La Faune terrestre

Roussettes ou Livingstone
Les Chauves-Souris
Mangoustes
Tenrec (Hérisson)
Oiseaux
Reptiles
 

La Faune marine
Tortues
Coelacanthe
Dauphins
Baleines
Holoturies
Requins
 
La Flore
Plantes médicinales
Orchidées
Vanille
Girofle
Muscade
Cannelle
Ylang
Le Manguier et la Mangue
 
Les sites naturels
Le volcan Karthala
Les Îlots de Nioumachoua
Les rivières et cascades

Voir MOHELI en vidéo sur ORANGE avec Noé

Voir MAYOTTE en vidéo sur ORANGE avec Noé
 
Espèces protégées
Liste complète des espèces protégées
 
Les lieux protégés
Parc marin de Mohéli
Parc naturel d'Anjouan
Parc Naturel de Grande Comore
Parc Naturel de Mayotte
 
Etudes sur la Nature et la biodiversité
Les travaux scientifiques, les missions actuelles, en cours et passées

Les Publications sur la Nature aux Comores (rubrique Littérature)
 
 
 

La Nature aux Comores

Le Coelacanthe
mise à jour 08/05/2009

Ressources sur le COELACANTHE :

http://www.dinofish.com/

 

CLICANOO.COM | Publié le 7 décembre 2008

La population de cœlacanthes stable

Environnement. Une récente expédition de recensement en Grande Comore a conclu à la stabilité de la population de cœlacanthes dans l’île. Ce poisson préhistorique et emblématique des Comores est toujours bien présent alors que les découvertes s’enchaînent dans d’autres sites.

C’est en 1938 que le premier cœlacanthe vivant est capturé dans les eaux de la côte Est d’Afrique du Sud. La découverte est de taille puisqu’on ne connaissait cette espèce que fossilisée. On la croyait même disparue depuis 70 millions d’années… Mieux, sa morphologie avait peu évolué depuis son apparition. Ce poisson, considéré comme un fossile vivant, est le dernier représentant des crossoptérygiens, un groupe dans lequel est probablement apparu le premier des tétrapodes terrestres. Il n’en faut pas plus pour alimenter les soupçons le considérant comme un “chaînon manquant”, l’étape intermédiaire entre la vie aquatique et la vie terrestre. D’ailleurs, il possède une poche de gaz qui pourrait être le vestige d’un poumon… En 1998, une autre population de cœlacanthes a été identifiée en Indonésie (ce n’est d’ailleurs pas la même espèce). Mais, c’est sans conteste aux Comores et dans le canal du Mozambique que ce poisson des profondeurs (évoluant jusqu’à au moins 400 m de profondeur) est le plus connu.

500 spécimens estimés

Reste que les activités humaines risque d’avoir un impact sur une population estimée entre 1987 et 1991 à quelques centaines d’individus. La pêche côtière notamment est en cause. En effet, les poissons évoluant moins profond se font parfois rares. Du coup, les engins vont de plus en plus profond… dans les domaines du cœlacanthe. Pendant presque un mois, du 25 octobre au 20 novembre derniers, une expédition internationale du Max Plank Institute (Allemagne) sous la supervision du Centre National de Documentation et de recherche scientifique a mené une campagne de recensement de la population de cœlacanthes de la Grande Comore. Les observations ont été réalisées en sous-marin (capacité de 400 m) et des enquêtes socio-économiques ont été menées dans tous les villages côtiers. De ce comptage, il en ressort que la population serait stable avec environ 500 individus. Et ce, malgré les craintes émises sur une autre activité humaine : le concassage à Itsoundzou. Certains scientifiques craignent que cette activité ait causé un déplacement de l’espèce vers la Tanzanie. À première vue, rien de tout ça selon l’institut allemand. Le professeur Hans Fricke a rappelé tout de même que “les autorités du pays doivent veiller au respect des mesures d’atténuation”, outre pour la faune marine également pour la santé des populations locales. L’expédition a ensuite mis le cap sur la Tanzanie où une population de cœlacanthes a récemment été détectée. Ce qui laisse espérait à certains que les fonds marins réunionnais abritent eux aussi cette espèce. Peut-être que l’expédition Abyssea (lire nos précédentes éditions) aura la chance d’en filmer un. Qui sait ?

B.G.

Fume, c’est du cœlacanthe

Associer l’image du cœlacanthe, emblématique de l’archipel des Comores, à un objet ou un produit de la vie quotidienne, personne n’y avait encore pensé. Un fabricant de tabac l’a fait. Surgi des tréfonds de la préhistoire alors qu’on le croyait disparu à jamais, voici donc le cœlacanthe immortalisé sur des paquets de cigarettes fabriquées et commercialisées aux Comores. Étrange paradoxe où un être vivant, d’une espèce miraculeusement rescapée de 350 millions d’années passées dans les abysses, vient encourager en quelque sorte le raccourcissement de la vie humaine. La Réunion n’a de leçons à donner à personne, rétorqueront ceux que l’idée a séduits : notre île a bien la Dodo, après tout ! Pour finir sur une note morale : reste à faire accepter au groupe chinois qui a lancé la « Cœlacanthe » l’idée de participer à la campagne « Sauvez l’animal de votre logo » lancée par le Fonds mondial pour l’environnement. Elle suggère aux entreprises qui utilisent l’identité visuelle d’un animal dont l’avenir est menacé de participer à sa protection. Cloner le dodo risque de coûter très cher, mais protéger les habitats du cœlacanthe paraît tout à fait réaliste. L’honneur serait sauf.

------------------------------------------------------------------

Article sur le Coelacanthe par Ibrahim YAHAYA
Chercheur au CNDRS

Le coelacanthe est un poisson d'un grand intérêt pour la science. Quelques initiatives très encourageantes sont entreprises par nos autorités compétentes, des ONG comoriens, et des beaucoup des personnes de bonnes volontés. .Rappelons que les Comores abritent le principal biotope du coelacanthe dans le sud ouest de la Grande Comores avec plus 600 individus comptabilisés et cataloguées Les sud africain ont dénombrés 15 individus (population non viable) dans leurs eaux et tout récemment trois autre individus dont l'un a été observé et photographié par un comorien qui a participé à l'expédition.
Nos voisins de Madagascar et de Tanzanie s'efforcent de mettre en valeur en s'appropriant de l'appartenance de l'espèce suite à la pèche accidentelle de 2 ou 3 individus égarés dans leurs eaux.

Si des efforts ne sont pas rapidement déployés par la partie comorienne, le pays risque de perdre l'appartenance d'estime, le Pays du coelacanthe avec les conséquences touristiques, scientifiques environnementales, que nous connaissons.

Actuellement, les sud africains mettent beaucoup de moyens pour la préservation coelacanthe et son écosystème. En novembre de l'année dernier une grand conférence International sur le coelacanthe eu lieu à  East London (Afrique du Sud) où les Comores ont été fortement représentées. Il résulte de cette conférence la mise en place d'un programme régional sur la protection du coelacanthe son écosystème (Comores, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie, Kenya). Des démarches sont en cours pour inscrire le projet dans le NEPAD.

Pour les Comores des efforts se font malgré les moyens très limités. Une ONG dénommé Association pour la Préservation du Gombessa, regroupant les populations riveraines du site du coelacanthe a été créée et joue un rôle de premier plan en matière d'information et de sensibilisation. Certaines pratiques associées aux pêches accidentelles de l'espèce sont abandonnées par les pécheurs. Un projet de création d'un Centre d'information sur le coelacanthe dans la baie d'Istoudzou commence à de se concrétisé par la pose du premier pierre. Un tel entre contribuera énormément a la valorisations du coelacanthe avec tous les retombée écotouristiques, recherches scientifiques...

Un comité national du coelacanthe est entrain de se construire avec un plan d 'action dont le Centre de Coelacanthe est sa priorité. Le mois d'août prochain une expédition marine régionale organisée par un institut de recherche sud africain sera dans nos eaux.

Du côté de la biodiversité terrestre, il faut la voir dans sa globalité. Il ne faut plus sous estimer les reptile, car ils ont aussi intérêt capitale dans l'équilibre de la vie autant que les éléphants ou les insectes. La contribution des scientifiques belges pour une connaissance de notre patrimoine naturelle est d'une valeur inestimable. Nous leur rendons un grand hommage.

Le souhait que tout comorien ou ami des Comores puissent que dans l'avenir un tel travail soit effectué principalement par des enfants comoriens et avec des fonds comoriens.


------------------------------------------------------------------


Article de Jeune Afrique L'INTELLIGENT sur un ROMAN basé sur l'histoire de la découverte du coelacanthe
http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleJAI_online.asp?art_cle=LIN27045crimeehtnac0#
Crimes pour un coelacanthe

FRANCE - 27 mars 2005 - par NICOLAS MICHEL


Christine Adamo a choisi la forme du thriller scientifique pour retracer les soixante années qui ont suivi la découverte du premier spécimen de ce « fossile vivant ».

Son âge est plus que canonique : 400 millions d'années. On le nomme m'tsamboïdoï ou gombessa aux Comores, ikan malam ou ikan raja laut en Indonésie. Son nom scientifique est Latimeria chalumnae, son nom français coelacanthe. Découvert au début du XXe siècle en Afrique du Sud, cet étrange poisson ne cesse, depuis, d'intriguer les spécialistes, qui voient en lui un proche parent de nos lointains ancêtres. Au point de susciter bien des controverses et bien des convoitises dans les milieux scientifiques...

Le coelacanthe, mobile explicatif d'une série de meurtres ? La romancière française Christine Adamo a osé. Son livre, Requiem pour un poisson, est un thriller scientifique qui retrace les quelque soixante années qui ont suivi la découverte du premier spécimen, à la fin des années 1930.

Si l'intrigue policière est fictive, nombre de personnages ont existé. « J'ai beaucoup écrit sur ce poisson : une thèse, des articles, un bouquin de vulgarisation scientifique... Un jour, un critique m'a dit que, vu la manière dont c'était écrit, cela donnerait un excellent roman policier », se souvient Christine Adamo. Il faut dire que l'histoire avait de quoi séduire...

En 1938, en Afrique du Sud, le capitaine du chalut La Nerine, Hendrick Goosen (Jan, dans le livre), capture un étrange poisson dans l'estuaire de la rivière Chalumna. Des écailles bleues, une gueule énorme, une queue arrondie divisée en trois lobes, des nageoires qui ressemblent à des embryons de pattes, un poids qui avoisine 60 kg pour 1,50 mètre de long... L'animal est tellement bizarre que le pêcheur le transporte jusqu'au Muséum d'histoire naturelle d'East London, sur la côte est de l'Afrique du Sud. C'est là que la jeune conservatrice, Marjorie Latimer (Helen Arundel, dans le livre), voit pour la première fois un coelacanthe en chair et en arêtes. Les seuls spécimens connus étaient alors des fossiles. Inexpérimentée, Marjorie Latimer prévient J.B.L. Smith (Charles Easton, dans le livre), professeur de chimie de l'université de Grahamstown et ichtyologiste amateur de talent.

Dès qu'il voit le poisson, Smith comprend que la découverte est majeure. Il le nomme Latimeria chalumnae, en référence au nom de la jeune conservatrice et à celui de l'estuaire où il a été pêché. Pour lui, ce poisson est proche du « chaînon manquant » - voire le chaînon manquant ? - qui fait le lien entre les espèces aquatiques et les premiers reptiles terrestres. Une hypothèse qui se révélera vite fausse. Mais, pour l'heure, la découverte du « poisson fossile » suscite l'émoi du monde scientifique et médiatique. Smith ne rêve plus que d'une chose : en observer un mieux conservé ou... encore en vie. Il lui faudra attendre quatorze ans.

En 1952, le capitaine Erik Hunt colle des affiches représentant le coelacanthe sur les côtes de l'est de l'Afrique. Le 20 décembre, un spécimen est pêché au large d'Anjouan, et conservé en bon état grâce aux soins de Hunt. Avant de se rendre compte qu'il s'agit de la même espèce que le premier exemplaire, Smith le nomme Malania anjouanae. C'est en effet l'avion fourni par le Premier ministre sud-africain d'alors, le docteur Malan (l'un des pères de l'apartheid), qui lui a permis de récupérer ce deuxième spécimen, provoquant un grave incident diplomatique avec la France, puissance coloniale régnant sur les Comores. Devenu célèbre et donnant des conférences partout dans le monde, Smith est interdit de séjour dans l'archipel, qui est selon lui le biotope unique du coelacanthe.

Les scientifiques français - Jacques Millot, Jean Anthony et Daniel Robineau - sont désormais aux premières loges pour étudier le poisson. Ils prouvent qu'il n'est pas le chaînon manquant entre mer et terre, mais seulement un « grand-oncle primitif ». Il n'empêche : les Comores, où la chair du poisson était utilisée comme... diurétique, deviennent le lieu d'un intense trafic de coelacanthes. Tous les musées du monde en veulent un pour agrémenter leurs collections.

En 1987, nouveau rebondissement. Hans Fricke, de l'Institut Max-Planck de Seewiesen (Allemagne), et Raphaël Plante, du Centre d'océanologie de Marseille, observent pour la première fois le poisson dans son milieu naturel, 200 mètres sous la surface, à bord d'un sous-marin de poche. Constatant le déclin de l'espèce, les chercheurs envisagent de créer un parc pour la protéger. « L'idée de Fricke et de Plante était de fixer dans le fond une caméra sous-marine qui resterait présente en permanence et retransmettrait les images en surface, dans une zone interdite à la pêche - a priori autour des grottes qu'affectionnent les coelacanthes. Sur la terre ferme, un centre de recherches et d'informations et des infrastructures d'accueil seraient disponibles pour les visiteurs », explique Christine Adamo.

C'est d'ailleurs Raphaël Plante qui lui a fait découvrir l'histoire du coelacanthe, alors qu'elle venait de reprendre des études. Elle se prend de passion pour le crossoptérygien. « Comme beaucoup de personnes, je me suis toujours posé la question de nos origines, qu'elles soient familiales, biologiques ou historiques. J'ai toujours été passionnée par l'histoire très ancienne. Souvent, les adultes évoluent vers une fascination pour les périodes plus récentes, mais j'ai conservé une âme d'enfant. Comme eux, je suis fascinée par les dinosaures. »

C'est décidé, son sujet de thèse portera sur la manière de construire un réseau d'information pour faciliter la mise en place et la gestion d'un parc scientifique. Aux Comores, où le poisson est devenu symbole national, le jeune biologiste Saïd Ahamada engage un long combat en ce sens. « Villageois et pêcheurs sont de plus en plus motivés. Il est possible de conjuguer protection de l'environnement et développement économique », souligne Christine Adamo.

En 1997, coup de tonnerre dans le milieu scientifique : un jeune biologiste qui passe sa lune de miel en Indonésie trouve un coelacanthe sur un marché de Manado. La découverte est d'importance : l'espèce de Sulawesi diffère de Latimeria chalumnae. Elle est nommée Latimeria menadoensis... Nul doute que ce n'est pas là l'ultime rebondissement de l'affaire.

Requiem pour un poisson, « tressage de vérité et d'imagination », s'achève comme tout bon roman policier par la découverte de l'assassin. Mais aussi sur une série d'interrogations. Christine Adamo nous promène dans la géographie et dans le temps sur les traces du coelacanthe, sans perdre de vue que c'est aussi une histoire humaine qu'elle raconte. « Il a fallu que je réussisse à accepter le fait que je pouvais m'éloigner de la vérité, qu'il fallait que je m'éloigne de la vérité », explique-t-elle.

Le résultat est là : malgré quelques clichés et facilités d'écriture, le roman s'avale comme un sushi, en une seule bouchée. « J'ai plongé avec plaisir dans son récit. J'avais l'impression étrange de connaître tous les protagonistes, de reconnaître tous les événements décrits, mais au travers d'un filtre. Je ne savais pas, quand je racontais à la thésarde les détours déjà bien romanesques de la quête des chercheurs de coelacanthes, que l'auteur de polar en ferait une haletante histoire policière », affirme Raphaël Plante, qui apparaît lui-même dans le livre sous le nom d'Antoine Mézières. Sans apporter de réponse à la question de nos origines, l'histoire du « fossile vivant » nous réconforte comme elle réconforte Christine Adamo. « Ce poisson a vécu 400 millions d'années, et quand on voit ce qui se passe aujourd'hui, cette longévité me rassure sur la continuité du monde », confie-t-elle avec un sourire timide, avant de s'en aller acheter un éléphant (en plastique) dans la boutique de la Grande Galerie de l'évolution du Muséum d'histoire naturelle de Paris.


------------------------------------------------------------------

 

LE COELACANTHE AU CENTRE D'OCEANOLOGIE DE MARSEILLE
(par Raphael Plante)
Site http://www.com.univ-mrs.fr/DIMAR/coelaw3.html disponible en ligne entre 1999 et 2002.

Depuis 1986, Raphaël Plante est associé aux recherches menées sur le cœlacanthe (Latimeria chalumnae, Smith 1938) dans les eaux de l'archipel des Comores. Notre partenaire (et responsable du programme) est H.W. Fricke, du Max Planck Institut für Verhaltenphysiologie de Seewiesen.

LES COELACANTHES

Le cœlacanthe actuel est le seul survivant d'un très ancien groupe zoologique - les Crossoptérygiens- groupe dans lequel est probablement apparu le premier des tétrapodes terrestres. On s'accorde généralement à penser que cet ancêtre hypothétique devait être très proche des cœlacanthes, chez qui les paléontologues reconnaissaient un certain nombre de caractères de transition vers les vertébrés du milieu terrestre: des nageoires paire pédonculées évoquant les membres des tétrapodes, un poumon vestigial etc... La découverte en 1938 du premier cœlacanthe actuel a soulevé une émotion considérable dans les milieux scientifiques, et, jusqu'en 1986 un grand nombre de travaux ont été publiés sur les caractères anatomiques et physiologiques de cet animal, avec - en toile de fond - la question de sa place dans la chaîne évolutive.

Jusqu'à cette date de 1986, personne n'avait encore pu observer dans son milieu naturel ce poisson mythique dont on savait seulement qu'il habitait des eaux de profondeur moyenne ( entre 100 et 500 m) au large des côtes de deux des Iles Comores ( Grande-Comore et Anjouan ) et qu'il avait un mode de vie benthique . Des campagnes de recherche qui mettaient notamment en œuvre un sous-marin de recherche (GEO, puis JAGO, tous deux du Laboratoire de H.W. Fricke), nous ont permis non seulement d'obtenir les premières images du comportement du cœlacanthe in vivo, mais encore d'apporter un certain nombre de points fondamentaux sur son mode de vie.

C'est ainsi que nous avons pu démontrer l'existence d'un résidu comportemental d'un stade tétrapode chez les ancêtres du cœlacanthe actuel: les mouvements de ses nageoires paires (pectorales et pelviennes) montrent une synchronisation croisée que l'on retrouve chez les vertébrés à quatre pattes. Un autre comportement très particulier demeure pour le moment inexpliqué: pendant leurs périodes d'activité nocturne, les cœlacanthes peuvent adopter une position verticale, queue vers le haut, dont on sait seulement qu'elle est en relation avec les propriétés électro-réceptrices du poisson.

Le rythme de vie du cœlacanthe a été l'objet d'une attention toute particulière de notre part. Actif pendant la nuit, le cœlacanthe se laisse emporter en dérive au dessus du fond et détecte ses proies par électro-réception. C'est au cours de ces dérives nocturnes qu'il est accidentellement pêché. Pendant la journée, les cœlacanthes se rassemblent en groupes non hiérarchisés et non familiaux dans des grottes sous marines qui occupent un secteur bien particulier des fonds comoriens, entre 160 et 220m de profondeur.

C'est grâce à cette dernière particularité de leur comportement que nous avons pu dénombrer les populations-échantillons. L'inventaire systématique des habitants de toutes les grottes d'un secteur déterminé, inventaire que nous répétions journellement pendant 20 jours, nous permet d'affirmer que la population de cœlacanthes adultes de la Grande-Comore est actuellement inférieure à 200 individus.

Cette estimation a pu être affinée récemment grâce à une expédition montée spécialement à cet effet et financée par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme.

POUR UNE POLITIQUE DE CONSERVATION DE L'ESPECE

La situation très particulière de la pêche aux Comores explique le péril d’extinction qui menace les cœlacanthes :
Le besoin croissant en protéines des populations humaines des Comores explique que les pêcheurs exercent un effort de pêche de plus en plus important sur l'étroite bande de côte qu'ils exploitent
En effet la structure volcanique des fonds comoriens explique la pente très forte (environ 45 deg.) sur laquelle les formations de récifs coralliens sont extrêmement réduites.
Les deux points précédents ont comme résultat une disparition progressive des poissons récifaux et, par voie de conséquence, une intensification de l'effort de pêche dans les fonds plus importants, où vivent les cœlacanthes.
C'est ainsi que le rythme de capture actuel de cœlacanthes avoisine 10 individus par an pour la Grande-Comore, rythme évidemment insupportable à court terme pour une population si réduite.

Que faire ?

Une stratégie de sauvegarde de l'espèce n'est pas facile à mettre en place: il faut à la fois assurer la protection des cœlacanthes survivants et assurer aux pêcheurs qui vivent aux dépens des poissons de fond une ressource de substitution.

Nous proposons donc que soit mis en place un " Parc des Cœlacanthes " constitué par une bande de côte sur laquelle la pêche à la ligne de fond serait interdite mais où, dans le même temps, on fournirait aux pêcheurs une activité de substitution intéressante sous la forme de Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) qui attirent efficacement les poissons pélagiques, ressource renouvelable et économiquement avantageuse pour les pêcheurs.

En même temps une Maison du Parc - un Centre de Documentation et de Recherche sur le Cœlacanthe et l'Environnement Marin - permettrait à la fois de développer des actions de sensibilisation et d'information et une forme d'écotourisme qui correspond bien aux formes de développement du tourisme qui devrait prévaloir aux Comores.

Le financement et le fonctionnement de telles structures ne sauraient évidement incomber aux seules autorités comoriennes et devrait plutôt être confiés à des organisations internationales.