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Naufrage du SAMSON

TROP DE POLITICIEN TUE LA NATION
Par Idriss MOHAMED le 12/03/2004


Le naufrage du SAMSON est une catastrophe nationale sans précédent : plus de soixante-dix morts, des familles entières décimées. Aucun coin du pays qui n'est pas touché.

Comment comprendre alors que les dirigeants de ce pays, après une réconciliation nationale chantée sur tous les tons, ne puissent pas se retrouver, communier ensemble avec le peuple dans un deuil national, engager ensemble le nécessaire travail qui doit identifier et punir les fautifs s'il y en a et mettre en place des dispositifs sécuritaires devant régir les transports maritimes, aériens et terrestres afin de prévenir ce qui peut l'être.

Bien sûr la vie continue et ceux qui sont directement touchés se doivent de puiser en eux, dans leur foi, dans leur courage pour accepter l'inacceptable. Mais de là à assister au spectacle lamentable de ceux qui cherchent à gagner des voix pour les élections il y a un fossé que certains dirigeants du pays franchissent allègrement.

Dans tous les pays, en des moments où le peuple est lourdement frappé par des catastrophes naturels et autres, la nation se dresse comme un seul homme pour faire face en rangs serrés à l'adversité. L'Espagne nous en offre un témoignage vivant. N'y aurait-il pas là-bas des partis politiques qui s'affrontent ? N'y aurait-il pas là bas des luttes pour le pouvoir ?

Honte à ceux qui tentent d'utiliser ce drame national dans leur combat politicien.

Mettre en avant en tout lieu et à tout moment ses intérêts partisans, réduire la politique à du cynisme et du machiavélisme est un avilissement de l'homme; une négation de la morale et de tous les acquis de l'humanité en matière de droit de l'homme, des pays et des peuples; un indice tangible d'une aliénation mentale, un ferment de désespoir.

Cette tendance est lourde chez nous. On la voit chez les détenteurs du pouvoir qui agissent souvent en clan, on la voit chez les oppositions qui misent sur la déstabilisation et les coups d'Etat. On l'a vu en 1975 sur la question de l'île comorienne Mayotte, on l'a vu en 1979 quand les mercenaires ont assassiné le Président du pays et pris le pays en otage, on l'a vu en 1978 quand Anjouan a déclaré son "indépendance". Jamais un sursaut national comorien n'a pris corps.

Que jusqu'ici il n'ait pas été possible d'engager un mouvement d'envergure national sur la question de Mayotte, qu'aujourd'hui où le pays est frappé dans sa chair il n'a pas été possible d'organiser une manifestation religieuse unique qui regroupe tout le monde, voila des constats suffisamment graves pour interpeller tout ce que le pays compte d'intelligence patriotique.

Idriss 12/03/2004