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Boina Riziki et Soubi

Gabusi et Nzendze, la musique traditionnelle à l'honneur.

L'apparition des instruments amplifiés, des synthétiseurs et des boites à rythmes, condamne peu à peu les instruments traditionnels que les jeunes considèrent comme dépassés. Pourtant ils sont encore nombreux qui savent caresser leurs instruments de bois de corde et de peau et nous bercer de mélodies ancestrales, tout en nous interpellant sur des sujets encore d'actualité.

Ainsi les mohéliens Boina RIZIKI et Athoumane SOUBIRA dit Soubi qui, grace à l'ethnomusicologue allemand Verner GRAEBNER (voir l'article : Ethnologues en goguette), ont enregistré cette année un CD intitulé "Chamsi na Mwezi" (Le Soleil et la Lune). Un album de la superbe collection de musiques swahili de Dizim Records qui nous plonge dans un univers de sérénité proprement comorienne.

"Boina Riziki joue du gabusi, un luth apparenté à l'ancien qanbus du Yémen. Il y a plusieurs siècles, cet instrument était largement répandu dans tout l'océan Indien. Aujourd'hui, on ne le trouve plus qu'aux Comores, en Malaisie et en Indonésie. Le gabusi comorien possède cinq cordes, deux doubles et une simple. Il se distingue particulièrement par sa forme en poire où la caisse et le manche ne forment qu'un, cette partie du manche étant creuse. La caisse de résonance et la table d'harmonie sont recouvertes de peau de chèvre ou de mouton, ce qui donne au gabusi un son plus sombre et légèrement nasal qui le différencie des autres luths.

Dérivé du valiha malgache, le nzendze a une forme de boîte ou de cylindre. L'instrument joué par Soubi est munie de part et d'autre de deux séries de cordes en câbles de freins de vélo. Les cordes sont pincées des deux mains, ce qui crée une polyrythmie entre les deux mélodies.

Le gabusi comme le ndzendze s'accompagnent traditionnellement par le mkayamba, un instrument rectangulaire fait de deux couches de roseaux cousues ensemble et remplies de graines, joué ici par Djagaro ou Houssein Ali."

Le ton léger des mélodies, les sonorités aériennes du Gabusi et du Nzendze, contrastent parfois avec la gravité des thèmes abordés : la prostitution et les risques des MST, la polygamie, le passé et le présent colonial, l'égoïsme, l'hypocrisie. Mais derrière chaque note on retrouve toujours l'amour, celui que portent à leur peuple ces troubadours comoriens.