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Abou CHIHABI
Abou
Chihabi est un compositeur-interprète qui lutte contre l'injustice sociale et la
discrimination raciale. Il envoie dans ses chansons des messages pour plus de liberté et
appelle à la sauvegarde de la tradition et le développement de la culture. Membre de l'Association Musicale de Moroni en 1969, Abou Chihabi voit sa carrière artistique, pour ainsi dire, sur la rampe de lancement. Tour à tour chanteur, accompagnateur et soliste de l'ensemble "Anges Noirs" ainsi que de divers orchestres de Moroni, il acquiert une expérience et une maturité qui le poussent tout naturellement à voler de ses propres ailes. Il part donc en tournée en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, où il connaît un certain succès. De retour aux Comores, il forme son propre groupe : FOLKOMOR OCEAN, une formation d'avant-garde qui a pour but de promouvoir un style original, mariant habilement les sonorités folkloriques comoriennes, africaines et jamaïquaines. En 1976, Abou Chihabi devient subitement célèbre aux Comores grâce à un concours organisé par le pouvoir "révolutionnaire" du moment, qui choisit sa composition comme nouvel hymne national. Alors que sa carrière est en pleine progression, un coup d'état la stoppe brutalement en 1978, obligeant Abou Chihabi à fuir le pays, en abandonnant son matériel. Il s'expatrie au Kenya et reprend son travail... Il se produit dans toute l'Afrique de l'Est, avant d'arriver en France en 1980 avec sa femme. Après avoir côtoyé l'existence difficile de l'exilé, il obtient le prix des Auditeurs au concours "Découvertes 1981", le premier prix remporté par un chanteur comorien dans un concours international. En 1982, Abou Chihabi se produit au Midem à Cannes et fait salle comble; puis au palais des congrès à Paris; au Printemps de Bourges... décroche le prix "Jeune Chanson 82" au Québec. En 1983, il participe à la grande fête de la musique organisée par Danielle Mitterrand lors de la création de l'Association du 21 juin. Depuis, il partage sa vie entre ses tournées internationales et les concerts en France.
L' oeuvre d'Abou ne s'inscrit dans aucune des traditions musicales établies dans son pays. Il s'agit plutôt d'une "récréation personnelle" traversée d'échos, de souvenirs, de rythmes, d'expressions parfois obsolètes, d'images, de tableaux évoqués en deux ou trois mots, riches souvenirs d'une histoire, d'une époque, comme celle de l'enfance. Des chants en Shingazidja non violents, même dans la dénonciation, préférant rappeler qu'il faut parfois accepter de faire face à ses responsabilités. Son univers est délicat, rafraîchissant, éthéré, léger, apaisé. Abou, musicien autodidacte, nourri par les chants et les danses qui rythment la vie, est avant tout un homme libre.
N'oubliez pas de voir aussi la
Bio. de Baba Chihabi (Abou Junior) |
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