Ouverture solennelle de
l'Université des Comores : un barrage contre l'obscurantisme et l'ignorance
Tôt
le matin, une foule immense s'est répandue dans la cour de l'IFERE. Au son du
tari et des cymbales, elle s'y est installée. Sur la tribune officielle ont
pris place les membres du gouvernement, du cabinet présidentiel, des membres
des gouvernements et représentants des autorités des îles autonomes de
Ngazidja et de Mwali, et différents responsables de sociétés d'Etat. Non loin
de là, se trouvent les membres du corps diplomatique. Leur présence n'est pas
simplement protocolaire. Elle a pour but de montrer aux autorités comoriennes
le plein engagement de leurs pays. Après un moment d'attente, le chef de
l'Etat, le colonel Azali Assoumani, arrive à 9 h 20 sous les acclamations de
la foule. La cérémonie a commencé par l'hymne national, chanté par les élèves
de l'école application de Moroni. Le coran a été lu par une voix de stentor.
Un poème comorien classique a été scandé par une jeune étudiante en histoire,
Kamaria Mzé. Lorsque l'administrateur de l'université, M. Damir Ben Ali, prend
la parole, on entre dans le cœur de la cérémonie. Après un bref rappel
historique sur l'enseignement aux Comores, il livre les données sur
l'institution dont il a la charge : 1707 étudiants inscrits dont 43% de filles
et 57% de garçons. La mission à laquelle il s'est fixé est d' " asseoir les
bases d'un système éducatif " et de dispenser un " savoir libérateur ". Pour
la réussite de cette mission, il a lancé un appel à l'aide financière
internationale. Lui a succédé au micro, M. Alhadj Mahamoud M'dahoma, un
notable de Tsidjé. Il s'exprimait au nom des Comoriens, en général, et des
parents des étudiants pour qui cette université marque ''un grand pas'' vers
la connaissance. Elle va, dit-il, soulager les nombreuses familles qui n'en
peuvent plus payer des études à leurs enfants à l'étranger. Des
applaudissements nourris accompagnent la fin de son allocution. Ensuite, c'est
au tour de la Secrétaire générale du gouvernement mais également
enseignant-chercheur, Mme Moinaécha Cheick Yahaya, d'énoncer, les objectifs de
l'enseignement supérieur. D'emblée, elle tient à écarter tout malentendu en
affirmant que l'université n'est '' ni un luxe, ni un élément de propagande
politique'' mais un moyen d' ''acquisition des savoirs et des compétences'',
qui doit mener vers l' ''épanouissement individuel''. Sur l'estrade dressée en
face de la tribune officielle, les étudiants interprètent une scène de
l'époque des sultans. A la fin de celle-ci, M. Yahaya Mohamed Ilyassa s'adonne
à une savante explication sur le rapport entre coran et savoir. Il souligne
que l'évènement de cette matinée n'est pas moins qu'une renaissance pour les
Comores. Ses propos flottaient encore dans l'air quand la jeune Faouzia
Ibrahim a récité un superbe poème que la postérité attribue à la mère de Mbaé
Trambwé. Cette journée était annoncée comme solennelle, elle l'est
effectivement d'autant plus que le chef de l'Etat prononce son allocution. Ses
premiers mots sont pour dire que c'est une '' journée historique'', car il
s'agit de la mise en place d'un ''projet vital pour le développement du
pays'' mais aussi pour '' le renforcement de l'unité nationale''. Il clame
haut et fort qu'il entend dresser '' un barrage contre l'obscurantisme et
l'ignorance'' en remaniant ''l'éducation de base''. Après son allocution,
c'est au pas de charge qu'il visite les locaux de l'université, sans avoir
oublié de dévoiler la plaque surplombant l'entrée. " Le chemin est long ne
raccourcit pas ", " le raccourcir c'est faire un pas en avant ", lit-on sur
cette plaque portant le logo de l'Université des Comores. Mais avant
l'allocution du chef de l'Etat, il a été procédé à l'intronisation des doyens
des facultés par le Vice-président Caabi El Yachroutui Mohamed.
Allocution du chef de l’Etat
à la cérémonie solennelle de l’ouverture de l’Université des Comores :
“l’avenir passe par des ressources humaines bien formées”
Honorable
Assistance,Il me plaît de vous affirmer, avec beaucoup d'émotion et une
profonde satisfaction, que notre pays vit aujourd'hui, une journée historique,
des moments d'une grande fierté et d'un réel espoir, des moments d'humilité,
de gravité et de responsabilité. Souvenons-nous, qu'il y a sept mois, plus
exactement le 26 août 2003, au Palais du Peuple, j'ai présidé l'ouverture des
travaux de l'atelier national sur l'enseignement supérieur. Une des
recommandations pertinentes ressorties des débats est la création d'une
Université et son ouverture, pour la rentrée 2003-2004.Comme l'a si bien
indiqué, Madame la Secrétaire Générale du Gouvernement, cette université a bel
et bien ouvert ses portes en novembre dernier. Cette cérémonie d'ouverture
officielle du Centre universitaire des Comores, n'est pas alors, une
manifestation comme les autres. Elle marque une nouvelle étape dans nos
efforts permanents, pour asseoir les bases du développement de notre pays.
Elle est la manifestation d'un plaisir partagé pour les sacrifices communs que
nous consentons ensemble. Elle consacre la réussite d'un projet vital et
prioritaire pour le devenir de notre pays. La création de l'université est une
conviction, un choix mûrement réfléchi qui s'inscrit très volontiers dans la
vision globale que l'équipe qui m'entoure et moi-même, avons pour ce pays.
Mes Chers Compatriotes,
L'Université des Comores n'est pas une réalisation de prestige et encore moins
un objet d'orgueil pour qui que ce soit.
Elle est seulement une école et tout le monde doit la considérer comme telle,
parce que chacun comprend bien la fonction de l'école, son utilité dans la
formation des hommes et dans l'évolution de chaque société. J'ai vu, des
années durant, ployer vos épaules, sous les charges exorbitantes, souvent non
maîtrisables, de la formation de vos enfants à l'étranger. Je vis, au jour le
jour, votre parcours du combattant, les humiliations diverses, devant des
chancelleries étrangères, pour un hypothétique visa culturel. Je partage votre
chagrin, vos inquiétudes, vos angoisses et vos peurs quotidiennes, devant
l'éloignement de vos enfants, de nos enfants, dans des pays lointains. Je me
suis alors dit que la création d'une Université, rencontrerait votre
approbation et votre engagement. Je suis content de savoir que je ne me suis
pas trompé. L'Université doit servir à former nos enfants pour un meilleur
avenir. Mais, elle doit surtout leur doter des moyens pour une participation
active au développement du pays. L'Université, faut-il le rappeler, est aussi
un ascenseur social qui garantit l'égalité des chances et une réelle
intégration sociale. Elle dispense à tous, toute catégorie sociale confondue,
le même savoir, prédispose aux mêmes opportunités, garantit les mêmes armes
pour affronter la vie. Nous ne renonçons aucunement à la liberté pour tout un
chacun de choisir son école. Nous ne renions pas et ne renonçons pas à la
formation à l'étranger, qui est nécessaire et quelque fois indispensable.
Mais, nous disons tout simplement, qu'il était utile et urgent, de créer les
conditions véritables d'une future convergence, d'une symbiose véritable et
durable, des diverses strates de la pyramide sociale. Veuillez accepter avec
moi, que seule l'Université nationale, est capable de s'atteler à cette tâche.
Aucune école étrangère, quelles que soient ses qualités, ne peut former à nos
spécificités, selon les besoins de notre développement, selon nos réalités.
C'est en fait cela, investir dans la jeunesse. C'est la base de la politique
de la jeunesse que je ne cesse d'expliquer et de défendre, depuis bientôt cinq
ans. Contenir la jeunesse dans une dynamique d'éducation et de formation,
créer l'émulation, susciter la curiosité intellectuelle ici chez nous, c'est
aussi, la soustraire de la précarité et du désespoir d'une vie estudiantine à
l'étranger, si elle est sans repères et sans ressources. Ces conditions de vie
extrêmement difficiles, rendent notre jeunesse psychologiquement vulnérable.
Elles peuvent l'exposer à l'exploitation de sectes et de réseaux, dont les
principes et les codes de vie, sont totalement opposés à la culture de paix et
de tolérance, qui a toujours caractérisé notre société.
Mesdames et Messieurs,
L'Université a la responsabilité de former le Comorien de type nouveau, de
doter la jeunesse des rudiments de base, inspirés de la tradition, pour mieux
appréhender son environnement immédiat et lointain. Une jeunesse qui réagit en
patriote dans chaque action et dans chaque réflexe. Une jeunesse susceptible
d'inventer des voies nouvelles, capable par son imagination, de raccourcir le
chemin, pour réussir le développement. Ainsi, l'on comprend bien, la lourde
mission qui incombe à l'encadrement administratif, pédagogique et technique de
l'Université. Elle ne consiste pas seulement à restituer des connaissances, à
ouvrir au savoir et au savoir-faire, mais elle doit obligatoirement former
l'homme, l'ancrer dans son environnement, dans les valeurs fondamentales de la
tradition et de la sagesse de notre peuple, pour perpétuer notre identité et
nos empreintes. Elle a une obligation de résultats, pour répondre aux
sacrifices consentis par notre Peuple. L'Université, sans aucun doute,
participe au renforcement de l'Unité nationale, par la déconcentration de ses
Facultés dans nos différentes îles et par le brassage des étudiants de
différentes catégories sociales, de différentes régions. Les liens qui se
forment et se tissent, la parfaite connaissance des uns et des autres, la
communion des cœurs et des esprits, facilitent et renforcent des relations
futures durables. L'Université, je me dois de le rappeler encore une fois, a
l'obligation d'offrir une clé au règlement de l'épineux problème de l'île
comorienne de Mayotte, pour qu'enfin, le droit international triomphe sur
l'inacceptable injustice, dont est victime, notre pays, depuis son accession à
l'indépendance. Tout le monde sait et convient que l'unité d'un pays et son
intégrité territoriale sont sacrées partout ailleurs, et il ne peut en aucun
cas, être autrement chez nous.
Mes Chers Compatriotes,
Ma vision de l'avenir passe par des ressources humaines bien formées, pour
être les architectes du renouveau et de l'espoir. Je crois fermement que le
savoir est à la base de tout acte réfléchi, le socle de toute réussite, la
boussole de la vie. Il est, absolument, le rempart contre l'obscurantisme et
l'ignorance. Je sais, malgré tout, que la création de l'Université a suscité
un large débat que j'ai bien suivi. Nous acceptons toujours les critiques.
Mais, nous les aurions souhaitées, pour l'intérêt du pays, constructives,
crédibles et raisonnables. Evoquer le déficit de moyens peut paraître juste.
Mais, en aurait-on un jour suffisamment ?Ne nous y trompons pas, chaque pays
développé aujourd'hui, a, à un certain stade de son évolution, convenu de
créer des établissements d'enseignement supérieur pour sa nécessité,
nonobstant ses moyens. Ces établissements ont accompagné son développement, la
création de sa richesse d'aujourd'hui, la pérennité de sa culture, de sa
tradition et de son histoire. Il est alors difficile de faire croire que
chaque pays a créé son université, son école supérieure, quand il est devenu
riche et développé. Dans tous les cas, les Comoriens ont tranché, en acceptant
d'abord et je sais que c'était un grand sacrifice, la surtaxe sur le riz. Ils
l'intègrent bien, acceptent volontiers sa pertinence et estiment même que sa
création a tardé. Toujours est-il que ses 1700 étudiants partagent aussi cet
avis. Ainsi donc, le débat est clos. Il n'est plus d'actualité. Mais, le plus
dur est à venir. Je vous invite, mes Chers Compatriotes, à persévérer dans
votre foi en cette entreprise, à renforcer votre accompagnement et votre
appui, parce qu'ils sont encore indispensables. Je demanderais amicalement à
ceux de nos partenaires au développement qui le veulent bien, de nous apporter
leur généreux concours, sous la forme de leur choix. Ceux qui estiment ne plus
le faire, sont dans leur bon droit, et nous ne pouvons que le respecter. Mais,
nous nous devons de rappeler à ceux dont les frontières sont devenues
hermétiques, pour des raisons qui leur sont propres, que soutenir notre
université, serait sans nul doute, un début de réponse à leur souci quotidien
et permanent. Je suis heureux de vous informer que notre grand Ami, la
République Populaire de Chine, par l'intermédiaire de Son Ambassadeur en Union
des Comores, Son Excellence Zhao Chunsheng, a exprimé sa volonté de soutenir
notre Université. Qu'elle trouve ici l'expression de notre reconnaissance.
D'autres partenaires se sont prononcés aussi et ils se manifesteront bien
évidemment, incessamment. Bien sûr, notre attention s'est focalisée, ces
derniers temps, sur l'enseignement supérieur. Mais, rassurez-vous, nous sommes
aussi mobilisés pour les autres enseignements. Nous sommes convaincus en
effet, qu'il ne peut y avoir de résultats tangibles et probants à
l'Université, si l'éducation de base n'est pas maîtrisée. Nous avons décidé de
combattre l'analphabétisme et l'ignorance. Nous avons souscrit aux Objectifs
du Millénaire pour le développement, notamment l'éducation pour tous d'ici
2015. Nous nous efforcerons bien entendu, de les respecter. Je vous rends
hommage, mes Chers Compatriotes et je suis très sensible pour la confiance, à
chaque fois renouvelée, que vous ne cessez de me témoigner. Elle me renforce
et m'inspire, dans tout ce que j'entreprends pour le pays. Elle me conforte à
l'idée, qu'ensemble, nous saurons relever les défis qui obstruent le chemin de
l'avenir. Ensemble et je vous le confirme, parce que telle est ma conviction,
nous raffermirons la souveraineté nationale de notre pays, chaque fois que de
besoin. Nous poursuivrons avec méthode et pragmatisme, à poser les jalons d'un
futur maîtrisé. Nous nous éloignerons de l'aide extérieure, chaque fois qu'il
est possible. Je tiens à préciser que si l'aide s'avérait obligatoire, il nous
reviendra de choisir nous-mêmes les projets à financer et de fixer, en commun
accord avec le partenaire, les priorités.
Mes Chers Compatriotes,
J'ai décidé que, désormais, notre pays ne servira pas de transit de fonds.
L'argent de l'aide au développement doit servir à l'amélioration du quotidien
de nos concitoyens et non repartir à reculons pour ne nous laisser
qu'illusions et une dette injustifiée. L'Union des Comores est sur la bonne
voie. Elle a pris le bon cap. Nous lui avons insufflé l'espoir, le dynamisme
et la confiance, grâce à votre compréhension et à vos efforts. Mais, il faut
reconnaître que rien n'est encore définitivement gagné, que tout est encore
fragile. L'Accord du 20 décembre 2003, est un espoir que nous devons
obligatoirement concrétiser. Les acquis de la Gouvernance doivent être
renforcés. Je réitère ma détermination pour l'indépendance de la justice, pour
la lutte implacable contre toute forme de corruption, pour l'égalité des
chances et pour la création des bases du développement qui doivent renforcer
l'image internationale du pays, et nous valoir la considération de nos
Partenaires. De nouveaux chantiers vont s'ouvrir dans de nombreux domaines
socio-économiques. L'électricité rurale, l'adduction d'eau, les ports et
aéroports, les routes, la construction d'écoles et d'hôpitaux et bien d'autres
projets, pour le développement du pays .Mais, je demande à chacun de préserver
le climat de paix qui caractérise notre vie quotidienne. Je vous exhorte à
comprendre, que rien de durable ne se construira dans l'insécurité. C'est
ainsi que je me réjouis de la détermination de tous, institutions de l'Etat et
mécanisme issus de l'accord à aller de l'avant dans le parachèvement de nos
institutions. Je saisis cette opportunité pour remercier et féliciter mes
frères, les Présidents des Iles autonomes pour leur engagement sans faille, à
appliquer l'accord réitéré dans la déclaration du 15 février dernier à
laquelle je souscris entièrement. Les échéances politiques à venir, ne doivent
aucunement servir de prétexte, pour relancer la surenchère, l'irrationalité,
la démagogie et les troubles divers. Les Comoriens doivent choisir leurs
représentants librement, dans la dignité et la responsabilité. Les partis
politiques et leurs militants, doivent strictement se conformer aux normes
établies. Rien, absolument rien, ne doit perturber ces élections des
Assemblées des îles et de l'Union, qui sont vitales pour le parachèvement des
Institutions, la normalité et le développement de notre pays. Mais, je suis
sûr que la sagesse qui vous caractérise prévaudra.
Mes Chers Compatriotes,
Vous êtes souverains dans votre choix. Mais n'oubliez pas que ce choix engage
votre destin. Il engage l'avenir de la réconciliation nationale, l'avenir de
l'Unité de notre pays. Ce pays magnifique et agréable qui se bat depuis une
trentaine d'années pour sortir de l'étouffement et de l'instabilité, a su
prouver aux yeux du monde, qu'il peut avoir une voix et un destin. En quatre
ans, il s'est montré capable de courage, de crédibilité et de foi en son
avenir. Alors, il nous appartient à nous d'abord et puis ensuite à la
Communauté internationale, aux pays et organisations partenaires, que je
remercie d'ailleurs pour leur mobilisation, d'appuyer nos efforts de
développement, de rompre avec les appréhensions et les doutes. Les Comoriens
ont compris que nous avons ensemble un seul pays et un seul Etat, quelle que
soit son organisation politique. Le choix politique de mars et avril, doit
nécessairement consolider cet acquis.Mes Chers Compatriotes, Je ne peux
m'empêcher, au terme de cette cérémonie, de joindre ma voix à la vôtre, pour
rendre en votre nom, un hommage appuyé et mérité à l'Administration provisoire
de l'Université, dirigée par Monsieur Damir Ben Ali, au Comité de Réflexion,
d'Action et de Suivi pour la mise en place de l'Université et en particulier,
à son Président, Monsieur Othmane Abdou et au Ministère des Affaires Sociales.
J'adresse une mention spéciale à la Communauté des enseignants, toutes
catégories confondues et à tous les personnels, pour la sagesse et l'ardeur au
travail, dont ils font montre, chaque jour. Je suis sûr que la Nation,
toute-entière, saura leur être reconnaissante. Je n'oublie pas bien sûr les
étudiants qu'il faut féliciter très chaleureusement pour leur volonté de
réussir, pour la confiance qu'ils ont en cette nouvelle institution
académique. Je mesure le poids de leur attente, mais aussi de leur
responsabilité devant tout le pays. La crédibilité de l'université et sa
pérennité les engagent. L'espoir de notre peuple en un avenir serein est entre
leurs mains. Mes Chers Compatriotes, ce pays est le vôtre. Son destin ne
dépend que de vous. Sachez en faire bon usage.
Je vous remercie.
A l'occasion de l'ouverture
solennelle de l'Université des Comores, les citoyens de tout bord ont tenu à
exprimer leurs points de vue au sujet de cette entreprise, devenue aujourd'hui
effective
Bakary Mouzé
Mogne, Conseiller pédagogique
Cette initiative est louable car elle concourt au développement du pays.
Maintenant, il reste à savoir comment organiser et gérer les études
universitaires et se donner la conviction de pérenniser cette action car la
création d'une université est une chose et la pérennisation de l'œuvre en est
bien sûr une autre.
Nourou
Athoumani Mohamed, Etudiante de la faculté de
Lettres Arabe Imam Shafi'i
L'ouverture
d'une université dans le pays est une bonne chose car beaucoup de compatriotes
partent apprendre dans des conditions très difficiles à l'étranger alors que
nous disposons des ressources humaines capables de dispenser ces formations
sur place. Il nous manquait de l'organisation. Mon souhait ardent est de voir
mon pays disposer d'une université offrant les mêmes conditions qu'ailleurs.
Fatoumia Ali
Mlaraha, Etudiante en 1re année de Géographie
Nous sommes très contents de l'ouverture d'une université dans le pays parce
qu'elle permet à beaucoup d'entre nous qui n'ont pas les moyens de partir à
l'étranger de pouvoir apprendre à moindre coût sur place. Maintenant notre
souhait est de voir cette Université parvenir à compléter ces composantes
nécessaires.
Said
Mohamed, Directeur de l'école primaire Moroni-Application
Je m'aligne
derrière cet objectif de création d'une université aux Comores et je suis très
content aujourd'hui d'assister à son ouverture solennelle. C'est une
entreprise qui mérite le soutien des Comoriens de tout bord mais aussi de la
communauté internationale pour sa survie.
Abdallah Youssouf, Instituteur
L'Université
est devenue aujourd'hui une réalité aux Comores. Elle a besoin maintenant de
l'appui des Comoriens pour que les enfants ne soient contraints encore de
partir ailleurs à la recherche de formations universitaires. D'autant plus que
l'on sait très bien que les jeunes qui partent à l'extérieur nous reviendront
avec bien sûr des connaissances, mais le risque d'une certaine acculturation
n'est pas aussi le moindre.
Soilihi
Said Mtsahoi, Etudiant
en Lettres
D'abord, je remercie les responsables du pays, en particulier le président de
la République qui a initié, en premier, le projet d'une telle entreprise. Ceci
afin de satisfaire les conditions d'études du jeune Comorien et alléger les
charges financières des parents ayant envoyer leurs enfants à l'étranger pour
des études. C'est mon cas, car après avoir obtenu le baccalauréat en 2000 je
suis parti à Madagascar mais pour des raisons d'insuffisance de moyens
notamment financiers, je suis revenu aussitôt au pays.
Mohamed Abdallah Ben Ahmed, Documentaliste à
l'Université des Comores
C'est de louer l'idée de concevoir cette grande institution qui, à ma
connaissance, demeure parmi les facteurs les plus importants pour le
développement d'un pays au point de vue socio-culturel
et économique. Toute la population doit être sensibilisée à soutenir ce grand
chantier entrepris par le chef de l'Etat. J'invite, à cet effet, la population
des quatre îles et nos frères voisins de l'Océan Indien ainsi que la
communauté internationale à s'y investir pour aider les Comores dans son
processus de développement socio-culturel et
économique, plus particulièrement dans le domaine de l'éducation.
Mohamed Rachid, Gérant de l'hôtel
Maloudja
Je pense que
le pays a fait un grand pas parce qu'il faut accepter que la plupart des pays
ont aujourd'hui chacun une université. Aux Comores, il n’y en avait pas.
Aujourd'hui on inaugure l'Université des Comores. Maintenant il faut miser
pour son amélioration car, à mon avis, certaines choses doivent être
renforcées notamment les laboratoires. Il faut saluer les gens qui ont eu
l'initiative d'une telle entreprise car il faut voir le taux de bacheliers
bloqués dans le pays faute moyens mais qui ont pu aujourd'hui s'inscrire à
l'Université.
Bourhane
Nourdine, Professeur de Chimie
Je
pense que c'est une bonne réalisation. Toutefois soyons un petit peu sceptique
parce qu'il ne s'agit pas seulement de créer une université. C'est bien parce
qu'il y a eu tellement de problèmes avec les bacheliers qui ne
parvenait pas à partir ailleurs, il y a eu
tellement de problèmes avec les ressources humaines dans l'administration
comorienne. Maintenant on va former des gens qui vont travailler dans le pays
en fonction des besoins et dans le contexte de la culture, des us et coutumes
comoriens. J'espère maintenant que la population va accompagner cette
entreprise car il ne faut pas créer une université puis l'abandonner. Il faut
attendre 10 ans pour voir les vrais fruits de cette université.
Abdoul-Anzize
Mzé Mohamed, Sortant de l'Isfer
promotion de 2000
Je
salue cette initiative qui vient apaiser nos préoccupations, nous sortants de
l'Isfer au sujet d'un manque d'un établissement
pour la continuité des études universitaires dans le pays. Notre souhait
aujourd'hui est de voir celle qui vient de naître pouvoir mieux se maintenir
et satisfaire nos besoins de formation universitaire.
Bacar
Assoumani, Notable de
Mboudé-Dimani
Je me réjouis
de la création d'une université aux Comores, mais je constate que c'est le un
dixième de la question. Je veux parler par là de la situation des jeunes
déscolarisés dès les classes de 6e, 3e ou Terminale et deviennent les laisser
pour compte des gouvernants. La création de l'université résoudra le problème
des bacheliers, c'est un début de solution mais les gouvernants doivent aussi
se préoccuper du sort des jeunes déscolarisés car ils ont droit aussi à une
formation pour leur vie future.
Hadidja
Mohamed Said, Etudiante à l'Université des Comores
Je
suis convaincue que cette université incarne notre avenir. J'apprécie
l'initiative qui me permet de poursuivre une formation universitaire sur place
dans la mesure où je n'ai pas les conditions de partir étudier à l'étranger.
Toihir
Ibrahim, Directeur de l'enseignement préscolaire arabo-islamique au ministère
de l'Education de Ngazidja
C'est une entreprise grandiose dans le sens où il va résoudre le problème
d'une migration massive de nos étudiants bien que cela doit continuer au delà
des niveaux et des formations qui ne sont pas disponibles dans le pays comme
partout ailleurs. C'est aussi un moyen d'impulser notre économie car avec le
départ de ces étudiants c'est une masse colossale d'argent qui part à
l'étranger. Mais dans ma vision, j'aurais préconisé que cette année soit une
année préparatoire pour permettre à nos étudiants de disposer d'un minimum
nécessaire comme une riche bibliothèque pour la recherche.
Ali Chahidi, formateur en comptabilité
C'est une initiative louable compte tenu de la vie difficile que mènent nos
étudiants à l'étranger. Bien sûr, le tout premier pas est toujours difficile
mais c'est un combat qu'il faut mener comme il n'a pas été facile de conquérir
l'indépendance. Mais il faut oser persévérer, les fruits sont au bout de
l'effort.
Ahamada
Abdou Soimadou, Chauffeur au DGI
Je
félicite cette entreprise car pour mon cas, j'ai deux sœurs admises au
baccalauréat de la dernière session qui, faute de moyens, n'auraient pas pu
partir à Madagascar, au Sénégal ou dans d’autres pays pour faire une formation
universitaire. Mais l'ouverture d'une université dans le pays me donne
l'opportunité de les faire bénéficier d’une formation à proximité, ce qui
réduit les risques des problèmes socio-économiques que l'on vit à l'étranger.
Abdoulbar
Youssouf, Enseignant et assistant en administration du doyen de la faculté de
droit et des sciences économiques
L'ouverture de l'Université des Comores est un élan à soutenir car nous savons
tous que les Comores de demain auront besoin d'institutions fortes notamment
une université pour nos besoins en matière de formation de nos jeunes. Et
c'est dans ce sens que nous embrassons cette idée car nous sommes entrain de
bâtir une nation nouvelle. Toutefois, on sait très bien qu'on ne peut pas
marcher dans les mêmes conditions que d'autres pays qui ont déjà une
expérience de 20 à 30 ans. Cette première année aura toujours comme d'habitude
des embûches mais qu'ensemble, autorités politiques, enseignants et toute
catégorie sociale vaincront et gagneront ce pari.