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Evenements |
La Croix-Rouge prête
au pire avec la PIROI
elle forme 41 bénévoles supplémentaires
23/11/2004 |
Article paru dans
CLICANOO le site du Journal de L'Ile de la réunion
le 23/11/2004 - Auteur
Philippe Madubost Dans le cadre
de son programme de préparation et de réponse face aux désastres, la
Plate-forme d’Intervention régionale pour l’océan Indien (PIROI), sans
équivalent au niveau mondial, a débuté hier une nouvelle session de formation,
d’une semaine et sur le terrain, de son équipe régionale de personnes
ressources, à Saint-André, pour 41 candidats originaires de six pays de la
zone. Objectif : pouvoir répondre rapidement, et en tout lieu, à tout type
d’intervention d’urgence en cette période cyclonique. En fin de semaine, c’est
l’équivalent des besoins en eau potable de 10 000 personnes qui auront été
produits. Bilan opérationnel de la
PIROI 2000/2004
Nombre d’activations : 13 Interventions : 10 (cyclones, épidémie de choléra,
inondations, éruptions volcaniques…)
Volontaires Croix-Rouge engagés sur les opérations : 455 dont 400 volontaires
et 55 cadres
Matériel déployé : 40 tonnes
Bénéficiaires directs des opérations : 120 000 personnes
Formations des cadres : un atelier par an (80 personnes entre 2001 et 2003)
Formations des volontaires : 550 volontaires
Création d’une équipe régionale d’intervention : 110 personnes (toutes îles)
Capacité d’assistance à 10 000 personnes
Capacité de production d’eau potable pour 80 000 personnes par jour (120 000
personnes en 2005).
La Croix-Rouge et le Croissant Rouge représentent dans la zone océan Indien
une ressource humaine mobilisable de plus de 6 000 volontaires actifs et un
réseau et une couverture territoriale composée de plus de 600 comités
L’urgence est là. Samedi prochain, ce sont dix mille personnes qui devront
être accueillies sur le site, situé au nord de l’île de Sainte-Florence, à la
suite d’une catastrophe naturelle majeure. Le temps est compté. Il reste
quatre jours à l’équipe composée d’une quarantaine de personnes pour mettre en
place l’ensemble de la logistique nécessaire à l’hébergement de cette
population. Montage du camp, gestion des ordures, fourniture en eau potable et
en énergie, création d’un réseau de télécommunication, gestion des postes de
santé, entretien du site, information et diffusion avant et pendant la
situation de crise, communication en direction des médias et partenaires…
Stress compris, c’est un engagement total que demande aux candidats le
scénario concocté à leur attention par le bureau régional de la Croix-Rouge
française en partenariat avec les sociétés nationales Croix-Rouge et
Croissant-Rouge du Sud-Ouest de l’océan Indien (Comores, Madagascar,
Mozambique, Maurice, Seychelles et France, englobant la Réunion et Mayotte),
dans le cadre d’une nouvelle session de formation de son équipe régionale de
personnes ressources (ERPR), de la Plate-forme d’intervention régionale pour
l’océan Indien (PIROI), appelée à intervenir en auxiliaire des pouvoirs
publics.
Un programme initié en 1999 et officialisé en 2000 avec les accords de
Saint-Denis, tourné à 100 % vers l’opérationnel. Son but : la mise en commun
des ressources pour faire face aux catastrophes naturelles, par la mise en
place d’une structure - la PIROI - vouée à préparer et à répondre à l’urgence
dans la zone océan Indien. Une structure dotée d’une composante opérationnelle
régionale (l’ERPR), complétée par des équipes locales comme l’EDIR (équipe
départementale d’intervention rapide, 25 personnes) pour la Réunion et
Mayotte. Après quatre ans d’existence, l’ERPR comptera, au terme de la
formation débutée hier, 70 personnes (cadres) pour un réseau de plus de 550
volontaires.
Une armée humanitaire
Trois îlots d’urgence (matériel de traitement d’eau, tentes, groupes
électrogènes…) ont également été créés sur la Réunion, Madagascar (trois
îlots) et Maurice. Chacun répond aux besoins de 10 000 personnes. Sur le
terrain, ils sont 41 candidats, confirmés ou nouveaux membres, tous
spécialistes dans un des domaines d’activité du PIROI et originaires de six
pays différents (dont pour la première fois du Mozambique), à avoir posés leur
barda lundi sur les berges de la Rivière-du-Mât, à Saint-André. A la fin de la
semaine, ils rejoindront l’équipe régionale de cadres qui formeront et
encadreront demain les bénévoles sur le terrain dans les domaines d’actions
définis par le PIROI. A savoir quatre missions principales : l’évaluation, le
traitement d’eau de masse, la logistique opérationnelle (abris, énergie…) et
les télécommunications. Le but étant de préparer chaque territoire à
l’urgence. La formation, renouvelée chaque année, donnant aux membres de l’ERPR
les connaissances et les outils nécessaires pour la démultiplication du savoir
et l’encadrement des bénévoles dans leur société nationale. Chacun peut
également être conduit à intervenir sur une urgence dans la zone, en
complément des bénévoles déjà sur place.
De l’eau pour 10 000 personnes
En quatre ans, les résultats sont au rendez-vous. “Sur les deux dernières
années, aucune épidémie de gastro-entérite n’a été à déplorer grâce à l’eau
potable produite par nos équipes. L’absorption d’eaux impures étant la
première cause de décès à la suite d’une catastrophe naturelle”, se félicite
Philippe de Camaret, bénévole et responsable pédagogique formations
régionales. A Rodrigues, il y a deux ans, à la suite d’une catastrophe
naturelle, l’eau avait été coupée sur l’ensemble de l’île. En seulement deux
jours, deux cadres venus de la Réunion, épaulés par cinq membres de la
Croix-Rouge mauricienne, ont pu alimenter en eau l’ensemble de la population
pendant dix jours. Le programme est financé par l’État, l’Europe, la Région et
le Département avec d’autres financeurs occasionnels comme l’ambassade de
Chine, la ville de Saint-Étienne ou encore la région Rhône-Alpes. La nouvelle
session de formation débutée hier innove : pour la première, fois les
candidats sont placés en immersion totale (la pluie et les moustiques compris)
et en situation réelle (manœuvres surprises, exercices) contre de simples
journées de travaux pratiques habituellement. A eux de tout gérer et d’être
capable, en fin de semaine, de fournir de l’eau à dix mille personnes.
L’occasion également de tester plus en avant les capacités de chacun et de
former une cohésion au sein de l’équipe régionale. Près de 70 % du temps de la
formation sera consacré aux apprentissages techniques.
Une extension à l’étude
Après avoir installé leur campement lundi, les candidats apprendront notamment
aujourd’hui à traiter de l’eau en masse (une réserve de 15 000 litres à été
construite sur le site), en parallèle à des exercices de télécommunication.
Tous volontaires et bénévoles, certains des candidats sont médecins ou
ingénieurs dans le civil. “Mais au final, ce ne sont pas forcément les plus
diplômés qui seront désignés comme aptes à devenir chef d’équipe. Les qualités
humaines jouant un rôle fondamental au côté des connaissances techniques”,
commente Caroline Lleu, assistante programme logistique. A la fin de la
semaine, chaque candidat se verra décerner un avis par l’encadrement de la
formation pour devenir volontaires terrain, cadres ou chef d’équipes.
Auparavant, chacun aura assisté à une intervention de la CICR (Comité
International de la Croix-Rouge - Délégation de Pretoria) sur la gestion d’une
crise humanitaire en temps de conflit, le thème choisi cette année par les
organisateurs. Devant le succès du programme, son extension est à l’étude sur
les zones Pacifique et Antilles-Caraïbes. D’autres projets sont également à
l’étude dans la zone.
Gérer une crise de A à Z
En parallèle au programme régional de préparation et de réponses face aux
catastrophes, un second programme cette fois tourné vers le développement est
actuellement mis en place par le bureau régional océan Indien (BROI) de la
Croix-Rouge française. Un projet visant à répondre cette fois à la
post-urgence comme la reconstruction du réseau d’adduction d’eau d’Antalaha,
durement touché après le passage du cyclone Gafilo (phase de recherche des
financements). Quatre autres projets ont également été soutenus par le BROI
dans la zone depuis 2001. Des projets contribuant à la préparation aux
désastres des populations vulnérables. Avec un programme de sanitation aux
Comores (mise en place de latrines et de points d’eau dans les écoles des
trois îles, plus de 6 600 bénéficiaires), la reconstruction d’un dispensaire à
Madagascar, dans la région d’Andrakata (plus de 7 000 bénéficiaires), la lutte
contre le choléra aux Comores (350 000 bénéficiaires) et un programme
d’hygiène e de construction de points d’eau dans les écoles à Madagascar
(région de Tamatave, plus de 10 000 bénéficiaires).
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