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| La
Littérature Comorienne |
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Ali MASSIMIA
mise à jour 14/06/2005 |
Bonsoir les amis
La sortie de mon livre a suscité beaucoup de remue ménage sur Habari et dans
certaines forum de la communauté comorienne. Pour la première fois un
internaute à pris le temps de lire et de décortiquer mon livre et faire une
critique littéraire. Cette critique est lisible sur Komornet.

A vous de juger.
Ali
L’enfer du silence » ou le roman de la déchéance
Les « vrais » critiques littéraires sont souvent d’un tel pointillisme entre
l’œuvre et son auteur, que des fois, à la lecture d’un récit, on s’ demande
qui est le mieux représenté ou qui ne l’est pas du tout. L’homme ou la
fiction.
J’vais vous emporter dans ce court roman incisif , d’un auteur Comorien, pour
illustrer cette difficulté de dépasser les schémas préétablis, dans la
réception et la compréhension immédiate d’une œuvre de fiction : « L’enfer du
silence* » de Kafuhambi, met en scène une jeune fille, Aurore Léchât, violée
dès pitchoune, par un père pervers, notable décoré pour faits de résistance,
ambassadeur français à New-York où il laissa éclater son homosexualité, dans
les bras des jeunes éphèbes latinos, avant de donner sa femme, Amandine
Léchât, ancienne résistante elle aussi, femme aimante et épouse respectueuse,
à des hommes de rencontre, dans les lupanars soft des vices Parisiennes. Voilà
le cadre, le contexte et l’unique et seule idée forte, au premier degré de ce
roman.
Le sexe touche tous les âges et ce n’est pas une sexualité à la papa-maman, j’
vous préviens.
L’état psychologique des personnages féminins est là, pour soutenir fatalement
une forme de soumission (le silence) au profit du mâle, qu’elles croyaient
père ou mari, avec tout une symbolique décadente, de déchéance morale et de
totalitarisme familial .Les femmes sont toutes vouées à l’assouvissement du
plaisir de l’homme. Elles n’existent que lorsqu’elles sont violées, honorées à
l’envers, étouffées et à des rares endroits , lorsqu’elles évoquent leur
calvaire, dans le silence des mots et la douleur de ce qu’ils signifient.
Pour soulager sa conscience et feindre d’exister, Eléonore Léchât, écrit. Elle
écrit pour elle-même. Au lieu de crier, car lorsque l’on possède les mots, les
poings se ferment aussi, pour cogner et gagner.
Elle, elle écrit en poussant des plaintes sous les étreintes du père sadique,
avec lequel d’ailleurs elle parlera vers la fin, uniquement pour essayer de
« comprendre » et non pour réprouver ce qu’elle a enduré et faire condamner ce
tyran d’une monomanie égotique.
La mère, pour révéler à sa fille, qu’à force de parties de jambes en l’air,
dans les campus universitaires, dans les parkings de supermarché avec des
inconnus et des plus connus, elle a chopé une sale maladie, écrit une lettre à
sa fille .Elle en mourut.
Le roman lui-même oscille entre le journal intime et le roman épistolaire.
Deux formes de « l’écriture de soi », qui observe une pudeur et une prudence
qui ne doivent être de mise dans la formulation d’une dénonciation et qui
limite le vaste champ de la spontanéité créatrice. Moderato cantabile,
dirait-on !
Ce récit ,présenté comme une chronique d’une descente aux abîmes ne fait pas
appel au jugement des hommes, mais au dernier, celui de Dieu ,et, nous
marquons ici notre désaccord, parce qu’il n’a pas la teneur du « Faust » d’un
Dante ni la charge capable de créer un Deus ex machina, à même d’anéantir, à
travers une forme d’écriture maîtrisée, la fin des hypocrisies, de
l’amoralisme et les débuts d’une révolution littéraire, claire, décidée et
armée pour abattre les forteresses des mondes dominateurs.
"Il a eu droit à la justice divine »,
écrit Eléonore, à la mort du padre. Emporté par la même saloperie que la mère.
On croirait entendre, non pas « Ndizo Mgw’andzao », sha « Halipvwa yi zo ya
fanya » !Et ce fatum mahometanum, n’a plus sa place dans une société subissant
le modernisme et qui doit pour cela s’y opposer dans l’alternative de ses
propres valeurs.
Un comorien qui écrit selon le modèle des écrivains chrétiens du début du XIX
ème siècle occidental, non !
Finalement, on sort de cette rapide course vers la mort, le cœur lourd avec un
goût d’inachevé.
La première fonction du roman, à notre sens, est de tirer du réel son aspect
homologique. Miroir qui s’ mire aux reflets du soleil, pour chauffer le corps
des gens du soleil. J’aime bien les écrits qui se réclament d’une idée et
d’une culture. Qu’elles soient locales ou universelles, mais qu’ils disent qu'
« un chat c’est un chat ». La famille Léchât n’a rien de « Comorien », et sur
la lancée d'une « double postulation simultanée », Baudelairienne, je
m’attendais après avoir lu « le destin d’un jeune orphelin **», à retrouver
les lieux , les us et coutumes de personnages qui me parleraient.: Le « sens
Comorien », comme dirait quelqu’un qui le cherche encore.
Queutchi !
Comme nous sommes en recherche de re pères, les indicateurs de pertinence en
faveur de la "trace" comorienne, nous irons les chercher dans les Arts d'où
sommeillent les fondements vécus d'un imaginaire millénaire, pour faire un
chouia "anthropologique".
Malheureusement, notre littérature se réduit à une écriture de l’amalgame, un
copier-coller, allant du particulier à l’universel, suivant un formalisme
hérité du conte et ses indications Proppiennes, profanes même, ignorant le
verbe, le sens du verbe, le rejet des verbes impérialistes, la création propre
dans le souffle des verbes nouveaux, des verbes audacieux dans une spirale de
vaudouisation. Nari dzubilwa , à travers le récit !Soyons emportés dans la
lecture, comme en ces cérémonies de prière en cercle (Daïra), le corps
imprégnés de la récitation et l'esprit noyé par les prédications du sens!
Les chinois disent que « le lieu le plus sombre est toujours sous la lampe ».
Il est vrai que dans ce roman, deuxième opus d’un gars sympathique à l’
imagination débordante mais linéaire, le sens, l’empreinte et l’authenticité
comorienne n’y sont pas.Ce roman nous aurait mieux éclairé, si l’audace des
thèmes (l’inceste, la pédophilie et l’hypocrisie morale) était soutenu, par
une certaine visibilité, qui devient lisibilité, à savoir, un espace
reconnaissable, un temps marquant, pour l’histoire nationale et des
personnages qui auraient la démarche d’une Salima et d’un Mze Mbwereha.
En clair, Lorsque l’on se fait violence pour comprendre (absolument) que les
Comores, sont suggérées dans cette histoire, on tombe des nues :
« Je suis une enfant conçue le vingt-sixième jour du mois de jeune musulman.
Pendant la nuit du destin (Lailat l’ kadr)», aussitôt refroidi par la suite,
« Je suis née le treize novembre 1957 à Neuilly-sur-Seine ».
Et elle s’appelle Eléonore Léchât, fille de Gérard Léchât et de Amandine
Florès Léchât.
Successivement, on apprend en filigrane que le sexe d’une femme avait le
« goût de girofle », les draps conjugaux, les flagrances « d’une île aux
parfums exotiques », puis un voyage en Martinique comme un clin d'oeil à
l’archipel, et c’est tout !
Nous sommes vraiment sous la lampe avec ce texte. Est-ce pour cette raison,
que malgré notre amitié et tous les efforts consentis par ce type courageux,
son obstination créatrice et sa volonté de réussite, nous nous plaçons loin de
la lampe, pour attendre que la lumière éclaire la voie d’un renouveau
artistique et avec nos grandes gueules
, encourageons Massali Kafuhambi, à chercher ce putain de "verbe accessible à
tous les sens"? Bikoz cher Ali, la littérature n'est pas modulable, comme un
jeu de Lego pour enfants; on ne déplace pas despièces créées, mais des
réalités qui ne peuvent pour la plupart, s'intégrer dans des "usinages"
prédéfinis.Nous sommes pour unesymphonie audible par ceux qui sauront
reconnaître la part exacte de l'entité Comorienne;notre unique révendication!"
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* L'enfer du silence" et "le destin d'un jeune orphélin", sont édités chez
LE MANUSCRIT et disponibles sur
www.amazon.com
(lisez-les et contredisez-moi).
Genre :
Roman familial
Public(s) : tout public
Nb de pages : 113
Nº ISBN : 2-7481-3896-1 |