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pénuries d'hydrocarbures asphyxient le pays
mise à jour 01/09/2009 |
Les pénuries d’hydrocarbures
asphyxient le pays
Moroni, mercredi 16 juillet 2008 (HZK-Presse)
Adjmaël Halidi
160708/ah/hzkpresse/18h00
Dans la matinée d’hier
mardi, dans le quartier Hamramba, vers 12 heures. A la station Bonzami, les
employés ont déserté les lieux. Et comme dans une foire, une interminable file
de voitures à cours de carburant sont garées. Tout en haut des citernes à
l’abri du tohu-bohu, des gens patientent, les cœurs sans espoir.
« Je n’ai plus l’espoir d’avoir du gasoil. D’ailleurs, j’ignore vraiment si la
station a du carburant ou pas. En fait, je voudrais bien rentrer chez moi,
mais je suis pétrifié car chaque fois que mon camion ne fonctionne plus faute
de gasoil, c’est toute ma vie et la vie de mon foyer qui se retrouve
perturbée », nous a dit Hadj Ibrahim, habitant de Mboude ya Bambao.
A ses côtés, Ridjal Ali, tronçonneur, nous a confié à son tour : « Avec cette
jerricane, j’ai fait le tour de toutes les stations dans l’espoir d’avoir une
goutte d’essence. Sans succès. Ils me disent toujours qu’ils ne vendent qu’à
ceux qui ont des voitures. Comme je ne peux plus utiliser ma tronçonneuse, mon
seul outil de travail, je risque de ne plus pouvoir nourrir ma famille. »
A quelques kilomètres de là, à la station Al Kamar c’est toujours la même
scène de désolation. Ali Soilih alias Mahélé 100% et Ibrahim Hassane, tous
deux chauffeurs de taxi-brousse, ont passé toute la nuit de mardi dans la
station. Les fauteuils de leurs véhicules servant de matelas. « Parait-il que
les stations ne vendent pas leur gasoil parce qu’il y a des rumeur de hausse
des prix, et l’Etat hésite encore, d’où les menaces de spéculations, » nous
ont-ils dit.
A la station Filling, Lopez, assistant de direction, somme les propriétaires
des voitures que s’ils n’enlèvent pas leurs véhicules de la station, il serait
obligé de les enlever par la force, quitte même de les mettre en morceau. « Je
ne sais pas pourquoi je dois enlever ma voiture de là. Comme les autres je
fais la queue aussi. Je n’attendrais pas six heures de temps ici pour en fin
de compte céder la place à un autre. Qui va à la chasse perd sa place. Je ne
suis pas né de la dernière pluie. Ma voiture reste là, qu’ils aient du
carburant ou pas. A défaut de gasoil et d’essence, mes camions ne fonctionnent
plus » nous a appris l’opérateur économique Abdourahamane Soundi.
Pour savoir ce qui se passe au niveau de la Société des Hydrocarbures, on
s’est entretenu avec l’inspecteur Aboubacar Abdoulwahabe alias Kadafi. « Nous
livrons toujours du carburant aux stations service. D’ailleurs, ce matin nous
en avons livré une énorme quantité aux stations. Sûrement ils font du
stockage. A vrai dire ils sont en train de manigancer quelque chose » nous
a-t-il répondu, tout pressant le pas.
« C’est faut ce que dit l’inspecteur de la société des Hydrocarbures. Nous
avons fait la commande habituelle de 3000 litres. Ils ne nous ont livré que
les 1000 litres. Une infime quantité vendue d’un seul trait » rétorque Mzé
Ahmed Salim, gérant de la station Feeling. « Comme ils seront bientôt en
rupture de stock, ils rationalisent », croit-on savoir.
En effet, l’inspecteur des Hydrocarbures cherche à dissimuler une vraie fausse
pénurie, pourtant vécue chaque jour de plus en plus durement par le
consommateur. Pourquoi mentir à la population, en lui faisant croire l’arrivée
d’un bateau de dépannage, qui serait suivi après 15 jours d’une importante
cargaison dont aucune date n’est connue.
Pendant ce temps c’est toute l’économie du pays qui replonge dans la
paralysie, avec toutes les conséquences liées aux délestages d’eau et
d’électricité qui en déclouent. Un peu plus de transparence ne ferait de mal à
personne.
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