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La mode Comorienne |
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LA GRIFFE
mise à jour 10/08/2005
Premier film documentaire sur SAKINA M'SA
Un film de Chantal Picault |
LA GRIFFE
Un film de Chantal Picault
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Pour tout renseignements sur ce film,
contacter Emmanuel Chouraqui - Société Beamlight
bbeamlight@noos.fr
0660550885 ou 0153270586 |
Originaire des Comores, SAKINA M’SA est styliste de mode.
Son atelier est installé dans le quartier de la Goutte d’Or à
Paris.
Quand je l’ai rencontrée la première fois, c’est sa petite taille qui m’a
impressionnée car sa réputation l’avait précédée. Elle s'est montrée
immédiatement d’une énergie extraordinaire et d' un enthousiasme communicatif.
Elle buvait le thé dans le sous-sol de sa boutique installé en un vaste atelier
de couture, entourée de ses « alliées » de travail, quatre jeunes femmes comme
elle dont une jeune Vietnamienne arrivée depuis deux mois en France suivre un
stage après son école à Saigon.
SAKINA porte la mode comme une seconde peau. Les symboles
impriment son itinéraire de styliste. Émotions jaillies de sa terre lointaine où
elle est née, mais aussi de Seine St Denis où elle a fait ses débuts.
« Je suis très proche de la terre et du monde de l’enfance.
La seule chose qui fait de moi une adulte, c’est le fait que je sois chef
d’entreprise. Sinon, j’ai absolument besoin de cet univers onirique. Je suis un
petit elfe »
Retour aux origines…
SAKINA M’SA est née en 1972 à Nioumadzaha sur la plus grande île
des COMORES. Élevée par une grand mère qui lui racontait des histoires
magnifiques, la petite fille préférait celles particulièrement de la Mythologie
Grecque. Peut-être Pénélope qui faisait et défaisait sa tapisserie l’a-t’ elle
inspirée ?
« Je viens de la terre, c’est un peu le lit et le berceau de tous
les êtres humains. J’aime bien aussi l’idée que la terre, c’est un tout. On y
met les fleurs, on y va aussi pour servir de terreau et nourrir les futurs êtres
humains. J’aime bien cette idée de globalité, où tout est un tout. Donc ma
réponse est simple : Je viens de la terre. »
Elle est arrivée en France, à Marseille à l’âge de sept ans.
Elle suit des études de stylisme à l’Institut Supérieur de Mode.
Après une période d’apprentissage auprès de la costumière Geneviève Soevin
Doering, elle s’oriente très vite vers la recherche d’un « vêtement-signe »,
un vêtement qui se donnerait autant à penser qu’à voir.
Elle développe alors un travail très personnel, jusque dans la
présentation de ses « défilés-performances » pour tenter d’exprimer sa
vision « philosophique » du vêtement.
L’objet vêtement
marque une rébellion :
“ À 20 ans, j’étais punk, et j’ai compris que le vêtement
pouvait créer l’exclusion. Il était à la fois peur et fascination. Et puis au
collège, j’ai organisé un défilé de mode en fin d’année scolaire. Les mannequins
étaient mes copines, les vêtements étaient créés à partir de la nappe cirée de
ma mère, des torchons, des boîtes de conserves et de carton… Je ne savais pas
coudre. ”
Mais son talent est vite remarqué. À 24 ans, elle obtient la
bourse Défi Jeune du Ministère de la Jeunesse et devient Lauréate du Prix
Salavin Fournier (Fondation de France. Présidente du Jury : Agnès b ), obtient
le Grand Prix de la Biennale Internationale du Design de Saint Etienne.
“ J’enchaîne alors des défilés en situation : dans des usines,
des bains-douches, des cabines téléphoniques, des cafés… Il fallait que ça
bouge. ”
De petits boulots en RMI, l’ex-sans papiers finit par poser ses
bagages à Bagnolet. Une véritable rencontre où elle trouve du soutien. Elle y
donne des cours. Elle s’immerge dans le tissu social, et en ressort plus que
jamais déterminée. Ses collections sont marquées par le droit à la différence :
“ Mon seul médium est le vêtement. J’y mets les souffrances, les
rencontres. Mais il serait idiot de faire une collection misérable parce qu’on
parle de la misère du monde. Derrière chaque étiquette, j’inscris la date de
naissance du vêtement. Car chaque habit a une histoire qui le transforme en
objet intime. Quelle que soit la femme qui le porte ”.
La styliste n’hésite pas à faire appel à des mannequins hors
normes. Cinq Bagnoletaises font partie des défilés :
“ Elles ne sont pas des porte-manteaux
ambulants. Ce sont des jeunes filles du quartier, des gens de la rue. Toute
identité a le droit de s’exprimer ”.
Et puis il y aura ces petits morceaux de tissus qu’elle enfouit
dans la terre aux quatre coins de la planète. Exhumés, emplis des odeurs et des
couleurs de l’ailleurs, gorgés d’une force nouvelle, la styliste les réintègre
sur ses vêtements.
“ Aujourd’hui, je vis un moment de ma vie fabuleux. J’ai osé
retrouver mes parents. Ils me portent à leur manière. On se redécouvre. Je ne
crois qu’à de bonnes choses. J’ai envie de travailler, de m’en sortir, de vivre
une vraie vie de femme. ”
Actuellement sa ligne de vêtements est vendue aux Galeries
Lafayette à Paris. Un grand bonheur qui ne va pas sans une certaine
frustration : “ 600 euros pour un manteau, 300 pour une robe… C’est affreux.
C’est le salaire mensuel de mon père. Cette société à trois vitesses me fait
peur.
En Mai 2002, c’est aux côtés de Vivienne Westwood que SAKINA
présente son défilé automne/hiver 2003 intitulé « Subtexture » aux
Galeries Lafayette de Berlin, collection qu’elle avait présentée à l’Espace LVMH
(Paris, place Vendôme) Un mois plus tôt.
SAKINA a su réunir autour d’elle un groupe d’ hommes et de femmes
âgés entre 26 et 72 ans et provenant de milieux socio-culturels différents. Ces
partenaires ont formé un club de soutien, « Le Club », autour de la Créatrice
dont le célèbre philosophe et sociologue français, théoricien de la post
modernité et spécialiste de la société de consommation : Jean BAUDRILLARD.
Ultime question à Sakina
« Tout m’inspire. Avant de créer une
collection, je passe beaucoup de temps dans les salles obscures. J’adore le
cinéma d’auteur. Lynch, Hitchcock, Jim Jarmush, ce genre de cinéastes qui savent
créer un univers, qui poussent à respecter l’imaginaire de chacun. En fait qui
démocratisent l’imaginaire » s’enflamme SAKINA. On le sent bien. La styliste
a besoin de rêves. C’est peut-être pour cela que sa voix se pose si délicatement
lorsqu’elle parle et qu’elle est si douce.
Aujourd’hui
Depuis Sakina a fait du chemin. Elle a fait des défilés parmi les
Stylistes du OFF à Paris mais aussi dans le jeune IN (Parmi les jeunes Créateurs
remarqués). Elle prépare pour le mois d’Octobre prochain son défilé mode Été
2005.
NOTE D'INTENTION DE LA REALISATRICE
Ce qui me passionne chez SAKINA, c’est surtout ce qu’elle met
dans ses créations à travers son imaginaire venu de sa culture, de son
métissage, idées originales mais artistiques avec un vrai discours sur son
temps, la société et ses rêves.
SAKINA réalise des vêtements qui véhiculent les racines et la
mémoire des êtres humains, une idéologie, une philosophie et une réflexion sur
la Mode. Cette idéologie est basée sur l’Interieur-Exterieur, ce que nous
sommes vraiment et ce que nous voulons montrer. Le vêtement est une seconde
peau, une identité exprimant au-delà du style les multiples dimensions
(sociologiques, esthétiques et humaines) de la personne. Le vêtement devient
humain : C’est l’association d’un individu et d’un vêtement qui en font quelque
chose d’autre, qui recrée une personnalité. Cette idéologie se porte sur des
doublures fabriquées dans des « tissus enterrés », dits « plantés »
dans la terre puis récupérés et utilisés dans la création de ses vêtements.
Avant de quitter son pays, sa grand-mère lui demande d’enfouir
dans la terre un objet précieux si elle venait à disparaître. A la mort de
celle-ci, SAKINA enterre un morceau de toile à patron dans le fond du jardin.
Quelques semaines plus tard, la chienne de la maison le déterre pour en faire un
chiffon de jeu.
Désormais toutes ses collections témoignent de ce lien, mais
aussi de la mémoire de la terre biologique, archive de Vie. Elle pousse son
travail de recherche grâce aux conseils d’un alchimiste et d’une biologiste et
expose une série d’installations dans différentes terres du monde. C'est ce
travail d'enfouissement de la mémoire qui m'intéresse de filmer ainsi que son
travail préalable à la création de sa nouvelle collection afin de suivre pas à
pas l'élaboration et surtout son instinct qui guide sa subjectivité. Les
couleurs, le choix des tissus, leurs formes etc...
Elle va ainsi « planter » des tissus en particulier aux
Comores, dans sa terre natale où elle retournera au mois de Novembre. Je
voudrais la filmer dans cet acte d’enfouissement du tissu dans sa
terre d'origine: symbole du besoin d’ancrage avec la terre et sa mémoire
originelle.
Aussi faire revenir de lointains souvenirs de sa vie de petite
fille là-bas et surtout de ce qui lui en vient en retour pour sa propre
créativité.
Ce voyage sera également lié à une manifestation musicale : Un
Festival de musique Comorienne que j’aimerais intégrer dans le documentaire,
tout ce que la musique peut apporter comme source de création, comme source
d’émotion pour SAKINA.
SAKINA est ambivalente : elle est à la fois fière de ses racines
Comoriennes et en même temps, venue très tôt (trop tôt ?) en France, elle ne se
sent plus vraiment appartenir à cette culture. Elle en connaît pourtant la
langue alors que certains de ses frères et sœurs l’ont oubliée. Elle en est
heureuse et fière, mais on sent chez elle, un refus également de trop y plonger.
C’est ce tiraillement du métissage culturel et émotionnel qui m’intéresse chez
elle (Comme chez moi entre deux cultures). Refus et amour, désir et peur…
C'est pour cela que je voudrais également faire un détour sur
Marseille, ville qui se trouve posséder la plus grande communauté Comorienne en
France. Là y vit sa famille.
SAKINA représente pour moi une femme qui se bat dans le monde
difficile de la Création de mode et en cela je voudrais également mieux
connaître sa vie de « businesswoman ». Ce qui semble un paradoxe à mettre en
évidence. Elle existe aussi comme une Artiste d’Art contemporain, elle organise
« des Performances ». Elle avait demandé au grand chef cuisinier Ducasse de
venir prendre des photos dans son restaurant : Elle a installé à l’une des
tables, un mannequin qu’elle avait vêtu évidemment d’une de ses robes et qui
dégustait dans une assiette des crustacés mélangés à différents morceaux de
vêtements comme un col de chemisier, des bouts de manches etc… Elle en a fait
plusieurs photos de grand format qu’elle expose dans sa boutique. Sa démarche
parlait de la faim et de ce que représente l’idée de la nourriture dans le monde
et son pays les Comores.
Actuellement, elle prépare une autre forme de
« Performances » qui m'intéresse de filmer: Réaliser une série de photos avec
des mannequins dans des maisons de « Particuliers » ou certains lieux connus,
choisis ici ou à l’Etranger qui soient « sacrés » ou plus exactement marqués par
l'Histoire. Par exemple, elle voudrait se rendre au Sénégal, à Dakar sur l'île
de Gorée, lieu de Mémoire de l'esclavage ( Dakar ,que je connais bien car j'y ai
passé moi même mes huit années d'enfance).
Chez soi, dans notre maison, nous avons tous un lieu « sacré »,
qui peut être une pièce ou un objet, une sorte « de culte des ancêtres » qui
nous est propre. Prendre ainsi quelques images, portraits d'un mannequin portant
un vêtement-support approprié à ce lieu intime.
Dans ce film, je voudrais que se dégage la force d’une jeune
femme qui se bat pour ses idées et sa créativité, l’élément social qui est une
quête d’elle même , tous ces thèmes possibles à développer. Il ne s’agit pas de
traiter de « la Mode » , mais de la façon dont naît le travail chez une Artiste
pour rendre ses convictions à travers son imaginaire.
Enfin, elle met en place actuellement sa propre « Griffe » : Cela
signifie une « marque » précise, visuelle qui apparaîtra sur les supports de
chacun de ses vêtements. Ici, il s'agira d'un tissu qui lui servira de doublure
à tous ses vêtements et ce tissu est celui que porte toutes les femmes
Comoriennes dans leur pays. Un tissu imprimé d'une seule couleur qui sera SA
marque.
« Je suis seulement une femme passionnée par la vie et par son
métier ! » Sa mode n’est rien d’autre que
« le mélange de ce que j’aime : l’architecture, parce
que je pense aux constructions, la cuisine parce qu’il faut bien mijoter et
enfin la littérature parce que c’est un plaisir d’imaginer comment sont faits
ces modèles ».
Je suis avant tout cinéaste de Fiction et j’écris également des
scénarios qui sont proches quelque part de la démarche de SAKINA. Moi-même issue
par mes origines du Vietnam, je recherche dans mon propre travail ce qui a trait
au métissage et à toutes formes de créations qui parlent de cela. C’est ainsi
que le travail de SAKINA me passionne. Elle fait
référence à ses racines, elle a aussi une démarche artistique visuelle, une
conceptrice « pratique » dont on peut voir très visuellement son travail en
cours d’élaboration : le choix des tissus (laine, lin, coton, soie prédominent),
des couleurs, les découpes, la ligne tracée dans les patrons, puis le tissu, le
travail sur les différentes matières pour les structurer ou les transformer,
plisser, fendre, laisser apparaître la trame, l’ourlet ou au contraire laisser
les fibres apparaître et tomber sur la jambe. Puis l’expression finale sur le
corps de la femme (elle ne crée que des vêtements pour femmes). Tout cela donne
un visuel très passionnant. Enfin suivre sa démarche des « performances ». Sa
relation aux autres, le choix qu’elle opère pour s’installer dans tel lieu et
pas un autre, les explications qu’elle nous en donne et ainsi nous permettent de
mieux suivre les méandres de son imaginaire et la finalité de ses créations.
SAKINA est une personne très fine, agréable, douce, s’exprimant
avec une grande sensibilité et une réelle foi en ce qu’elle fait. Elle nous
étonne. Elle sait communiquer sa passion aux autres.
Il y a d’une part le long trajet de la préparation de sa
collection jusqu’en octobre par brèves séquences, ses voyages à travers les
grandes villes d'Europe où elle démarche des « Boutiques » à Anvers, Londres,
Francfort ou Zurich, en quelque sorte le parcours de la combattante, d’une jeune
styliste à Paris aujourd’hui et aussi
je voudrais moi-même peut être m’y impliqué. Ce que j’aimerais, c’est aussi
avoir des points de comparaison sur mon travail de cinéaste (La création et le
métier du business aussi antagonistes), dans ma recherche également depuis des
années sur des cultures différentes et métissées, enfin montrer la façon dont le
fil (c’est le cas de le dire) se tissera dans notre collaboration commune.
En conclusion de ce travail, je voudrais montrer ce portrait de
SAKINA (une fois monté) à Jean BAUDRILLARD, ami de SAKINA, qui pourra ainsi
compléter ce travail de « découverte ». Lui même s'étant penché sur les signes
extérieurs de notre société, de nos sociétés. Créer une discussion entre ces
deux personnes pour y découvrir une autre trame du tissu qui nous aurait peut
être échappé. Ce regard si personnel qu 'il a eu en particulier dans son dernier
ouvrage « Le pacte de lucidité » sur ses chapitres « la violence faite à
l'image » et « L'art contemporain...de lui même ». Un autre regard qui se
poserait sur le notre tel un tissu fait d'une matière contemporaine sur la
pérennité de l'Art et de sa conception.
La fin
« Où vas-tu ? »
« En fait, j’ai conscience que quand on vit en Occident, la vie
est une course mais moi j’ai envie que la vie soit quand même une partie de
plaisir. J’essaye d’aller vers la vieillesse, avec mes grands-parents comme
modèle. Je pense que tout simplement, je travaille à être une vieille dame
heureuse qui à la fin de sa vie verra ses petits-- enfants et les gens qu’elle a
aimés, en se disant : « Ah, la, la, … Qu’est ce que j’ai goûté à des petits
moments. Et même si ce n’était que des petits moments, quand je les additionne,
je peux dire que c’est ça le bonheur ».
Sakina M’sa
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Styliste plasticienne, c’est ainsi que se définit
Sakina
M’sa, autodidacte comorienne qui,
à 30 ans et des poussières, aime à citer parmi ses références le Bauhaus, Brecht
ou le Masssilia Sound System.
« Je suis hybride, entre deux cultures. Et
dans mes créations, je revendique ce que je suis. »
Sur ses vêtements, elle coud des petits bouts de tissus préalablement
enfouis à Paris,Dakar, ou à la Réunion : « La terre, c’est le lien
unique entre les individus actuels et passés. »
A sept ans, elle découvre la France, à quatorze ans, cette punkette
inspirée crée ses vêtements qu’elle enfile à la porte de l’appartement familial
pour échapper aux foudres de son père.
Une rencontre lui permet, grâce à une bourse, de mener à bien son
travail, qu’elle décline à travers des manteaux déstructurés en couverture de
déménageurs, des vestes à capuche en toile à matelas ou des chemisiers en lin
lurex, ode à la lumière de ses songes.
Laurence Benaïm – « Le
Monde » – (Le Labo, le catalogue des créateurs des Galeries Lafayette)
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Bio
Sakina M’Sa
est née en 1972 à Nioumadzaha sur
la plus grande île des Comores. Elle a sept ans quand sa famille arrive à
Marseille, et c’est dans cette ville que lui viendra très tôt la passion de la
mode.
Elle suit des études de stylisme à
l’Institut Supérieur de la Mode, parrainée par Marylin Bellieud Vigouroux,
présidente de l’Institut Supérieur de Mode Méditerranée.
Après une période d'apprentissage auprès de
la costumière Geneviève Soevin Doering, elle s’oriente très vite vers la
recherche d’un "vêtement signe",
un vêtement qui se donnerait autant à penser qu’à voir. Elle développe
alors un travail très personnel, jusque dans la présentation de ses
"défilés performances", pour tenter d’exprimer sa vision
"philosophique" du vêtement. Jean Baudrillard la soutient dans ses
recherches depuis trois ans.
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Elle s'installe à Bagnolet,
s'insère passionnément dans le tissu social et aime à faire défiler les
« Princesses du 93 » pour présenter ses collections. En juin 2000,
elle présente la collection « odyssée 2001 » dans la gare Eurolines à
Bagnolet. C’est un défilé qui choisit des mannequins différents : des
jeunes filles du quartier, les résidentes
de la maison de retraite de la ville, et des élèves d’écoles de cirque.
Elle réunit un public multiple, composé de
gens de la cité et de personnalités
(Monique Lang, Rona Hartner Jean Baudrillard…).Parmi les cinq cents personnes présentes à ce défilé :
l’acheteuse des Galeries Lafayette, qui lancera sa marque au Labo des créateurs.
La
même année, Maria Luisa diffuse sa collection.
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En mai 2002, c’est aux côtés de
Vivienne Westwood que Sakina M’Sa
présente son défilé automne/hiver 2003 intitulé « Subtexture » aux Galeries Lafayette de Berlin, collection
qu’elle avait présentée à l’espace LVMH (Paris, Place Vendôme) un mois plus
tôt. |
Carte d’identité de la marque
Nom :
Sakina M’sa
Date
de naissance :
depuis 1994
Ligne :
Sobre, élégante, structurée
et pointue
Philosophie :
La marque Sakina M’sa
réalise des vêtements pour des « êtres humains ». Malgré son positionnement,
elle a pour objet d’être une marque haut de gamme, et proche des gens. C’est
un vêtement à vivre et à penser. Elle fait intervenir la réflexion des
sociologues dans un souci de préserver l’intégrité des clientes, actrices d’une
société moderne en mutation.
La styliste ambitionne de créer des vêtements parfaitement adaptés à la personne qui les
porte, reflétant comme une seconde peau une identité, exprimant au-delà du
style ses multiples dimensions (sociologique, esthétique, humaine).Marque de fabrique :enterrement des tissus. Sakina M’sa a
démarré un processus de création sur la mémoire. Cette démarche commence en
1994 ( date du premier tissu enterré). Avant de quitter son pays natal, sa
grand-mère lui fait promettre « l’éternité », en lui demandant
d’enterrer un objet à sa mort. A la disparition de sa grand-mère, Sakina M’sa
enterre un tissu, à sa mémoire. Cet acte divin donne la première
caractéristique de la marque Sakina M’sa. Un vêtement mémoire, imprégné par
« l’éternité » et la présence de sa grand-mère.
Particularité :
Dans la grande
tradition de la couture et malgré la fabrication en série, un numéro et une
date de naissance sont inscrits sur chaque vêtement qui reste ainsi unique aux
yeux de son porteur. La cliente.
Sakina M’sa a une philosophie liée au vêtement éthique. Les étiquettes n’apparaissent pas à l’extérieur,
elles disparaissent, laissant place à l’identité de chacune. No logo No Gogo !
Positionnement : L'originalité de la création, la qualité de la
fabrication et de la finition se retrouve dans le prix. Celui-ci demeure
cependant "correct" et n'apparaît pas comme un facteur de désistement d’achat.
Les clients achètent ces vêtements sur un coup de foudre mais aussi après
réflexion sur un produit créatif possédant un très bon rapport qualité prix.
Expositions :
2004, Février, Corner dans le magasin
Franck et Fils, avec la collection Printemps Eté 2004
2003, Corner au printemps Haussman,avec des tee shirt « petit bateau » transformés ( en parallèle àl’exposition Modamorphose)
2002, Sept, Citoyens Bohèmes, Printemps Haussmann, installation « Sous le sol ».
2001, Août, « Styliste
invitée », salon Mode in France, présentation de l’été 2002, Hôtel
Impérial de Tokyo, Japon
2001, Mai, « Art Dealer », galerie Roger Pailhas, Marseille.
1993-1992 Exposition de chapeaux-bigoudis,
Espace Paul Ricard, Paris, avec Fred Sathal et les créateurs de l’Espace Mode
Méditerranée.
Prix 2000 et 2003
:
2003, Trophée de la diversité entrepreunariale remis par Renaud Dutreil secrétaire d’état aux PME
2002, Sakina M’sa a été élue Ambassadrice de la Réussite en Seine-Saint-Denis et a reçu le prix de
"Talents des Cités" Remis par claude Bartolonne ancien ministre de la ville
2001, Lauréate du Prix Salavin Fournier (Fondation de
France), remis par la présidente du jury Agnès b.
2000, Grand Prix de la Biennale Internationale du Design de
Saint-Étienne.
Les
Défilés :
collection Printemps Eté 2001-( Zoll) Salle des anciens
Monuments français -Trocadéro
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collection
Automne Hiver 2003-2004 Espace
Richelieu
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Manteau “aileron“ pour le film A Sound of Thunder |
Cinéma & Musique :
2003,
juin, Sakina M’sa habille l’actrice Eva Mendés, à l’occasion de la
promotion du film 2 fast 2 furious en France
mai, Le mannequin de la nouvelle pub
Siemens est habillée par Sakina M’Sa.
2002, juin, Réalisation de costumes pour la partie
science fiction du film hollywoodien « A SOUND OF THUNDER » réalisé par Peter Hyams,
avec Catherine McCormack Edward Burns, Sir Ben Kingsley (sortie
printemps 2004 - Warner production). Elle habille entre autres Catherine Mc
Cormack.
2001, novembre, Habille la
comédienne Ludivine Sagnier , pour le
Festival de Berlin, présentation du film « Huit Femmes », de François
Ozon.
2000, mai, Habille la comédienne Rona Hartner
Festival de Cannes, film « Gadjo Dilo » de Toni Gadlif.
94-93, Costumière pour
des pièces de théâtre : Ste Jeanne des Abattoirs, Bertold Brecht... et pour
des clips vidéo
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