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La Nature aux Comores |
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Le Coelacanthe
mise à jour 08/05/2009 |

CLICANOO.COM | Publié le 7 décembre
2008
La population de cœlacanthes stable
Environnement. Une
récente expédition de recensement en Grande Comore a conclu à la stabilité de
la population de cœlacanthes dans l’île. Ce poisson préhistorique et
emblématique des Comores est toujours bien présent alors que les découvertes
s’enchaînent dans d’autres sites.
C’est en 1938 que le premier cœlacanthe vivant est capturé dans les eaux de la
côte Est d’Afrique du Sud. La découverte est de taille puisqu’on ne
connaissait cette espèce que fossilisée. On la croyait même disparue depuis 70
millions d’années… Mieux, sa morphologie avait peu évolué depuis son
apparition. Ce poisson, considéré comme un fossile vivant, est le dernier
représentant des crossoptérygiens, un groupe dans lequel est probablement
apparu le premier des tétrapodes terrestres. Il n’en faut pas plus pour
alimenter les soupçons le considérant comme un “chaînon manquant”, l’étape
intermédiaire entre la vie aquatique et la vie terrestre. D’ailleurs, il
possède une poche de gaz qui pourrait être le vestige d’un poumon… En 1998,
une autre population de cœlacanthes a été identifiée en Indonésie (ce n’est
d’ailleurs pas la même espèce). Mais, c’est sans conteste aux Comores et dans
le canal du Mozambique que ce poisson des profondeurs (évoluant jusqu’à au
moins 400 m de profondeur) est le plus connu.
500 spécimens estimés
Reste que les activités humaines risque d’avoir un impact sur une
population estimée entre 1987 et 1991 à quelques centaines d’individus. La
pêche côtière notamment est en cause. En effet, les poissons évoluant moins
profond se font parfois rares. Du coup, les engins vont de plus en plus
profond… dans les domaines du cœlacanthe. Pendant presque un mois, du 25
octobre au 20 novembre derniers, une expédition internationale du Max Plank
Institute (Allemagne) sous la supervision du Centre National de Documentation
et de recherche scientifique a mené une campagne de recensement de la
population de cœlacanthes de la Grande Comore. Les observations ont été
réalisées en sous-marin (capacité de 400 m) et des enquêtes socio-économiques
ont été menées dans tous les villages côtiers. De ce comptage, il en ressort
que la population serait stable avec environ 500 individus. Et ce, malgré les
craintes émises sur une autre activité humaine : le concassage à Itsoundzou.
Certains scientifiques craignent que cette activité ait causé un déplacement
de l’espèce vers la Tanzanie. À première vue, rien de tout ça selon l’institut
allemand. Le professeur Hans Fricke a rappelé tout de même que “les autorités
du pays doivent veiller au respect des mesures d’atténuation”, outre pour la
faune marine également pour la santé des populations locales. L’expédition a
ensuite mis le cap sur la Tanzanie où une population de cœlacanthes a
récemment été détectée. Ce qui laisse espérait à certains que les fonds marins
réunionnais abritent eux aussi cette espèce. Peut-être que l’expédition
Abyssea (lire nos précédentes éditions) aura la chance d’en filmer un. Qui
sait ?
B.G.

Fume, c’est du
cœlacanthe
Associer l’image du cœlacanthe, emblématique de
l’archipel des Comores, à un objet ou un produit de la vie quotidienne,
personne n’y avait encore pensé. Un fabricant de tabac l’a fait. Surgi des
tréfonds de la préhistoire alors qu’on le croyait disparu à jamais, voici donc
le cœlacanthe immortalisé sur des paquets de cigarettes fabriquées et
commercialisées aux Comores. Étrange paradoxe où un être vivant, d’une espèce
miraculeusement rescapée de 350 millions d’années passées dans les abysses,
vient encourager en quelque sorte le raccourcissement de la vie humaine. La
Réunion n’a de leçons à donner à personne, rétorqueront ceux que l’idée a
séduits : notre île a bien la Dodo, après tout ! Pour finir sur une note
morale : reste à faire accepter au groupe chinois qui a lancé la
« Cœlacanthe » l’idée de participer à la campagne « Sauvez l’animal de votre
logo » lancée par le Fonds mondial pour l’environnement. Elle suggère aux
entreprises qui utilisent l’identité visuelle d’un animal dont l’avenir est
menacé de participer à sa protection. Cloner le dodo risque de coûter très
cher, mais protéger les habitats du cœlacanthe paraît tout à fait réaliste.
L’honneur serait sauf.
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Article sur le Coelacanthe par Ibrahim YAHAYA
Chercheur au CNDRS
Le coelacanthe est un poisson d'un grand intérêt pour la science. Quelques
initiatives très encourageantes sont entreprises par nos autorités
compétentes, des ONG comoriens, et des beaucoup des personnes de bonnes
volontés. .Rappelons que les Comores abritent le principal biotope du
coelacanthe dans le sud ouest de la Grande Comores avec plus 600 individus
comptabilisés et cataloguées Les sud africain ont dénombrés 15 individus
(population non viable) dans leurs eaux et tout récemment trois autre
individus dont l'un a été observé et photographié par un comorien qui a
participé à l'expédition.
Nos voisins de Madagascar et de Tanzanie s'efforcent de mettre en valeur en
s'appropriant de l'appartenance de l'espèce suite à la pèche accidentelle de 2
ou 3 individus égarés dans leurs eaux.
Si des efforts ne sont pas rapidement déployés par la partie comorienne, le
pays risque de perdre l'appartenance d'estime, le Pays du coelacanthe avec les
conséquences touristiques, scientifiques environnementales, que nous
connaissons.
Actuellement, les sud africains mettent beaucoup de moyens pour la
préservation coelacanthe et son écosystème. En novembre de l'année dernier une
grand conférence International sur le coelacanthe eu lieu à East London
(Afrique du Sud) où les Comores ont été fortement représentées. Il résulte de
cette conférence la mise en place d'un programme régional sur la protection du
coelacanthe son écosystème (Comores, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie,
Kenya). Des démarches sont en cours pour inscrire le projet dans le NEPAD.
Pour les Comores des efforts se font malgré les moyens très limités. Une ONG
dénommé Association pour la Préservation du Gombessa, regroupant les
populations riveraines du site du coelacanthe a été créée et joue un rôle de
premier plan en matière d'information et de sensibilisation. Certaines
pratiques associées aux pêches accidentelles de l'espèce sont abandonnées par
les pécheurs. Un projet de création d'un Centre d'information sur le
coelacanthe dans la baie d'Istoudzou commence à de se concrétisé par la pose
du premier pierre. Un tel entre contribuera énormément a la valorisations du
coelacanthe avec tous les retombée écotouristiques, recherches
scientifiques...
Un comité national du coelacanthe est entrain de se construire avec un plan d
'action dont le Centre de Coelacanthe est sa priorité. Le mois d'août prochain
une expédition marine régionale organisée par un institut de recherche sud
africain sera dans nos eaux.
Du côté de la biodiversité terrestre, il faut la voir dans sa globalité. Il ne
faut plus sous estimer les reptile, car ils ont aussi intérêt capitale dans
l'équilibre de la vie autant que les éléphants ou les insectes. La
contribution des scientifiques belges pour une connaissance de notre
patrimoine naturelle est d'une valeur inestimable. Nous leur rendons un grand
hommage.
Le souhait que tout comorien ou ami des Comores puissent que dans l'avenir un
tel travail soit effectué principalement par des enfants comoriens et avec des
fonds comoriens.
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Article de Jeune Afrique L'INTELLIGENT sur un
ROMAN basé sur l'histoire de la découverte du coelacanthe
http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleJAI_online.asp?art_cle=LIN27045crimeehtnac0#
Crimes pour un coelacanthe
FRANCE - 27 mars 2005 - par NICOLAS MICHEL
Christine Adamo a choisi la forme du thriller scientifique pour retracer
les soixante années qui ont suivi la découverte du premier spécimen de ce «
fossile vivant ».
Son âge est plus que canonique : 400 millions d'années. On le nomme
m'tsamboïdoï ou gombessa aux Comores, ikan malam ou ikan raja laut en
Indonésie. Son nom scientifique est Latimeria chalumnae, son nom français
coelacanthe. Découvert au début du XXe siècle en Afrique du Sud, cet étrange
poisson ne cesse, depuis, d'intriguer les spécialistes, qui voient en lui un
proche parent de nos lointains ancêtres. Au point de susciter bien des
controverses et bien des convoitises dans les milieux scientifiques...
Le coelacanthe, mobile explicatif d'une série de meurtres ? La romancière
française Christine Adamo a osé. Son livre, Requiem pour un poisson, est un
thriller scientifique qui retrace les quelque soixante années qui ont suivi la
découverte du premier spécimen, à la fin des années 1930.
Si l'intrigue policière est fictive, nombre de personnages ont existé. « J'ai
beaucoup écrit sur ce poisson : une thèse, des articles, un bouquin de
vulgarisation scientifique... Un jour, un critique m'a dit que, vu la manière
dont c'était écrit, cela donnerait un excellent roman policier », se souvient
Christine Adamo. Il faut dire que l'histoire avait de quoi séduire...
En 1938, en Afrique du Sud, le capitaine du chalut La Nerine, Hendrick Goosen
(Jan, dans le livre), capture un étrange poisson dans l'estuaire de la rivière
Chalumna. Des écailles bleues, une gueule énorme, une queue arrondie divisée
en trois lobes, des nageoires qui ressemblent à des embryons de pattes, un
poids qui avoisine 60 kg pour 1,50 mètre de long... L'animal est tellement
bizarre que le pêcheur le transporte jusqu'au Muséum d'histoire naturelle d'East
London, sur la côte est de l'Afrique du Sud. C'est là que la jeune
conservatrice, Marjorie Latimer (Helen Arundel, dans le livre), voit pour la
première fois un coelacanthe en chair et en arêtes. Les seuls spécimens connus
étaient alors des fossiles. Inexpérimentée, Marjorie Latimer prévient J.B.L.
Smith (Charles Easton, dans le livre), professeur de chimie de l'université de
Grahamstown et ichtyologiste amateur de talent.
Dès qu'il voit le poisson, Smith comprend que la découverte est majeure. Il le
nomme Latimeria chalumnae, en référence au nom de la jeune conservatrice et à
celui de l'estuaire où il a été pêché. Pour lui, ce poisson est proche du «
chaînon manquant » - voire le chaînon manquant ? - qui fait le lien entre les
espèces aquatiques et les premiers reptiles terrestres. Une hypothèse qui se
révélera vite fausse. Mais, pour l'heure, la découverte du « poisson fossile »
suscite l'émoi du monde scientifique et médiatique. Smith ne rêve plus que
d'une chose : en observer un mieux conservé ou... encore en vie. Il lui faudra
attendre quatorze ans.
En 1952, le capitaine Erik Hunt colle des affiches représentant le coelacanthe
sur les côtes de l'est de l'Afrique. Le 20 décembre, un spécimen est pêché au
large d'Anjouan, et conservé en bon état grâce aux soins de Hunt. Avant de se
rendre compte qu'il s'agit de la même espèce que le premier exemplaire, Smith
le nomme Malania anjouanae. C'est en effet l'avion fourni par le Premier
ministre sud-africain d'alors, le docteur Malan (l'un des pères de
l'apartheid), qui lui a permis de récupérer ce deuxième spécimen, provoquant
un grave incident diplomatique avec la France, puissance coloniale régnant sur
les Comores. Devenu célèbre et donnant des conférences partout dans le monde,
Smith est interdit de séjour dans l'archipel, qui est selon lui le biotope
unique du coelacanthe.
Les scientifiques français - Jacques Millot, Jean Anthony et Daniel Robineau -
sont désormais aux premières loges pour étudier le poisson. Ils prouvent qu'il
n'est pas le chaînon manquant entre mer et terre, mais seulement un «
grand-oncle primitif ». Il n'empêche : les Comores, où la chair du poisson
était utilisée comme... diurétique, deviennent le lieu d'un intense trafic de
coelacanthes. Tous les musées du monde en veulent un pour agrémenter leurs
collections.
En 1987, nouveau rebondissement. Hans Fricke, de l'Institut Max-Planck de
Seewiesen (Allemagne), et Raphaël Plante, du Centre d'océanologie de
Marseille, observent pour la première fois le poisson dans son milieu naturel,
200 mètres sous la surface, à bord d'un sous-marin de poche. Constatant le
déclin de l'espèce, les chercheurs envisagent de créer un parc pour la
protéger. « L'idée de Fricke et de Plante était de fixer dans le fond une
caméra sous-marine qui resterait présente en permanence et retransmettrait les
images en surface, dans une zone interdite à la pêche - a priori autour des
grottes qu'affectionnent les coelacanthes. Sur la terre ferme, un centre de
recherches et d'informations et des infrastructures d'accueil seraient
disponibles pour les visiteurs », explique Christine Adamo.
C'est d'ailleurs Raphaël Plante qui lui a fait découvrir l'histoire du
coelacanthe, alors qu'elle venait de reprendre des études. Elle se prend de
passion pour le crossoptérygien. « Comme beaucoup de personnes, je me suis
toujours posé la question de nos origines, qu'elles soient familiales,
biologiques ou historiques. J'ai toujours été passionnée par l'histoire très
ancienne. Souvent, les adultes évoluent vers une fascination pour les périodes
plus récentes, mais j'ai conservé une âme d'enfant. Comme eux, je suis
fascinée par les dinosaures. »
C'est décidé, son sujet de thèse portera sur la manière de construire un
réseau d'information pour faciliter la mise en place et la gestion d'un parc
scientifique. Aux Comores, où le poisson est devenu symbole national, le jeune
biologiste Saïd Ahamada engage un long combat en ce sens. « Villageois et
pêcheurs sont de plus en plus motivés. Il est possible de conjuguer protection
de l'environnement et développement économique », souligne Christine Adamo.
En 1997, coup de tonnerre dans le milieu scientifique : un jeune biologiste
qui passe sa lune de miel en Indonésie trouve un coelacanthe sur un marché de
Manado. La découverte est d'importance : l'espèce de Sulawesi diffère de
Latimeria chalumnae. Elle est nommée Latimeria menadoensis... Nul doute que ce
n'est pas là l'ultime rebondissement de l'affaire.
Requiem pour un poisson, « tressage de vérité et d'imagination », s'achève
comme tout bon roman policier par la découverte de l'assassin. Mais aussi sur
une série d'interrogations. Christine Adamo nous promène dans la géographie et
dans le temps sur les traces du coelacanthe, sans perdre de vue que c'est
aussi une histoire humaine qu'elle raconte. « Il a fallu que je réussisse à
accepter le fait que je pouvais m'éloigner de la vérité, qu'il fallait que je
m'éloigne de la vérité », explique-t-elle.
Le résultat est là : malgré quelques clichés et facilités d'écriture, le roman
s'avale comme un sushi, en une seule bouchée. « J'ai plongé avec plaisir dans
son récit. J'avais l'impression étrange de connaître tous les protagonistes,
de reconnaître tous les événements décrits, mais au travers d'un filtre. Je ne
savais pas, quand je racontais à la thésarde les détours déjà bien romanesques
de la quête des chercheurs de coelacanthes, que l'auteur de polar en ferait
une haletante histoire policière », affirme Raphaël Plante, qui apparaît
lui-même dans le livre sous le nom d'Antoine Mézières. Sans apporter de
réponse à la question de nos origines, l'histoire du « fossile vivant » nous
réconforte comme elle réconforte Christine Adamo. « Ce poisson a vécu 400
millions d'années, et quand on voit ce qui se passe aujourd'hui, cette
longévité me rassure sur la continuité du monde », confie-t-elle avec un
sourire timide, avant de s'en aller acheter un éléphant (en plastique) dans la
boutique de la Grande Galerie de l'évolution du Muséum d'histoire naturelle de
Paris.
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LE COELACANTHE AU CENTRE D'OCEANOLOGIE DE
MARSEILLE
(par Raphael Plante)
Site
http://www.com.univ-mrs.fr/DIMAR/coelaw3.html
disponible en ligne entre 1999 et 2002.
Depuis 1986, Raphaël
Plante est associé aux recherches menées sur le cœlacanthe (Latimeria
chalumnae, Smith 1938) dans les eaux de l'archipel des Comores. Notre
partenaire (et responsable du programme) est H.W. Fricke, du Max Planck
Institut für Verhaltenphysiologie de Seewiesen.
LES COELACANTHES
Le cœlacanthe actuel
est le seul survivant d'un très ancien groupe zoologique - les
Crossoptérygiens- groupe dans lequel est probablement apparu le premier des
tétrapodes terrestres. On s'accorde généralement à penser que cet ancêtre
hypothétique devait être très proche des cœlacanthes, chez qui les
paléontologues reconnaissaient un certain nombre de caractères de transition
vers les vertébrés du milieu terrestre: des nageoires paire pédonculées
évoquant les membres des tétrapodes, un poumon vestigial etc... La découverte
en 1938 du premier cœlacanthe actuel a soulevé une émotion considérable dans
les milieux scientifiques, et, jusqu'en 1986 un grand nombre de travaux ont
été publiés sur les caractères anatomiques et physiologiques de cet animal,
avec - en toile de fond - la question de sa place dans la chaîne évolutive.
Jusqu'à cette date de 1986, personne n'avait encore pu observer dans son
milieu naturel ce poisson mythique dont on savait seulement qu'il habitait des
eaux de profondeur moyenne ( entre 100 et 500 m) au large des côtes de deux
des Iles Comores ( Grande-Comore et Anjouan ) et qu'il avait un mode de vie
benthique . Des campagnes de recherche qui mettaient notamment en œuvre un
sous-marin de recherche (GEO, puis JAGO, tous deux du Laboratoire de H.W.
Fricke), nous ont permis non seulement d'obtenir les premières images du
comportement du cœlacanthe in vivo, mais encore d'apporter un certain
nombre de points fondamentaux sur son mode de vie.
C'est ainsi que nous avons pu démontrer l'existence d'un résidu
comportemental d'un stade tétrapode chez les ancêtres du cœlacanthe actuel:
les mouvements de ses nageoires paires (pectorales et pelviennes) montrent une
synchronisation croisée que l'on retrouve chez les vertébrés à quatre pattes.
Un autre comportement très particulier demeure pour le moment inexpliqué:
pendant leurs périodes d'activité nocturne, les cœlacanthes peuvent adopter
une position verticale, queue vers le haut, dont on sait seulement qu'elle est
en relation avec les propriétés électro-réceptrices du poisson.
Le rythme de vie du cœlacanthe a été l'objet d'une attention toute
particulière de notre part. Actif pendant la nuit, le cœlacanthe se laisse
emporter en dérive au dessus du fond et détecte ses proies par
électro-réception. C'est au cours de ces dérives nocturnes qu'il est
accidentellement pêché. Pendant la journée, les cœlacanthes se rassemblent en
groupes non hiérarchisés et non familiaux dans des grottes sous marines qui
occupent un secteur bien particulier des fonds comoriens, entre 160 et 220m de
profondeur.
C'est grâce à cette dernière particularité de leur comportement que nous avons
pu dénombrer les populations-échantillons. L'inventaire systématique des
habitants de toutes les grottes d'un secteur déterminé, inventaire que nous
répétions journellement pendant 20 jours, nous permet d'affirmer que la
population de cœlacanthes adultes de la Grande-Comore est actuellement
inférieure à 200 individus.
Cette estimation a pu être affinée récemment grâce à une expédition montée
spécialement à cet effet et financée par la Fondation Nicolas Hulot pour la
Nature et l'Homme.
POUR UNE POLITIQUE DE
CONSERVATION DE L'ESPECE
La situation très particulière de la pêche aux Comores explique le péril
d’extinction qui menace les cœlacanthes :
Le besoin croissant en protéines des populations humaines des Comores explique
que les pêcheurs exercent un effort de pêche de plus en plus important sur
l'étroite bande de côte qu'ils exploitent
En effet la structure volcanique des fonds comoriens explique la pente très
forte (environ 45 deg.) sur laquelle les formations de récifs coralliens sont
extrêmement réduites.
Les deux points précédents ont comme résultat une disparition progressive des
poissons récifaux et, par voie de conséquence, une intensification de l'effort
de pêche dans les fonds plus importants, où vivent les cœlacanthes.
C'est ainsi que le rythme de capture actuel de cœlacanthes avoisine 10
individus par an pour la Grande-Comore, rythme évidemment insupportable à
court terme pour une population si réduite.
Que faire ?
Une stratégie de sauvegarde de l'espèce n'est
pas facile à mettre en place: il faut à la fois assurer la protection des
cœlacanthes survivants et assurer aux pêcheurs qui vivent aux dépens des
poissons de fond une ressource de substitution.
Nous proposons donc que soit mis en place un " Parc des Cœlacanthes "
constitué par une bande de côte sur laquelle la pêche à la ligne de fond
serait interdite mais où, dans le même temps, on fournirait aux pêcheurs une
activité de substitution intéressante sous la forme de Dispositifs de
Concentration de Poissons (DCP) qui attirent efficacement les poissons
pélagiques, ressource renouvelable et économiquement avantageuse pour les
pêcheurs.
En même temps une Maison du Parc - un Centre de Documentation et de Recherche
sur le Cœlacanthe et l'Environnement Marin - permettrait à la fois de
développer des actions de sensibilisation et d'information et une forme
d'écotourisme qui correspond bien aux formes de développement du tourisme qui
devrait prévaloir aux Comores.
Le financement et le fonctionnement de telles structures ne sauraient
évidement incomber aux seules autorités comoriennes et devrait plutôt être
confiés à des organisations internationales.
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