qu’instituteur de formation car ma thèse de doctorat a retenu toute l’attention de l’assistance. Cette thèse porte sur un thème de recherche fort pertinent. Cette pertinence tient au fait qu’aucune étude sur la qualité de l’éducation n’avait encore été entreprise aux Comores, comme l’ont fait bon nombre de pays au cours des dix dernières années. De plus, j’ai choisi de cerner de près les facteurs liés aux enseignants, ceux-là même qui sont sur la première ligne de tir concernant les acquisitions scolaires des élèves. C’est donc là un travail de recherche pertinent et original qui aura sans doute apporter quelque lumière sur l’explication du rendement scolaire aux Comores.

Au cours de cette démarche, j’ai fait la démonstration que j’ai développé une bonne connaissance des diverses étapes du processus de recherche. L’ensemble des étapes de la démarche de recherche ont été couvertes dans cette étude à caractère empirique : la problématique, la recension des écrits, le cadre théorique, le cadre d’analyse, la méthodologie, l’analyse des résultats et la conclusion présentant un résumé des faits saillants, les limites de l’étude, les pistes de recherche future ainsi que des recommandations à l’endroit des décideurs de l’État comorien.

J’ai su faire ma marque en tant que chercheur. À travers un style éloquent qui traduit une grande sensibilité, je décris le système éducatif comorien sans chercher à en camoufler les imperfections. Je vous invite à prendre connaissance des résultats de ma recherche dans les lignes qui vont suivre consacrées aux résumés (court et long).

Je suis conscient qu’on ne devient pas docteur du jour au lendemain. J’ai bien fait des études à l’école normale des instituteurs de mon pays. Le goût pour faire des études universitaires est une vieille passion, un défi à relever face à mes camarades syndicalistes me méprisant de mon niveau d’études de classe de troisième des collèges ruraux. Mon oncle m’a incité aussi à entreprendre des études universitaires de troisième cycle après avoir terminé le second cycle en France deux ans plus tôt. Mon oncle m’a toujours appuyé et encouragé dans la poursuite des objectifs scolaires, professionnels et syndicaux. Cet oncle m’a inculqué le sens de la vie et c’est de lui que j’ai hérité d’un bien précieux : la persévérance et l’amour du travail.

Dire que je suis le premier syndicaliste des Comores est peut être mal placé. C’est un drôle de statut à porter. Je préfère prendre une distance par rapport à ce que j’ai fait dans la vie syndicale aux Comores. Les comoriens et surtout les syndicalistes font des liens surprenant et apportent différentes perceptions. J’aime pouvoir parler de mes exploits syndicaux avec les gens. J’en comprends mieux le sens et je peux ensuite m’en détacher pour passer à autre chose. Après tout, je suis le premier Secrétaire Général d’un mouvement syndical et premier délégué des travailleurs comoriens à la 77ème et à la 79ème (1990 et 1992) Session de la Conférence Internationale du Travail à Genève.

On a souvent associé à l’instituteur comorien comme un raté et un vaut rien (Mba Fundi). Sur 29 diplômés de la promotion de 1983 de l’École Normale, j’étais classé 25ème et j’ai eu comme mention «Indulgence des professeurs». Mais cela n’empêche qu’aujourd’hui, je suis parmi les meilleurs thésards de l’Université Laval. C’est pour inciter à mes collègues et camarades du syndicat des instituteurs qu’ils ne doivent pas accepter la fatalité d’être enseignant du primaire jusqu’à la fin de leur carrière. Ils sont capables eux aussi de faire des exploits et des études universitaires.

Le désir de traiter un thème récurrent comme le rendement scolaire est pour moi une source de souffrance. C’est l’amour de l’enseignement comorien qui me redonne l’espoir en tant qu’enseignant de formation. L’amour est la pierre angulaire pour entreprendre une telle recherche d’une grande envergure. Si j’en avais l’occasion, j’aimerais peut-être faire d’autres recherches sur l’analyse de l’effet-maître sur le rendement scolaire des élèves ; sur l’effet du suivi des parents sur la réussite scolaire de l’enfant ; sur les facteurs explicatifs des résultats au Baccalauréat dans l’enseignement aux Comores ; sur une étude du processus d’insertion professionnelle des jeunes enseignants à partir du concept de trajectoire ; sur la comparaison entre écoles performantes et peu performantes aux Comores : l’exemple des écoles privées et des écoles publiques ou sur les coûts, financement et qualité de l’éducation aux Comores – Perspective comparative : école publique et école privée. Je pense beaucoup au devenir de l’enseignement de mon pays. J’aime ce beau pays. J’ai plusieurs idées en tête et elles se concrétiseront en temps voulu.

À mon avis, il est pertinent de fournir quelques éléments de ces résultats. Cette étude a été menée auprès d’un échantillon de 234 enseignants des classes de CM1 et CM2 de la grande île des Comores. Pour la collecte des données j’ai eu recours au questionnaire et l'analyse a été faite à partir de diverses approches et tests statistiques, principalement l’analyse tabulaire et l’analyse de régression multiple et les tests qui y sont communément employés. C’est pourquoi dans ce qui suit, je résume les résultats de ma recherche.

RÉSUMÉ COURT

Ce travail matérialise la fin d’une formation doctorale en Administration et Politique Scolaires dans le cadre d’études avancées en Sciences de l’éducation. Il présente les résultats d’une recherche sur les facteurs explicatifs du rendement scolaire de l’enseignement primaire aux Îles Comores. L’objet de cette étude s’enracine dans la continuité de nombreuses recherches ayant porté sur le problème des rendements scolaires dans les pays en voie de développement.

Quelle est la part de responsabilité des enseignants dans l’explication de la réussite ou de l’échec scolaire au primaire aux Comores ? Quel effet les enseignants des écoles primaires des Comores exercent-ils, par le biais de leurs caractéristiques sociales et professionnelles et leurs pratiques pédagogiques, sur le rendement scolaire des élèves ? Qu’advient-il de l’effet de ces caractéristiques et pratiques lorsqu’on prend en compte d’autres facteurs contextuels (taille de la classe, possession de craie, qualité du tableau noir, proportion de mères analphabètes et proportion d’élèves s’abstenant de prendre le petit déjeuner) ? Telles sont les questions qui ont constitué la base de ce travail de recherche

Pour le cadre théorique de l’étude, nous nous sommes inspiré du modèle de Anderson sur l’amélioration de l’efficacité des enseignants (1992). En nous fondant sur ce modèle théorique, nous avons conçu un cadre d’analyse tiré de la fonction de production en éducation.

L’étude a porté sur un échantillon effectif de 234 enseignants de la fin du cycle de l’enseignement primaire. L’outil de recherche utilisé est le questionnaire et l’approche générale demeure de type quantitatif. La moyenne annuelle pour l’année scolaire 1997-1998 pour chaque classe tenue par les 234 institutrices et instituteurs a servi pour mesurer le rendement scolaire des élèves.

Les résultats de l’analyse de régression multiple montrent que sur dix huit (18) variables explicatives, seulement trois, dont la participation des élèves (Beta = 0,243), la proportion d’élèves s’abstenant de prendre le petit déjeuner avant de se rendre en classe (Beta = -0,273) et la proportion des mères analphabètes (Beta = -0,173), se sont avérées prédictrices du rendement scolaire. Les enseignants influencent donc le rendement des élèves par leurs pratiques pédagogiques dans un contexte où les variables culturelles et économiques continuent de peser lourdement sur les performances scolaires.

Il ressort que la mise en relation simultanée de l’ensemble des variables explicatives avec la variable dépendante, i.e. le rendement scolaire, permet d’expliquer 22,7% de la variation des performances scolaires au dernier cycle du primaire aux Comores. Même si ces résultats n’apportent qu’un pourcentage d’explication relativement faible (22,7%) par rapport à ce que l’on peut découvrir dans d’autres études du genre, ils permettent d’ouvrir un nouveau pan de la recherche sur les déterminants du rendement scolaire dans ce pays.

_____________________                                           ________________________
            Roland OUELLET, Ph.D.                                           Mohamed ALI MOHAMED
            Directeur de recherche                                               Candidat au doctorat

 

RÉSUMÉ LONG

L’École comorienne et particulièrement l’enseignement primaire, n’échappent pas aux problèmes importants que connaît l’École des pays en voie de développement. Les États généraux de l’éducation convoqués en 1994 à Moroni, sont une illustration de l’existence des problèmes au sein du système éducatif comorien puisqu’ils proposaient une réforme globale qui fut suivie par le Plan directeur de 1997-2001.

En dépit des efforts déployés par l’État comorien, et par les différents acteurs et partenaires éducatifs en vue de combattre les échecs scolaires, les taux de redoublement demeurent élevés et les taux de réussite des élèves, peut satisfaisants. Combattre l’échec scolaire reste l’un des défis que le système éducatif comorien doit relever dans ce nouveau millénaire.

Les données établies par le ministère de l’Éducation nationale révèlent pour 93/94 des taux de redoublement relativement élevés au CP1 (36%), au CP2 (35%), au CE1 (37%), au CE2 (36%), au CM1 (38%), et également au CM2 (56%), ce qui fait une moyenne au niveau national de 39,6% (MEN, 1994). Par ailleurs, en confrontant les données du ministère de l’Éducation nationale à celles de l’Unesco, on constate effectivement une détérioration de la situation. Selon le Rapport mondial de l’éducation (Unesco, 1998), en 1995, les redoublements aux Comores étaient de 36%. Ce pays occupe la deuxième position après le Gabon qui était en tête avec 39%. Pour l’année 1992, ce taux était de 39% (Unesco, 1995). Malgré la baisse de 3% de ce taux, les Comores figurent parmi les pays où les redoublements scolaires sont plus élevés.

En tant qu’enseignant de carrière dans l’enseignement primaire pendant de nombreuses années, puis Secrétaire général du Syndicat des instituteurs comoriens (SNIC), nommé par la suite Chef de Service au ministère de l’Éducation nationale, nous ne pouvions pas ne pas manifester un vif intérêt pour cette entreprise. Par ailleurs l’absence d’études sur cette question en territoire comorien constituait une justification additionnelle pour entreprendre une telle recherche.

Cette étude a été menée auprès d’un échantillon de 234 enseignants des classes de CM1 et CM2 de la grande îles des Comores. Pour la collecte des données nous avons eu recours au questionnaire et l’analyse a été faite à partir de diverses approches et tests statistiques, principalement l’analyse tabulaire et l’analyse de régression multiple et les tests qui y sont communément employés.

De ce travail de recherche, il ressort qu’en République Fédérale Islamique des Comores (R.F.I.C.), les caractéristiques socioprofessionnelles (sexe, formation initiale, formation professionnelle dans un établissement spécialisé, formation pédagogique sous forme de stage et expérience professionnelle), n’influent véritablement pas sur le rendement scolaire de la classe. En revanche, pour ce qui est des pratiques pédagogiques, c’est seulement la participation des élèves en classe qui est significative (Beta = 0,234).

À partir de l’analyse multivariée qui a été conduite, on constate que dans le contexte comorien, l’intervention d’une variable de processus telle que «la participation des élèves en classe» (Beta=0,243) et deux autres variables, en rapport avec le statut socio-économique de la clientèle, soit «la proportion de mères analphabètes» (Beta = -0,273) et l’«absence de petit déjeuner», qui occupe la troisième place avec un Beta de -0,173, ont été nécessaires pour expliquer le rendement scolaire. Toutefois, en considérant l’ensemble des variables explicatives dans le modèle d’analyse, la proportion de la variance expliquée par ces variables n’est que de 22,7% du rendement scolaire. Ce qui n’est pas beaucoup comparativement à la part de variance non expliquée de l’ordre de 77,3%, qui est plutôt élevée par rapport à ce qui s’observe dans les études de ce genre. Pour reprendre ce que Noiset et Caverni (1983) soulignaient, il se peut que l’effet observé soit faible mais comme les progrès accomplis par les élèves sont rarement de grande amplitude, le pouvoir masquant est certain et ce encore plus s’il s’agit du rendement d’une classe.

Enfin, cette recherche révèle qu’il existe dans l’enseignement primaire comorien certaines classes qui présentent des rendements scolaires très en dessous des taux de réussite envisagés. Cette faiblesse du rendement scolaire, avons-nous vu, s’explique en partie par les pratiques pédagogiques des enseignants mais aussi par des facteurs d’origine économique et culturelle qui influent sur des performances scolaires des élèves. Sans doute, existe-t-il d’autres facteurs, d’autres causes, non encore étudiés, qui ne sont pas sans conséquences immédiates ou latentes sur le rendement scolaire en République Fédérale Islamique des Comores et qu’il faudrait aborder dans des études ultérieures

______________________                                         ________________________
            Roland OUELLET, Ph.D.                                          Mohamed ALI MOHAMED
            Directeur de recherche                                              Candidat au doctorat

J’autorise a publier ce document dans le site de Mwezinet.

Fait à Québec-Canada
Le jeudi 5 décembre 2002

Par Dr. Mohamed ALI MOHAMED, Ph.D.