|
|
|
La Nature aux Comores |
|
La Girofle des Comores
mise à jour 01/01/2007 |
le girofle Le girofle (répondant au doux nom scientifique de Eugenia
caryophillata)
Ce sont les Chinois qui, les premiers (trois siècles avant notre ère),
inaugurèrent le commerce du girofle au-delà de leurs côtes, toujours dans cet
archipel des Moluques, qui semble être la terre de cocagne des amateurs d'épices
; le girofle était alors une épice de grand luxe, très recherchée. Introduit
ensuite par les arabes dans l'Egypte ancienne, il gagna progressivement l'Europe
avant son entrée dans le Moyen Âge.
Cette épice restera longtemps très chère car il était difficile de s'en
procurer. La colonisation de Moluques par les Hollandais eut pour conséquence un
embargo de ce produit à l'exportation pendant plus d'un siècle et demi,
entraînant une chute de la production et un exile de cette plante vers d'autres
cieux. Le giroflier, arbre de taille moyenne se situe aux environs d'une
quinzaine de mètres de haut, apprécie les ambiance de bord de mer pour
prospérer, mais aussi des pluviométries abondantes, un bon ensoleillement et de
basses altitudes.
L'écorce et les feuilles, toutes très lisses, sont extrêmement odorantes ;
l'essence qui en est extraite est très riche en eugénol qui sert dans la
préparation de vanilline artificielle. Les fruits du giroflier peuvent être
utilisés en confiserie. Les clous de girofle produisent une huile essentielle
très utilisée en pharmacie pour ses qualités toutes aussi nombreuses que
reconnues : à la fois stimulantes, excitantes, digestives, analgésiques,
bactéricides et insecticides ; mais aussi en parfumerie, savonnerie dans la
préparation de pâte dentifrice, pour la fabrication de certaines peintures et
vernis.
Des utilisations plus inattendues : parfumer et désinfecter une pièce en
chauffant des clous de girofle, calmer une douleur dentaire en mâchant un clou,
éloigner les odeurs en piquant des clous dans des oranges. Shakespeare signalait
que certains Anglais portaient des clous de girofle sur eux pour atténuer les
odeurs corporelles. En Indonésie, broyés ils sont utilisés mélangés au tabac.
L'essence provient de la distillation d'une infusion de clous et s'utilise en
aromate ou en parfum.
Les clous de girofle utilisés entiers ou en poudre entrent dans la préparation
de nombreux entremets et dans la composition de cocktails d'épices. Le giroflier
commence à fructifier vers la 5ème où 6ème année mais fleurit toute l'année . Sa
pleine production est atteinte quelques années plus tard ; il produit environ
jusqu'à 70 ans. La récolte des clous a lieu lorsqu'ils se teintent de rose ; les
boutons floraux sont récoltés rouges ; c'est le signe de leur teneur maximale en
essence ; c'est après séchage au soleil qu'ils prennent leur teinte brune. Les
récoltes ont lieu à la main ; les collectes de 25 à 30 kg/ jour sont une moyenne
normale pour un bon cueilleur ; Chaque arbre fournit entre 6 et 25 kg de clous
frais par an ; les rendements à l'ha varient de 1t. à plus de 2 t ; Mais ces
productions sont très irrégulières : le récoltant ne peut compter que sur une
très bonne récolte tous les 3 ou 4 ans .L'Indonésie est de loin le plus grand
consommateur de clous de girofles au monde. La crise asiatique de ces dernières
années et les incendies qui ont touché les campagnes et les forêts indonésiennes
ont été profitables aux autres producteurs, parmi les quels ceux de l'océan
indien qui ont vu leurs ventes et leurs revenus croître de façon spectaculaire
;Madagascar étant avec zanzibar et les Comores les autres pays producteurs de la
planète. En 1978 la production comorienne de girofle était de 760 t. elle fut de
1200 t. en 1980 et de 1000 t. en 1985. Le girofle, la vanille et l'ylang-ylang
représentent la quasi totalité des ventes à l'étranger.
Les prix sont actuellement très fluctuants ; ils ont été fortement handicapés
par la dévaluation du franc comorien intervenue en 1994 ; la crise du sud-est
asiatique, et en particulier la crise indonésienne, ont redonné un peu d'espoir
aux producteurs et quelques couleurs à cette plante. Mais on assiste à une
désaffection qui se traduit par des phénomènes d'arrachage de girofliers
transformés en bois de chauffe et dont les terrains libérés sont voués aux
productions vivrières. En 1999, 2500 t. de girofle ont été récoltées, contre
1700 en 1998. La production 2000 devrait être sensiblement inférieure à celle de
1999.
G. Sournia
|