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| L'
Environnement aux Comores |
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Exploitation des holothuries (concombres de mer) : le
gouvernement prend des mesures pour une gestion durable de l'espèce aux
Comores
mise à jour 20/11/2005 |
Exploitation des holothuries
(concombres de mer) : le gouvernement prend des mesures pour une gestion
durable de l'espèce aux Comores
Extrait du journal
Al-Watwan, n°881, du 13 mai 2005

Holothuria
ananas |

Holothuria fuscogilva |

Bohadschia nobilis |
Photos extraites du site :
http://www.deh.gov.au/coasts/mpa/ashmore/survey/results.html
Survey 2000:
Bêche-de-mer and trochus populations at Ashmore Reef
L. Smith, M. Rees, A. Heyward and J.
Colquhoun
Australian Institute of Marine Science
Produced for Environment Australia, 2000 |
La demande en
"Bêche de mer" par les pays consommateurs est en hausse constante entraînant
de ce fait une pêche de plus en plus intensive et une diminution considérable
voire une disparition des populations naturelles. Face à cette diminution
constante des ressources naturelles, les pays consommateurs se tournent de
plus en plus vers les pays de l'Afrique de l'Est où la réglementation de la
pêche aux holothuries est plus souple et parfois inexistante. Notre pays
n'est pas épargné par ce phénomène d'exploitation abusive des holothuries par
des étrangers, pour l'exportation (les Comoriens ne consomment pas les
concombres de mer).
Face à ce danger, la Direction Nationale de l'Environnement a demandé et
obtenu un appui de la Commission de l'Océan Indien (COI) pour établir un
inventaire des holothuries récifales car aucune étude n'a jamais été réalisée
dans ce domaine. Avec cet appui financier de la COI, des scientifiques belges
du Musée Royal de l'Afrique Centrale (MRAC) et de l'Institut Royal des
Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB), ont effectué deux missions aux
Comores et ont établi un premier inventaire des holothuries récifales de la
Grande Comore. Cet inventaire a été réalisé avec l'aide de la Direction
Nationale de l'Environnement, des Forêts et des Stratégies Agricoles (DNEFSA),
du Centre National de Documentation et de Recherches Scientifiques (CNDRS) et
de l'ONG Association d'Intervention pour le Développement et l'Environnement
(AIDE).
Les holothuries (concombre de mer, chpapa kojo à Anjouan, boséra en Grande
Comore), animaux de l'embranchement des échinodermes, compte plus de 1200
espèces réparties dans de nombreux biotopes marins, à toutes les latitudes des
zones intertidales aux grandes profondeurs ; certaines espèces sont consommées
depuis des temps très anciens par les peuples asiatiques. Le tégument sec
appelé "bêche de mer" ou "trépang" obtenu par cuisson et séchage est consommé
principalement par les chinois. La région de l'Indo-Pacifique tropical compte
environ 300 espèces d'holothuries dont une vingtaine est utilisée actuellement
pour la préparation du trépang.
La préparation des holothuries dans notre pays relève d'un procédé
relativement simple. Une fois pêchées elles sont éviscérées puis bouillies
pendant une à deux heures de temps avant d'être séchées au soleil. Ainsi
préparées les holothuries sont envoyées vers les marchés asiatiques pour y
être revendues.
En matière de biodiversité, les observations réalisées en 2003 et 2004 autour
de la Grande Comore ont permis de porter le nombre total des espèces
d'holothuries présentes dans l'archipel à 40, soit 19 espèces de plus que le
nombre figurant dans la littérature. Nos eaux contiennent des espèces très
intéressantes dont certaines sont nouvelles pour la science. En comparant la
faune du Nord-Ouest de Madagascar et celle du Nord du Mozambique, 12 espèces
pourraient encore venir s'ajouter à la liste actuelle. La densité des
populations est par contre dangereusement faible.
Deux comoriens, un technicien et un scientifique, ont bénéficié d'une
formation à l'IRSNB et au MRAC dans le cadre du programme "Global Taxonomy
Initiative" sur la taxonomie des holothuries et la gestion des collections
d'échinodermes. Du matériel a été fourni au laboratoire mis à disposition des
scientifiques belges, de l'AIDE et du CNDRS par la DNEFSA dont un stéréo
microscope, un microscope équipé d'un tube photo, une caméra digitale
adaptable sur le tube photo, du petit matériel nécessaire à l'étude
taxonomique des holothuries, et un ordinateur portable.
Jusque fin 1998, la pêche aux holothuries n'était soumise à aucune
législation. Pratiquement toutes les espèces étaient pêchées et ceci quelque
soit leur valeur économique ou leur taille. La pêche se pratiquait tout au
long de l'année jusqu'à 70 mètres de profondeur.
Par un arrêté N°99-001/MDRPE/CAB du 29 Décembre 1998 il y a eu une
interdiction d'exploitation des holothuries à des fins commerciales.
Un autre arrêté N°01/31/MPE/CAB du 14 mai 2001 porte protection des espèces de
faune et de flore sauvages et les holothuries font partie des espèces
protégées.
Malgré l'existence de ces textes, l'exploitation abusive des holothuries
continue. Estimée faible en 2003 la densité des populations d'holothuries a
fortement diminué entre la première mission des scientifiques belges de
novembre 2003 et la deuxième mission d'octobre 2004.
Face à cette dangereuse diminution des stocks, le Gouvernement de l'Union des
Comores, par arrêté (réf. 04-13 /MDRPAE/CAB) du 20 décembre 2004, a décidé
d'interdire totalement l'exploitation des holothuries pour permettre aux
scientifiques de déterminer les paramètres indispensables à la gestion durable
de cette ressource marine et parallèlement une régénération des stocks qui
sont estimés assez faibles.
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