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Internet
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Internet et les
Télécom à Anjouan |
Article extrait de COMORES-INFOS
n°96 du 09/10/2003
La capitale anjouanaise presque sevrée d'Internet
L'accès à l'Internet
est devenu un privilège quasi inaccessible pour les citoyens ordinaires de
Mutsamudu, capitale de l'île autonome d'Anjouan, depuis que l'unique cybercafé
de Mahamoud El-Arif, situé à Chitsangani, a fermé ses portes.
Ce commerçant autodidacte avait été à l'origine d'une "révolution
technologique" dans la ville en offrant une connexion haut débit directement à
partir d'un satellite, sans passer par l'unique fournisseur d'accès du pays:
la Société nationale des postes et télécommunications (SNPT), qui jouit d'une
situation de monopole pour les produits de télécommunications.
"C'était le paradis ici, dit un internaute plein d'amertume, tandis qu'un
autre souligne que même des personnes qui avaient accès à l'Internet chez eux
se rendaient chez El-Arif, tant c'était rapide.
Mahamoud El-Arif a dû fermer son cybercafé suite à la cessation d'activité de
la société Anjouan Phone Plus. Cette société mixte, dont l'île autonome
d'Anjouan détenait des parts, s'était vite mise à dos à la fois le
gouvernement de l'île et la SNPT. Le premier l'accusait de malversations, et
la seconde défendait son monopole.
Anjouan Phone Plus avait tenté de mettre en place un service de vente de
cartes prépayées, ainsi qu'un éphémère réseau de téléphonie mobile et c'est
elle qui offrait à Mahamoud El-Arif l'accès au satellite qui avait fait le
bonheur des internautes de Mutsamudu avant qu'ils n'en soient sevrés.
Depuis la disparition d'Anjouan Phone plus, la SNPT est redevenue le passage
obligé pour l'accès à l'Internet à Anjouan comme en Grande-Comore et à Mohéli.
Mais à Anjouan, tous les usagers se plaignent de lenteurs inexpliquées et de
coupures intempestives qui rendent la navigation quasiment impossible.
Des petits commerçants qui ont tenté de "vendre de l'Internet" ont vite
abandonné, comme ce revendeur de vêtement de Fokudjuwu.
"J'avais voulu offrir un service Internet, mais j'abandonne parce que la ligne
téléphonique est presque toujours saturée, il y a trop de coupures et puis le
débit est trop lent", explique-t-il.
Résultat, il devient impossible d'envoyer le moindre e-mail à partir de
Mutsamudu, sauf pour ceux qui ont leur propre équipement et leur propre ligne
téléphonique, c'est-à-dire très peu de gens.
Mais d'ores et déjà, Mahamoud El-Arif pense à une "autre solution
technologiquement satisfaisante" sur laquelle il ne veut pas s'étendre pour le
moment.
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