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| L'
Energie aux Comores |
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La société d`électricité
des Comores renoue avec ses délestages
mise à jour 22/08/2005 |

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La société d`électricité des
Comores renoue avec ses délestages
Moroni, Comores, 18/02/2005
La société comorienne d`eau et d`électricité la Ma-Mwé,
donne de nouveau, des frayeurs aux entrepreneurs opérant en Grande Comore, en
renouant avec la pratique des délestages après une période de fourniture à peu
près normale, du courant électrique.
Selon un communiqué de la société, les interruptions de courant auront lieu
tous les après midi, de 14 à 17 heures depuis le début de cette semaine. Dans
la réalité, les délestages sont loin de se conformer à ce calendrier et
interviennent n`importe quand et n`importe comment ; parfois même à plusieurs
reprises le même jour.
Il n`en fallait pas plus, pour déclencher chez les petits entrepreneurs, la
psychose du manque de courant, d`autant que certains experts prédisent, d`ores
et déjà, une crise longue et durable.
Les difficultés de la société ne proviennent pas cette fois d`une insuffisance
de capacité: en théorie, l`outil existant peut fournir toute l`électricité
nécessaire à la Grande Comore selon le nouveau directeur de la société Said
Abasse Allaoui.
Equipées de 6 nouveaux groupes électrogènes inaugurés en grande pompe et dont
l`achat a été estimé à 1,4 milliard de francs comoriens, la Ma-mwe est
théoriquement armée contre la baisse de la puissance de production.
Mais les nouveaux soucis de la Ma-mwe relèvent de problèmes de gestion
puisqu`elle n`est tout simplement plus, en mesure de s`approvisionner en
carburant.
La société nationale des hydrocarbures a décidé de stopper toutes les
facilités de paiement ayant permis à la Mamwe de cumuler à ce jour, une dette
1, 2 milliards de francs comoriens auprès de cette société soeur, soit 3/4 de
la production annuelle de la Ma-mwe.
Comme l`état de trésorerie de la Ma-mwe ne lui permet pas de débourser chaque
jour 7 millions de fc comoriens pour s`acheter le gasoil, elle décide d`opérer
des délestages pour économiser du fuel.
En même temps, la direction de la société veut relancer la lutte contre la
fraude.
On rappelle que d`ores et déjà, une ordonnance signée par le président
comorien donne des pouvoirs accrus aux officiers de la police judiciaire, pour
faciliter la procédure de répression contre les fraudeurs.
Cela permet de sanctionner des villages entiers, contraints de payer des
amendes collectives se chiffrant en millions.
La fraude se manifeste par des branchements sauvages sur le réseau,
branchements respectant les normes mais non signalées au service commercial,
des branchements avant le compteur par des clients, la falsification du
compteur pour minorer la consommation d`électricité, les branchements non
autorisés de réseaux d`éclairage public...
Plusieurs mesures ont été essayées du temps de la Comorienne de l`Eau de l`Electricité
(vivendi) dont les compteurs totaliseurs à prépaiement. Ils avaient alors
suscité une si forte grogne que dans des villages comme Moidja ou Ntsaoueni,
les forces de l`ordre ont dû charger des villageois en pleine manifestation
d`hostilité.
Pour Said Abbas Alloui, directeur général et Abdourahmane Mohamed, secrétaire
général, "la propension à la fraude est le principal responsable de la
situation actuelle de la société puisque 40% de la production d`électricité
est volée".
Parallèlement, est mis en oeuvre un plan d`assainissement ayant permis de
licencier à ce jour, 24 personnes, selon le directeur Said Abasse Alloui.
On rappelle que la Grande Comore est familière des crises de l`énergie dont la
phase la plus critique aura été l`absence totale de courant pendant presque un
an, de 1996 à 1997.
L`activité avait pu reprendre à la suite d`un contrat d`affermage avec la
Société française Vivendi, qui jeté a l`éponge après trois ans d`exploitation,
à cause de la fraude précisément.
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