Internet

Evenement : 10 juillet 1998, Les Comores accèdent à Internet

Internet: les Comores On Line

Les Enjeux d'Internet aux Comores

Informatique
Le developpement de l'informatique aux Comores:
Un choix politique a faire
 

Le Salon Comorien de l'Informatique et des télécoms (SCIT) 
 
Le Salon 2ème édition : SIMKO 2005

Journal BASIM, Le journal des TIC
 
Télécoms

CHANGEMENT DU PLAN DE NUMÉROTATION TÉLÉPHONIQUE NATIONAL
A PARTIR DU 1er JUILLET 2008
 

Détachement de Mayotte du code 269 pour le 262

Qu’en est-il du 269 à l’heure de la privatisation

Le cauchemar des pannes de téléphone par Ali Mgomri

Ouverture du réseau mobile HURI

Plan de numérotation des Comores incluant
le portable HURI


Le Roaming est ouvert

Internet et les Télécom à Anjouan
 
Séparation de la Poste et des Télécoms

Les télécommunications de 1995 à 2006
 
Monographie des Télécommunications dans l'Océan Indien - Observatoire de PROTEL - octobre 2000
 
  

Divers

Le Télex
 

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Le développement de l'informatique aux Comores: Un choix politique a faire

Y-a-t-il une vie informatique possible au milieu du canal du Mozambique ?

La réponse n'est pas évidente car, perdues au milieu de l'Océan indien, les îles qui composent l'archipel des Comores ont bien du mal a systématiser l'usage du PC. "Il serait plus facile de compter le nombre de mercenaires qui ont défilé dans ce pays plutôt que d'évaluer le nombre d'ordinateurs", ironise Aboubakar N'Changama, le seul journaliste free-lance du pays, en
faisant allusion au rôle joue par Bob Denard. En l'absence de statistiques officielles et en raison d'un dysfonctionnement chronique de l'administration douanière, toute évaluation est sujette a caution. 2.000 ? 4.000 ordinateurs en usage aux Comores ? Sans doute pas plus, même en comptant les PC ou les Mac entres illégalement dans les bagages d'un "je-viens", en visite dans sa famille le temps des conges. Cote alimentation électrique, les variations considérables de tension provoquent de sérieux incidents : plusieurs machines ont été détériorées a Radio Comores et la carte modem d'un particulier a brûle.
Seule solution : s'équiper d'un groupe électrogène, comme cela a été fait dans ce qu'on appelle a Moroni, la mini-zone industrielle. Quant au coût, il est grosso modo double par rapport aux prix européens en raison des
frais de transport.
"La plupart des entreprises ont un ou plusieurs ordinateurs", analyse Mohamed Idriss, créateur de "Comores informatique", une SSII qui peine a trouver le seuil de rentabilité. "Mais le probleme est qu'elles les utilisent comme des machines a écrire. Rien de plus, la plupart du temps". Et d'expliquer que dans un pays ou le "m'kara-m'kara" (magouille) règne en maître sur l'économie, personne n'a intérêt a plus d'efficacité et plus de transparence. Les logiciels de comptabilité par exemple sont plutôt perçus comme des outils de contrôle que comme des instruments d'amélioration des performances. Pour quelles raisons les entreprises les utiliseraient-ils si cela les contraint a payer des charges sociales ou des impôts auxquels
elles réussissent a échapper a s'en passant ? Du coup, les rares entreprises informatiques qui se sont développées survivent en faisant de la maintenance et de la formation, souvent financée par les bailleurs de fonds.

Magouille a la douane

En réalité, seuls les organismes étrangers - ceux qui sont charges d'assurer le suivi de l'aide internationale - disposent de vrais systèmes d'information. Dans ce contexte peu reluisant, Mohamed Idriss conserve si ce n'est un réel optimisme du moins une conviction profonde. "Aucun des systèmes d'information mis en place par les bailleurs de fonds ne fonctionne dans l'intérêt des Comores", poursuit-il. "En fait, il faudrait   profiter du retard en informatique pour stimuler le développement".
Comment? Mohamed Idriss prend le cas des Douanes, administration dont l'efficacité serait d'autant plus utile que - hors aide internationale - 70 % des recettes du pays proviennent des taxes douanières. Tout d'abord, il trouve "scandaleux" que les bailleurs de fonds aient accepte de financer le  système d'exploitation Prologue 1 sur langage Bal alors qu'a l'époque de
son implantation aux Comores, il "était déjà considéré comme obsolète partout ailleurs dans le monde".
Mais sa critique va plus loin. "Ce produit a été conçu pour que les bailleurs de fonds puissent disposer d'informations sur les recettes extérieures", dit-il. "Admettons. Mais d'un point de vue opérationnel, il ne sert strictement a rien. Les fraudes douanières peuvent se poursuivre en toute impunité".
Mohamed Idriss estime encore que le développement de l'informatique devrait s'accompagner de la mise en place d'une nouvelle organisation sociale. "Puisque l'administration douanière ne fonctionne pas", dit-il. "Mettons en place un logiciel qui contraindra les personnels a de nouvelles habitudes de travail".
En attendant, Mohamed Idriss compte quand même sur "Hisabu", le logiciel de comptabilité qu'il a développé. Il a propose au journal pro-gouvernemental Al Watan, non seulement d'en équiper son administration mais aussi d'en prendre en charge la gestion. Il espère que son militantisme informatique finira par faire tache d'huile. "On ne va pas aller plus vite que la
musique", conclut-il pourtant.

Mwezinet

Le développement d'Internet pourrait pourtant radicalement changer les données du problème. D'abord parce que la diminution du coût des communications a fait que tout les possesseurs d'un PC qui ont les moyens se sont connectes sur le réseau. A tel point que l'usage du fax est presque passe aux oubliettes. Ensuite, parce que certains y voient le moyen de court-circuiter les réseaux commerciaux traditionnels. Les petits producteurs d'essences essentielles extraites de l'ylang-ylang par exemple
ou les exportateurs de vanille espèrent mettre a jour de nouveaux débouches. "Non seulement, ma facture de téléphone a été divise au moins par 5", explique Hassan Mohamed, un exportateur, "mais Internet me permet aussi de prospecter directement des clients potentiels". Meme si aujourd'hui, les contacts ne sont encore que "symboliques".
Eric Laigre, lui, ancien VSN (volontaire du service national) a Moroni, reconverti dans une start-up de la région parisienne, a décide de développer un site qui vise a "sortir les Comores de leur isolement". Son site (mwezinet) contient des informations générales sur le pays et vend des produits exotiques en ligne : gousses de vanille, muscade, ylang-ylang, clous de girofle, poivre,  cannelle... Un stock tampon a été constitue a Evry. Surtout, le site "habari" ("nouvelle" en langue comorienne) est devenu le lieu de communication de toute la diaspora comorienne. Ce n'est pas rien. Les Comoriens de l'extérieur ne sont pas loin de représenter 1/3 de la population totale du pays. C'est de la que viendront les nouveautés.

Jean-Luc Clouard