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La Musique Comorienne

Nawal mise à jour 18/12/2006

NAWAL

Toute son actualités est sur son site : http://www.nawali.com/actualites.html

PREMIÈRE TOURNÉE AUX COMORES - novembre 2006
4 nov : Hôtel Le Moroni (Moroni, Grande Comore)
7 nov : Concert privé à l'Hôpital El-Maarouf (Moroni, Grande Comore)
8 nov : Concert privé à la Mission Catholique (Moroni, Grande Comore)
10 nov : "Festival Interculturel" (Mayotte)
11 nov : Stade de Missiri (Anjouan)
12 nov : Stade de Wani (Anjouan)
13 nov : Stade de Sima (Anjouan)
14 nov : Stade de Mirontsy (Anjouan)
17 nov : Al Quamar (Moroni, Grande Comore)
18 nov : Grande Comore
19 nov : Grande Comore
1-3 dec : "Festival Voix des Femmes" (La Réunion)



L'AÏD AVEC NAWAL + INVITÉS - "UNE FÊTE DE L'AÏD AUX PARFUMS DES COMORES"
DIMANCHE 29 OCT 2006 - ESPACE JULIEN - MARSEILLE - GRATUIT !!
Nawal invite differentes générations, differents styles pour célébrer la fin du Ramadan ensemble. Dégustations comorienne au bar. Entrée libre grâce au soutien de Western Union et de la SNPSF (dans la limite des places disponibles)

L'ALBUM À VENIR
Nawal prépare son deuxième album prévu pour 2007.
Sa musique relate l’état du monde et de l’humanité aujourd’hui. Ses paroles, essentiellement en comorien, quelques fois en arabe, français ou anglais, sont précises et poignantes. Ils nous enjoignent à "dire la vérité aux enfants", à nous "libérer de l’ombre", à "swinguer notre vie" et nous rappellent que "l’amour est le meilleur médicament..."
Sa voix puissante est accompagnée par le gambusi, (sorte de luth local, hérite du Yémen), par le daf, (une percussion à cadre iranien) , le mbira, (un piano à pouces du Zimbabwe), par la guitare, par la contrebasse, par des percussions mixtes (oudou, calebasse, maracas...), et par des percussions et par des voix des Comores.
Salama
Peace
Paix

 

Nawal
"Live acoustic" promo album

 


Photo Aminata DJEGAL

Nawal Mlanao
Extrait du programme PAULPOLE Musique
Réalisé à l'occasion du concert
du 28 février 2003
à l'auditorium Xénakis
Ecole Municipale de Musique et de Danse de STAINS

 

Nawal
Chant, Guitare, Percussions

"Nawal nous arrive des Comores, Djazaïre Al Qamar, les îles de la lune, ainsi nommées par les arabes, une douce escale entre l'Afrique et l'Asie située au coeur de l'Océan Indien.

A L'image des îles voisines, les Comores brassent des civilisations d'origines diverses : Persane (Chiraz), Indienne, Arabe (yéménite), Africaine (Bantoue) et Européenne (Portugal). En conséquence, les modes musicaux arabes et perses y rencontrent la polyrythmie bantoue, les harmonies indiennes ou le balancement six-huit de Madagascar. Nawal nous apporte la fraîcheur d'une musique résolument acoustique, à la fois profondément originale et naturellement imprégnée d'un grand nombre d'influences entrecroisées. Elle associe des instruments traditionnels comoriens, africains, indiens, arabo-persans, et même de contrées européennes qui illustrent ce subtil apport des civilisations mais aussi l'évolution musicale contemporaine. Nawal reprend, à sa manière, l'itinéraire du métissage de son Archipel, pour composer ce qui lui tient à coeur : un chant puissant et charismatique qui s'insurge contre toutes formes d'obscurantisme. Nawal travaille inlassablement sur les rythmes, les sons (celui de la guitare qu'elle travaille pour approcher ceux du Gambussi et du N'dzézé, instruments traditionnels de l'archipel), la riche tradition poético-musicale comorienne et sur le souffle, basé sur les Dikris, ces respirations rythmiques des Derviches comoriens qu'elle pratique avec maestria. En guerrière de lumière, Nawal compose des chansons qui, par delà leur diversité, ont toutes un caractère commun : un charme mystérieux, issus d'une permanente dualité : traditionnel / contemporain, binaire : tertiaire, religieux/profane, soufi/vaudou... Lorsque Nawal chante, s'accompagnant à la guitare ou au daf, sa voix somptueuse se vêt d'un chatoiement de puissance et de douceur qui, subtilement, unit l'Inde et l'Afrique. Ses textes, écrits en comorien ou en français, délivrent un message de paix et d'universalité. Ils questionnent l'Estime de soi, l'Enfant, l'Etre, la Femme, l'Harmonie, l'Humanité et l'Union africaine "

Nawal chante accompagnée de Bertrand PAPY à la guitare, Greg MARTEEN à la flûte et Idriss MLANAO à la basse.

Extrait du programme PAULPOLE MusiqueRéalisé à l'occasion du concert du 28 février 2003
 à l'auditorium Xénakis
Ecole Municipale de Musique et de Danse de STAINS

Nawal "Kweli"

NAWAL
UNE ARTISTE DANS LA CITÉ


La Guinguette Pirate est un petit bistrot qui flotte à quai sur la Seine. Les gens vont et viennent, descendent et montent dans un espace réduit. Des enfants se pendent aux cordes, et oublient très vite la nuit qui descend sur Paris. Des discussions s'enchaînent. On oublie assez vite le pourquoi de notre présence dans cet endroit insolite. Quand tout à coup, le cri d'une langue familière s'infiltre à travers la fumée des cigarettes.

C'est la voix d'un pays qui souffre de sa réputation. Ce soir, il n'y a quasiment pas de Comoriens dans le bateau. Mais ceux qui y sont sont fiers d'entendre chanter leur pays, sous des yeux étrangers. Cela semble être la métaphore de ce que pourrait être notre petit archipel dans le concert des nations. Une petite voix qui s'agrandit et force le respect en entraînant les autres dans une danse universelle.

Nawal est en scène. Elle est de ceux qui ne croient pas à la fatalité qui plonge notre pays vers le repli, et réduit ses enfants à des fantômes qui n'osent dire leur nom ou leur langue, dont on ne connaît la voix. Elle surprend quand elle se met à donner des explications en comorien à des gens
qui ne connaissent même pas l1existence de l'archipel. Elle surprend quand elle souhaite que le public enthousiasmé chante avec elle cette langue inconnue.

Ceux qui ne comprennent la liberté dans laquelle tout artiste puise son inspiration pensent qu'elle est trop loin de la communauté. Pourtant, elle est là quand il le faut. La chanteuse a été très impliquée dans le Comité de lutte contre le choléra qui sévit actuellement au pays. Elle a organisé de main de maître avec ses amis (parmi lesquels la photographe Aminata Djegal) la journée qui a eu lieu à Nanterre en avril 1998. Puis on l'a retrouvée quelques jours après à Bagneux en compagnie de tous les artistes qui ont accepté de jouer bénévolement contre le choléra aux Comores.
Nawal est née dans la tribu des « Norvegi » à Moroni, une famille qui suit l'orthodoxie des « Darweshi ». Au sein de ce groupe religieux on prie en chantant le « daïra ». Ce chant-prière se retrouve dans certaines de ses chansons, et notamment Dunia udjisa (« le monde est beau »). Pourtant, elle se méfie des islamistes, et dans Al Djalilu (« Le Tout puissant »), elle rappelle que la prière n1est pas destinée à réclamer à Dieu « des bijoux, des voitures ou le pouvoir ». Elle croit en un Dieu «clément et miséricordieux».

L'inspiration de Nawal ne lui vient pas seulement de la religion, mais aussi de l'observation de la vie quotidienne, sans toutefois tomber dans la facilité. Elle reste exigeante avec elle-même, et place la barre haute. Elle pourrait facilement (parce qu'elle est une des plus jeunes des chanteurs
comoriens actuels) se contenter d'aller chercher l'inspiration dans les boîtes le samedi soir. Elle ferait comme beaucoup une musique « mondiale », sans identité et sans âme. Mais elle choisit la culture. Ainsi sa musique est comme ses îles, africaine et arabe. Elle y mêle des accents et des sonorités de jazz. Mais elle ne se cantonne pas aux Comores, elle entreprend à sa façon un dialogue des cultures. Son interprétation d'une chanson de Jacques Brel (Ces gens-là) est tout simplement phénoménal. Au fil de l'écoute, le Comorien s'approprie cette chanson du répertoire français, comme si elle avait été écrite au pays.

Nawal est aussi pluri-instrumentaliste. Elle accompagne des lectures, des spectacle de théâtre. Elle fait partie également du trio «Touloulou» dans lequel elle est percussionniste. Un CD de ce groupe sort en février 1999.

Le 10 décembre 1998, à l' occasion de la célébration du cinquantenaire de la Déclaration des Droits de l'Homme, la voix de Nawal représentait l'Afrique, dans l'interprétation d'un hymne composé par Pierre LANGE, pour cinq solistes des cinq continents.
Mais malgré son talent et les nombreuses sollicitations Nawal n'a pas encore produit son premier disque. « D'autres ont réussi avec peu de voix et tellement d'argent... » dit Aznavour.


Mahmoud IBRAHIME

nawal.jpg (15812 octets)

INTERVIEW DE NAWAL
parue dans Masiwa n°14/15
déc.98/janv.99
Propos recueillis par Mahmoud IBRAHIME


Masiwa: Quel bilan fais-tu de ta participation à la lutte contre le choléra aux Comores ?

Nawal.
- Humainement, c'est pour moi une réussite. C'est en effet la première fois que j'ai vu autant de Comoriens de toutes les régions, villes, âges et appartenances politiques réunis pour une cause nationale et humaine.
matériellement on peut mieux faire. Quelques problèmes de logistiques, de gestion des compétences, de temps et de précipitation. bref, en s'y prenant mieux et plus tôt on aurait pu avoir un public beaucoup plus large et j'ai l'impression que certaines personnes n'ont pas pris réellement conscience de l'importance de la cause, c'est-à-dire sauver des vies humaines.

Masiwa
: Pourquoi t'es-tu engagée dans le collectif de lutte contre le sida ?

Nawal
.- Depuis des années je participe à des ouvres humanitaires pour les Comores ou d'autres pays. le fait de m'engager dans ce collectif signifiait être dans l'action et non simplement participer à cette action.

Masiwa : Quels sont tes projets actuellement ?

Nawal.- D'abord, trouver si possible un producteur intéressé et sortir un CD prochainement. Ensuite j1ai un projet de spectacle pluri-artistique avec des Comoriens et sur les Comores et leurs traditions. En tant que musicienne, il y a des projets qui se profilent à l'horizon. En attendant, je continue mon activité principale, c'est-à-dire chanter avec mon groupe.

Masiwa : Quels commentaires peux-tu faire sur les événements politiques qui se déroulent dans le pays actuellement ?

Nawal.- Honnêtement, je ne suis pas surprise par ce qui se passe. Cela fait longtemps que l'injustice et l'inégalité, le mwana hatru1 règnent aux Comores. Le peuple se laisse faire sans rien dire. Si, il dit : « ndizo Mngu yandzao »2. Je suis par contre déçue que le peuple encore une fois se laisse avoir par des assoiffés de pouvoir. Au lieu de s'unir et revendiquer ses droits, il se divise et se fait la guerre, ce qui arrange ces hommes de pouvoir. Ne dit-on pas : « diviser pour mieux régner » ? A l'heure où certains unissent leurs compétences nationales, nous, aux Comores, on se déchire et on se sépare.

Masiwa
: Quelle sera la culture comorienne dans dix ans ?
Quel héritage allons-nous laisser à nos enfants, ces futurs responsables ?

Nawal:
Je pense que tant que l'Éducation ne changera pas, tant que nos traditions ne seront pas de réels tremplins, nous risquons la mort des Comores. Ceci dit, un grand sage indien a dit : « il est parfois nécessaire de détruire pour mieux reconstruire ».
Je voudrais aussi ajouter que ce qui se passe aux Comores se passe aussi dans le monde entier. Nous ne sommes que des êtres vivants, alors respectons la vie, respectons le droit de chacun, « naristehi omuo, riwanie oubinadamu »3. je suis persuadée qu'il y aura beaucoup plus de gens heureux, et donc moins de pleurs, moins de guerres. Mais tout cela n1est pas possible que si
chaque personne, chaque individu, quelque soit son âge se respecte et s'aime. Car on ne peut donner de l'amour si on ne s1en donne pas à soi-même.

Propos recueillis par Mahmoud IBRAHIME
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1 Le favoritisme (litt. notre enfant).
2 C'est la volonté de Dieu.
3 Respectons la vie, défendons l'Homme.


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