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L'Education en France et aux Comores

L'Université des Comores - Faits et Commentaires
mise à jour 26/11/2011

L'année 2003 a vu aux Comores la création d'une université basée sur l'unification d'établissements existants, l'ouverture de filières d'enseignement, et tout cela financé par une taxe additionnelle sur le kilo de Riz.
Il y a bien sur, les partisans et les opposants à ce projet désormais concrétisé, nous allons donc ici regrouper plusieurs opinions sur le sujet

ATTENTION : Il y a des opinions POUR ou CONTRE ce projet, elles n'engagent que leurs auteurs, et pour exercer un droit de réponse, nous vous proposons de nous écrire au webmaster en précisant "droit de réponse au message de ...".


article paru dans Al Watwan [ www.alwatwan.net ]
L’Université des Comores en grosses difficultés le 21 mai 2009 par Nour El-Fahad


Pour faire face au casse-tête de l’effectif toujours galopant d’une année à l’autre, deux salles dont un amphithéâtre sont en chantier. La bibliothèque dont le mobilier nécessaire vient d’être installé, s’apprête à accueillir les étudiants et chercheurs dans un cadre de travail agréable grâce au concours de la coopération libyenne, qui a construit et équipé le bâtiment notamment en groupe électrogène pour le campus de Mvuni.
Reste la “grave” question de la délivrance des diplômes.


L’Université des Comores (Udc) – et ce n’est un secret pour personne – connaît, à six ans d’existence, de nombreux problèmes de tout ordre, logistiques, techniques et pédagogiques. L’administration centrale de l’établissement ne cache pas sa préoccupation et s’emploie à “parer au plus pressé” en attendant des solutions durables aux problèmes.
Pour faire face au casse-tête de l’effectif toujours galopant d’une année à l’autre, deux salles dont un amphithéâtre sont en chantier. La bibliothèque dont le mobilier nécessaire vient d’être installé, s’apprête à accueillir les étudiants et chercheurs dans un cadre de travail agréable grâce au concours de la coopération libyenne, qui a construit et équipé le bâtiment notamment en groupe électrogène pour le campus de Mvuni.
L’université prend de l’ampleur à tel point que le moindre petit problème laissé sans solution grossit rapidement et gêne le fonctionnement de nombreux services. D’après le chargé des inscriptions à l’administration centrale, l’établissement enregistre annuellement plus de 1200 inscrits et le nombre annuel des sortants (diplômés) varie entre 800 à 1000. Cette année “nous totalisons quatre mille étudiants y compris le site universitaire de Patsi”, précise-t-il.
L’Udc est également confrontée à un problème de ressources humaines qui peut entraîner à des situations incroyables. C’est ainsi que des résultats des examens du premier semestre du département Administration économique et sociale (Aes), ne sont toujours pas encore délibérés. Selon l’enseignant et chef du département, Nassur Said Chei, “ces résultats ne sont pas affichés pour des multiples raisons liées aux récentes inondations des pluies diluviennes, mais aussi, aux manques de logistiques et à l’insuffisance de personnel”.
L’étudiant en troisième année de droit, Oubeidillah Youssouf, refuse absolument la version selon laquelle ce sont des problèmes logistiques qui empêchent l’affichage des examens. Il parle plutôt ‘‘d’une administration incontrôlée’’.
L’Université des Comores est régie, depuis son ouverture, par l’Ordonnance N 03-008/PR portant création de l’Udc rendu publique le 8 septembre 2003. Le directeur adjoint des études et de la scolarité, Mahoulida Soadiki, assure que, “dans ces conditions, l’université ne peut délivrer des diplômes aux étudiants sortants avant qu’elle soit validée par une loi adoptée par l’assemblée de l’Union des Comores”. Le chef de la scolarité, affirme, à ce propos; que “le texte est déjà fait et envoyé à l’assemblée”.

Nour El-Fahad (Stagiaire)



Comores
La fac, l’offre et la demande
article paru sur le site de RFI [ www.rfi.fr ] le 24/07/2005 par Soeuf Elbadawi

Lancée il y a deux ans par décret présidentiel, la première université de l’Archipel souhaite aujourd’hui élargir son offre, en ouvrant ses portes à une expertise francophone. Une mission venue de Perpignan, dans le sud de la France, est actuellement à Moroni.

La volonté du président de l’université, M.Damir Ben Ali, anthropologue, est claire. Afin d’atteindre ses objectifs premiers, d’améliorer notamment la qualité de son enseignement, l’université comorienne a besoin d’accueillir plus d’enseignants, y compris en provenance de l’étranger. Sur place, il y avait déjà une équipe exigeante, dont l’investissement a permis d’assurer la formation des 1700 premiers inscrits de la rentrée précédente. Mais les Comoriens disent que «shinji tsi shonga», autrement dit «l’abondance ne tue pas». Plus il y a de possibilités, mieux l’institution se porte.

Traditionnellement, les jeunes Comoriens devaient poursuivre, s’ils en avaient les moyens, leurs études en Europe (la France), en Afrique (Maghreb et Afrique de l’ouest) et dans l’Océan Indien (Madagascar et la Réunion). La crise politique de ces dix dernières années ayant fragilisé le tissu économique, les parents n’ont pas toujours les moyens d’envoyer leur progéniture à l’extérieur du pays. Certains candidats ont dû abandonner l’idée de poursuivre enseignement supérieur, tandis que d’autres s’engouffrent dans le circuit des bourses labellisées «musulmanes». Des bourses qui sont soupçonnées depuis quelques années de faire le lit de l’intégrisme et du terrorisme religieux. La plupart de ceux qui sont partis en Iran, en Libye ou au Soudan, sont revenus avec dans leurs bagages un islam supposé «trop radical», en comparaison du sunnisme paisiblement pratiqué dans ces îles.

Créer une université comorienne est une manière de répondre à cette virée «arabe» de la jeunesse comorienne, qui canalise quelques fantasmes d’époque autour d’elle. Ainsi a-t-on entendu il y a deux ans de cela certains universitaires francophones de l’Archipel expliquer que si le jeune Fazul Abdallah Mohamed est recherché par les services secrets américains pour ses liens avec l’arrière-garde de Al-Quaida, c’est aussi parce que l’Etat comorien ne se donne pas assez les moyens de former ses élites. Les bourses glanées dans le monde arabe par des parents opportunistes seraient donc une porte ouverte à l’instrumentalisation des opinions, voire à la fabrication de fous de Dieu. La réponse du président Azali n’a point tardé à arriver. Afin de financer ledit projet, il a institué une taxe sur le riz, denrée essentielle de la cuisine comorienne, en juillet 2003.

Autre réalité: la France, devenue la destination la plus prisée de l’étudiant comorien, grâce ou à cause d’une importante diaspora, qui y est installée depuis plus de trente ans, ferme ses frontières, en multipliant les tracasseries administratives au départ de Moroni. «Le désengagement de la France, qui ne délivre que des visas au compte-goutte, a laissé la place aux islamistes», déclarait Mme Sitti Sagaf, présidente de l’association des femmes d’affaires comoriens, lors de l’inauguration de cette université. Le passeport pour Marseille ou Paris, même avec une pré-inscription dans une université française en bonne et due forme, est devenue à la longue une illusion coûteuse. Le projet de l’université était donc une réponse très attendue par les parents, dans ce pays aux ressources limitées, vivant principalement de l’aide internationale, avec des arriérés de salaires sans fin -l’Etat est le principal employeur de l’Archipel- pour la population de fonctionnaires.

Certes, il y eut quelques réticences avisées contre le projet. Beaucoup s’interrogeaient sur la capacité du pays à se payer une université, alors que les écoles secondaires et primaires dispensent, faute de moyens, un enseignement dit «au rabais». Convaincu de pouvoir contourner ce problème par une sélection rigoureuse, les dirigeants de l’université, disposant d’un budget légèrement au-dessus de 1,5 millions d’euros se sont lancés dans l’aventure, sans trop traîner. Néanmoins, aujourd’hui, avec des effectifs, qui atteignent le double de la première année d’exercice, la situation se complique quelque peu. Il faut plus d’enseignants et plus de contenus dans les formations, d’où les appels effectués récemment par la présidence de l’université auprès de différents pays francophones. L’université de Perpignan en France a été la première à répondre positivement. Une mission est actuellement à Moroni en train d’étudier les modalités d’un jumelage entre les deux institutions.
Soeuf Elbadawi

Article publié le 24/07/2005



Intervention parue dans notre forum de discussion HABARI le 29/02/2004
par
Ben benzjac@yahoo.fr 

Bonjour,
Je devance un peu les choses, quoique certains m'accuseront de trop caricaturer ou de faire des rapprochements incongrus. Permettez-moi un petit détour sous les tropiques pour vous rappeler la vie estudiantine de nos compatriotes.
Tout le monde s'accorde pour dire que ceux-ci vivent dans des conditions misérables de telle sorte que tous les moyens sont bons pour s'en sortir. Vu le manque crucial de ressources pour financer leurs scolarités, certains étudiants sont obligés de louer des taudis dans des bidonvilles, sans aucune protection sociale, sanitaire ou consulaire. Pour préparer leurs examens, ceux qui n'arrivaient pas à payer leur loyer se voient priver d'électricité et doivent se contenter des la lumière des lampadaires en pleine voie publique pour réviser (concentration garantie).
Je me souviens encore très précisément de ce compatriote, boursier de l'état comorien qui, pour ne pas crever de faim, flirtait avec une dame qui avait presque l'âge de sa grand-mère et vendeuse de poissons braisés sur le bord de la route de l'université. Et, que dire de cet autre compatriote qui avait réussi à corrompre un cuisinier du resto U. En attendant que sa famille lui envoie épisodiquement un peu d'argent pour payer ces tickets, il pouvait remplir son estomac et se concentrer sur ses études. Qu'en est-il de cet autre étudiant devenu, du jour au lendemain, un marabout très respecté en vendant des amulettes fabriquées, entre deux cours, à partir des versets photocopiés du saint Coran? Enfin, que penser de cet étudiant converti au proxénétisme en livrant à nos élites, de passage dans sa ville d'études, mna motro pour satisfaire leurs bas instincts, dans l'espoir qu'une fois de retour au pays on lui rendra l'ascenseur? Je pourrais multiplier les exemples à profusion et je suis persuadé que vous en connaissez des histoires similaires de débrouillardises qui donnent le mal de cœur.
Revenons au pays. Étudier aux Comores, c'est une paire de manche.
Ici, il n'y a pas de lumière publique dans les bas-fonds de Moroni où les loyers sont abordables compte tenu du montant alloué aux boursiers (40.000fc/ mois), pas de vendeuse de protéines à bon marché, pas de cuistot à corrompre mais on y trouve par contre beaucoup de charlatans et de proxénètes pour un marché déjà saturé.
Que faire donc pour payer les études si la bourse ne rentre pas? Pour avoir eu à composer avec des boursiers de l'école nationale de santé, je vois venir la misère de ces « cobayes »qui doivent habiter et étudier à Moroni, une des capitales la plus chère de l'hémisphère sud.
Les filles en principes s'en sortent assez bien, surtout du côté esthétique. Encadrées par les « tontons », les « cousins », les « prof », les « taximan » les « boutiquiers », etc, elles mangent à leur faim et sont mieux logées. Mais paradoxalement, ce sont elles qui ont de la difficulté à suivre leurs études parce que tout simplement elles doivent passer plus du temps en dehors de la bibliothèque en voulant répondre aux multiples rendrez-vous de leurs créanciers. Personnellement, je ne vois pas comment elles pourront faire autrement après plusieurs mois passer sans bourses, plusieurs jours sans manger et sans moyens pour se déplacer. Mettez le blâme ailleurs car ce qu'elles subissent n'a rien de romantique.
La faillite du système éducatif les y oblige et la concurrence est dure dans un pays à « guichet unique ».
Les plus choyés sont les étudiants en médecine. Dès leur admission à la fac, certains se positionnent en spécialiste des grossesses non désirés. Un petit coup de curette et hop! On empoche l'équivalent de un mois ou deux mois de bourses. Exit l'éthique, la religion et le serment d'Hippocrate because, ventre affamé n'a point d'oreille. Qui donc sera le responsable de ces meurtres programmés?
Ce cycle infernal se perpétue même après leurs études car, étudiants et étudiantes ont pris goût de la chose. Les unes ont été habituées à payer certains droits libidineux pour accéder facilement dans la sphère des « gens biens » et les autres à gagner rapidement l'argent nécessaire pour entretenir le train de vie que confère leur nouveau statut.
Soyons optimiste! Moroni ce n'est ni Yaoundé ni Antananarivo ni Conakry. Autrement dit, nos familles élargies sont des bonnes samaritaines qui ne laisseront jamais tomber les leurs. Mais pour combien de temps? Avec quel moyen? Ces réalités qui guettent nos « germes » dans ce processus d'acquisition de connaissances de haut niveau nous interpelle tous. Il n'y a pas lieu de se sentir fautif de les évoquer comme il n'est pas interdit de penser que si demain ces milliers d'étudiants descendent dans les rues pour réclamer un enseignement de qualité, on ne leur répondra pas par des balles réelles puisque les gouvernements du monde entier savent que les universités sont des QG des contestataires capables de les déstabiliser. Or, à Moroni, on n'aime pas les contestataires surtout lorsqu'on vient de leur offrir un haut lieu du savoir.
C'est pour toutes ces raisons qu'il faut continuer le débat public dans l'espoir de convaincre nos dirigeants à mettre de l'ordre dans les finances publiques, à revoir leurs priorités et À mettre fin à leurs querelles mesquines afin d'éviter à nos jeunes et à leurs familles, encore une fois, des sacrifices utiles. Ce débat permettra aussi aux étudiants de voir plus clairement le contexte dans lequel vont se dérouler leurs études et de prendre conscience de l'exiguïté du portique qui même sur le marché du travail une fois leurs études achevées.
Il serait donc faux de chercher à tout prix à masquer la vérité en leur faisant miroiter un cursus sans encombre alors que nos institutions scolaires publiques, encore fonctionnelles, affichent des performances médiocres Il n'est donc pas étonnant de constater que nos élites n'y envoient jamais leurs enfants. Les enverront-ils faire leur médecine, par exemple, à l'université des Comores?
Il ne faut pas non plus laisser la culpabilité ronger nos esprits critiques de peur de se voir désigner comme fauteur de trouble. La situation est assez préoccupante pour se taire car il s'agit cette fois-ci non pas de la vente d`un quelconque patrimoine mais de la préparation de la matière grise sensée nous sortir, demain, du sous- développement et rehausser notre « BONHEUR NATIONAL BRUT » qui s'est nettement détérioré ces cinq dernières années.
Pour finir, nous devons conserver notre ardeur en espérant que ce projet yinu tsi mswalata wa nkomba tsena. En vérité, ce que nous donnerons à nos étudiants, déterminera la qualité de leurs enseignements et par ricochet, notre qualité de vie de demain.

Ben
Réserve de Matimékush
Grand Nord
Québec - Canada



Intervention parue dans notre forum de discussion HABARI le 20/02/2004
par
daminawe daminawe@yahoo.fr

Bonsoir.
L'université nationale des Comores a été inaugurée ce mercredi par le Président de l'Union pour mettre un terme aux humiliations devant les chancelleries étrangères pour les visas nécéssaires aux bacheliers comoriens désirant se rendre ailleurs pour étudier.
Le lycéen comorien est comblé d'aise puisqu'il trouvera tout sur place pour assouvir ses besoins de connaissance et élargir son domaine du savoir.
Les diplômés, les cadres et les gourous seront taillés sur mesure pour répondre aux exigeances et aux besoin du pays selon la politique educative définie par nos politiques.C'est fini la dispersion et la disparition de nos cols blancs dans des horizons lointains et incertains;
Cet établissement de prestige compte 1707 étudiants. Il me plaît à penser que les autorités locales ont pris toutes les mesures nécessaires et indispensables pour faciliter les conditions de vie pour les étudiants anjouannais et mohéliens qui poursuivent leur cursus universitaire à la grande comore; vous conviendrez avec moi qu'il n'est pas aisé de rentrer à Mrémani ou à Nioumachoi après les dernier cours de droit constitutionnel..
Le 18/02 les portes de l'universités s'ouvrent avec frasques et paillettes. Qu'il le reste le plus longtemps possible pour le plus plus grand bonheur des futurs citoyens... Les mauvaises langues n'ont qu'à se taire.

Salutations habarinautique.



Intervention parue dans notre forum de discussion HABARI le 12/10/2003
par Ahamadou MZE SOILIHI, Paris.


Le projet de l’université semble être décidé par le camp Azali et une campagne fortement médiatisée est ouverte pour impressionner les Comoriens. A entendre en parler et défendre par les ténors du régime de la pseudo-union on pourrait être amené à penser qu’il s’agit là d’un projet extraordinaire hors du commun, en même temps la médiatisation donnée à ce projet pourrait inquiéter plus qu’un. Les plus pessimistes au régime pourrait même se demander si un souffle et une santé électoral du régime Azali ne sont pas recherchés à travers ce grand projet national à l’annonce des prochaines élections législatives. En revanche, au-delà de son aspect politique, ce projet ne mérite t-il pas un débat national pour mieux cerner ses contours ? Car ne s’agit-il pas en réalité de la question du système d’enseignement supérieur comorien d’une manière générale qui est posé à travers l’idée de l’université ? Si tel est le cas où en est-on avec l’enseignement primaire et secondaire ? Ne faut-il pas commencer par consolider ces derniers ? Beaucoup de questions de même nature reviennent à l’esprit des comoriens en parlant de l’université, à commencer par la question des professeurs et des enseignements dispensés en passant par le budget de fonctionnement de cette grande institution. Si des institutions politiques existaient, un débat à l’assemblée aurait eu tout son importance car on aurait assisté à un débat national sur un sujet qui concerne tous les Comoriens, au lieu de cela, l’on observe simplement son improvisation par des mesures fiscales injustes qui alourdissent la vie quotidienne des comoriens. Paradoxalement, comme si le système politique actuel en avait besoin pour survivre, le pays reste depuis bientôt cinq ans sans institutions politiques, alors même qu’une constitution est votée pour diriger la nouvelle configuration de l’archipel. On assiste à un pays dirigé par un exécutif de l’union, court-circuitant tous les pouvoirs des îles, sans pouvoir législatif et sans pouvoir judiciaire par ce que celui-ci dépendant d’un procureur directement nommé pour servir le président de l’union. Ainsi, on se demande compte ténu de la situation politique actuelle si les priorités du pays se situent dans la construction de cette université ou bien si elles se situent d’abord sur la stabilité politique et institutionnelle du pays. Une stabilité sans laquelle aucune véritable initiative de progrès ne peut être mise à profit du pays.

Quels en sont les moyens et les objectifs de l’université ?

L’idée paraît séduisante en soit, elle est même porteuse d’une santé politique au régime quand on voit à quel point elle est arguée pour justifier la hausse des prix des produits de première nécessité des citoyens comoriens. A la question de savoir si l’idée de l’université est-elle la priorité on peut être amené à répondre à chaud par un oui volontaire compte tenu des difficultés rencontrées par les bacheliers pour s’inscrire aux universités étrangères, néanmoins on relève quelques nuances et quelques interrogations qui inquiètent les pessimistes à la réalisation du projet. Parmi elles figurent d’une part la question fondamentale des enseignements dispensés et des professeurs susceptibles de dispenser ces enseignements. Quelle université pour quel budget, et quel type d’enseignement pour atteindre quel but? Quels sont les choix du gouvernement de l’union en matière de projet de développement de notre pays ? En fonction de ces choix quels sont nos besoins immédiats et avenir en matière de formation et d’éducation des jeunes ? L’université a t-elle une mission précise par rapport aux besoins immédiats ou avenir du pays ? Le pays en a t-il investi pour préparer les professeurs nécessaires pour enseigner dans cette université contrairement à ce qu’avaient fait les promoteurs de l’école nationale supérieure de Vouni, de l’école nationale de santé de Moroni, et de l’école nationale des instituteurs de Mutsamudu au sein desquelles les enseignements étaient dispensés en majorité par des étrangers ? Ainsi, on s’aperçoit bien que la question des objectifs de cette grande institution doive trouver une réponse, aussi on s’en rend compte que le choix des enseignements dispensés est inséparable aux projets du pays en matière de développement économique, politique et sociale. Pour toutes ces raisons il est essentiel qu’un débat ait lieu dans un environnement politique apaisé et que les choix du pays en matière de financement soit intelligemment étudiés.

Et la question fondamentale des institutions politiques est reléguée au second rang

Mis à part tous ces questionnements qui sont sans réponses à ce jour, l’inquiétude des comoriens repose sur le flou artistique qui caractérise la situation politique du pays. Le désaccord très flagrant qui existe entre le pouvoir de l’union et les pouvoirs des îles autonomes pour mettre en place les institutions politiques du pays. L’intransigeance du pouvoir de l’union de contrôler tout le pays, et toutes les sociétés juteuses de l’Etat, conditionne ce désaccord qui prend des dimensions à la limite du tolérable. Le péché originel de cette situation remonte à plus d’un an lorsque le pouvoir politique comorien à la quasi-unanimité, en adoptant une constitution de blocage, croyait pouvoir se frayer un chemin pour se débarrasser du pouvoir du dictateur. Le départ du dictateur était le préalable, et toute solution pouvant aboutir à ce résultat devrait être utilisée y compris l’extrême solution qui a aboutit à l’adoption d’une constitution de division. Aujourd’hui, la constitution de blocage est adoptée, Azali s’accroche au pouvoir et il en fait de la nouvelle constitution un outil pour semer une confusion politique sans issue. Une politique de chaise vide reste la panacée du gouvernement de la pseudo-union et les arrestations arbitraires pour tentative de coups d’état ses seuls moyens de défense. Comme si le résultat escompté par le pouvoir de la pseudo-union, c’était d’aboutir à un blocage pouvant ramener les Îles à se séparer définitivement. Et cette situation est très probable, d’autant plus probable que lors du dernier discours du 03 août du Président de l’île d’Ajouan, Mohamed BACAR, celui-ci parlait je cite " d’une union en cours " C’est à dire que l’union adoptée à travers la constitution actuelle peut être mise en cause à tout moment. Donc, de ce point de vue, si une priorité existait aux Comores ce ne serait pas en tout cas celle de l’université, mais celle de la stabilité politique du pays, celle du respect des institutions, et celle du respect de la démocratie et de la chartre des droits de l’homme et des citoyens. Le gouvernement de la pseudo-union fait tout le contraire, et il adopte une politique de surenchère en mettant en avant des projets, telle l’université, susceptibles de détourner l’opinion sur les choses essentielles. En même temps on assiste à une augmentation des prix des produits de premier nécessités et la justification se trouve dans la construction de l’université, selon les propos du ministre de l’union délégué aux finances. Pourtant, le pays a connu une santé économique avec une croissance du PIB moyenne de 2% depuis les cinq dernières années. Où se trouvent cachés les fruits de cette croissance ?

Une hausse des prix était-elle nécessaire pour financer cette université ?

Le résumé de la politique économique du gouvernement de la pseudo-union est une phrase : demander toujours plus de participation au plus démunis, ceux qui ont du mal à subvenir aux besoins minimums de la vie. En effet, la hausse du prix du riz, du transport, du pain etc. est un mauvais calcul économique qui justifie la politiques économique aux abois du régime Azali. A chaque fois que le régime veut renflouer les caisses pour fiancer ses voyages, il s’en prend aux plus démunis. Paradoxalement, ces mesures ne font que casser le pouvoir d'achat des ménages, ralentir la consommation, et stopper le rythme de croissance déjà en baisse de l’économie. A l'opposé de ce que font les autres pays, le gouvernement Azali, au lieu de soutenir la croissance, il est entrain d'étouffer l'économie comorienne, alors qu'il n'a pas été en mesure de profiter de la croissance économique de ces cinq dernières années, pour faire des économies, baisser le chômage et investir dans des projets de développement. Est-il nécessaire de rappeler que dans ces 5 dernières années la croissance était au rendez-vous aux Comores comme partout ailleurs dans le monde: 1,2 en 98; 1,9 en 99; -1,1 en 2000; 1,9 en 2001; 2,5 en 2002. En même temps nos produits d’exportations se vendaient bien. La reprise du cours du prix de la vanille depuis 1998 après l’épuisement du stock mondial de 1997, le prix d'un Kg atteignait 6000 FC en 2001 contre 1500 FC en 1997; De même le prix du girofle a connu une hausse considérable depuis 1999 suites à l'effondrement des plantations indonésiennes. Le prix du KG atteignait 3000 FC contre 235 FC en 1998. L'appréciation du dollar aussi a contribué à cette croissance. D’autres raisons existent, car en 2001 un accord de pêche de thon est conclu avec l'union européenne destiné aux programmes techniques et scientifiques pour le développement de la pêche comorienne. Ce programme fait rentrer dans les caisses de l'Etat des centaines de millions de FC. On ne parle pas du projet "269" qui fait rentrer une somme d’à peu près équivalente à celle des accords pêches. On ne veut pas non plus citer les plusieurs milliards de FC qui rentrent suite aux taxes douanières, à la consommation du pétrole, à la consommation du téléphone SNPT, à la consommation de l'électricité Mamwe etc.

Et les dépenses ?

Sous la présidence de Djohar, nous disions que les recettes douanières mensuelles, elles seules, suffisaient à couvrir toute la masse salariale des fonctionnaires qui était évaluée à environ 600 millions FC à l'époque. Tout le monde sait très bien que cette masse salariale mensuelle était largement supérieure à celle comptabilisée aujourd'hui compte tenu de la baisse significative des salaires constatée depuis l'arrivée de Azali. En 2001,cette masse salariale était évaluée à 526 millions FC au lieu de 600 millions FC en 1998, alors que pendant et avant cette période on n'a enregistré aucun flux financier entre Anjouan et Moroni, en période de crise séparatiste. Notre étonnement c'est que les dépenses n'ont cessé, cependant, d'augmenter pendant le régime Azali, passant par exemple, en millions de FC, de 17617 en 2000 à 22441 en 2001. En même temps l'inflation n'a cessé de croître: 3,5 en 98; 3,5 en 99; 4,8 en 2000; 5,9 en 2001 et elle a semblé être maîtrisée en décembre 2002 à 3%. Aujourd’hui le pays a perdu la maîtrise éphémère de cette inflation suite aux dernières mesures de hausse des prix et des taxes.

Le financement de l’université doit être recherché ailleurs

On voit bien que l’état dispose d’autres marges de manœuvres économiques pour financer cette université. Les preuves existent et la SNTP en a donné la démonstration en finançant à elle seule le projet du téléphone mobile à hauteur de 3 milliards de FC. Nous attendons impatiemment de la société des hydrocarbures, et de la société de l’eau et de l’électricité, Mamwe, des investissements analogues, dans le même domaine ou dans des domaines économiques différents. Cet exemple de la SNTP montre bien qu’il suffise d’imposer une gestion saine dans les sociétés d’Etat pour dégager des économies monstrueuses pour financer d’autres activités économiques. Nous attendons aussi des explications sur l’utilisation des recettes du projet « accord pêche », et du projet « accord 269. Il semblerait, selon les propos du ministre de l’union délégué aux finances, en réponse aux journalistes, à la question portant sur les dépenses exorbitantes de l’Etat, lors d’une conférence de presse, qu’un ministre ne peut pas marcher à pied. Certes, un ministre ne peut pas marcher à pied mais à condition qu’il remplisse sa mission de servir le pays, ce qui n’est pas le cas de nos ministres. En revanche, il serait respectueux, compte ténu de la situation économique du pays, que les ministres de la pseudo-union et les militaires donnent l’exemple et revoient à la baisse les dépenses exorbitantes de l’Etat. Les voyages inutiles qui ne rapportent rien à l’Etat doivent être revus à la baisse en mettant en place des moyens de communication de la nouvelle technologie actuelle, telle que la vidéoconférence, les courriers électroniques etc. De même les dépenses exorbitantes liées à la consommation du carburant, à l’achat des voitures de fonction de luxe, aux voyages privés, peuvent être revues à la baisse jusqu’à niveau minimal acceptable.

Aussi, tout ceci suppose que l’ultime question des institutions politiques soit résolue et que le gouvernement Azali, et tous les responsables du pays acceptent de s’engager définitivement vers une voie de paix politique, sans laquelle aucun projet sérieux ne peut être mis en oeuvre. Car cette paix conditionne le présent et l’avenir du pays. Si la paix revient le débat sur l’université sera ouvert et les moyens de la financer seront judicieusement étudiés par nos parlementaires. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de prendre des mesures injustes d’augmenter le prix du riz pour financer cette grande institution. Car un kilogramme de riz ne peut pas financer une université de façon durable.

Ahamadou MZE SOILIHI
Paris, le 12/10/2003



Intervention parue dans notre forum de discussion HABARI le 14/10/2003
par Ibrahim ZAWADI.

Pourquoi Azali veut une Université à tout Prix?
Vous êtes sans doute nombreux à vous interroger non pas sur la nécessité et l'utilité d'une université aux Comores, mais sur l'urgence et la manière dont Azali veut la mettre en place; Nous allons tenter de vous livrer, ici, la vraie motivation du pouvoir Azali. Mais tout d'abord quelques remarques: Azali a pris soins d'ouvrir ce chantier en plein mois de juillet et août, période où les comoriens sont très peu réceptifs des sujets de société car très occupés dans les manifestations festives. Cette stratégie permet au pouvoir de bâcler un sujet qui aurait pu en d'autres circonstances intéresser beaucoup de comoriens. Les n° d'Al Watwan qui abordent ce dossiers( 792 à 796) sont mystérieusement absents du site ( voir Archives). Ceci pour éloigner comme d'habitude la diaspora qui, pourtant aurait un rôle important à jouer dans une tel dossier tant sur le plan financier que en terme de ressources humaines( enseignants...)

La vérité c'est que de toute évidence Azali se moque pas mal de l'Education des jeunes comoriens. Dans son discours, lors de l'atelier nationale relatif la création de l'université tenu à Moroni les 28 et 29 août au Palis du Peuple, Azali se livre à des aveux( voir Al watwan n° 792/793 page 3): " l'université ne doit pas être un parc à étudiants, un je ne sais quel alibi pour retenir les étudiants dans notre pays limiter les formations à l'étranger" Eh oui! en vérité l'Université est une alibi pour attirer les fonds européens! En effet 80% du 9ièm FED sera consacré pour les Comores à l'Education. Nous vous renvoyons au document dit de Stratégie de Coopération et Programme Indicatif de l'accord entre l'UE et les Comores ( le fameux document!!!) En un mot Azali voit en la création d'une université fictive le moyen d'obtenir les fonds du 9ème FED!!!
Ibrahim ZAWADI
le 14/10/2003