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La Littérature Comorienne et concernant les Comores

La Littérature Comorienne
IIIème partie par Ahmed ABOUDOU

Bibliographie provisoire sur les Comores, 1992
 
Les Auteurs
Mohamed Toihiri, Premier Ecrivain Comorien
 

La Littérature Comorienne

La Littérature Comorienne
mise à jour 04/03/2007

LE COURRIER
SAMEDI 17 FÉVRIER 2001
 La révolution est morte, vive le nouvel élan des Comores!
AFRIQUE • Il était une fois la révolution... aux îles Comores. Deux «anciens» en font un bilan entre échec et espoir.
par MARC-OLIVIER PARLATANO

Ylang-ylang est le nom d’un arbre des Comores, îles de l’Océan indien: sa fleur parfume... Quoiqu’en juin 1977, l’heure ne soit pas à la poésie le jour où Soulé Bwana Mrangou est fusillé en public dans le port de Moroni, capitale comorienne. Ainsi périt celui qui avait été reconnu coupable de deux meurtres. Le supplicié était également tenu pour un «magicien». Or, dans les Comores de l’époque, mystiques et marabouts ne plaisent pas au pouvoir. En 1977, la république insulaire a pour chef Ali Soilihi, lequel se veut progressiste et mène la guerre aux «charlatans» afin de libérer le peuple. C’est ce moment particulier de l’histoire comorienne, le «soilihisme», qu’entendent retracer Youssouf Saïd Soilihi et Elmamouni Mohamed Nassour. Tous deux signent un essai intitulé Ali Soilihi, l’élan brisé? Rompu, l’élan? Non, répondent les auteurs, pour qui les idées soilihistes restent actuelles. Mais Ali Soilihi n’est plus: il est assassiné en 1978. Les Comores deviennent alors une république islamique. Malgré la fin brutale de l’expérience politique à laquelle ils ont pris part, MM. Nassour et Soilihi y croient encore. Ils rappellent que, quand Ali Soilihi s’empare du pouvoir en 1975, il a l’ambition de moderniser son pays. Le tout avec l’aide des «sans grade»: jeunes, femmes et paysans. Il les mobilise aussitôt. Sous la houlette du président, ils améliorent les routes, ouvrent des écoles. Pour rapprocher Etat et citoyens, des centres administratifs ruraux sont bâtis: une nouveauté dans un pays où les villages se groupent autour de leur mosquée.

DE L’ÉCHEC À L’ESPOIR
Au pays de Soilihi, tout était en réforme. Jusqu’aux prisons qui auraient dû se muer en fermes, voire en écoles professionnelles... C’était compter sans le budget de misère de l’Etat. Sans le massacre, à Madagascar, de 1400 Comoriens, un pogrom qui a fait fuir 16 000 rescapés vers l’archipel peuplé d’un demi-million d’âmes. Et s’il n’y avait eu que la folie des hommes! Mais le volcan comorien Karthala entre en éruption. Encore des sinistrés... Par ailleurs, le soilihisme conduit tambour battant heurte un pays attaché à sa tradition. La laïcité voulue par Ali Soilihi s’accompagne de la répression des guérisseurs, traités de «charlatans» tandis que le petit peuple les vénère. La violence des «Mapinduzis», gardes nationaux, et les tortures d’opposants n’arrangent rien. De plus, Ali Soilihi rêve à l’indépendance totale des Comores, au point de perdre le soutien de l’Est et de l’Ouest. Isolée, la révolution ne dure que 33 mois. Pourtant, en dépit des ratages du soilihisme, les auteurs espèrent encore en une réforme. En une laïcité à même de «renforcer la démocratie» et de «libérer la rationalité nécessaire au développement économique et humain». La laïcisation, estiment les essayistes, devant contrer l’intégrisme. Lequel, concluent-ils, «trouve son fondement dans l’échec des politiques» menées depuis la mort d’Ali Soilihi.

Elmamouni Mohamed Nassour et Youssouf Saïd Soilihi, Ali Soilihi, l’élan brisé ?, L’Harmattan/ Editions Ndzé, 2000, 198 pp.

Marc-Olivier Parlatano
Journaliste
Quotidien "LE COURRIER", Genève, Suisse
LE COURRIER
3, rue de la Truite
Case postale 238
CH - 1211 Genève 8
Suisse
E-Mail: mop@lecourrier.ch