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La Nature aux Comores

Le Manguier et la Mangue des Comores
mise à jour 01/01/2007

La mangue et le manguier

Le manguier, arbre majestueux, est omniprésent dans le paysage comorien ; la mangue est ce fruit juteux, apprécié par tous et, en premier lieu, par les enfants. Cet arbre et son fruit sont d'ailleurs une réelle providence pour le continent africain où il est partout présent, et de façon encore plus intense, dans les zones sahéliennes et soudaniennes.
Le manguier est donc bel et bien un arbre `' africain `'.
Erreur : certes il est parfaitement adapté aux conditions écologiques variées et diverses du continent mais voilà encore une plante qui vient d'ailleurs. Le berceau d'origine du manguier est l'Asie et, plus précisément, la région comprise entre le sud de l'Himalaya et le nord de la Birmanie (pays aujourd'hui rebaptisé Manyamar). En Asie il est consommé depuis la nuit des temps. On raconte même qu'Alexandre le Grand, quatre siècles avant notre ère, avait visité un verger de manguiers sur l'actuel territoire de l'Inde. Son introduction africaine est beaucoup plus récente : les Arabes l'ont introduit sur la côte orientale, via Mombasa au Xe siècle, mais il ne parvient en Afrique de l'Ouest qu'au XIXe. Depuis le manguier a largement rattrapé son retard et s'est comporté en vrai conquérant. Cette extension boulimique est due en grande partie à ses extraordinaires et incomparables aptitudes écologiques. Peu exigeant sur la nature du terrain, tous les sols lui conviennent. Il bénéficie d'un double système racinaire : horizontal pour lui permettre de capter l'eau superficielle et plus profond pour aller pomper l'eau en période sèche. Les graines poussent très rapidement, pour peu que l'alimentation en eau soit suffisante. Dans les meilleures conditions l'arbre peut produire dès l'âge de 6 ans et il est en général très prolifique. Sa durée de vie est d'environ un siècle, et plus. Un manguier en pleine fructification est un symbole de fécondité.
La `' mangue technique `'
Une mangue est composée de 70 % de partie comestible ; sa composition chimique se répartit en : 82 % d'eau, 0,6 % de protéines, 0,3 % de lipides, 13,8 % d'hydrates de carbone, 7 % de fibres alimentaires 0,50 % de sels minéraux, soit un total, pour les adeptes de régimes de minceur, de 56 kilocalories. L'analyse plus détaillée donne : 100 mg de potassium, 18 de magnésium, 12 de cuivre, 2,80 de carotène (taux supérieur à la plupart des autres fruits), 38,7 de Vitamine C (soit autant que l'orange réputée pour cette propriété), 45 de vitamine B1 et 50 de vitamine B2. En matière de sucre le partage entre glucose, fructose et saccharose est respectivement de : 0,85, 3,6 et 9 gr ; des chiffres qui expliquent pourquoi les mangues sont si douces et si sucrées. Pour en finir avec les nombres, une mangue renferme aussi 206 mgr d'acide citrique, 74 mgr d'acide malique et 81 mgr d'acide tartrique.
Nos actuelles belles mangues n'ont qu'un lointain rapport avec la mangue sauvage dont elles sont toutes issues. Ces variétés ont été élaborées à partir de travaux de généticiens à partir de centaines de variétés d'Inde et de Malaisie, lui enlevant, entre autres, son fort goût de térébenthine (encore perceptible sur certaines petites mangues d'Afrique de l'Ouest et centrale) ; sa taille a été augmentée, la partie charnue a été développée au détriment du noyau ; les fibres végétales ont disparu. Le reste est une affaire de goût entre ceux qui apprécient les plus sucrées ou les plus acides, les plus petites ou les plus grosses (certaines pouvant peser jusqu'à 2 kg !), entre les variétés vertes, les variétés jaunes ou encore les variétés rouges. Le feuillage du manguier, si particulier de par sa densité et sa verdure permanente, joue un rôle précieux dans la bonne fructification de la mangue ; le bétail l'apprécie et les frondaisons les plus basses sont toujours le signe de la limite d'atteinte de la langue des bovins ! Ce feuillage abondant et permanent favorise l'absorption d'énergie photosynthétique grâce à l'ombrage qu'il prodigue. Sans oublier qu'il est, du fait de son ombrage, le lieu idéal et largement utilisé des réunions villageoises. Le fameux arbre à palabres africain est très souvent le manguier.
Consommé depuis si longtemps ce fruit a été mis à toutes les sauces.
De nombreuses recettes asiatiques l'intègrent sous des formes très diverses. Ailleurs il est surtout consommé comme fruit de table, mais aussi transformé en confitures, compotes, glaces et sorbets ainsi qu'en jus de fruit. Les feuilles, riches en tanin, préparées en décoction ont une action bénéfique sur les maux de bouche. Le bois des vieux arbres est apprécié en construction et pour la fabrication de caisses, voire des pirogues. Jusqu'à l'amidon contenu dans les noyaux qui a été testé comme aliment d'appoint pou le bétail. En cette période de syndrome de la vache folle et de farines animales frelatées, la mangue marque de nouveaux points.