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    Histoire des Comores

    Contribution à l'évaluation de Ali Swalihi Mtsashiwa (ASM)

    Une contribution de M. Idriss MOHAMED sur Ali Swalihi
    29 mai 2004

    N.B : le texte ci dessous, publié avec l'aimable autorisation de l'auteur, est issu de discussions dans notre forum HABARI.

    Le débat autour d'ASM est essentiel puisqu'il s'agit de l'Histoire du pays. Malheureusement il est entaché par les insultes. Certains se cachent derrière des pseudo et se permettent tous les excès, à croire qu'ils sont incapables de débattre sans s'insulter grossièrement. Quand un pseudo insulte un pseudo, cela n'a aucun sens. Le seul impact est de rabaisser le forum, d'éloigner les gens qui aurait aimé échanger avec d'autres sur des tas de questions ou se servir de Habari comme moyen d'expression sur la scène nationale où le droit à la parole est accaparé par ceux qui disposent du pouvoir.

    Je crois qu'il faut dépassionner le débat, chercher à établir la vérité des faits historiques et à apprendre de l'expérience du pays. Je me dois de verser dans les débats mes souvenirs épars puisque j'ai un peu vécu cette période.

    ASM a été Chef de l'Etat comorien, il n'est plus. Nous lui devons donc respect et nous avons le devoir de tirer parti de son expérience.

    ASM était-il marxiste ? Je ne le crois pas. Son parcours me paraît relativement clair.

    1) A son retour au pays après ses études, il dirigeait une institution agricole. Il a été à l'origine des premières mutuelles agricoles qui ont produit le concept de MRANDA, le nom de son futur mouvement.

    2) A la fin des années 60 (1960), Said Mohamed Cheikh qui voulait s'opposer aux "Jaunes" de Ndzuwani, (des intellectuels de cette île qui s'opposaient à son pouvoir) a rassemblé les "intellectuels " de Ngazidja pour composer l'Assemblée territoriale. C'est alors que surgirent sur la scène politique nationale les ASM, Taki, Muzawar, etc.

    3) A la mort de Cheikh en 1970, le prince Said Ibrahim accéda à la Présidence du Conseil de Gouvernement. ASM s'affirma comme son bras droit et occupa des postes ministériels.

    4) En 1973, le mouvement vers l'indépendance se heurta au Prince et à ASM. Le slogan de ces derniers : "SANS INDEPENDANCE ECONOMIQUE PAS D'INDEPENDANCE POLITIQUE" alors que les partisans de l'indépendance (alors MOLINACO, PASOCO, ASEC ) soutenaient exactement le contraire.

    5) Le processus vers l'indépendance devenant irrésistible, la France changea son fusil d'épaule, ce qui se traduit par l'unité Vert-Blanc, le renversement de Prince remplacé par Ahmed Abdallah et le slogan "Indépendance dans l'amitié et la collaboration avec la France". Le prince avec ses amis constituèrent le groupe UMMA, ASM rassembla les siens autour du MRANDA et on vit apparaître sur la scène nationale le mouvement UMMA-MRANDA, dans l'opposition au coté du PASOCO, du PEC (scission au sein du PASOCO des anciens MOLINACO). UMMA-MRANDA se signala par son dynamisme, et ses "coups de main" qui revêtait un caractère terroriste. Les plus vieux se rappelleront certains épisodes comme lors de la grève du lycée en 1973 qui a failli dégénérer en guerre civile. Une branche du PASOCO, le PEC-MOLINACO, une fraction des blancs s'unirent dans un Front National Uni qui devint le fer de lance de l'opposition à Ahmed Abdallah réclamant l'indépendance du pays. C'est à partir de cette période que les discours d'ASM, dont l'éloquence fascinait les foules, dériva vers la "révolution" et prit parfois un coloriage marxiste. Bien sûr pour le combattre, il fut taxé de maoïsme, etc., une tactique coutumière de l'Unité, parti des verts-blancs.

    6) Le coup d'état du 3 août 1978. Manifestement, ce fut la punition d'Ahmed Abdallah : déclaration de l'indépendance et position ferme alors sur la question de Mayotte. Cela est patent. Les Comores étaient encore administrés par la France, les forces françaises (légionnaires, gendarmes, etc.) étaient là. ASM avait au moins un feu vert par la France pour s'emparer du pouvoir sinon il n'aurait pas tenu une demi-journée. 6-1 1er coup d'état, un précédent fâcheux comme l'avenir le montra 6-2 Bob Denard est appelé à la rescousse pour déloger Ahmed Abdallah, autre précédent fâcheux comme l'avenir le montra

    7) ASM a manifestement été le jouet de la France. Le coup du 3 août était double, car dimanche 4 août, Marcel Henry et Bamana ont dispersé l'administration "comorienne" de Mayotte et installé la leur, et ils ont commencé à vider l'île de tous ceux qui étaient pour l'unité du pays. La promesse d'une solution de la question maoraise s'annonçait mal. Je me rappelle d'une discussion houleuse que j'ai eue personnellement avec Ali Toihir (Kéké) et le Docteur Turqui à Nanterre début septembre 1975, lorsqu'ils étaient venus à Paris négocier avec la France, ils m'assuraient que la question maoraise serait réglée autour d'un verre et que mon extrémisme de "communiste" était infantile alors que je les traitais de "vendus" et de "naïfs". Quand ASM s'en est rendu compte, il s'est insurgé et rompit progressivement avec la France. Ce que, soit dit en passant, nous, (alors ASEC) n'avions pas vraiment cru et se trouve à la base des fautes que nous avons commises alors dans l'appréciation du régime ASM à partir de l'année 1976.

    8) Ayant rompu avec la France, ASM s'affirma comme un vrai patriote, subventionna les produits de première nécessité pour soutenir les plus pauvres, mit au point son programme autour des Moudrias qui constituaient les briques d'un nouvel Etat proche des citoyens en même temps que des unités économiques qui permettaient une politique d'édification économique. Il accorda un grand intérêt à l'édification nationale : langue, culture, etc. La répression terrible abattue sur la population l'a perdu. Isolé des siens, il fut une proie facile pour son ex ami Bob DEnard. Il y a beaucoup à dire sur sa personnalité, son style de direction de l'état, etc. Dans le document de son dernier congrès, le FD s'est auto critiqué sur nos orientations de cette période.

    Au total à mon avis, il y eut 2 ASM. Avant décembre 1975 et après, suppôt de la France et opposé à la France. Il faut lui rendre justice, apprécier ses cotés forts : son dynamisme dans le combat politique, sa connaissance de la culture nationale qui mélangée à ses talents d'orateurs en ont fait un tribun hors pair, son sens de la dignité nationale qui l'a amené à oser se révolter contre le colonialisme français. On ne peut taire ses cotés faibles qui viennent de ses origines politiques, de son adhésion formelle tardive à la révolution qui l'ont mené à la répression contre le peuple, (aucun "en-haut-de-en-haut" n'a été tué à cette époque alors que du coté des simples gens on en compte des dizaines), l'extrémisme de certains "comités" revanchards contre les abus des verts, etc.

    Paix à son (ASM) âme. Cet après midi "HAOULI" à Chouani, sa ville natale. J'espère pouvoir y assister.

    Bien à tous

    Idriss

    31 mai 2004

    Le HAOULI à Chouani a bien eu lieu et j'y ai assisté. Il y avait foule bien sûr, c'était surtout les gens du village, quelques fidèles d'ASM et des exceptions comme moi. Noter la présence de Caambi El Yachourty qui a pris la parole et loué sous des applaudissements nourris, la clairvoyance de Mongozi. De façon générale des discours dithyrambiques ont été servis à un public qui n'en attendait pas moins, une ambiance digne des meetings électoraux classiques de chez nous.

    Bien à tous

    Idriss