|
|
|
La Nature aux Comores |
|
Les Holoturies ou Concombre de mer
mise à jour 01/09/2009 |
Les concombres de mer sont très prisés
dans les restaurant asiatiques
Voici quelques exemples, qui ne reproduisent pas nécessairement les
espèces présentes aux Comores
(Nous sommes dans l'attente de photos prises aux
Comores)

Holothuria
ananas |

Holothuria fuscogilva |

Bohadschia nobilis |
Photos extraites du site :
http://www.deh.gov.au/coasts/mpa/ashmore/survey/results.html
Survey 2000:
Bêche-de-mer and trochus populations at Ashmore Reef
L. Smith, M. Rees, A. Heyward and J.
Colquhoun
Australian Institute of Marine Science
Produced for Environment Australia, 2000 |
Les holothuries (concombre de mer, chpapa kojo à Anjouan, boséra en Grande
Comore), animaux de l'embranchement des échinodermes, compte plus de 1200
espèces réparties dans de nombreux biotopes marins, à toutes les latitudes des
zones intertidales aux grandes profondeurs ; certaines espèces sont consommées
depuis des temps très anciens par les peuples asiatiques. Le tégument sec
appelé "bêche de mer" ou "trépang" obtenu par cuisson et séchage est consommé
principalement par les chinois. La région de l'Indo-Pacifique tropical compte
environ 300 espèces d'holothuries dont une vingtaine est utilisée actuellement
pour la préparation du trépang.
La préparation des holothuries dans notre pays relève d'un procédé
relativement simple. Une fois pêchées elles sont éviscérées puis bouillies
pendant une à deux heures de temps avant d'être séchées au soleil. Ainsi
préparées les holothuries sont envoyées vers les marchés asiatiques pour y
être revendues.
Article sur le même sujet :
Comores - Le concombre de mer : objets de malentendus
Ali Moindjié - Al-watwan N°
1132 du 12 août 2008
Alors que le gouvernement de Mohéli reproche à
la société qui exploite les concombres de mer de ne pas payer correctement les
droits, l'Union et les milieux écologistes fustigent une ''activité
illégale''.
Le gouvernement de Mohéli autorise de nouveau une société malgacho-chinoise
implantée dans l'île à reprendre l'exploitation des concombres de mer et cela
après avoir saisi un moment ses équipements. Le dénouement de ce malentendu
est intervenu la semaine dernière peu après le retour dans l'île de
l'entrepreneur malgache. Bonovo, la présidence mohélienne, reprochait à
l'entreprise de ne pas avoir payé ses droits estimés à 15 millions de francs
au trésor de l'île ''trente jours après l'autorisation d'exportation'' comme
stipulé dans l'accord. L'homme d'affaires malgache a-t-il versé les 15
millions de francs exigés jusque là ?
Tout laisse croire que oui. ''J'ai pu récupérer mon matériel. Il n'y a plus de
problème. Je ne voudrais pas que vous mentionniez cette affaire dans votre
journal. Ma femme est hospitalisée. La batterie de mon téléphone portable est
déchargée excusez-moi de ne pas pouvoir vous aider'', s'estil esquivé, au
téléphone depuis Mohéli. Il était manifestement peu enclin à parler de son
bisness.
Ce ''malentendu'' vient rappeler que malgré l'interdiction de la pêche de
l’holothurie décidée en 2004 par le gouvernement de l'Union, elle se poursuit
à Mohéli et cela après leur quasi-disparition des eaux d'Anjouan. Pendant ce
temps, les milieux écologiste, l'Ong-Ulanga en tête, n'ont jamais cessé de
prêcher la prudence face à une activité qu'ils qualifient ''d'illégale'',
voire dangereuse.
''L'exploitation de cet animal marin est un sujet de préoccupation majeure qui
interpelle les autorités nationales et la communauté scientifique
internationale'', plaide Said Hassane, enseignant chercheur à l'Université et
membre actif d'Ulanga. Ce docteur en chimie craint le développement d'une
forme de braconnage à l'intérieur même du Parc marin de Mohéli. Même si, en
théorie, l'exploitation en cours est censée épargner cette aire protégée qui
avait été sélectionnée lors du sommet de la terre à Johannesburg parmi les
projets phares de développement durable.
De plus en plus de scientifiques soulignent la nécessité de se conformer à
l'interdiction de ramasser les holothuries, en attendant de pouvoir disposer
d'un état des lieux fiable.
C'est par exemple l'avis de Didier van Despiel, du musée royal d'Afrique
centrale (Belgique) qui a participé à une première étude sur le sujet dans
l'archipel. ''Le plus urgent, dit-il, serait de faire respecter l'interdiction
de pêche dans toute l'Union afin de permettre aux populations de se reformer.
Ce n'est qu'en présence de données scientifiques complètes que l'exploitation
des holothuries serait envisageable et pour être durable elle doit
impérativement se faire par les populations locales qui, si elles en sont
bénéficiaires, verraient un intérêt dans la protection de cet espèce à long
terme''.
Il y a bien un ''malentendu''
En droite ligne de l'interminable conflit de compétence entre les îles et
l'Union, les autorités mohéliennes ne voient pas pourquoi il leur serait
interdit de faire exploiter ce produit.
''Ce que l'Union devrait faire, c'est réglementer l'exploitation afin de
savoir à quelle période l'année on peut pécher et quelle taille prélever.
Mais, elle ne peut pas en interdire l'exploitation'', affirme un ancien
ministre de la production de Mohéli, Darousse Bacar.
Le tout nouveau ministre en charge de la pêche de l'Union, Anissi Chamsiddine,
(photo) admet qu'il y a ''malentendu'' entre l'île et l'Union et promet,
rapidement, de rechercher ''un cadre de concertation appropriée''. Il confirme
que l'interdiction est toujours en vigueur.
''Il faut savoir que la situation actuelle à Mohéli aura été inspirée par le
cas de l'île d'Anjouan qui avait autorisé la pêche du concombre de mer après
l'arrêté de 2004 au nom de l'autonomie des îles'', se souvient l'ancien
vice-président, Ben Massoundi Rachid, actuel directeur national des ressources
halieutiques. Dar-Najah avait alors accordé une licence d'exploitation de six
mois à un opérateur. Ces six mois lui ont suffi pour tout prendre, au point
que le produit a disparu quasiment des côtes d'Anjouan. Et lorsque
l'exploitant s'est tournés vers les gisements de Mohéli, un ancien ministre de
Fazul a estimé que cette île ne pouvait pas être tenue de respecter
l'interdiction que le gouvernement d'Anjouan avait violée, d'après Ben
Massoundi qui déplore par ailleurs le caractère ''opaque de l'accord comme si
il y avait des choses à cacher''.
Par ailleurs des accidents ont été signalés. Au moins deux travailleurs sont
morts noyés, ce qui amène à se demander si les règles de sécurité des
plongeurs – qui descendent jusqu'à 40 et même 50 mètres de profondeurs– ont
toujours été respectées.
Signalons, enfin, que la population d'holothuries ou concombres de mer
disparaît des côtes malgaches à vue d'oeil. D'où l'intérêt des exploitants
pour les Comores.
La grande île et Maurice expérimentent des techniques d'élevage en captivité
qui ne sont pas encore au point alors que la demande de ce produit en Asie,
notamment, en Chine augmente de manière exponentielle.
C'est dire que si
l'Union des Comores laisse faire sans contrôle, le ''bosera'' (nom comorien
des concombres de mer) pourrait disparaître des eaux de l'archipel, plus
rapidement qu'on ne le pense, ce qui priverai le sable d'un nettoyeur naturel
(il le débarrasse de la vase) et la population d'un produit d'exportation
prometteur.
|