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Histoire d'un vin |
CEE : Histoire dun vin
Article de La Gazette des Comores du
16/08/1999
La
Comorienne des eaux et de lélectricité na pas fini de susciter dans
lopinion des interrogations. On se souvient que le réseau électrique nest
redevenu normal que grâce au don de quatre moteurs offerts par lEmirat de Sharja,
auquel sest ajouté un financement de 1 milliard 200 millions accordé par
lAgence française de développement, dans lobjectif daméliorer les
installations techniques de la centrale de Voidjou, détendre le réseau existant et
daméliorer le système de gestion de lentreprise. Cette opération qui
sinscrit dans le cadre du processus des privatisations, a fait couler beaucoup
dencre, et na abouti à la conclusion du contrat daffermage
quaprès plusieurs mois de négociations entre lEtat comorien et la Sogea.
Mais
voilà quaujourdhui éclate une affaire pour le moins rocambolesque,
impliquant le patron de la CEE. La rumeur courait déjà à Moroni à propos du millésime
99 dun vin connu sous lappellation de " vin de Voidjou ".
Selon des sources dignes de foi, recoupées avec des témoignages, il semble quune
opération de vente illicite dun produit qui na rien à avoir avec
lobjet de la Société comorienne deau et délectricité a été
découverte. Au cours dune série de contrôles de routine effectués par les
service de la concurrence et de la répression des fraudes, relevant du ministère de
lEconomie et placés sous la tutelle du gouvernorat, il a été découvert une
filière de distribution dun type de vin jusquici inconnu des services
compétents, et qui a conduit à une perquisition dans la villa de lancien
mercenaire Marquès, actuellement louée par le Directeur de la CEE. Ce contrôle a fait
à un ordre de mission du ministère de lEconomie qui ordonnait au service de la
concurrence et de la répression des fraudes " de veiller au respect des
dispositions réglementaires en vigueur en matière dimportation de boissons
alcoolisées ". Une perquisition opérée au domicile de M. Baillard par ce
service, en présence déléments de la police judiciaire a permis de constater dans
le garage de la villa la présence dune unité de mise en bouteille de vin ainsi
(environ 200 bouteilles vides et sans étiquettes étaient en cours de stérilisation) et
un fût denviron 200 litres)
Selon nos sources, certains
restaurateurs de la place seraient approvisionnés par ce réseau clandestin.
Nétant pas en mesure de justifier par des factures lorigine des vins en
question, certains auraient mis le service de répression des fraudes sur la piste qui a
conduit jusquà la perquisition du domicile du Directeur général de CEE. Il faut
rappeler que limportation de boissons alcoolisées est soumise à une autorisation
spéciale du ministère de léconomie, et que jusquà ce jour, seuls cinq
commerçants ont reçu la licence dimportation de ce produit. Interrogé, M. Baillard aurait déclaré quil sagit dune importation à usage
personnel. Il convient de souligner que la réglementation en vigueur aux Comores
nautorise dans ce cas que le nombre de deux bouteilles par personne.
Il semble par ailleurs que
limportation des fûts de vin se faisait passer pour des fûts dhuile moteur
qui bénéficie dexonération de droits et taxes dans le cadre de lagrément
accordé à la CEE. Pour lheure, le dossier nest pas encore transmis au
tribunal. Interrogé, le parquet a affirmé à La Gazette des Comores que les enquêtes
préliminaires sont en cours et quil attend la transmission du dossier par la
gendarmerie avant de se prononcer sur lopportunité de louverture dune
information judiciaire.
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