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Faits Divers |
Les dégâts
du cyclone GAMEDE
mise à jour 02/03/2007 |
Lu dans

http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=20625
Publié dans l'édition du mardi 27 février 2007 (page 10)
CYCLONE GAMÈDE
Des dégâts aux Comores
DE NOTRE CORRESPONDANT ALI MOHAMED
Le souffle du Cyclone Gamède qui a fait d’énormes ravages à La Réunion a
causé des inondations, la perdition de pêcheurs en mer et un blocage de
la RN1 toute la journée du dimanche.
LES Comoriens suivent de près l’évolution du cyclone Gamède‚ qui menace
de frapper de nouveau l’île de La Réunion après y avoir causé d’énormes
dégâts le week-end dernier dont un pont qui a cédé. Ils compatissent à
la douleur des habitant de cette île sœur, qui est chaque année victime
de la colère de dame nature. Cependant, ils appréhendent également ses
répercutions car les fortes tempêtes qui frappent la région, même si
elles épargnent souvent ces îles, ne manquent jamais de les ébranler en
causant quelquefois des sinistres. C’est encore le cas cette fois ci
avec Gamède. En effet, de fortes rafales et une pluie torrentielle qui a
duré juste quelques minutes a suffit toute proportion gardée à semer la
désolation.
Selon Abdou Rahim ingénieur civil, ce ne sont pas tant les dégâts qui
inquiètent car ils sont sans commune mesure par rapport à ce qui se
passe chez nos voisins, mais c’est le manque de prévention et de prise
en charge qui est dramatique : « imaginez si le dixième de ce qui est
arrivé à La Réunion devait se produire ici ? Jusqu’alors, on parle de la
réhabilitation des infrastructures endommagées par le cyclone Gafilo en
2003 par l’Union européenne et les travaux n’ont pas encore débuté ».
A Kouhani, un petit village dans la région de Wachili, c’était la
panique car 7 pêcheurs ont été surpris par la tempête en mer. Msahazi,
un cadre du village résident dans la capitale, n’arrête pas de pianoter
sur son téléphone portable. Il appelle différents responsables de la
sécurité civile et fait le lien avec divers interlocuteurs de son
village pour essayer de recueillir les dernières informations. Pour lui,
c’est assez grave car aucune annonce dans les ondes nationales n’a été
faite pour prévenir la population, notamment les pêcheurs, de cette
tempête. Seuls ceux qui possèdent des télévisions par satellite dans les
grandes villes ont été au courant.
Dans la soirée de dimanche, six rescapés ont échoué sur les côtes de
Mboikou, un peu plus au Nord. Le dernier n’a été recueilli que le lundi
matin au grand soulagement de cette petite communauté et surtout de
Msahazi qui avait mis son boubou en allant au bureau au cas où il y
aurait décès.
Par ailleurs, la route qui mène de l’aéroport vers Mitsamiouli a été
coupée à plusieurs endroits par des arbres arrachés et jonchés sur la
voie. En l’absence de service public pour l’entretien des voies de
communication, ce sont les automobilistes pris au piège aidés par les
populations riveraines qui découpaient les troncs d’arbres avec des
machettes pour libérer la voie. Même Moroni n’a pas été épargné par ce
souffle. Au Sud de la capitale, Saïd Ibrahim, un commerçant de la place,
avait du mal à réagir devant cette coulée d’eau boueuse qui continuait à
se déverser dans 2 de ses entrepôts qui contenaient des dizaines de
tonnes de riz. Il attend avec impatience la procédure de l’assurance
car, dit-il fièrement, il est un des rares opérateurs à avoir souscrit à
une assurance sinistre.
Il est avéré que la société comorienne n’a qu’une très faible pratique
de l’assurance en dehors de celle des véhicules rendus obligatoire à
causes des contrôles routiers. Selon un des membres du patronat local
présent, « c’est à travers la rapidité de l’intervention et la qualité
de l’accompagnement des clients habituels que les assureurs pourront
convaincre de l’opportunité d’assurer sa personne et ses biens ».
A. M.
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