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REVUE DE PRESSE
Rien d'étonnant que le meilleur album d'afro-zouk du mois vienne des îles Comores. le 3ème album de l'artiste comorienne Chamsia Sagaf est un bijou de mélodies envoûtantes, avec la voix lumineuse, éthérée, empreinte d'une douceur indicible de la vocaliste lead. Les sonorités uniques de la langue Kingazidja, apparentée au swahili y sont sans doute pour quelque chose, mais Chamsia y ajoute son talent naturel de chanteuse éprouvée aux joutes musicales dans les soirées communautaires et aussi un savoir-faire qui lui permettent d'allier les échos de la tradition aux effets binaires du style national antillais. Désormais prête pour une carrière internationale, la vedette de l'archipel de l'Océan Indien est également douée d'une attitude professionnelle indiscutable et, dans la réalisation de cet album, a bien choisi ses partenaires, de Frédéric Wurtz aux arrangements et au clavier à Vieux Briscard à la guitare en passant par Guy N'Sangué à la basse, tout a été conçu pour faire de "Loléya" un album qui sort décidément de l'ordinaire.
Chamsia Sagaf, chanteuse comorienne a déjà deux cassettes à son actif. Actuellement elle prépare un laser regroupant les titres de ses albums précédents. Son but : se faire connaître dans la zone de l'Océan indien. Aux Comores, elle bénéficie d'une notoriété sans pareil. Son style de musique plaît au plus grand nombre et fait bouger la jeunesse. Un pari bien difficile à réaliser dans un pays comme le sien où la religion régente tout, où la femme doit être soumise. Seuls les hommes peuvent aspirer à une vie d'artiste. Pour chamsia, les choses vont se passer différemment. Le chant a toujours été sa passion. Jeune, elle animait les mariages dans son village. Puis, en métropole pour ses études, elle se produit avec d'autres étudiants, avec qui elle va sortir un disque. "Provoquer la société comorienne" Cependant sa vie d'artiste s'estompe devant son mariage. Sa passion reprend le dessus en 1988, et, encouragée par son mari, musicien lui aussi, et ses enfants, elle revient aux chants et sort une première cassette "ntrulize roho" (qui te soulage ton coeur), et un peu plus tard, un autre album "tsiswalitiha" (je suis attachée à toi). Quoique vivant en métropole, c'est dans son pays qu'elle vient enregistrer avec ses musiciens. Un répertoire très varié où se côtoient folklore comorien, salsa, zouk. "je me suis beaucoup inspirée de la musique des Antilles pour permettre aux jeunes de danser sur mes chansons. Les paroles vont dans ce sens aussi. Alors qu'avant on ne faisait que du folklore, moi, je parle d'amour, de l'éducation des enfants, de la société comorienne. Une façon de provoquer ensemble." D'ailleurs l'une de ses parodies parle d'une femme qui ose déclarer son amour à l'homme qu'elle aime. Changer les moeurs, émanciper la femme comorienne et l'inciter à devenir plus entreprenante, une lutte qui porte ses fruits puisque quelques-unes se sont lancées dans la même voie d'artiste que Chamsia. "Je leur ai ouvert la voix en quelque sorte. Elles avaient peur de se produire en public et mon expérience leur sert de références. Les comoriens voient mal une femme avec une position sociale enviable, mariée qui plus est, et ayant déjà fait son "grand mariage", devenir artiste" Chamsia, la voix d'or des Comores Le rituel du "grand mariage" consiste à faire une grande fête en y invitant tout le village et ce, durant une semaine. "Cette cérémonie nous place par la suite dans la société à un rang élevé et nous devons nous abstenir de faire certaines choses allant à l'encontre de notre nouveau statut comme chanter." Pour cette nouvelle année, chamsia espère se faire connaître du public réunionnais et dans cette optique prépare un CD dans un studio métropolitain. Il réunira les chansons de ses deux albums et quelques nouveautés. Un pari qui s'annonce un peu difficile côté financier. " Le ministère de la Culture aux Comores ne nous aide pas en tant qu'artiste. Les subventions dans ce cas là sont inexistantes." Mais le talent de cet artiste et sa voix sont autant d'atouts pour conquérir le public de la Réunion, amateur de bonne musique et avide de sons nouveaux. Pour ce faire déjà une idée, Chamsia est en quelque sorte la jocelyne Beroard des Comores...
Avec une cassette à la qualité exceptionnelle, Chamsia Sagaf revient à la chanson. Les nombreuses années passées n'ont rien altéré à sa voix "Ntrulize Roho" c'est 45 minutes de bonheur, bien accueilli en France. De mémoire de jeune comorien, jamais une musique produite au pays n'a eu autant de succès. De Dunkerque à Bordeaux et de Marseille à Paris, on n'entend qu'elle. Il n'y a pas un foyer qui ne soit équipé de la cassette originale ou piratée. A Bercy, "temple" des bals comoriens à Paris, il ne se passe pas une soirée sans que la voix sucrée de Chamsia Sagaf ne vienne, au milieu d'un flot incessant de kwasa-kwasa, zouk et autre reggae, rafraîchir les coeurs et les corps. Si la chanson titrée "Ntrulize Roho" rafle tous les suffrages, les autres morceaux ne sont pas en reste. Après "Fitina" un superbe slow, le rythme s'accélère avec "Nafasi" un funk un peu jazz sur les bords. On retrouve ensuite l'ancienne militante de l'ASEC avec "Mwanamshe" un mgodro wadaha aux sonorités malgaches, qui rend hommage à la femme d'aujourd'hui. Les années ont passé mais la voix reste intacte. Le 5° morceau, "Msafara" est un subtil mélange de Zouk et de Twarab, un régal. Evidemment cette cassette fait ressurgir l'éternel débat entre les puristes et les autres. Les premiers affirmant que "ce n'est pas très comorien tout ça" et les seconds affirment qu'on peut "enfin danser sur une musique comorienne, ce qui est rare...". Mais qu'est ce que la musique comorienne sinon un mélange de plusieurs influences à l'instar de sa population. Pour pouvoir s'exporter, la musique comorienne doit pouvoir s'adapter, comme les autres musiques, aux rythmes dominants sans pour cela perdre son âme. Avec cette cassette (et quelques autres) signée Chamsia Sagaf pour la voix, et Studio 1 pour la musique et les paroles, la musique comorienne sort peu à peu de sa léthargie. Mais un problème énorme se pose pour les artistes comoriens, celui de la protection de leurs oeuvres. Comment lutter contre le piratage qui représente un manque à gagner considérable pour ces derniers ? Pour Abdallah Chiabiddine, directeur de Studio 1, il n'y a pas 36 solutions: "il faut vendre rapidement et en quantité de manière à satisfaire toute la demande". Encore faut-il un solide réseau de distribution, surtout sur le plan international. Le prix également (70FF) est quelque peu dissuasif pour les bourses légères. Sans compter les mauvaises habitudes de ceux qui ont la vie dure "du moment qu'on peut l'avoir gratis, pourquoi acheter ?". Le piratage a de beaux jours devant lui, la musique comorienne aussi.
Animée sur fond de jazz, de kwasa-kwasa, de zouk, le tout mélangé à la musique traditionnelle comorienne, le concert de mardi 16 août a fait l’ unanimité. La foule nombreuse venue assister au spectacle a trouvé entière satisfaction, avec notamment la participation des deux stars de Moroni : Chamsia SAGAF et le roi du jazz comorien Salim ALI AMIR, les valeurs sures de la musique comorienne. Prévu pour le vendredi 12 août, le concert de Passamanty a dû être repoussé à cause des deux invités d’honneur. Chamsia SAGAF, l’internationale de la musique comorienne une des pièces maîtresses de la délégation est installée en métropole depuis des années. Elle est arrivée lundi soir via La Réunion. Ella a été accueillie en fanfare par la population. Un cortège a eu lieu dans la commune de Mamoudzou en début de soirée. Malgré la pluie menaçante en début de soirée, plusieurs centaines de personnes ont payé la modique somme de 20 FF pour les enfants, 50 FF pour les adultes et 100 FF en places assises. Le foyer des jeunes de Passamanty était bourré à craquer avec 400 personnes. Les jeunes en particulier n’ont pas manqué ce moment de défoulement qui fut une occasion de faire connaissance avec des artistes dont les cassettes se vendent comme des petits pains depuis deux ans.
Pour sa première prestation en solo, Chamsia a conquis les cœurs. Tous les cœurs ! les petits ont succombé sous l’effet du rythme cadencé de cette cassette qui a fait monter la fièvre dans la capitale. Les autres sont captés par la force des paroles. Des mots qui se détachent comme une prière d’amour. Une voix suave qui rappelle les plus célèbres berceuses, avec ses huit morceaux réunis dans son premier album cassette, celle qui fait l’ événement musical des Comores a provoqué une véritable fureur dans la ville. Un mois après le premier tirage, « ntrulize Roho » le titre de l’album, tient encore le haut du pavé dans le hit-parade des taxis ville et des pâtés de maisons des quartiers populaires, véritable baromètre de tout ce qui bouge à défaut du top 50. dans les boîtes de nuit, les branchés sont mordus. Pour toute cette génération de night club, Chamsia SAGAF est présentée comme la star, l’héroïne, la vedette : la Jocelyne Béroard version comorienne. Bref c’est la Révélation. Ce qui n’est pas tout à fait le cas de ceux, plus adultes, qui ont eu la chance de croiser « Aphrodite » dans les allées des campus. Pour ceux-ci, ce succès fou, n’est plus ou moins que la consécration d’un don. Un talent qui sommeillait et qui n’attendait que l’occasion d’ exploser. « J’ai débuté à 14 ans », confie Chamsia SAGAF à Hassane JAFFAR, journaliste à RFI, qui l’a interviewée pour l’émission « contacts inter-îles ». A cet âge là, comme certaines de se camarades, la chanteuse a fait les chœurs dans les groupes Scouts. A l’époque, c’était déjà une gageure. Mais Chamsia reconnaît que c’est dans les cérémonies de mariages qu’elle a fait ses premiers pas dans la chanson. Elle apprendra a connaître son don plus tard en France. « En France, j’ai chanté dans les associations culturelles comoriennes et notamment dans une association d’étudiants. Là je me suis rendu compte que je pouvais bien chanter… ». C’est ici que naîtra le rêve. « Depuis. J’ai rêvé de sortir une cassette un jour. Et voilà, c’est arrivé… ». Après Abou Chihabi, Gam Gam, Salim Ali Amir, Djimbo, Laher et les autres, Chamsia est la première femme à se lancer sur le terrain de la musique moderne. Elle a fait le pari de tenter le showbiz. « Je trouve que la plupart des artistes comoriens font à peu près la même chose… J’ai voulu moderniser la chanson comorienne, essayer de faire une ouverture. » Deux petits obstacles cependant : celui d’être une femme ; dans le contexte comorien, cela peut constituer un frein pour un épanouissement total de l’ artiste. Celui aussi d’être mariée « Je ne refuse pas le succès mais je crains qu’il vienne perturber notre vie », déclare le mari de Chamsia à Jacques Monique, journaliste à RFI « contacts inter-îles ».
Une nuit pour les artistes et la production artistique nationale symbolisée par la remise des prix aux meilleurs artistes comoriens de l’année 1990, en l’occurrence un simbo entièrement en argent. Cette soirée, dite « la Nuit des Simbo d’argent » est organisée par une association à but commercial et servira à récompenser les meilleurs artistes comoriens. Simbo est un porte-lame traditionnel doté du « sihuwo » art traditionnel comorien par excellence. En choisissant le simbo pour couronner les meilleurs artistes comoriens ou les meilleurs produits artistiques réalisés aux Comores, l’APPA (Association pour la Promotion et la Production Artistique) a frappé à la bonne porte. La chose est bonne comme l’art est beau. Pour cette année, le simbo éclairera l’art comorien à travers Saïd Mohamed Taanchik avec « Matso », Chamsia Sagaf, avec son premier album « Ntrulize Roho », Salim Ali Amir grâce à son dernier concert organisé pour le compte de l’Association Comorienne des Droits de l’Homme, Katy Deslande pour son exposition à l’Alliance Franco-Comorienne de Moroni et les Enfants du Théâtre avec leur pièce intitulée : « la secrétaire particulière. »
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